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By Patricia Bouilleaux (Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Alsace), Stéphane Zins (Insee-Alsace)
Bénéficiant de sa situation géographique, l’Alsace s’insère dans le commerce international grâce notamment aux biens circulant entre les établissements des grands groupes. En 2010, les échanges s’élèvent à 55 milliards d’euros. Malgré la crise, les principaux indicateurs confirment le rôle important joué par le commerce extérieur. Les équipements mécaniques et électriques, les produits de l’industrie automobile et de l’industrie chimique sont les plus échangés. Deux tiers des opérations commerciales de la région sont réalisées avec l’Union européenne.
En 2010, les exportations de l’Alsace vers l’étranger se sont élevées à plus de 26,5 milliards d’euros. Ce montant représente 7 % des exportations françaises classant l’Alsace au 5e rang des régions, devancée par l’Île-de-France, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Nord-Pas-de-Calais. Proportionnellement à son poids économique, l’Alsace est une région particulièrement active sur le plan international.
Sa force s’apprécie également au regard d’autres indicateurs économiques, car le commerce extérieur présente d’importantes disparités selon les régions qu’il soit question d’ouverture, de dynamique des échanges, ou encore de degré de spécialisation.
La contribution régionale demeure élevée dans le contexte national si l’on s’intéresse au poids de ses exportations dans son économie. En effet, en rapportant les exportations au produit intérieur brut régional, l’Alsace se positionne au premier rang des régions avec 47 %, soit 29 points au-dessus de la moyenne nationale. Cet écart significatif est lié à l’importance de l’industrie dans la valeur ajoutée régionale. C’est en effet l’industrie qui contribue le plus souvent aux échanges extérieurs, et elle est très présente en Alsace.
Les importations alsaciennes de produits en provenance de l’étranger s’élèvent à 28,4 milliards d’euros en 2010. Là encore, la contribution alsacienne est très élevée puisque l’économie locale effectue 6 % des importations françaises, ce qui classe l’Alsace au 6e rang des régions.
L’Alsace, région frontalière et industrielle, affiche ainsi un taux d’ouverture – moyenne des échanges rapportée au produit intérieur brut – plus de deux fois supérieur au taux national, soit 46 % contre 19 %. Pour ce critère, elle se situe au second rang après la Haute-Normandie qui tire profit de l’importance de son port conteneur, le premier de France. Les deux régions ont de loin les taux les plus élevés, Midi-Pyrénées, troisième région, atteignant 34 %.
L’intensité de cette participation au négoce mondial s’explique également par la présence de nombreuses filiales de groupes étrangers et un portefeuille d’activités industrielles plutôt diversifié avec notamment l’automobile, la mécanique, la chimie, l’agroalimentaire et l’électronique.

Des échanges extérieurs globalement favorables jusqu’en 2007
Depuis le début de la décennie 2000, l’Alsace est durablement installée parmi les économies régionales les plus tournées vers l’international et sa dimension exportatrice a longtemps contribué aux bonnes performances économiques d’ensemble des entreprises locales.
Entre 2000 et 2007, les transactions se sont rapidement développées. Les exportations ont augmenté de près de 40 % pour atteindre 28,3 milliards d’euros. En sept ans, les importations ont quant à elles progressé de 47 % et dépassent 27,5 milliards d’euros en 2007. Globalement, sur la période et à l’exception de l’année 2005, le commerce extérieur alsacien présente un taux de couverture positif des importations par les exportations, ce qui n’est pas le cas au plan national.
Depuis, la situation a évolué dans un contexte de ralentissement de l’activité économique mondiale. Aussi, après une année 2008 qui a enregistré une certaine stabilité du montant des exportations et des importations par rapport à l’année précédente, les effets de la crise ont fortement affecté les échanges commerciaux, notamment dans l’industrie régionale. Son impact a été particulièrement marqué pour les exportations qui ont connu une baisse importante en 2009 (-16 %). Quant aux importations alsaciennes, elles ont suivi une tendance très proche avec une baisse de 18 %, conséquence d’une non-reconstitution des stocks liée à un affaiblissement général de la demande.
Parallèlement, l’économie régionale qui avait enregistré une croissance de 3 % de son produit intérieur brut en moyenne annuelle sur la période 2000-2008, a connu un recul de 2,8 % en 2009.
