GEOGRAPHIE HUMAINE

Rio+20 : So what, après l’échec de la stratégie des bonnes intentions ?

Dessin de Burki, Suisse..

The daily beast

by Bjørn Lomborg

Sommet sans ambition pour planète en perdition

Selon l' »écologiste sceptique » Bjørn Lomborg, pour sauver la planète il faut d’abord éradiquer la pauvreté. Et, pour ce faire, on doit recourir aux énergies fossiles. Un véritable pied de nez aux instances onusiennes à la veille du sommet de Rio.

Le prochain sommet vert des Nations unies à Rio de Janeiro est très mal parti. Les planificateurs de cet événement gigantesque restent incapables de s’entendre sur le texte du document final, alors même qu’il a pour titre : « L’Avenir que nous voulons ». Ce n’est pas gagné. Depuis une quarantaine d’années, les préoccupations de l’ONU en matière d’écologie se sont rapprochées des impératifs des riches occidentaux, s’éloignant à mesure des attentes légitimes de la très grande majorité de nos contemporains.

Le réchauffement de la planète est une réalité. Brûler des carburants fossiles produit du C02, un gaz à effet de serre qui réchauffe la Terre. Les conséquences de ce phénomène peuvent être soit positives, soit négatives, suivant l’endroit où vous vivez. Il entraînera davantage de morts en raison de la chaleur excessive, mais une moindre mortalité à cause du froid. Au Canada, au Danemark et en Russie, un réchauffement modéré devrait apporter globalement une amélioration, tandis que, sous les tropiques, même une petite hausse des températures sera sans doute néfaste. D’une manière générale, vers la fin de ce siècle, ce phénomène aura des effets négatifs.

L’échec de la stratégie des bonnes intentions

La civilisation moderne, dans presque toutes ses composantes, est alimentée par les carburants fossiles. Tout le problème est là. Comment le monde pourrait-il se passer de ces énergies fossiles sans trouver une énergie de substitution bon marché ? N’oublions pas ce que le sommet de Rio, en 1992, a produit de plus important : la convention-cadre sur le changement climatique, laquelle a débouché sur le protocole de Kyoto (1997). Face au réchauffement planétaire, la stratégie de Rio était typiquement onusienne : négocions un traité pétri de bonnes intentions et voyons s’il suffira à résoudre un problème insoluble. Comme il fallait s’y attendre, il n’en a rien été.

Fondamentalement, le protocole de Kyoto a demandé aux pays en développement de réduire leurs émissions de C02 soit par une diminution de la consommation, soit par l’utilisation d’une énergie plus verte, plus onéreuse. Les modèles économiques montrent que, s’il avait été intégralement mis en œuvre, l’accord de Kyoto aurait coûté à la planète environ 180 milliards de dollars [143 milliards d’euros] par an en perte de croissance du PIB. Pourtant, on n’en attendait qu’une baisse minime de la température, de l’ordre de 0,004 degré d’ici à la fin du siècle. Comme on pouvait le prévoir, les différents pays soit ont rejeté le traité, soit ont accepté des changements mineurs. La diminution des émissions de C02 a été négligeable. Même l’Union européenne – partisan le plus enthousiaste du traité – s’est contentée de transférer une bonne partie de sa production industrielle (et les émissions de gaz à effet de serre qui en résultaient) vers des pays non couverts par le protocole de Kyoto, comme la Chine.

Toutefois, la stratégie de l’ONU est restée la même depuis lors. Elle n’a pas changé lors de la réunion catastrophique de Copenhague (2009), pas plus qu’au cours du vain rassemblement de Durban, en Afrique du Sud, l’année dernière. Et les mêmes grands principes vont être énoncés à Rio.
On entend beaucoup de battage publicitaire autour des « solutions » antiréchauffement, comme l’énergie solaire et les biocarburants, mais ces technologies vertes ne sont pas encore la panacée. Tant que l’éolien et le solaire resteront plus chers que les énergies fossiles et qu’ils ne fonctionneront que par intermittence, ils ne contribueront pas pour une large part à notre approvisionnement énergétique.

L’eau et l’électricité, premières préoccupations du tiers-monde. 

Pour enrayer le réchauffement planétaire, nous devons encourager l’innovation en matière de technologies vertes par un accroissement massif des investissements en recherche et développement (R&D). Nous n’arriverons à rien tant que nous ne produirons pas une énergie verte moins coûteuse que les carburants fossiles.

Mais ce qui est peut-être plus important encore, ce qui compte vraiment pour la plupart des gens, ce n’est ni le réchauffement planétaire ni les autres questions à l’ordre du jour de Rio+20. Il existe un décalage profond et inquiétant entre les puissants qui foulent les épais tapis des instances de l’ONU et les besoins de la majorité des habitants de la planète.

