DECORTIQUAGES

Vietnam : le Doï Moï ou la politique du renouveau

OMER

Viêt Nam : après 25 ans de renouveau, des succès à conforter

David Camroux, CERI-Sciences Po, et Hien Laëtitia Do Benoit, Université de Perpignan Via Domitia

 

LES GRANDES LIGNES : 
- Depuis le Doi moi (Renouveau) de 1986, le Viêt Nam est passé d’une pénurie généralisée à une économie de marché parmi les plus dynamiques d’Asie. En 2007, il bénéficiait du meilleur taux de croissance (+8,5% du PIB) après la Chine.
- Depuis dix ans, il multiplie les accords de coopération ou de partenariat, notamment avec les Etats-Unis, le Japon, l’Union européenne.
- L’année 2011, marquée par l’arrivée, en janvier, d’un nouveau secrétaire général du Parti communiste et par le renouvellement, en août, du gouvernement et du président, est une date clé, car le Parti dirige tout.

- Le nouveau plan décennal prévoit de faire du Viêt Nam, encore largement rural, une économie industrielle d’ici à 2020.
- Une population jeune et presque totalement alphabétisée, une position géographique privilégiée, la réduction de la pauvreté, un cadre politique stable figurent parmi les atouts du pays.
- Mais trois défis majeurs restent à relever : la faiblesse des infrastructures (transports, énergie) ; les pénuries de main d’œuvre qualifiée ; le manque d’efficacité et les lenteurs de l’administration et la corruption « endémique ».
- Les disparités de développement entre les grandes villes et les provinces, entre les provinces entre elles, entre riches et pauvres s’accentuent.
- Les Français figurent parmi les premiers investisseurs au Viêt Nam, mais leurs partenaires locaux les jugent trop prudents, pessimistes, peu enclins à prendre des risques.

EXPOSE
1. L’entrée dans le monde réel
Vingt-cinq ans après le Doi moi (Renouveau), seize ans après l’adhésion du pays à l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du sud-est), quatre ans après son accession à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), le Viêt Nam confirme son entrée dans « le monde tel qu’il est ».
Parmi les pays émergents, de nouveaux groupes apparaissent derrière les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Le Viêt Nam figure dans deux d’entre eux : les VISTA (Viêt Nam, Indonésie, Afrique du Sud, Turquie, Argentine) et les CIVETS (Colombie, Indonésie, Viêt Nam, Egypte, Turquie, Afrique du Sud).
Le Viêt Nam doit faire face à deux types de défis :
Les défis internes
Depuis une décennie, la croissance moyenne est de 7% par an, mais le record d’inflation a été battu cette année (+19,8% en mai). Il y a eu quatre dévaluations successives. En outre, pour soutenir le rythme de la croissance, les entreprises manquent de main d’œuvre qualifiée. Le système éducatif est, de ce point de vue, déficient.
Les défis externes
Le Viêt Nam a pour voisins la Chine, au nord, et le Cambodge et le Laos, à l’ouest. La presse fait grand cas des revendications chinoises sur les îles Paracel et Spratley, en mer de Chine du Sud, dans le but d’avoir accès à d’éventuels forages de gaz et de pétrole dans ces zones. Mais ce n’est « pas la menace principale ». Si un conflit doit éclater, ce sera plutôt à propos du Mékong et de la maîtrise de l’eau. « On peut vivre sans pétrole, mais pas sans eau. » En mai 2011, il y a eu désaccord, à la Commission du Mékong, au sujet des barrages que le Laos construit sans demander l’avis de ses voisins. Le Viêt Nam, où se trouve le delta du fleuve, est le plus affecté par la captation des eaux en amont.

 

De la pénurie au dynamisme économique
Le Doi moi, « il faut l’avoir vécu pour mesurer l’écart entre l’avant et l’après ». Avant le 6ème congrès du Parti communiste, en 1986, le taux d’inflation atteignait +775% (1985). Le programme de collectivisation, la pénurie persistante, le conflit avec le Cambodge, l’isolement politique du Viêt Nam sur la scène internationale et le conflit à la frontière avec la Chine altèrent gravement l’économie. La politique du Doi moi traduit alors une prise de conscience de la nécessité d’engager des réformes pour redresser une économie en faillite. Mais « rénover n’est pas faire table rase du passé ». Le Parti communiste n’est pas disposé à renoncer au contrôle du pays. Il entend « corriger les erreurs commises dans la construction du socialisme ».
Tout bascule au cours des années 1990. En l’espace d’une génération on passe d’une pénurie généralisée, d’une économie tout à fait centralisée, à l’une des économies les plus dynamiques de l’Asie. Une « économie de marché à orientation socialiste ».
En 2007, le taux de croissance du PIB atteint un sommet, à +8,5%. Le Viêt Nam arrive en deuxième position après la Chine. Il devient aussi le deuxième exportateur mondial de riz après la Thaïlande et le deuxième producteur et exportateur de café. Et il réduit considérablement son taux de pauvreté. Dans la classification de la Banque mondiale, il  quitte la catégorie des pays à faibles revenus pour rejoindre celle des pays à revenus intermédiaires.