Suite à ce net repli, le taux d’ouverture, qui traduit l’emprise du commerce international sur l’économie locale, a nettement régressé dans l’ensemble des régions françaises. L’Alsace accuse une forte baisse entre 2008 et 2009 (-8 points) en conservant cependant sa 2e place. En outre, elle reste la première région en termes d’exportations par habitant avec 12 800 euros pour 5 300 en moyenne nationale.
L’année 2010 affiche un dynamisme retrouvé en matière d’échanges extérieurs, même si les montants se situent en deçà de ceux de 2007 et 2008 pour les exportations. Le taux de couverture s’est détérioré en Alsace du fait d’une reprise plus marquée des importations que des exportations qui, à l’image de l’industrie régionale, continuent à pâtir du manque de diversification des pays clients, notamment vers les pays émergents qui alimentent la croissance mondiale.

Des échanges concentrés autour de quelques groupes de produits
Pour l’économie alsacienne, les échanges extérieurs concernent un grand nombre de biens et le profil singulier de la région se distingue dans la nature des marchandises exportées. Il reflète en partie ses spécificités et l’influence des grandes unités industrielles installées sur son territoire.
En dix ans, la hiérarchie des produits exportés a faiblement évolué. Les ventes sont restées plutôt concentrées. En 2010, les cinq premières familles de produits livrées à l’étranger représentent plus de la moitié du montant total des exportations.
Les biens intermédiaires avec les machines et équipements pour l’industrie constituent le premier poste des échanges. Ils participent pour 14 % des produits régionaux exportés contre une moyenne de 8 % au niveau national.
L’Alsace se positionne au 3e rang des régions, derrière la Franche-Comté et la Bourgogne qui y réalisent respectivement 20 % et 15 % du montant total de leurs exportations.
La région se distingue par une spécialisation marquée dans la fabrication de machines d’usage spécifique en particulier pour l’extraction ou l’industrie agro-alimentaire ainsi que de machines agricoles et forestières et de machines-outils. Sur ces types de produits, 16 % des ventes totales de la France à l’étranger sont réalisés par des établissements implantés en Alsace.
Les principaux acteurs régionaux sur les marchés extérieurs sont Liebherr à Colmar (2e exportateur régional), Millipore à Molsheim (4e) et Schaeffler à Haguenau (8e).
L’Alsace se distingue également par le poids important des exportations de matériels de transport, en particulier les produits de la filière automobile, très présente localement. Au total, les produits de la construction et des équipements automobiles représentent 13 % des exportations régionales.
Ce secteur qui emploie 17 000 salariés en Alsace dispose de grandes unités de production, dont le site de PSA Peugeot Citroën près de Mulhouse, nécessairement orientées à l’international.
La position géographique de l’établissement PSA est un atout en matière de logistique. Le premier employeur privé de la région entretient un flux d’affaires élevé avec les fournisseurs de pièces et de prestations industrielles localisés dans l’Est de la France mais également dans le monde entier, et plus particulièrement dans les pays voisins. Une importante partie de sa production de véhicules est destinée aux marchés extérieurs et son usine mécanique fournit également de nombreux autres sites d’assemblage à l’étranger.
La présence d’autres entreprises de renom parmi les principaux exportateurs comme Mercedes-Benz et Bugatti à Molsheim et de nombreux équipementiers comme Général Motors à Strasbourg, qui alimentent bon nombre de constructeurs de l’espace rhénan, complète cette armature.
Parmi les autres marchandises industrielles, les exportations de produits chimiques pèsent pour 12 % du total régional.
Même si la chimie a subi d’importantes restructurations dans les années 1990, cette industrie lourde est toujours présente à travers de grandes organisations en Alsace. Les flux transfrontaliers avec les usines chimiques allemandes et bâloises sont considérables et se font principalement entre unités du même groupe (BASF, Clariant). Les principales installations orientées dans la chimie de base (minérale et organique) sont établies dans le Haut-Rhin.
Rhodia Opérations, qui dispose d’un important établissement à Chalampé, compte parmi les principaux acteurs du négoce mondial. À l’export, ce groupe industriel se positionne au 36e rang national.
Les produits pharmaceutiques concernent 10 % des exportations bien que ce secteur ne rassemble que 3 % des salariés de l’industrie régionale. Ils constituent cependant une des spécificités de l’activité alsacienne à l’international. Le secteur, qui a sensiblement augmenté ses effectifs depuis dix ans, est particulièrement dynamique en Alsace. Il tire profit de la présence de grandes entreprises, à l’image de l’américain Lilly ou du suisse Novartis, d’une filière structurée autour du Cluster Alsace BioValley et de nombreux centres de formation et de recherche.
