GEOGRAPHIE HUMAINE

Eléments de la dynamique des régions françaises à la veille des élections présidentielles

Bon, d’accord, ce n’est pas la reprise flamboyante. Loin s’en faut. L’enquête conjoncturelle mensuelle de la Banque de France qui repose sur un indicateur de climat des affaires calculé par rapport à une moyenne de longue période  (l’indice 10o), vient de nous donner la température des dynamiques régionales à la veille des élections présidentielles. Une baisse de cet indice dénote une détérioration du climat conjoncturel. Une hausse, une amélioration. En mars, l’indice national se situait à 95 dans l’industrie et 93 dans les services, tous les deux stables par rapport à février 2012.

L’enquête recoupe toutefois des réalités bien différentes. Bien sûr, les délocalisations, les fermetures programmées, les effets de la frilosité des acteurs financiers…  marquent encore profondément beaucoup de nos  régions françaises. La presse s’en fait un large écho, ce qui est normal tant les retombées sociales sont douloureuses.

Mais si la situation reste critique, il existe toutefois quelques lueurs d’espoir arrachées par des Français  « innov’acteurs » et des organismes éthiquement responsables. Elles débouchent souvent sur de véritables réussites. Le propos de Méridianes n’est pas d’en faire des alibis béats pour je ne sais quelle promotion politique ou commerciale. Il s’agit ici simplement de saisir dans la presse économique ces sujets plutôt convaincants qui montrent la ferme volonté des acteurs économiques et des Français de tous bords pour trouver des solutions humaines, malignes et structurantes pour consolider l’emploi, le lien social, les tissus économiques régionaux et la compétitivité de notre pays.

LA TRIBUNE

Le Nord-Pas-de Calais veut être une région pilote dans le domaine industriel

By Fabien Piliu

Copyright Reuters

Copyright Reuters

600 industriels de la région Nord-Pas-de-Calais ont dévoilé aux candidats à l’élection présidentielle leurs dix propositions pour relancer l’industrie régionale. Ils suggèrent notamment de créer un guichet spécialisé dans le domaine du financement.

Pour lancer la Semaine nationale de l’industrie, 600 industriels de la région Nord-Pas-de-Calais dévoileront lundi leurs dix propositions pour le renouveau de l’industrie régionale aux candidats à l’élection présidentielle. Elles seront réunies dans un livre blanc intitulé « Votons industrie! ».

La seconde édition de cette semaine de l’industrie imaginée par les participants des Etats généraux de l’industrie organisés au printemps 2010 se déroulera jusqu’au vendredi 25 mars.

Favoriser la transformation des PME en ETI

Parmi les propositions formulées par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) et le Groupe des fédérations industrielles (GFI) figurent notamment la valorisation des emplois qualifiés et bien rétribués de l’industrie, l’appui des dispositifs innovants, le développement d’activités liées aux pôles de compétitivité. Conforter les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et créer un guichet spécialisé de financement de l’industrie régionale sont également proposés.

Devenir une région pilote dans le domaine industriel

« Le Nord-Pas-de-Calais a été la grande région industrielle du pays (…) et notre poids industriel s’est réduit fortement au cours des dernières décennies. Mais il reste dans cette région une vocation, une tradition, un savoir-faire industriels et on a voix au chapitre », a déclaré Philippe Vasseur, président de la CCI de la région.

« L’avenir de cette région ne peut pas s’envisager sans l’industrie », a poursuivi l’ancien ministre de l’Agriculture qui demandera lundi aux candidats ayant déposé leurs 500 parrainages s’ils sont « prêts à faire de la région Nord-Pas-de-Calais un territoire d’expérimentation sur certaines politiques » industrielles.

_________________________________________________

LA TRIBUNE

Languedoc Roussillon

Réalis, une pépinière pour l’économie sociale

By Ysis Percq, pour Objectif Languedoc-Roussillon

Sur la photo de gauche à droite : Pascale Chaumont, architecte retenue pour le projet; Marie Meunier-Polge, conseillère régionale déléguée à l'Economie sociale et solidaire; Tatiana Capuozzi-Boualam, vice-présidente de la Communauté d'agglomération de Montpellier déléguée à l'Insertion par l'économique. Crédit photo : Conseil régional

Sur la photo de gauche à droite : Pascale Chaumont, architecte retenue pour le projet; Marie Meunier-Polge, conseillère régionale déléguée à l’Economie sociale et solidaire; Tatiana Capuozzi-Boualam, vice-présidente de la Communauté d’agglomération de Montpellier déléguée à l’Insertion par l’économique. Crédit photo : Conseil régional

La première pierre d’un pôle régional de l’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire a été posée à Montpellier. Il est destiné à héberger et accompagner des jeunes pousses de l’économie sociale.