Tandis que nous réfléchissons à des initiatives vertes, environ 900 millions d’êtres humains restent mal nourris, 1 milliard n’ont pas accès à l’eau potable, 2,6 milliards ne disposent pas d’un système sanitaire suffisant et 1,6 milliard vivent sans électricité. Voilà la réalité. Chaque année, enfin, environ 15 millions de décès – un quart de la mortalité annuelle totale – sont dus à des maladies que l’on pourrait soigner facilement, pour des sommes dérisoires.

Quels sont les trois plus importants problèmes environnementaux pour les pays en développement ? Quand on leur pose cette question, la plupart des habitants des pays riches répondent à côté. Le réchauffement planétaire ne fait pas partie de ces problèmes – même si l’on prend en compte les morts causés par les inondations, la sécheresse, les vagues de chaleur et les tempêtes. A l’heure actuelle, dans le monde en développement, seul 0,06 % de la totalité des décès est la conséquence de ces extrêmes climatiques.

Dans le monde développé, peu de gens savent que la pollution de l’air à l’intérieur des habitations est le problème d’environnement qui fait les plus grands ravages dans les pays en développement. Se chauffer ou s’éclairer d’une simple pression sur un interrupteur nous paraît aller de soi. Mais, dans le tiers-monde, 3 milliards d’êtres humains n’ont pas d’autre solution que d’utiliser des combustibles comme du carton ou des déjections animales pour faire la cuisine ou essayer de réchauffer leurs habitations. La mortalité annuelle due à l’inhalation de la fumée de ces feux atteint au moins 1,4 million de morts – ce chiffre est sans doute plus proche de 2 millions –, la plupart des victimes étant des femmes et des enfants. Quand on alimente le feu de sa cuisine avec des résidus de cultures et du bois, la qualité de l’air à l’intérieur des habitations peut être dix fois plus mauvaise que celle de l’air extérieur, y compris dans les villes les plus polluées du tiers-monde. Certes, quand les gens sortent de chez eux, ce n’est pas tellement mieux : on estime que la pollution atmosphérique tue 1 million de personnes par an dans les pays pauvres. Presque 7 % de tous les décès dans le monde en développement sont dus à la pollution de l’air. Ce chiffre est cent fois supérieur à celui des morts causées par les inondations, la sécheresse, les vagues de chaleur et les tempêtes.

Le deuxième problème est l’absence d’eau potable et de système sanitaire. Environ 7 % des morts dans les pays en voie de développement résultent de l’absence d’eau potable, de système sanitaire et d’hygiène. Ce qui représente environ 3 millions de morts par an.
Paradoxalement, le troisième grand problème d’environnement est la pauvreté. En effet, pour les plus de 1 milliard d’individus qui subsistent avec moins de 1,25 dollar par jour, s’occuper de questions écologiques est un luxe inaccessible.

Il faut une vraie croissance verte

A cause de la pauvreté, des populations défavorisées entières ont moins à manger, ont moins accès à l’éducation et sont davantage exposées aux maladies infectieuses. Si elles étaient moins pauvres, elles pourraient satisfaire les besoins immédiats de leurs familles, comme la nourriture, l’eau potable et l’éducation. Et elles pourraient alors se permettre de prendre soin de leur environnement. Bref, aider les gens à sortir de la pauvreté est ce qu’on peut faire de mieux pour notre planète.

Nous devons reprendre possession de ce rendez-vous pour la Terre. L’environnement est d’une importance capitale : nous avons intérêt à en prendre soin intelligemment. Autrement dit, il faut dire non aux protocoles de Kyoto. Dire non aux biocarburants destructeurs de forêts et source de famines. Ce qu’il faut, c’est mettre l’accent sur la recherche et le développement afin de s’attaquer au réchauffement planétaire. Mais cela suppose avant tout d’investir intelligemment en vue de résoudre les problèmes les plus pressants, et surtout de s’attaquer à la pauvreté par des moyens qui ne soient pas seulement gratifiants pour les donateurs.

Certes, l’énergie solaire est parfois le meilleur moyen de fournir de l’électricité à des populations très éloignées. Mais pour la plupart des 1,6 milliard d’individus qui vivent sans électricité, on devrait opter pour une solution éprouvée, simple et bon marché : les raccorder à des générateurs ou à des centrales, qui, comme les nôtres, fonctionnent principalement à base d’énergies fossiles. Pour ces gens-là, dès que le soleil a disparu derrière l’horizon, tout s’éteint. Pourquoi devraient-ils utiliser des technologies plus chères, moins fiables et bien moins puissantes que celles dont nous disposons ?

