Les migrations résidentielles entre aires urbaines sur la période 2001-2006 confirment les grandes tendances issues de l’analyse des flux entre régions.
La région francilienne joue toujours un rôle central par rapport aux autres régions.
Hors de l’Île-de-France, d’autres réseaux régionaux et interrégionaux s’affirment et dessinent des systèmes métropolitains organisés à partir d’un ou plusieurs grands pôles nouant des liens plus ou moins hiérarchisés avec d’autres pôles, situés à proximité ou à une certaine distance.
Les cartes directes des migrations s’avèrent impuissantes à repérer ces systèmes. L’on a donc recours aux modèles d’interaction spatiale [cf. Encadrés]. Ces modèles reposent sur deux hypothèses, l’une selon laquelle les échanges sont avant tout fonction des capacités d’échanges des lieux émetteurs et récepteurs, l’autre sur le rôle joué par l’éloignement entre ces lieux. Les écarts entre les flux observés et estimés par le modèle permettent de dessiner les directions préférentielles des échanges.
Les espaces polarisés (résidus positifs du modèle) reçoivent plus de migrants que ne le laisseraient penser leur capacité d’attraction et la distance qui les séparent des communes dont ils sont issus. Les résidus négatifs du modèle témoignent eux d’une liaison anormalement faible pour l’espace considéré («effet de barrière a posteriori»).
Le Sillon lorrain parmi les grands systèmes métropolitains
Ainsi, on distingue quelques grands systèmes métropolitains organisés à partir de métropoles importantes : Lille, Rouen, Brest, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Toulon, Lyon-Saint-Étienne-Grenoble, Belfort-Besançon, Mulhouse-Strasbourg, le Sillon lorrain, etc. La situation par rapport à la période 1990-1999 évolue peu.
En ce qui concerne les cadres, quelques grandes métropoles concentrent les flux : Toulouse qui attire des cadres de tout le territoire français et plus qu’en 1999, Grenoble vers Lyon, Nantes avec les aires urbaines à proximité, le Sillon lorrain.
L’observation des migrations résidentielles des jeunes âgés de 15 à 19 ans en 1999, que l’on retrouve cinq ans plus tard en 2006, montre l’existence de plusieurs réseaux interurbains : Nantes-Rennes, Bordeaux-Toulouse, Grenoble-Lyon, Lyon-Grenoble, Strasbourg-Mulhouse, Metz-Nancy-Épinal, etc.
Les aires les plus attractives pour les retraités se situent dans le Sud (Toulon, Nice, Marseille, Fréjus …), elles polarisent l’ensemble des flux. À côté, quelques sous-systèmes demeurent dans l’Ouest (Saint-Nazaire, Saint-Malo, Dinard) et le Sud-Ouest (Bayonne, Arcachon, Bordeaux, etc.).
Le rôle du cycle de vie
Le frein de la distance sur les migrations résidentielles diminue avec l’âge. Il atteint sa valeur maximale entre 20-24 ans et minimale à 60-64 ans pour progresser de nouveau après 65 ans.
Les titulaires d’un BEP ou d’un BAC sont plus mobiles entre les aires urbaines que les non diplômés ou que les diplômés du supérieur.
L’effet de la distance temps s’avère plus faible pour les cadres, professions intellectuelles supérieures et les retraités que pour les autres professions.











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