La première pierre d’une nouvelle pépinière vient d’être posée, ce jeudi 5 avril 2012, à Montpellier. Dédié à l’économie sociale, le futur pôle régional de l’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire (ESS) devrait voir le jour à l’été 2013. Il aura vocation à héberger une trentaine de jeunes pousses, mais surtout à devenir le trait d’union entre les différentes structures existantes de l’économie sociale en région. « L’Urscop, la Cres, l’Airdie, l’Urei, CapLR et Replic ont fait de la région la surdouée de l’innovation sociale, s’est félicitée Marie Meunier-Polge, conseillère régionale déléguée à l’économie sociale. Cette pépinière est un outil qui permettra de booster le développement de l’économie sociale et solidaire en région. »

Située dans le Parc 2000 à Celleneuve, la pépinière aura pour mission d’accompagner les entreprises récemment créées dans le secteur de l’économie sociale. Si, par définition, l’économie sociale et solidaire représente les entreprises sous statuts de coopératives, les mutuelles et les associations, Réalis s’ouvre à toutes les jeunes entreprises du monde de l’économie sociale : « Ce n’est pas le statut mais le projet qui importe, explique Benoit Holley, chef de projet du pôle régional de l’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire. Les entreprises ayant une utilité sociale ou environnementale, qui emploient des handicapées, des personnes démunies etc, peuvent faire partie de la pépinière. Un comité de sélection sera chargé d’étudier les dossiers. »

En parallèle, les différents acteurs de l’ESS en région se réjouissent de la création d’une telle pépinière, y voyant là, la possibilité de passerelles et un meilleur accompagnement des entreprises à long terme. Alter’incub par exemple, incubateur d’entreprises dédié à l’innovation sociale, accompagne les porteurs de projets dans la création de leur entreprise durant les 18 mois précédant la naissance de l’entreprise. Une fois créées, ces entreprises auront la possibilité d’être hébergées et accompagnées par la pépinière Réalis.

Baptisée Réalis, la pépinière porte le même nom que le réseau des acteurs de l’économie sociale et solidaire de la région (Réplic, Alter’Incub, Urscop, l’EEES, Coventis, Cres LR) et représentera ainsi le centre de ressources des futurs entrepreneurs de l’économie sociale. Le bâtiment, imaginée par l’architecte Pascale Chaumont, est situé sur la zone du Parc 2000 à Celleneuve. Aux normes BBCE (Bâtiment basse consommation Effinergie), son coût total s’élève à 10,5 M€ dont 2,5 M€ financés par l’Europe (Feder). L’économie sociale représente 13 % de l’emploi en Languedoc-Roussillon.

______________________________________________________________

LA TRIBUNE

Midi-Pyrénées : une hausse générale de l’activité industrielle

By Romaric Godin

Le climat dans l’industrie régionale de Midi-Pyrénées se stabilise en mars à un niveau élevé (103) grâce au secteur aéronautique. La production industrielle a suivi, mais les carnets de commande continuent à reculer, même s’ils restent bien remplis. Parallèlement, le moral des patrons des services connaît un fort redressement et commence à se découpler du niveau national qu’il dépasse de huit points. La demande reste bien orientée et les « perspective » dans les secteurs sont « positives ».

________________________________________________________

LA TRIBUNE

Les Pays de la Loire lancent leur pacte pour l’emploi des jeunes

By Frederic Thual

DR

5 millions par an pour remettre les « décrocheurs » dans les bonnes filières et développer l’apprentissage dans la métallurgie et l’agroalimentaire.