 

DR

 

La fin de l’isolement international
Après un long isolement international, le Viêt Nam a aussi réintégré « le concert des nations ». Au début des années 1980, ses relations se limitaient aux pays du Comecon (conseil de coopération économique du bloc soviétique). Cela change dans les années 1990. Quelques dates : 1991, normalisation des relations avec la Chine ; 1994, levée de l’embargo américain ; 1995, normalisation des relations diplomatiques avec les Etats-Unis et entrée dans l’ASEAN.
Dans le cadre de l’espace de libre échange de l’ASEAN, le Viêt Nam s’est engagé à mettre en place, dès 2006, un taux de tarifs douaniers compris entre 0% et 5% pour 98% des lignes tarifaires. En 2009, ce taux était, en moyenne, de 4,9%. Il devrait tomber à environ 0,5% en 2018.
Au sein de l’OMC, dont il fait partie depuis janvier 2007, le Viêt Nam s’engage à promouvoir un environnement des affaires « sain », un régime commercial non discriminatoire vis-à-vis des partenaires de l’organisation. Un véritable chantier législatif a été entrepris afin de rendre le droit national conforme aux les exigences de l’OMC. Outre les accords multilatéraux, le Viêt Nam multiplie les accords bilatéraux : avec les Etats-Unis (2001), le Japon (partenariat économique, fin 2008), l’Union européenne (coopération et partenariat économique, octobre 2010). Alors que les négociations entre l’Union européenne et l’ASEAN marquent le pas, le Viêt Nam ouvre la voie du libre échange avec l’Europe.

2011, une année clé
Sur le plan politique, 2011 est « une année clé ». Depuis le congrès du Parti communiste, en janvier, Nguyên Phu Trong est le nouveau secrétaire général du Parti. Fin juillet-début août, on connaîtra la composition du nouveau gouvernement et, dans la foulée, le nom du nouveau président.
Trois priorités ont été fixées par le bureau politique pour l’année 2011 : la maîtrise de l’inflation, la stabilisation macro-économique et une amélioration de la croissance. Cette année marque aussi le début du nouveau plan décennal, dont l’objectif est de faire du Viêt Nam une économie industrielle d’ici à 2020.
Pour y parvenir, les autorités doivent se donner les moyens de combler au moins trois lacunes majeures : la faiblesse des infrastructures, notamment en matière de transports et d’énergie ; le manque de main d’œuvre qualifiée ; l’inefficacité de l’administration.

2. Un pays attractif
Le Viêt Nam peut-il encore séduire après 25 ans de Renouveau ? Pour répondre à la question, il faut examiner les opportunités d’une part, les risques et les défis de l’autre.
Du côté des opportunités, on peut avancer que cela dépend des secteurs d’activité et de la stratégie propre des entreprises : importer pour vendre sur place, produire localement pour exporter ou produire localement pour vendre sur place.
En 2010, les résultats ont été satisfaisants, en dépit d’une politique économique « plus contrainte » au premier semestre. Le PIB a progressé de 6,7%, tiré par le secteur de la construction, les services, la reprise des exportations après la baisse historique de -10% enregistrée en 2009, la bonne tenue de la consommation interne, due notamment à une progression du tourisme (+ 40% en 2010).
En quelques années, le Viêt Nam est devenu « l’une des premières destinations des investissements directs étrangers », avec un record d’engagements de 64 milliards de dollars américains et des décaissements de 11,5 milliards de dollars en 2008. En 2009, le taux d’engagements (20 milliards de dollars) baisse légèrement, mais les déboursements (10 milliards de dollars) restent stables. En 2010, malgré la crise, le Viêt Nam « conserve la confiance des investisseurs ».
Depuis 2000, chaque année, le Viêt Nam compte 10 000 entreprises de plus. Il y a aujourd’hui plus de 200000 entreprises. Environ 1,6% appartiennent à l’Etat, 95,7% sont privées et 2,7% relèvent d’investissements étrangers, mais c’est la partie la plus dynamique du secteur. Le budget de l’Etat est alimenté à 40% par les investissements directs étrangers, 30% par les entreprises d’Etat, 30% par le secteur privé.

