DECORTIQUAGES

Numérique : les nouveaux territoires de la connaissance et du partage

Sciences po

Qu’est-ce qu’un médialab ?

Histoire

Le médialab de Sciences po s’inspire de son célèbre homonyme – accent et majuscule mis à part -, le Media Lab mis en place par le MIT de Cambridge, USA, sans pour autant en être la réplique. Ce genre d’instrument est peu développé dans le milieu des sciences sociales alors même que des modèles existent déjà partout et qu’on assiste à une frénésie d’investissements privés et publics sur ces questions du numérique. Il existe dans les écoles d’art-média, dans les entreprises de gestion de données, dans les grandes universités scientifiques, toute une gamme d’organisations qui pourrait constituer tout ou partie d’un médialab tel que nous le concevons pour Sciences Po.

Définition

Le médialab est un laboratoire de moyens numériques centré sur tous les nouveaux moyens de communication et de production des données engendrés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication. D’où son nom « médialab ».

Sa fonction

Contribuer au renouvellement de la recherche en sciences humaines et sociales, tant dans ses sources, dans ses méthodes de travail que dans sa manière de traiter ses objets. Pour cela, le médialab de Sciences po entend faire dialoguer nouvelles technologies, recherche et enseignement.

Son ambition

Se doter de moyens numériques permettant de rivaliser avec les universités de rang international tant en matière d’archivage que de traitement quantitatif et qualitatif des données. Innover et doter les sciences sociales d’ « équipements » au même titre que les sciences « dures ».

Pourquoi un médialab?

Révolution numérique et sciences sociales

Le développement, la diversification et la diffusion de plus en plus large des nouvelles technologies numériques ont provoqué une révolution des conditions d’accès aux sources du savoir et de la connaissance dont on mesure chaque jour davantage l’ampleur et les conséquences. Les établissements universitaires sont directement touchés par ces évolutions majeures. Ils ont su prendre la mesure des conséquences de la « révolution numérique » sur l’enseignement et la recherche, qui se sont appropriées pleinement ces nouveaux outils qui transforment radicalement les conditions d’accès aux sources du savoir et de la connaissance. Là encore, Sciences Po doit se doter des moyens qui lui permettront d’accéder, dans ce domaine également, aux standards des grandes universités internationales. C’est pourquoi Sciences Po entend placer la « révolution numérique » au cœur de son projet éducatif et scientifique.

Pallier trois lacunes

  • L’absence d’infrastructure, de laboratoire centré sur tous les nouveaux moyens de communication et de productions de données engendrés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC)
  • Un enseignement encore fondé sur des formes pédagogiques traditionnelles et sur des modes d’apprentissage ou d’évaluation peu novateurs.
  • Une recherche qui recourt peu aux méthodes quantitatives généralisées dans le champ de la connaissance. Très peu de chercheurs exploitent les potentialités offertes par les NTIC dans leurs travaux ; peu font un usage scientifique du numérique et du cyberspace. Or elles sont aujourd’hui incontournables si l’on veut atteindre un niveau d’excellence en sciences sociales.

A notre connaissance, il n’existe pas de projet cohérent qui mette à la disposition des sciences sociales l’ensemble des ressources disponibles à la fois pour renouveler la recherche, l’enseignement et, surtout, le mode même d’occupation de l’espace public. Il y a là une niche très particulière qui donnerait à Sciences Po et ses partenaires un avantage comparatif considérable aussi bien pour les chercheurs que pour les élèves. Nous pourrions, avec des investissements relativement modestes, devenir en France et en Europe les pionniers dans l’utilisation de ces espaces pour la formation, la recherche et le débat.

EN SAVOIR PLUS

http://www.medialab.sciences-po.fr/fr/a-propos/

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LES FAB LABS et AUTRES DERIVÉS

Internetactu.net

by Hubert Guillaud, Cécile Delemarre, Charles Nepote.

Grâce aux outils de prototypage rapide à commande numérique, à du matériel et du logiciel désormais facilement bricolables, demain, un grand nombre de personnes seront en mesure de concevoir et fabriquer des objets de leur choix, passant rapidement de l’idée au modèle numérique, du modèle au prototype, voire du prototype à l’objet tangible. C’est l’essence même du projet des Fab Labs (Wikipédia), ces espaces de travail, ces ateliers de fabrication ouverts et accessibles à tous.

Mais pourquoi s’en tenir aux objets physiques et à la matière programmable ? La complexité de la matière numérique montre qu’on gagnerait certainement à étendre le concept aux données, aux statistiques, aux algorithmes… Et faire de la matière numérique un objet d’appropriation commun, comme les Fab Labs le proposent pour le monde physique.