La région des Pays de la Loire va créer sept nouvelles mesures pour lutter contre la discrimination à l’embauche au nom de l’inexpérience, les décrochages au cours de la scolarité, les errements professionnels… « II ne s’agit pas de leur fournir un emploi, mais de les accompagner dans l’insertion professionnelle, de les aider dans l’orientation, de leur donner des perspectives conformes à la réalité du marché de l’emploi dans la région. De remettre dans les rails ceux qui ont quitté trop tôt, et pour diverses raisons, le système de formation. En somme, de leur tendre la main», explique le socialiste Jacques Auxiette, Président du conseil régional des Pays de la Loire. Cela va d’une aide financière de 130 € pour les déplacements à la mise en place de stages pour ceux qui accepteront d’aller vers des métiers de la métallurgie ou de l’agroalimentaire : 4 500 jeunes pourraient être concernés. Six cents places d’apprentis supplémentaires vont être créées dans les domaines bancaires et informatiques. Cinq cents places seront également ouvertes dans le domaine sanitaire et sociale, à l’image de la formation d’ergothérapeute lancée ces jours ci à Laval. « Nous allons mettre en œuvre des moyens financiers pour soutenir des dispositions prises par les chefs d’établissements pour ramener des jeunes sortis du système scolaire et ne pas les laisser sans solution », ajoute le Président de région. Chaque année, 10% des apprentis quitteraient leur formation sans qu’une solution ne leur soit proposée.

15 jeunes et 15 parrains

La Région ouvrira, par ailleurs, l’accès aux formations professionnelles aux jeunes issus de la formation initiale sans attendre le délai de carence de six mois jusque là imposé. Enfin, trois cents jeunes titulaires du baccalauréat bénéficieront d’un accompagnement professionnel par une personnalité du monde économique local. A l’instar d’Olivier Mazé, 26 ans, diplômé d’un master 2 en expertises des professions et institutions de la culture, qui cumule des vacations de 2 à 3 mois depuis 2009 dans des entreprises publiques. Pour donner vie à sa passion et créer son entreprise de tapissier décorateur, il a été mis en relation avec Alain Mustière, patron d’une concession automobile. «Moi, je ne connais rien au monde de l’artisanat. Lui, va pouvoir m’initier au monde de l’entreprise, m’indiquer les réseaux et m’apporter son expertise».
Menée dans le cadre du Pacte pour l’emploi énoncé comme l’une des quatre priorités régionales pour l’année 2012, cette initiative, aussi symbolique soit-elle, marque le lancement d’une opération qui devrait toucher 18 000 jeunes dont 6500 dès la rentrée prochaine. La Région devrait y consacrer 5 millions € par an.

______________________________________________________________

LA TRIBUNE

Rhône-Alpes

A Grenoble, l’e-économie fait vivre 12.000 personnes

Copyright AFP

Copyright AFP

Dotée d’une forte concentration de laboratoires de recherche et d’écoles d’ingénieurs, Grenoble a vu naître depuis la fin des années 1990 de nombreuses start-up de l’économie virtuelle, qui font aujourd’hui vivre des milliers de personnes dans la « Silicon Valley des Alpes ».

La capitale de la « Silicon Valley des Alpes » se porte très bien., merci. Industrialisée grâce à l’hydroélectricité au XIXe siècle, Grenoble a pris dès les années 1950 le virage de l’informatique. Un virage payant, puisqu’en 1967, Serge Kampf, un ancien de Bull, y a créé Capgemini (services informatiques), devenu un géant mondial. Ainsi, le secteur des logiciels et de l’informatique emploie actuellement plus de 12.000 personnes dans la cuvette grenobloise, avec des grands groupes tels que Hewlett-Packard, Xerox ou Oracle, mais aussi une myriade de petites sociétés de services en informatique.

« Grenoble créé la technologie, Paris la vend »

« Il y a un dicton local qui dit: « Grenoble crée la technologie, Paris la vend », sourit Frédéric Dulac, directeur d’Eolas, société spécialisée dans la construction et l’hébergement de sites internet. Surfant sur la vague internet depuis le milieu des années 1990, Eolas emploie 110 personnes à Grenoble et affiche un taux de croissance avoisinant les 10% par an. « L’internet est un marché qui se développe. Il y en a plus, partout, tous les jours », remarque-t-il.