 

Des ambitions régionales
Le Viêt Nam s’est aussi mis à investir dans les pays voisins, en particulier au Laos et au Cambodge, en concurrence avec la Thaïlande, notamment  dans les domaines clés de l’énergie et des télécommunications. Par rapport à ces pays continentaux, le Viêt Nam, qui a accès à la mer, est « remarquablement bien placé ». Le gouvernement a prévu 70 milliards de dollars sur six ans pour améliorer les infrastructures (routes, aéroports, ports maritimes).
Dans beaucoup de secteurs, les pays d’Asie du Sud-Est sont concurrents. Les Thaïlandais sont en train de trouver un créneau, grâce aux investissements étrangers, dans l’automobile, avec l’ambition de vendre leur production dans les pays de la région. Le seul domaine dans lequel les Vietnamiens ont des capacités de ce type est celui de la construction navale. Pour promouvoir ce secteur prometteur, ils ont créé la société Vina Shin, première corporation de cette taille en Asie du Sud-Est. Mais cette entreprise traverse une crise majeure en raison de la corruption qui la mine et de l’ampleur de ses dettes. L’Etat, qui a cautionné les emprunts, est impliqué.

 

La France investit en priorité dans les services
Les entreprises françaises sont bien présentes au Viêt Nam avec un total de licences d’investissement de 2,9 milliards de dollars. C’est très proche du niveau des investissements chinois : 3,2 milliards de dollars.
Les investissements français se répartissent de la façon suivante : 37% en co-entreprises (joint ventures), 21% en sociétés à capitaux intégralement étrangers, 21% en contrats de coopération commerciale (BCC), 17% en contrats de concession (BOT), 4% en sociétés par actions.
Près des deux tiers des investissements français se font dans le secteur des services, un cinquième dans l’industrie (eau, gaz, électricité, avec EDF et Veolia), 7% dans l’agriculture, 4% dans la grande distribution (notamment le groupe Casino).
Le Viêt Nam se situe dans « une zone dynamique, attractive et structurée par l’accord de libre échange de l’ASEAN ». Cette organisation attire à elle seule près de 15% des investissements directs étrangers entrant dans l’ensemble des pays en développement.

3. De sérieux handicaps
Parmi les risques et les défis, vient en tête un environnement peu transparent, marqué par une corruption généralisée. La phrase qui revient le plus dans la bouche des investisseurs étrangers est : « On doit payer pour tout. » La presse fait état de cas de corruption, avec une « prudence certaine ». L’opacité est d’autant plus importante que la presse doit être « responsable », manière élégante de dire qu’elle est très contrôlée.

Corruption et disparités de développement
En 1993, le premier ministre, Vo Van Kiet, l’homme de la réintégration du Viêt Nam sur la scène internationale, avait créé un groupe d’experts pour les réformes administratives et économiques. Ce groupe, très précieux, a été démantelé en 2006, à l’arrivée de l’actuel chef du gouvernement, Nguyen Tân Dung. Aujourd’hui, il n’y a plus de contre-expertise. Personne n’analyse ni ne critique les choix du pouvoir. L’Institut de la stratégie du développement, qui poursuivait des objectifs analogues, a également été supprimé en 2010.
Selon l’indice de corruption de Transparency International, le Viêt Nam se situait, en 2009, au 120e rang sur 180 pays. Il est moins corrompu que le Laos et le Cambodge, mais largement plus que la Thaïlande et la Chine. « Cette corruption persistante est un phénomène très inquiétant. »
Le deuxième risque est l’écart de développement entre les grandes villes et les provinces, entre les provinces elles mêmes et entre riches et pauvres. Cela relativise l’ampleur du marché de consommation. Le pouvoir d’achat est concentré dans les grandes villes. Il y a une forte disparité du PIB selon les endroits. Il est de 3 000 dollars américains à Ho Chi Minh Ville et de 1 800 dollars à Hanoï.