Une économie vraiment verte et durable ne saurait voir le jour sans une vraie croissance et un vrai développement, propres à arracher davantage de gens à la pauvreté et à leur permettre, le moment venu, de prendre par eux-mêmes des décisions responsables en matière de développement.

En juin, à Rio, on va beaucoup parler d’agriculture bio, de voitures électriques et d’énergie solaire. Les participants feront assaut de bonne volonté. Mais les solutions évoquées seront de fausses solutions et les problèmes abordés ne seront pas les plus importants. Pour que l’avenir ressemble à ce que nous voulons, nous devons revenir à l’essentiel. Nous devons miser sur ce qui marche.

http://www.thedailybeast.com/newsweek/2012/05/27/bjorn-lomborg-on-the-rio-green-summit-poverty-pollutes.html

 
 

Yale Environment 360

by Fred Pearce

Rio + 20 : un sommet qui jouera petits bras

1992. La conférence de Rio marque un tournant dans la prise de conscience mondiale sur les questions d’environnement. • 2012. Le prochain sommet de la Terre, Rio + 20, se déroulera du 20 au 22 juin dans la métropole brésilienne. On sait déjà qu’il n’y aura pas de nouveau traité, s’insurge le journaliste britannique Fred Pearce. • Mais si gouvernements et institutions délaissent l’écologie, scientifiques et associations locales sont plus que jamais engagés.

 

 

Il serait facile d’être cynique. En 1992, plus de cent dirigeants du monde entier, parmi lesquels George H. W. Bush, étaient venus à Rio de Janeiro assister au sommet de la Terre. Ce mégaévénement de deux semaines avait suscité un intérêt énorme, conduit à la signature de deux traités révolutionnaires sur le changement climatique [la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc)] et sur la biodiversité [la Convention sur la diversité biologique (CDB)], et donné lieu à de grandes déclarations sur la création d’un monde vert et équitable.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux décennies qui ont suivi n’ont pas vraiment tenu ces promesses. George W. Bush a rompu le traité sur le climat signé par son père en refusant de ratifier le protocole de Kyoto. Les émissions de gaz à effet de serre ont considérablement augmenté, le pillage des ressources naturelles s’est intensifié, la nature recule toujours, le monde est devenu moins équitable et le changement climatique, qui était une perspective lointaine, est désormais une réalité effrayante.

Les aspirations du sommet de Rio ont été confiées à un nouvel organe, la Commission des Nations unies pour le développement durable (CDD). Vous n’en avez probablement jamais entendu parler. Et c’est mauvais signe puisque c’est cette commission qui organise Rio + 20, le prochain événement qui doit permettre de laisser une planète habitable aux générations futures. Rio + 20 se tiendra dans la mégalopole brésilienne en juin. Il est aisé de conclure que nos dirigeants ne s’y intéressent pas vraiment. Le sommet ne durera que trois jours (du 20 au 22 juin) au lieu de quatorze pour le précédent. Le président Obama n’y assistera pas. Les organisateurs craignaient tellement qu’aucune personnalité importante ne se déplace qu’ils ont repoussé l’événement après avoir appris, il y a quelques mois, qu’il risquait d’empiéter sur les célébrations du jubilé de diamant de la reine Elisabeth II.

Vingt ans de marche arrière

Le draft zero [projet zéro] (ah, le jargon des Nations unies, quel régal !) communiqué par la CDD à la fin de janvier laisse entendre qu’on ne demandera pas aux participants de signer quoi que ce soit de substantiel qui ne figure pas dans la déclaration de Rio d’il y a vingt ans. Donc, il n’y aura pas de nouveau traité, il y aura beaucoup de belles paroles mais pas de plan d’action.

C’est bien beau d’appeler à une “économie verte” mais, comme le fait remarquer la Green Economy Coalition, un regroupement d’ONG, d’instituts de recherche, d’organisations des Nations unies, d’entreprises et de syndicats, le texte ne mentionne pas comment y parvenir. “Comment allons-nous financer une économie verte et juste ? Comment faire en sorte que les plus pauvres en profitent ?[…] Comment une économie verte améliorera-t-elle la gestion de la nature ?” demandait-elle dans une déclaration rendue publique le mois dernier. Les responsables politiques occidentaux pensent peut-être qu’avec la crise économique, l’année 2012 n’est pas le bon moment pour s’attaquer aux questions d’environnement. On peut leur répondre que si nous sommes dans ce pétrin, c’est, entre autres, à cause de la rapacité avec laquelle on a exploité les ressources naturelles au cours des vingt dernières années – ce qui a provoqué, par exemple, une forte augmentation du prix des matières premières – et que “l’économie verte” est la seule solution à long terme.