Kelkoo, Photoweb, Starzik, Spartoo… toutes basées dans la Silicon Valley des Alpes

Dans ce « terreau local fertile en compétences en informatique », la capitale des Alpes françaises a aussi vu émerger quelques « belles réussites » de l’e-commerce, selon les termes de Nicolas Béroud de l’Agence d’études et de promotion de l’Isère (AEPI). La plus emblématique d’entre elles est sans doute le comparateur de prix en ligne Kelkoo, élaboré par trois ingénieurs de Bull et de l’Institut national de la recherche en informatique et automatique (Inria) fin 1999. Le site a été vendu à l’américain Yahoo! en 2004 pour 475 millions d’euros.

Dans sa lignée, de nombreuses start-up ont vu le jour dans la cuvette: Photoweb (développement de photos numériques), Starzik (téléchargement de musique) ou Made In Design (vente d’objets design). Créé en 2006, Spartoo.com est l’un des leaders européens de la vente de chaussures sur internet, avec 1,5 million de paires de vendues en 2011 et un chiffre d’affaires en hausse de 70% à 100 millions d’euros. « Grenoble bénéficie d’un bon environnement de travail, d’une place centrale en Europe et d’un bon bassin de personnes qualifiées sur le plan scientifique », explique à l’AFP son fondateur Boris Saragaglia, 30 ans, qui avait conçu l’idée du site à Paris avant de venir s’implanter à Grenoble.

Un écosystème favorable à l’économie numérique

La vallée de l’Isère bénéficie en effet d’un écosystème particulièrement favorable à l’économie numérique, où se côtoient des chercheurs du CEA, de France Télécom ou de Bull, des étudiants d’écoles d’ingénieurs réputées et des cadres de groupes de haute technologie. L’incubateur public Grenoble Alpes Incubation (GRAIN) et le réseau de capital risque Grenoble Angels complètent le tableau en participant au financement des projets. Les Business Angels grenoblois, dont font partie des anciens de Kelkoo, revendiquent ainsi le financement de 70 entreprises depuis 2004, pour un investissement total de 15 millions d’euros.

La dynamisme du secteur privé permet au bassin d’avoir une très bonne couverture en très haut débit et imprègne la politique des collectivités locales. Trois communes de l’agglomération sont ainsi labellisées communes « 5 arobases » pour leur politique en faveur d’internet. Et certaines innovent, comme la ville de Meylan, qui a lancé une application conçue par une entreprise locale permettant aux usagers de signaler un défaut dans la voirie grâce à leur iPhone.

_______________________________________________________________

LA TRIBUNE

Les Alpes-de-Haute-Provence, champion de la croissance

C’est le meilleur résultat de toute la région PACA malgré un deuxième semestre assez médiocre.

Exemplaire. Le département a terminé l’année en frôlant la sacro-sainte croissance à 2 chiffres : 9,69 % (cette analyse s’appuie notamment sur les déclarations de TVA souscrites par les entreprises). Avec un 1er trimestre à + 15%, un deuxième à +12% mais un recul de 6% pour les deux derniers.

Grâce à son activité, les Alpes-de-Haute-Provence sont leaders de la région Paca », se réjouit Gilles Gauthier, directeur des finances publiques du département. « Cela dit, on peut noter trois points de fragilité : la faiblesse structurelle de certains secteurs majeurs de l’économie, la crise de confiance qui mine les stratégies d’investissement et donc d’emploi, l’hétérogénéité du développement infra-départemental qui est un frein à l’économie locale. Géographiquement, les locomotives restent les bassins manosquin (+15%) et sisteronais (+3,9%). Barcelonnette (+ 8,82%) bénéficie de ses avantages touristiques tout comme, mais à un degré moindre, Saint-André-les-Alpes (+ 2,34%).

Premier département photovoltaïque

« À noter que Barcelonnette retrouve là un taux d’activité presque équivalent à ce qu’il était en 2008 avant le désengagement de l’Armée et ce n’est sans doute pas fini avec le projet de la cité d’excellence du Craplet* et du centre de balnéothérapie, à Jausiers ». Les deux projets correspondent à un investissement public de 20 à 25 M€ pour le premier et privé de 20 millions sur le second.

A contrario, Digne souffre avec un recul de l’activité de 2,6% en 2011. Le patron des finances locales attribue cette perte de souffle à l’enclavement et espère que « la transformation de l’ancien hôpital en cité administrative (6 M€ d’investissement de la part de l’État) sera un petit ballon d’oxygène ».