Déficience du système éducatif
La pénurie de personnel qualifié s’explique par le « manque d’orientation stratégique » du système éducatif. Celui-ci est largement privatisé. L’Etat le subventionne de moins en moins. On estime que la moitié des dépenses d’éducation est assurée par les familles, ce que l’on appelle la socialisation de l’éducation. C’est d’autant plus cher que ce secteur n’échappe pas à la corruption. Pour envoyer son enfant dans une « bonne école », il faut payer. Dans ce pays, influencé par le confucianisme, les parents y sont prêts. Tous les Vietnamiens veulent être titulaires d’un doctorat, le « diplôme suprême ». C’est très symbolique dans une société où « la face » est culturellement importante. Du coup, la formation des techniciens, agents de maîtrise et cadres intermédiaires n’est pas assurée. Ce vide doit être comblé par la création, avec l’aide de la France et de l’Union européenne, de l’Université technologique du Viêt Nam, dans la banlieue de Hanoï. Dans les quinze ans qui viennent, cet établissement va former la génération manquante de techniciens et d’ingénieurs. Au niveau universitaire, les grands partenaires du Viêt Nam sont la France, l’Australie, Singapour et les Etats-Unis.

Menaces extérieures
Parmi les risques extérieurs, il y a le conflit en mer de Chine du Sud. C’est une question récurrente, mais particulièrement brûlante depuis début juin. L’armée chinoise a attaqué un bateau vietnamien d’exploration pétrolière, l’Aurore II, au large des côtes du Viêt Nam. Les navires de pêche font aussi, régulièrement, l’objet d’agressions.
Autre risque, les effets globaux du réchauffement climatique. Une étude de la Banque mondiale sur l’augmentation du niveau de la mer dans les pays en développement estimait, en 2007, que le Viêt Nam serait l’un des cinq pays les plus affectés par une hausse d’un mètre du niveau de la mer vers 2100 et le plus en danger en Asie du Sud-Est. Cela tient à la concentration humaine et économique dans les deux deltas, celui du Mékong et celui du fleuve Rouge. Près de 11% de la population vietnamienne serait affectée, pourcentage le plus élevé du monde. Quelque 5% de la superficie du pays et 10% de son PIB seraient amputés. Déjà, les Etats situés en amont réduisent le débit des fleuves en construisant des barrages hydroélectriques. Dans le delta du Mékong, la salinisation de l’eau a, dès à présent, des conséquences très graves pour les paysans. Il est loin d’être exclu que la question du contrôle de l’eau, considérée par tous les pays comme un sujet de souveraineté nationale, débouche sur des conflits.
En conclusion, on constate qu’il est très difficile de motiver les investisseurs en temps de crise. Une enquête BVA-Gallup de janvier 2011 sur l’optimisme comparé des 53 pays étudiés montre que les Français sont les plus pessimistes et les Vietnamiens les plus optimistes sur les perspectives économiques de l’année. « Comment parler d’une convergence d’intérêts entre les deux pays ? »
Néanmoins, l’attraction du marché vietnamien demeure. Quelque 95% des investisseurs s’attendent à une amélioration du rendement de leurs opérations au Viêt Nam. Et, au cours d’un forum des affaires qui s’est tenu en décembre 2010, 75% des entreprises questionnées sur place ont déclaré leur intention d’élargir leur activité au Viêt Nam.

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http://omer.sciences-po.fr/?q=ateliers/viêt-nam-après-25-ans-de-renouveau-des-succès-à-conforter

 

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MAGAZINE CARTO

by Caroline Ronsin (mai 2011)
Carte de Laura Margueritte

Le consensuel Nguyen Phu Trong, ancien président de l’Assemblée nationale, a été nommé au poste de secrétaire général du parti. Le Premier ministre, Nguyen Tan Dung, a été reconduit en mai 2011 pour les cinq prochaines années, tandis que son rival politique, Truong Tan Sang, a été nommé président de la République. L’Assemblée nationale a quant à elle été élue le 22 mai 2011. Ces renouvellements reflètent les équilibres régionaux du Vietnam. Depuis 2006 et la montée en puissance du Sud du pays, ces postes sont attribués à deux représentants originaires de cette région et un du Nord, écartant de fait le centre du pays. Une configuration répétée par le congrès de 2011 puisque le secrétaire général du PCVN est « nordiste » et les Premier ministre et président de la République pressentis « sudistes ». Les évolutions au sommet de l’État n’impliquent cependant pas de changement majeur dans la politique du Vietnam, dans la mesure où le partage du pouvoir met en avant les bénéficiaires du développement économique orchestré par le régime.