Dans ce contexte, l’Alsace pèse pour 10 % des produits pharmaceutiques français exportés et occupe le 4e rang des régions. Une large part de ces ventes revient à Lilly qui destine l’essentiel de sa production aux marchés étrangers. À lui seul, le site représente les trois quarts des exportations pharmaceutiques de la région et 5 % des exportations tous biens confondus.
| Rang régional | Raison sociale | Département du siège | Activité | Catégorie d’entreprise** | Rang national |
|---|---|---|---|---|---|
| * Il s’agit d’entreprises ayant leur siège dans la région. C’est pourquoi n’y figurent pas, par exemple, PSA et Lilly ** petite : 14 à 49 salariés ; moyenne : 50 à 249 salariés ; grande : 250 salariés ou plus En italique, les entreprises du secteur industriel |
|||||
| Source : Douanes | |||||
| 1 | Société d’Affrètement et de Transit | 68 | Affrètement et organisation des transports | Petite | 12 |
| 2 | Liebherr-France | 68 | Fabrication de machines pour l’extraction ou la construction | Grande | 64 |
| 3 | Ricoh Industrie France | 68 | Fabrication d’ordinateurs et d’équipements périphériques | Grande | 85 |
| 4 | Millipore | 67 | Fabrication d’autres machines d’usage général | Grande | 103 |
| 5 | General Motors | 67 | Fabrication d’autres équipements automobiles | Grande | 121 |
| 6 | Mercedes-Benz | 67 | Fabrication de carrosseries et remorques | Grande | 137 |
| 7 | Les Grands Chais de France | 67 | Vinification | Grande | 154 |
| 8 | Schaeffler France | 67 | Fabrication d’engrenages et d’organes mécaniques de transmission | Grande | 174 |
| 9 | Hager Electro | 67 | Fabrication de matériel de distribution et de commande électrique | Grande | 205 |
| 10 | Kuhn SA | 67 | Fabrication de machines agricoles et forestières | Grande | 222 |
| 11 | Mars Chocolat France | 67 | Fabrication de cacao, chocolat et de produits de confiserie | Grande | 237 |
| 12 | Sew Usocome | 67 | Fabrication de moteurs, génératrices et transformateurs électriques | Grande | 272 |
| 13 | Behr France | 68 | Fabrication d’équipements aérauliques et frigorifiques industriels | Grande | 273 |
| 14 | Wrigley France SNC | 68 | Fabrication de cacao, chocolat et de produits de confiserie | Grande | 285 |
| 15 | Sharp Manufacturing France | 68 | Fabrication d’ordinateurs et d’équipements périphériques | Moyenne | 315 |
| 16 | Catalent France | 67 | Fabrication de préparations pharmaceutiques | Grande | 329 |
| 17 | Triumph International SA | 67 | Commerce de gros habillement et de chaussures | Grande | 343 |
| 18 | Lanxess Emulsion Rubber | 67 | Fabrication de caoutchouc synthétique | Grande | 359 |
| 19 | Cryostar SAS | 68 | Fabrication d’autres pompes et compresseurs | Grande | 434 |
| 20 | Alcoa Architectural Products | 68 | Traitement et revêtement des métaux | Grande | 478 |
Une spécificité : les échanges d’équipements électromédicaux
L’importance des transactions portant sur les produits informatiques et électroniques est le reflet d’une autre spécialisation importante de l’industrie alsacienne. En 2010, le montant des exportations portant sur ces marchandises atteint 2,7 milliards d’euros, soit 10 % du total régional.
L’Alsace joue un rôle majeur dans la vente de matériels informatiques et de ses dérivés à l’étranger. Seule l’Île-de-France en exporte davantage. La fabrication de machines de bureau (photocopieurs) est concentrée dans deux établissements haut-rhinois dont une part notable du chiffre d’affaires est réalisé sur les marchés étrangers : Ricoh (3e exportateur régional) et Sharp (15e).
Par ailleurs, l’intensité des flux d’équipements électromédicaux de diagnostic et de traitement est très forte en Alsace depuis une décennie. En 2010, le montant total des biens en circulation atteint 2 milliards d’euros (1 milliard à l’export, 1 milliard à l’import).