En 2011, les Alpes-de-Haute-Provence signent une autre performance : premier département métropolitain en terme de puissance photovoltaïque installée à fin septembre 2011 (108 MW), devant les Landes (104 MW). À fin décembre 2011, 165 MW avaient été raccordés, soit 22 parcs au sol et plus de 1 300 toitures. Au niveau national, 2 500 MW avaient été raccordés fin 2011 et 306 MW fin septembre 2011 en région.

_________________________________________________________________

LA TRIBUNE

L’industrie picarde résiste bien grâce à l’exportation

By Guillaume Roussange

Le secteur industriel reste le moteur des échanges internationaux de la Picardie. Mais la crise a accéléré l’hémorragie des effectifs, notamment chez les sous-traitants de l’automobile.

Mécanique, métallurgie, chimie. La crise n’a rien changé au trio de tête des secteurs picards les plus dynamiques à l’export. Et ce malgré la multiplication des plans sociaux opérés par des groupes tels que Still Saxby, Goss International, Lee Cooper ou Continental, qui ont provoqué une hémorragie de 19.000 emplois industriels entre 2004 et 2011 en Picardie. Pour la seule année 2009, quelque 7.000 emplois ont ainsi disparu dans les établissements réalisant plus de 10 % de leur chiffre d’affaires hors de France : « La crise a mis en exergue la situation locale de l’emploi, qui évoluait à la baisse depuis plusieurs années, notamment du fait de la diminution d’activité constatée dans l’industrie automobile », indique une étude réalisée conjointement par l’Insee et les services de la chambre de commerce et d’industrie régionale (CCIR).

Quelques leaders mondiaux

En dépit de ces difficultés, l’industrie constitue toujours la trame du tissu économique picard, grâce à un réseau de PME industrielles particulièrement dynamiques à l’international. C’est par exemple le cas d’entreprises comme Le Creuset, Unither, Biolabo ou Douce Hydro, qui figurent désormais parmi les leaders mondiaux de leur secteur. Mécanique, métallurgie et chimie représentent d’ailleurs « 25 % des emplois des PME exportatrices contre 11 % en moyenne sur le plan national », indique Vincent Trelcat, l’un des auteurs du rapport. Suivent les secteurs du transport et la logistique, où « un peu moins de 50 % des entreprises indépendantes réalisent au moins 10 % de leur chiffre d’affaires hors de France », note le rédacteur.

Autre phénomène souligné : l’impact des pôles de compétitivité Industrie et Agro-Ressources (chimie verte) et I-Trans (transports durables), qui semblent jouer à plein leur rôle de levier à vocation mondiale. « Un pôle de compétitivité est un facteur stimulant. C’est particulièrement vrai dans la région de Compiègne, où les différentes branches de la chimie se développent à l’export, soutenues par la collaboration avec les établissements d’enseignement supérieur (UTC, Ecole de chimie organique-Escom) », poursuit Vincent Trelcat.

En Picardie, près de 10.000 établissements, dont 3.600 PME indépendantes, seraient présents à l’international, générant 10 milliards d’euros d’activité environ chaque année. « La Picardie se situe donc à un niveau tout à fait honorable derrière les régions frontalières et l’Ile-de-France », souligne le responsable. Au total, environ 160.000 salariés picards appartiendraient à une entreprise présente à l’international.

_________________________________________________________________

LES ECHOS

Bourgogne

Sans la F1, Magny-Cours accélère sa diversification

By Didier Hugue

Les 26 entreprises du Pôle de la performance de Nevers Magny-Cours jouent collectif. Six d’entre elles ont uni leurs efforts pour créer la Noao, un véhicule à propulsion électrique. Ce mariage de compétences devrait leur ouvrir d’autres marchés.

Longtemps sous l’éteignoir du circuit nivernais du temps où se déroulait le Grand Prix de France de F1, entre 1991 et 2008, les 26 entreprises, implantées en bordure de l’équipement et fédérées en grappe, baptisée Pôle de la performance de Nevers Magny-Cours, sortent enfin de l’ombre. Alors que les discussions se poursuivent entre la France et les autorités de la Formule 1 pour organiser un Grand Prix de France au Castelet dans le Var, six d’entre elles ont uni leurs forces durant six mois pour concevoir la Noao, jeu de mot avec « know how » : savoir-faire en anglais. Le fruit de cette conception collective donne un véhicule hybride série de compétition à propulsion électrique, dont un second moteur thermique actionne une génératrice pour recharger les batteries. Son débouché : les écoles de pilotage soucieuses de proposer des stages plus silencieux et des cours d’écoconduite.