Le Lab “ouvert” comme modèle

Abréviation de Fabrication Laboratory (Laboratoire de fabrication), le Fab Lab est une “plate-forme de prototypage rapide d’objets physiques, “intelligents” ou non”, rappelle Fabien Eychenne dans sonTour d’horizon des Fabs Labs publié par la Fondation internet nouvelle génération. On peut retenir comme caractéristiques principales sa nature de tiers-lieu, l’ouverture à un public large, la mise à disposition d’équipements (mais plus largement outils, méthodes et savoir-faire) et une chaine intégrée allant de la conception à la production. Le Fab Lab est ainsi un lieu physique ouvert qui invite son public à devenir acteur et à enrichir ses connaissances par l’expérimentation. Il répond aux préoccupations du mouvement DIY (Do it Yourself) qui prône le “faire” et la mise en capacité de chaque individu. La notion de “prototypage rapide” qui le caractérise désigne l’accélération des cycles d’innovation, de recherche et développement et de production, en adoptant notamment une démarche itérative.

Le concept du Fab Lab repose ainsi sur des principes généraux tels que l’accessibilité du lieu et l’accompagnement des utilisateurs, l’échange d’expérience et le partage de compétences, l’exploration et le droit à l’erreur. Il existe une grande variété de lieux de ce type, même si ceux qui se revendiquent explicitement du mouvement Fab Lab initié par Neil Gershenfeld doivent signer une charte précise mais en même temps assez ouverte.

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Image : quelques participants de la dernière Medialab Session, 2 jours pour imaginer de nouvelles applications journalistiques depuis les données (explications sur le principe et les résultats obtenuspar Philippe Couve), photographiés par Christophe Carriou.

Avec plus d’une centaine de Fab Labs dans le monde, leur relative réussite interroge. La structuration de leur organisation en réseau y est certainement pour beaucoup et se pose en modèle. D’autant qu’il faudrait ajouter à ce succès les autres formes d’espaces dédiés à la fabrication personnelle, comme les hackerspaces (Wikipédia), voire même les techshops(Wikipédia), qui en sont la forme la plus commerciale. Et ce d’autant plus que les Labs ouverts commencent à essaimer auprès d’autres communautés que celle des bricoleurs.

On commence à voir apparaître des Bio Labs (encore appelés Bio Fab Labs ou Bio Hackerspaces). Mais on pourrait également rapprocher de ce mouvement ces espaces ouverts de travail, de projets, d’entrepreneuriat, d’innovation et de recherche qui se multiplient : les espaces de coworking(tel que ceux du réseau des cantines en France) que les laboratoires d’innovation sociale ou encore – bien qu’ils soient peu ouverts sur l’extérieur, et agissent plutôt comme des structures ressources interdisciplinaires et expérimentales – bien des Media Lab (comme celui du MIT, de Sciences Po,de Madrid ou le Nieman Lab dédié au journalisme qui sont plutôt des structures ressources-actions dédiées à la recherche…).

Cette dynamique montre le besoin d’espaces d’interaction pour développer des projets personnels ou innovants d’une manière plus ou moins ouverte. Les modalités sont variées. Certaines structures sont très commerciales, d’autres, plutôt fermées, venant comme des supports à des communautés particulières, d’autres enfin très ouvertes au public avec une mission d’intérêt général.

Le modèle des Fab Lab, réservé à la conception d’objets physiques, pourrait donc demain être étendu à d’autres domaines, à d’autres formes de prototypages : objets informationnels, applications, services, informations… En d’autres termes, donner naissance à de nouveaux et multiples (x)Labs : Info Labs, Services Labs, Data Labs, etc. Des Labs “ouverts” comme autant de territoires de projets, de lieux de rencontres.

Pourquoi avons-nous besoin de Labs consacrés aux données ?

A l’heure de la démultiplication des données, de la multiplication de leur mode de production (capteurs, crowdsourcing…), du type de producteurs (communautés, individus isolés, entreprises parfois modestes, collectifs organisés, initiatives publiques, etc.) et des modalités de traitements des données, nous sommes confrontés à un écosystème nouveau en profonde mutation qui appelle des dispositifs d’apprentissage, d’exploration et d’appropriation adaptés. Nous ne sommes pas confrontés seulement à une profusion des données, mais également à la complexité de l’écosystème de production et d’usage des données. Nous ne sommes pas seulement confrontés au développement des données publiques, mais à toute sorte de données que nous allons être appelés à manipuler de plus en plus : données personnelles, mesures médicales, données de consommation, données collectives… dont il va nous falloir comprendre le sens, être “formé à la critique”, comme l’explique Simon Chignard, auteur d’un récent ouvrage sur la question de l’Open Data.