Le Doï Moï, la politique du  « renouveau »
La libéralisation économique entamée en 1986 avec la réforme du Doï Moï (« renouveau ») met au crédit du PCVN le développement rapide d’un pays ruiné par des années de guerre et de mauvaise gestion. En suivant le mouvement d’ouverture lancé par la Chine dans les années 1970, la croissance vietnamienne se maintient autour de 7,5 % en moyenne depuis une décennie : le PIB par habitant (en dollars constants) a crû de 226 % entre 1984 et 2008. Les succès économiques du Vietnam et l’attrait que celui-ci exerce sur les investisseurs étrangers, notamment des pays de la Triade, de Chine et des nouveaux États industrialisés d’Asie, lui valent d’être considéré comme une puissance en devenir, un nouveau « dragon asiatique », à l’instar de la Corée du Sud ou de Hong Kong, et suscitent l’enthousiasme de la Banque mondiale et du FMI (Fonds monétaire international). Le pays rejoint en janvier 2007 l’OMC (Organisation mondiale du commerce).
Fort de ces évolutions, le régime maintient son contrôle sur la société vietnamienne, dans une logique proche de celle de la Chine : la poursuite de la croissance en échange de la paix sociale. Les mois précédant le congrès du Parti communiste vietnamien sont ainsi l’occasion de réaffirmer son autorité en pratiquant une répression systématique à l’égard de la dissidence. Celle-ci, bien que limitée, s’appuie sur une blogosphère active qui est au cœur des mouvements de protestation contre certaines politiques gouvernementales. La signature d’un contrat d’exploitation de la bauxite avec la Chine, par exemple, a suscité l’ire d’une partie de la société civile, dénonçant à la fois le danger écologique représenté par les mines à ciel ouvert et un geste considéré comme une concession faite à l’ennemi historique chinois.

 

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http://www.carto-presse.com/?p=1088

 

 

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PERSEE

By Xavier Oudin, Chargé de recherche, Institut de recherche pour le développement (ex. orstom)

 

Les réformes du Doi Moi et l’introduction des mécanismes du marché surviennent à un moment où l’explosion de l’offre de travail, en période de transition démographique, ne peut plus être gérée dans le cadre de rapports de production socialistes. L’État autorise donc les entreprises familiales et le secteur privé, mais il maintient son contrôle de l’économie en monopolisant les investissements ( en joint-ventures avec des entreprises capitalistes étrangères) et les qualifications. L ‘État n ‘est plus en mesure de prendre en charge la reproduction de la force de travail. Le Doi Moi a introduit un nouveau mode d’accumulation et de répartition où VÉtat garde son rôle de leader.

Les réformes du Doi Moi (la rénovation) correspondent à une restructuration en profondeur du système économique et de la société vietnamienne. Cet article aborde les changements récents par l’analyse de l’activité et des formes du travail au Vietnam, qui apporte un nouvel éclairage sur le sens et les effets des réformes.

Plusieurs caractéristiques différencient le Vietnam des pays socialistes et dans une moindre mesure de la Chine, et expliquent les succès économiques enregistrés depuis l’introduction des mécanismes du marché. La première d’entre elles est la structure de la population du pays qui entre dans la seconde phase de transition démographique où la fécondité baisse tandis que la population active augmente rapidement.

Le Vietnam est avant tout un pays agricole, avec plus des deux tiers de sa population active dans l’agriculture. En corollaire, le secteur industriel et plus encore le secteur tertiaire sont peu importants.

 

MORE ON

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/tiers_1293-8882_1999_num_40_158_5311

 

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CAFES GEOGRAPHIQUES

Le Viet-Nam du  » doi moi  » : ouvertures et mutations
Mon Caf’, 30 janvier 2002

Compte-rendu du débat établi par Annabelle CANTALA (étudiante à l’UTM)

Dans une Asie pacifique qui connaît depuis plus de trente ans une croissance économique sans égale, le Viet-Nam a longtemps fait figure de pays à part. Le poids des conflits qui l’ont ensanglanté paraissait ne pas avoir été surmonté et il semblait voué au sous-développement, sur fond d’archaïsme politique et d’émigration clandestine. Avec ses 80 millions d’habitants, le Viet-Nam fait aujourd’hui encore partie des pays les plus pauvres du monde. Mais, depuis la deuxième moitié des années 1980, le  » doi moi  » (la politique de changement et de renouveau) a considérablement modifié la perception que l’on peut avoir de son avenir.

