JARDINS DU MONDE

Les jardins délirants du Festival de Chaumont-sur-Loire 2012

CONNAISSANCE DES ARTS

Pour sa vingt-et-unième édition, le Festival international des Jardins a choisi un thème lié à l’art, la littérature et la gastronomie : « Jardins des délires, jardins des délices ». Du 25 avril au 21 octobre, on peut donc y voir des projets évoquant les toiles de Jérôme Bosch et du Douanier Rousseau, les histoires d’Alice au pays des merveilles ou les recettes du chef Alain Passard, qui est cette année le président du jury.

Guy Boyer

Un délice inaccessible


Parmi la trentaine de créations du Festival des jardins, « Émeraude » de Dauphins Architecture joue de la tentation inaccessible. Un monde végétal miniaturisé est placé au-dessus d’un mur en pisé. Il est « délirant de frustration car on ne peut qu’en deviner la beauté   », expliquent le paysagiste Quentin Geffroy et les architectes Faïçal Oudor et Hughes Joinau.

 

«Émeraude », projet du jardin de Dauphins Architecture.

Le goût amer d’une orange mécanique


« Ce jardin serait-il celui des Hespérides où l’arbre aux pommes d’or est gardé par un dragon ? Les fruits précieux y seraient devenus des oranges », s’interrogent les architectes Rudy Toulotte et Carola Iglésias, qui veulent ici dénoncer la culture intensive de l’orange. Au centre de la parcelle, une peau d’orange déroulée laisse filtrer les odeurs de la fleur d’oranger et révèle des arbres qui ne produisent pas de fruits.

 

« Orange mécanique », projet du jardin de Rudy Toulotte et Carola Iglésias Garcia de Sola.

Le potager d’Arcimboldo


Le bureau d’études de Gally propose cette année un potager dont le sol laisse filtrer des vapeurs d’eau comme dans une marmite. Des demi-sphères végétalisées de menthes diverses semblent de grosses bulles parfumées. Au bout du jardin, une mire permet de voir tous ces éléments se recomposer et reconstituer un portrait maniériste d’Arcimboldo fait de légumes de toutes sortes.

 

« Le potager », projet du jardin du bureau d’études de Gally.

Un parc et un jardin pérennes


Grâce au financement de la Région Centre, propriétaire du domaine de Chaumont, le parc historique de vingt-deux hectares est complété cette année par un parc de dix hectares dessiné par Louis Benech. Cet aménagement paysager des Prés du Goualoup a permis la création d’un parcours en boucle. Celui-ci débute avec un premier jardin pérenne d’inspiration chinoise confié à l’architecte Che Bing Chiu et inspiré d’un poème tao de Yuanming (365-427).

« Hualu », projet du jardin de Che Bing Chiu avec magnolia yulan pour le printemps, lotus pour l’été, cannelier pour l’automne et prunus lamei pour l’hiver.

Jardin des supplices
Décidément, l’idée de la convoitise a inspiré les concepteurs des jardins du Festival de Chaumont. Ici, l’Atelier Ruraltactiks et Yohimbe Paysagiste ont créé un jardin rouge sang mais que l’on ne peut admirer que de loin. Le visiteur doit donc emprunter cette passerelle terminée par une cage métallique pour voir de plus près ce jardin-vitrine.

« Lèche-vitrine », projet du jardin de l’Atelier Ruraltactiks et Yohimbe Paysagiste.

http://www.connaissancedesarts.com/archi-jardin-patrimoine/diaporama/les-jardins-delirants-du-festival-de-chaumont-sur-loire-2012-93958.php

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