Equipements SportifsGironde
Image : La Gironde sportive, datavisualisation des données sportives de la Gironde, l’une des 12 productions réalisées par les étudiants du DataJournalisme Lab.

Si, donc, les Fab Labs visaient en quelque sorte à diffuser dans le monde industriel le modèle ouvert et “agile” de l’innovation numérique, il devient aujourd’hui temps de faire également le mouvement inverse, de retour vers le numérique. Pourquoi ? Parce que, face à la place de plus en plus importante que prennent aujourd’hui les données et les programmes dans la production de connaissances, de représentations, de décisions, il devient essentiel de créer les conditions d’une compréhension, d’une réappropriation, de ces donnes et de ces algorithmes.

Le volume des données produites, extraites, captées, explose littéralement. La production de recherches, de cartes, de décisions stratégiques, de musiques à succès, de services… repose de plus en plus sur des algorithmes de plus en plus complexes et souvent opaques. Nous sommes confrontés à un écosystème nouveau en profonde mutation qui appelle des dispositifs d’apprentissage, d’exploration et d’appropriation adaptés.

Certes, les outils existent. Les applications se développent. Les compétences s’achètent. Mais est-ce que cela suffit ? La campagne Réutilisation des données publiques de la Fing a montré combien le partenariat avec les utilisateurs était primordial. Les méthodes les plus fécondes de l’open data ne consistent pas à libérer des données pour libérer des données, mais bien à y associer les utilisateurs. La libération des données publiques est un processus où rendre la donnée librement réutilisable n’est qu’une étape vers un but autrement plus important : engager une nouvelle relation autour des données avec les utilisateurs. Or, il n’existe pas de structures pour porter cette relation.

Face aux données partout disponibles, les utilisateurs, dans leur plus grande diversité, sont bien souvent démunis. Les réservoirs de données, accessibles aux développeurs et de plus en plus à un public plus large, grâce à une multitude d’outils, demeurent peu utilisés. Les utilisateurs potentiels sont peu associés à ce mouvement qui leur paraît trop complexe. Ceux qui le sont demeurent souvent isolés, sans structure pour se rassembler, pour travailler à plusieurs, initier des projets, discuter avec les entreprises ou les institutions détentrices de données. En fait, seule une association de compétences permet d’optimiser l’usage des données. Tout comme le journalisme de données, pour fonctionner, nécessite de rassembler développeurs, graphistes, statisticiens et journalistes pour traiter les données, nous avons besoin d’espaces de rencontre entre différentes compétences pour traiter les données et les informations.

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Image : Exemple de carte inclus dans un kit de données pour partir à une chasse aux données dans la ville avec des étudiants, racontée par Simon Chignard.

D’une manière non structurée, des préfigurations d’Info Labs se mettent en place autour d’associations qui font le lien entre l’acteur public et les usagers, comme le font, à leur manière (et de manières très différentes les unes des autres), BugPingLiberTicZooMacomZyncAECLa cantine numérique rennaiseLe data journalisme LabRegards Citoyens… Sans compter les Barcamps et autres Hackathons que l’on peut parfois percevoir comme des Info Labs éphémères, pas nécessairement “physiques”…

LA SUITE SUR

http://www.internetactu.net/2012/05/15/avons-nous-besoin-dinfo-labs/

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LE LIVING LAB

Le projet Living Labs Europe est un programme européen lancé en 2006 par la présidence finlandaise de la Communauté européenne. Ce programme a pour objectif de fédérer des initiatives locales, pour qu’elles puissent agir et développer leurs initiatives en réseaux. Les Living Labs sont plus particulièrement liés aux technologies de l’information.

Un Living Lab regroupe des acteurs publics, privés, des entreprises, des associations, des acteurs individuels, dans l’objectif de tester « grandeur nature » des services, des outils ou des usages nouveaux. Il s’agit de sortir la recherche des laboratoires pour la faire descendre dans la vie de tous les jours, en ayant souvent une vue stratégique sur les usages potentiels de ces technologies. Tout cela se passe en coopération entre des collectivités locales, des entreprises, des laboratoires de recherche, ainsi que des utilisateurs potentiels. Il s’agit de favoriser l’innovation ouverte, partager les réseaux et impliquer les utilisateurs dès le début de la conception.

MORE ON

http://www.openlivinglabs.eu/

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GEO : LE WEBATLAS

http://www.slideshare.net/Ghitalla/latelier-de-cartographie

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