Le bon élève de la classe asiatique.

En quelques années, de nombreuses réformes structurelles ont en effet bouleversé l’ordre ancien. La libération des prix agricoles et la décollectivisation des terres ont fait du pays, qui se débattait avec la faim, un exportateur de riz et de café de premier plan. La plus grande autonomie accordée aux entreprises et le développement des investissements étrangers ont amené une forte croissance du PIB industriel. Même accompagnées d’une inflation récurrente et d’une dévaluation de la monnaie nationale, ces réformes ont transformé de façon radicale les conditions de vie de la plupart des Viet-Namiens.

L’ouverture décidée il y a quinze ans a permis un boom extraordinaire du commerce extérieur Viet-Namien, passé de 2,5 milliards de dollars US en 1985 à plus de 31 milliards de dollars en 2001. Le Viet-Nam a su s’adapter et varier ses échanges : les pays de l’ancien COMECON (dont la Russie) ne représentent plus que 2,5% des échanges du Viet-Nam, contre 80% il y a quinze ans, alors même que le volume total des échanges a été multiplié par dix. A la fin de l’année 2001, le Viet-Nam était largement considéré comme « le bon élève de la classe Asie du sud est  » par les organismes internationaux, avec une croissance en 2001 autour de 7% (soit le meilleur chiffre en Asie orientale, après la Chine) et une augmentation significative des exportations. Cet état de fait contraste avec les difficultés des autres pays de la région (Indonésie, Malaisie, Philippines), difficultés qui ne sont pas que d’ordre économique.

 

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L’HUMANITE

Vietnam

Un nouveau souffle pour le Doi Moi

 

Le Vietnam a réussi à se hisser, l’an dernier, hors du sous-développement. Hanoi, envoyée spéciale.

Depuis l’an dernier, le Vietnam, avec ses 86 millions d’habitants, se compte dans le groupe des pays à revenu intermédiaire. Il est passé, en vingt-cinq ans, d’un revenu annuel moyen inférieur à 100 dollars, en 1986, à près de 1 200, en 2009. Cette sortie spectaculaire du sous-développement, qui a vu en conséquence tomber le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté de 58 %, en 1993, à 12 % aujourd’hui, a été rendue possible par la mise en place, dès 1986, de la politique du Doi Moi, le renouveau. Celle-ci s’appuie sur la recherche d’une voie propre au Vietnam, qualifiée d’« économie de marché à orientation socialiste » et de nature à stimuler le développement en ouvrant les frontières à des investissements étrangers et en encourageant le secteur privé, tout en gardant la maîtrise globale de son économie. Le marché est alors utilisé comme moyen et non comme but, ce qui impliquerait systématiquement un retour du capitalisme.

Depuis deux décennies, le Vietnam maintient le cap de ses priorités tout en s’intégrant dans une économie mondiale globalisée soumise aux marchés financiers. Ce qui n’est pas sans engendrer des contradictions comme une polarisation sociale, la montée des couches moyennes, qui mettrait en cause l’unité de la société et les succès durement acquis. La bataille contre la pauvreté n’est pas terminée, rappellent les dirigeants vietnamiens. Dans les cinq ans à venir, l’objectif est de la réduire à moins de 2 %. Dans le même temps, la tâche sera de garantir des revenus stables à ceux qui sont sortis de la pauvreté pour empêcher qu’ils y retombent. Elle sera aussi de consolider un développement équitable qui fera d’un Vietnam une « nation industrialisée et moderne » d’ici à 2020.

La décision prise par le 11e Congrès d’accélérer le processus du renouveau en lui insufflant un nouvel élan vise à répondre à ces objectifs en mettant l’accent sur la qualité de la croissance axée sur plusieurs priorités : une modernisation faisant appel à une utilisation plus grande des moyens technologiques, le développement des infrastructures, une hausse du niveau de l’éducation, une meilleure qualité des ressources humaines et la lutte contre la corruption. En se basant sur une croissance économique en moyenne de 7 % à 7,5 % dans les cinq prochaines années, le Vietnam serait en mesure, dès 2015, d’afficher un PIB moyen per capita de 2 000 dollars.

D.B.

 

http://www.humanite.fr/19_01_2011-un-nouveau-souffle-pour-le-doi-moi-462858

 

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