Cette innovation pourrait paradoxalement ouvrir les portes à d’autres marchés que la stricte compétition automobile aux budgets de plus en plus réduits. La signature toute récente d’une convention avec le pôle de compétitivité Mov’eo vise notamment à inviter les grands constructeurs automobiles à faire appel aux compétences de Magny-Cours pour réaliser des démonstrateurs technologiques et des concept-cars. Une autre source de diversification est envisagée avec les industries de la défense.

Dans le cadre du plan de redynamisation de la Nièvre, suite aux restructurations militaires, le pôle nivernais va bénéficier d’un consultant spécialisé dans ce domaine. Cette volonté de sortir du coeur de métier, même s’il reste toujours stratégique, s’illustre déjà pour bon nombre de ces PME locales qui comptent plus de 500 salariés. ACE (600.000 euros de chiffre d’affaires attendu, 8 salariés) réalise aujourd’hui 50 % de ses études aérodynamiques et thermiques pour l’industrie, le bâtiment et les cycles. « La qualité de nos équipements, notre R&D et l’échange de savoir-faire à amplifier avec nos collègues vont nous conduire à proposer des applications industrielles dans l’agricole, le maritime et l’aéronautique », indique pour sa part Guillaume Gaillard, le dirigeant de Sodemo, développeur de moteurs et de systèmes électroniques (4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, 45 personnes).

Des essais grandeur nature

Conquis par le projet, le groupe Anvis, implanté à Decize (Nièvre) et spécialiste des systèmes antivibratoires en caoutchouc pour l’automobile (80 millions d’euros de chiffre d’affaires, 500 salariés), a décidé de transférer son centre de recherche à Magny-Cours qui compte 52 personnes. Adhérent du pôle, le circuit de sports mécaniques joue aussi le jeu en ouvrant ses pistes à différents types d’essais.

Reste à trouver les bons créneaux horaires, car depuis la perte de la F1, l’équipement (8,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, 36 salariés) est devenu rentable. « Nous cumulons 300 jours de location de la piste principale et 255 jours pour la piste club », se félicite Serge Saulnier, son directeur opérationnel.

__________________________________________________________________________________

LES ECHOS

La grande vitesse en 2017 : les villes bretonnes repensent leurs gares

By Stanislas Du Guerny

Les villes bretonnes anticipent la prochaine arrivée de la ligne ferroviaire à grande vitesse en investissant dans des espaces d’échanges nécessitant une révision complète de l’organisation de leur offre de transports en commun.

Le prolongement jusqu’à Rennes de la ligne ferroviaire à grande vitesse, opérationnel en 2017, permettra une meilleure desserte de plusieurs villes bretonnes. Une opportunité pour ces cités de revoir complètement l’organisation de leurs transports en commun et de créer des plates-formes d’échanges autour des gares ferroviaires.

A Rennes, un accord vient ainsi d’être conclu entre les différentes collectivités (ville, agglomération, département, région,…), la SNCF, RFF et l’Etat pour, indique le communiqué commun, « investir 107 millions d’euros entre 2012 et 2020, dans les aménagements d’une plate-forme multimodale ». L’objectif est de concentrer autour de la gare ferroviaire, qui sera agrandie, l’ensemble des possibilités de déplacements de l’agglomération afin de faciliter la mobilité des passagers, qui pourront passer en quelques minutes du train au bus ou au métro, mais aussi utiliser un vélo, grimper dans un autocar départemental ou louer un véhicule. Aujourd’hui, 60.000 personnes se rendent quotidiennement à la gare SNCF de Rennes. Les projections tablent sur une fréquentation qui sera du double d’ici à 2020.

A Lorient, un projet de plate-forme multimodale va même offrir l’occasion à la municipalité de transformer tout un quartier. « Le futur pôle d’échange – un projet de 50 millions d’euros -va être complété par 100.000 mètres carrés de surfaces constructibles partagées entre bureaux, commerces et logements. Nous allons créer un nouveau quartier de gare pour mieux faire la liaison avec le centre-ville distant de 800 mètres », explique Jean-François Rault, directeur général adjoint de l’aménagement à l’agglomération.