La présence, en Alsace, de quelques petites et moyennes entreprises dans ce secteur explique cette situation mais il apparaît surtout que la région exerce un rôle de plate-forme logistique entre la Suisse et les Pays-Bas.
En effet, depuis quelques années, la quasi-totalité de ces produits de haute technologie transite par un transporteur spécialisé dans le dédouanement situé près de Saint-Louis. Par son activité, la SAT (Société d’Affrètement et de Transit) est le principal opérateur alsacien en termes d’export-import. Elle figure même au 12e rang national, devant Total, RTE-EDF et Louis Vuitton pour la valeur des biens exportés et au 13e rang pour les importations.
Les principaux articles convoyés par cette société sont des stimulateurs cardiaques, fabriqués par le leader mondial Medtronic en Suisse, destinés au centre de distribution néerlandais du groupe.

Des importations principalement destinées à l’industrie de transformation
La structure sectorielle des importations régionales diffère peu de celle des exportations. Cependant, dans un contexte de croissance générale des flux de marchandises, les importations sont en progression constante depuis une dizaine d’années, à l’exception de 2009. Elles sont aussi de plus en plus diversifiées même si les produits de l’industrie pharmaceutique restent toujours très présents.
Dans ce secteur très internationalisé où la majorité des échanges sont des échanges intragroupes, les importations progressent à un rythme soutenu (+42 % entre 2008 et 2010). L’Alsace importe, proportionnellement à sa taille, plus de produits pharmaceutiques (13 % des achats) que la moyenne des régions françaises (5 %).
Les machines et équipements représentent 12 % des importations. Elles sont principalement destinées aux grands établissements du secteur en Alsace, en particulier Liebherr, Schaeffler et Millipore qui font partie des 200 premières entreprises importatrices en France.
Les produits chimiques constituent le 3e poste à l’import (11 %) et confirment le rôle joué par les entreprises régionales en tant qu’industrie de transformation dans ce secteur, en particulier dans le sud de l’Alsace.
Enfin, avec 1,9 milliard d’euros, soit 7 % des importations, la facture énergétique de l’Alsace s’est alourdie en 2010 (+700 millions), notamment à cause de fortes tensions sur le prix des hydrocarbures et de la reprise de l’activité économique après la dépression enregistrée l’année précédente.
L’Allemagne, partenaire privilégié de l’Alsace
Concentré sur un nombre limité de postes, le commerce extérieur alsacien est aussi faiblement diversifié par ses destinations et provenances géographiques. Celui-ci est surtout orienté vers le continent européen, voire vers l’espace transfrontalier.
Comme la plupart des régions frontalières, l’Alsace profite de sa situation géographique pour échanger avec les marchés voisins. Par ailleurs, les investissements conséquents des groupes étrangers, notamment allemands et suisses, dans la région depuis 30 ans ont favorisé les transactions entre filiales de multinationales implantées dans ces différents pays.
Au total, les deux tiers des opérations commerciales (exportations + importations) de la région sont réalisés avec les pays de l’Union européenne. La part de cet espace économique dans le commerce extérieur est beaucoup plus élevée en Alsace que dans l’ensemble des régions françaises (60 % des échanges en moyenne). En 2010, l’Alsace présente un solde nettement excédentaire avec l’Union européenne (3,4 milliards d’euros), même s’il est en recul comparé aux deux années précédentes.
L’Allemagne est le partenaire commercial privilégié de la région. Premier client avec 29 % des ventes, loin devant les Pays-Bas et l’Italie et premier fournisseur avec 27 % des achats, devant la Suisse.
Les opérations avec ce pays se font essentiellement dans les domaines de l’industrie automobile, des machines et équipements mécaniques et de la chimie organique.
Malgré des parts de marchés à l’export et à l’import qui s’érodent quelque peu depuis dix ans, l’économie régionale garde une forte dépendance à l’égard de l’économie allemande.
À court terme, ces liens étroits restent sensibles à chaque retournement de conjoncture chez son voisin et aux décisions stratégiques prises par les multinationales. Les exportations vers l’Allemagne sont ainsi passées de 8,2 milliards d’euros en 2008 à 7 milliards en 2009 (-15 %). Même si elles ont retrouvé de la vigueur en 2010, leur niveau reste en deçà de celui observé en 2007.
| Pays | Valeur 2010 (en millions d’euros) | Part du pays en 2010 (en %) | ||
|---|---|---|---|---|
| Exportations | Importations | Exportations | Importations | |
| Source : Douanes | ||||
| Allemagne | 7 763 | 7 722 | 29,3 | 27,2 |
| Pays-Bas | 3 065 | 1 419 | 11,6 | 5,0 |
| Italie | 1 977 | 1 443 | 7,4 | 5,1 |
| Royaume-Uni | 1 718 | 734 | 6,5 | 2,6 |
| Espagne | 1 630 | 894 | 6,1 | 3,1 |
| Suisse | 1 324 | 3 764 | 5,0 | 13,3 |
| Belgique | 1 022 | 1 057 | 3,8 | 3,7 |
| États-Unis | 972 | 2 515 | 3,7 | 8,9 |
| Autriche | 512 | 926 | 1,9 | 3,3 |
| Pologne | 479 | 273 | 1,8 | 1,0 |
| Chine | 446 | 1 741 | 1,7 | 6,1 |
| Irlande | 75 | 809 | 0,3 | 2,8 |
| Autres Pays | 5 549 | 5 087 | 20,9 | 17,9 |
| Total | 26 532 | 28 382 | 100,0 | 100,0 |
Au-delà de l’Europe, les États-Unis sont le premier client et fournisseur de la région même si les exportations vers ce pays ont diminué tendanciellement (-23 % entre 2005 et 2010). Les ventes, principalement axées sur les produits pharmaceutiques, chimiques et l’automobile, ont été fortement désavantagées par la parité euro-dollar et la baisse de l’activité dans ce pays.

Des échanges avec les marchés porteurs à développer
Solidement orientée vers quelques pays de l’Union européenne, cette ventilation ne permet pas au tissu industriel alsacien de profiter pleinement des opportunités qu’offrent certains pays d’Europe de l’Est et surtout les nouveaux pays émergents tels que les "BRICS" (Brésil – Russie – Inde – Chine – Afrique du Sud), le Mexique et d’autres pays, notamment asiatiques où la croissance se prolonge, voire s’accélère.
À l’exception de quelques entreprises, souvent leader dans leur domaine, l’offre alsacienne n’est encore que peu présente dans ces pays prometteurs. Actuellement, la part des exportations extra-européennes reste encore modeste. En 2010, les pays "BRICS" ne comptent que pour 4 % des exportations totales de l’Alsace, soit 1,1 milliard d’euros, contre 7 % en moyenne nationale.
C’est surtout au niveau des importations que ces pays pèsent pour la région. En 2010, les achats s’élèvent à 2,3 milliards d’euros et leur part croît régulièrement ces dernières années, malgré la crise financière internationale récente.
Dans ce groupe de pays, les échanges avec la Chine sont les plus dynamiques, comme au niveau national. Entre 2005 et 2010, les exportations alsaciennes vers la Chine ont progressé de 53 % pour s’établir à 446 millions d’euros. Dans le même temps, les importations en provenance de Chine ont augmenté de 130 %. Les achats se composent principalement de machines et équipements mécaniques (27 %), de matériel de bureau et informatique (22 %) et de produits d’habillement et d’articles en cuir (19 %). La Chine se place désormais au 11e rang des clients et au 4e rang des fournisseurs de la région.

Pour comprendre et interpréter ces résultats
La notion de commerce extérieur à l’échelle d’une région appelle à la prudence. Les données disponibles ne concernent que les échanges avec l’étranger, à partir des statistiques douanières.
Les transferts de marchandises d’une région française à l’autre après importation ou avant exportation ne sont pas forcément pris en compte ; certaines marchandises peuvent donc être comptabilisées dans les importations de la région A alors que leur lieu de destination réel se trouve dans la région B, ou dans les exportations de la région A alors qu’elles ont été produites dans la région B.
Les statistiques douanières ne permettent donc pas de parler de "balance commerciale régionale" qui puisse faire l’objet du même type d’analyse qu’au niveau national. Malgré ces limites, l’analyse des évolutions donne des indications intéressantes sur la situation économique régionale.
La valeur des échanges est prise en compte au passage de la frontière. Cette comptabilisation est dite CAF/FAB : pour les importations coût, assurance et fret compris jusqu’à notre frontière nationale, pour les exportations, franco à bord à notre frontière.
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=15&ref_id=18299
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