Même les villes les plus petites

Au total, 10 villes de la région ont prévu de s’engager dans un projet de création d’espaces multimodaux de ce type. A l’instar de Rennes, elles négocient à leur tour avec l’Etat, la région et RFF les conditions de son financement. Même les villes les plus petites s’y mettent, telles Guingamp, dans les Côtes d’Armor, ou Vitré en Ille-et-Vilaine.

Outre l’arrivée de la grande vitesse, les villes doivent aussi prendre en compte l’explosion du trafic TER régional. Celui-ci a fait un bond de 50 % en cinq ans. Le conseil régional a certes déjà investi 250 millions d’euros dans la modernisation des équipements et le renforcement des fréquences. Et une commande de 17 motrices de grande capacité est en cours. A leur tour, les villes intègrent ce paramètre dans la définition de leurs projets de plates-formes d’échanges. C’est par exemple une des principales préoccupations à Saint-Brieuc, où 24 millions d’euros vont être investis dans la plate-forme multimodale.

____________________________________________________________________________

LES ECHOS

Normandie


Nouvelle étape pour le projet d’Axe Seine

By Dominique Malecot

Antoine Rufenacht, commissaire général pour le développement de la Vallée de la Seine, a remis son rapport sur le projet d’Axe Seine, le volet maritime du Grand Paris. « Un travail interministériel va rapidement être engagé sur chacune des propositions de l’ensemble des domaines abordés », indique-t-on à Matignon. Pour Antoine Rufenacht, la réussite du projet passe d’abord par la mise en place d’une gouvernance pour éviter une dispersion des efforts comme par le passé, un chiffrage précis et une garantie de moyens. Il formule des propositions en matière de transports, d’industrie, de développent durable et de culture. « L’ensemble des besoins en infrastructures recensés seront expertisés » et les conclusions du débat public sur la nouvelle ligne ferroviaire Paris-Normandie « seront exploitées dans les meilleurs délais », promet-on à Matignon en annonçant la création d’une Conférence pour le développement de la Vallée de la Seine, jusque-là structure informelle.

DCNS va produire des hydroliennes à Cherbourg

By Philippe Legueltel

Les énergies marines renouvelables (EMR) sont bel et bien désormais un axe fort de la politique nationale en matière d’énergie. En attendant le choix gouvernemental en faveur des consortiums pour les 5 futurs champs d’éoliennes en mer, l’énergie hydrolienne, qui consiste à valoriser l’énergie des courants sous-marins à l’aide de turbines immergées, se met en ordre de marche.

Déjà implanté sur Cherbourg, DCNS vient de signer avec les collectivités locales de Basse-Normandie (région, département de la Manche et communauté urbaine de Cherbourg), à travers le groupement Ports normands associés (PNA), un accord afin de réserver 11 hectares sur le port du Cotentin. Situé à proximité du raz Blanchard, l’un des sites les plus prometteurs au monde pour l’exploitation de cette énergie, le site cherbourgeois devrait accueillir l’unité industrielle du groupe. DCNS pourrait y démarrer son activité dès 2014. L’usine intégrera la fabrication, l’installation et la maintenance des premières hydroliennes. Des centaines d’emplois sont évoqués.

« Notre ambition est qu’elle soit la première usine de ce type en Europe. Notre développement dans l’hydrolien, où nous voulons jouer un rôle de premier plan mondial, constitue un axe majeur dans notre plan de croissance », explique Patrick Boissier, PDG de DCNS.

Premiers tests

L’an passé, le groupe industriel a acquis 11 % de la société irlandaise OpenHydro, leader du secteur de l’hydrolien. Déjà, les deux sociétés réalisent, pour le compte d’EDF, une ferme pilote de quatre hydroliennes à Paimpol-Bréhat (la première machine a été testée en mer à l’autonome dernier). Elles devraient, à partir de 2018, produire une centaine d’hydroliennes par an à Cherbourg.

Les eaux territoriales françaises ne seraient pas les seules en vue. DCNS pourrait également installer des hydroliennes dans la partie britannique du raz Blanchard, autour de l’île d’Aurigny. Le groupe a en effet signé, en février 2012, un protocole d’accord avec Alderney Renewable Energy (ARE), société britannique spécialisée dans l’énergie des courants de marée.

Confronté à une perte d’activités ces dernières années, le port de Cherbourg attend beaucoup du développement des EMR. Déjà, le choix d’Alstom (« Les Echos » du 7 novembre 2011), d’implanter une partie de sa production d’éoliennes offshore, était venu lui redonner de l’espoir.

Il y quelques jours, la capitale du nord du Cotentin avait signé avec cinq autres collectivités de Basse-Normandie et des Pays de la Loire un protocole de partenariat relatif au développement de la filière industrielle des énergies marines renouvelables.

____________________________________________________________________

La TRIBUNE

 

Languedoc-Roussillon

Ces agriculteurs qui décrochent un label « vert »

by Cécile Chaigneau

 

Plusieurs secteurs de productions agricoles sont représentés dans le groupe d'agriculteurs certifiés, parmi lesquels la viticulture. / Crédit photo : Edouard Hannoteaux

Plusieurs secteurs de productions agricoles sont représentés dans le groupe d’agriculteurs certifiés, parmi lesquels la viticulture. / Crédit photo : Edouard Hannoteaux

 

Terre de Languedoc-Roussillon, une association de 27 agriculteurs, recevra, le 27 avril 2012, une certification collective ISO 14001 de management environnemental, au terme d’un travail qui aura duré de deux ans.

La démarche aura fait office de démarche pilote dans la région Languedoc-Roussillon : une certification collective ISO 14001 menée par un groupe de 27 agriculteurs de la région rassemblés au sein de l’association Terre de Languedoc-Roussillon (déclinaison régionale du label Terr’avenir®), et pilotée par le réseau de conseil et expertise comptable CER France (10 000 entreprises accompagnées en Languedoc-Roussillon, dont 70 % dans le milieu agricole). La certification ISO 14001 repose sur le principe d’amélioration continue de la performance environnementale par la maîtrise des impacts liés à l’activité de l’entreprise.

Une opération qui aura coûté 1,2 million d’euros

« La certification ISO 14001 peut s’avérer très contraignante pour une entreprise de petite taille, ce qui est majoritairement le cas dans le secteur agricole, explique Vincent Lacanal, directeur de CER France Gard et directeur délégué de CER France LR. Le concept de démarche collective, initié en Picardie, est très innovant et présente l’intérêt de permettre à de petites exploitations agricoles de se certifier. »
Coût de la démarche par exploitation agricole : 1 600 € pour le diagnostic et 7 520 € pour l’accompagnement.
Cette opération pilote, qui aura coûté 1,2 M€, a bénéficié de financements importants de la Région Languedoc-Roussillon (10 %), de l’Ademe (10 %) et des fonds Feder (50 %), le reste incombant aux exploitants agricoles.
« La contrainte que nous ont imposée les financiers, c’était de trouver des exploitants de toute la région et sur des productions diversifiées, viticulture, arboriculture, céréales, élevage, conchyliculture, etc. », précise Vincent Lacanal.

Les conchyculteurs ont manqué à l’appel
Une petite quarantaine d’exploitants ont répondu présents au départ, 27 sont restés jusqu’au bout, parmi lesquels trois exploitations de lycées agricoles régionaux. « On aurait souhaité plus de conchyliculteurs, regrette Jean-Louis Veyres, agriculteur dans l’Aude et président de Terre de Languedoc. Mais nous n’allons pas nous arrêter là et allons constituer d’autres groupes, même si nous ne bénéficierons pas de financements aussi avantageux. On veut être des acteurs du développement durable, promouvoir une agriculture propre, et optimiser le fonctionnement de nos entreprises. »
Deux années de travail collectif ont été nécessaires, avec plusieurs actions comme des modules de formation pour les exploitants et leurs salariés, ou de petits investissements (phyto-bacs, local d’hydrocarbures, etc.).
L’organisme certificateur Ocacia a clos la démarche par un audit en janvier 2012.  « La reconnaissance ISO 14001 est portée non pas individuellement mais par l’ensemble de l’association, comme une entreprise multi-sites », souligne Vincent Lacanal. La remise officielle des certificats aura lieu ce vendredi 20 avril à l’Hôtel de Région, à Montpellier.

 

_________________________________________________

 

 

A CONSULTER REGULIEREMENT

www.latribune.fr

www.lesechos.fr

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s