Le fait est que nous sommes allés en marche arrière au cours des deux dernières décennies. La puissance croissante de grands pays en développement comme la Chine et le Brésil fait souvent reculer les projets internationaux en matière de développement durable. Les gouvernements de ces pays considèrent même que les directives internationales actuelles, qui prônent mollement des normes sociales et environnementales dans les projets de développement, empiètent sur leur souveraineté nationale et freinent leur croissance économique au lieu de les renforcer et de les rendre durables.

Résultat, selon Andy White, coordinnateur de Rights and Resources Initiative, une association de Washington,“il n’y a rien dans le projet de document Rio + 20 qui évoque les droits des pauvres sur leurs terres et leur forêt, alors que nous savons qu’ils protègent bien mieux la nature que les gouvernements ou les entreprises privées”.

Le bricolage habituel ne suffit pas. Ce qu’il faut, c’est une gouvernance écologique pour cette planète surpeuplée au bord de l’épuisement. Il est temps de redéfinir le programme du sommet Rio + 20.

Et, dans cette optique, les chercheurs du monde entier font leur possible. Ils savent mieux que quiconque à quel point les écosystèmes se sont détériorés depuis 1992 et à quel point une catastrophe écologique et climatique est imminente.

Le Conseil international de la science (Icsu), qui représente les organismes scientifiques de 140 pays, parmi lesquels l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis, a tenu une conférence à Londres ce mois-ci dans le but de pousser les responsables politiques à entreprendre des actions concrètes à Rio. Intitulé “Planet Under Pressure” [Planète sous pression], cet événement était l’une des conférences préparatoires officielles du sommet. Selon l’Icsu, “la forte recrudescence des catastrophes naturelles et des problèmes de sécurité alimentaire et d’eau ainsi que le recul de la biodiversité figurent parmis les signes d’une menace planétaire sur le point de se concrétiser”.

Rhétorique verte

Les chercheurs mettent en place des systèmes d’alarme pour repérer ces points critiques. Si ces systèmes avaient existé il y a quarante ans, ils auraient peut-être signalé l’émergence brutale d’un trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique.

Mais les scientifiques n’entendent pas se contenter de prédire des catastrophes, ils veulent aussi les arrêter. Pour cela, il faut de nouvelles institutions et de nouveaux acteurs. Selon Frank Biermann, de l’université libre d’Amsterdam, qui dirige le projet Gouvernance du système Terre à l’Icsu, “nous devons réorienter et restructurer nos institutions nationales et internationales”.

“Il nous faut un moment constitutionnel, précise-t-il, un moment similaire au grand mouvement transformateur d’après 1945 qui a mené à l’établissement des Nations unies et d’autres institutions internationales, comme la Banque mondiale. Il nous faut au minimum quelque chose comme un Conseil de sécurité environnementale des Nations unies – un organe qui ait vraiment le pouvoir de demander des comptes aux gros pollueurs, aux ravageurs d’écosystèmes et aux pilleurs de ressources.”

Le sommet Rio + 20 manque cruellement d’apports extérieurs. D’après le programme et le projet de texte officiels, les responsables politiques ne semblent vraiment pas décidés à aller au-delà de la rhétorique verte que nous avons entendue dans la bouche de leurs prédécesseurs il y a vingt ans, dans la même ville. Ce n’était déjà pas suffisant à l’époque, ce n’est assurément pas suffisant aujourd’hui.

 

http://e360.yale.edu/feature/rio_20_sustainability_conference_on_road_back_to_rio_green_direction_lost/2493/

Rio + 20 - Le site web de la conférence

 

VISAO

By Boaventura de Sousa Santos

 

Rio + 20 : la parole à la société civile

 

En marge de Rio+20 se tiendra le Sommet des peuples. Le sociologue Boaventura de Sousa Santos en esquisse l’ordre du jour.

La société civile se prépare à présenter plusieurs pistes de réflexion sur l’avenir de notre planète à l’occasion du Sommet des peuples, qui aura lieu à Rio de Janeiro en juin prochain, parallèlement à Rio+20 – la conférence des Nations unies sur le développement durable. En voici quelques-unes.

Premièrement, la défense des biens communs de l’humanité comme réponse à la marchandisation, à la privatisation et à la financiarisation de la vie. Les biens communs sont des biens produits par la nature ou par des groupes humains, qui doivent appartenir à la collectivité et non au secteur privé ou à l’Etat, même s’il incombe à ce dernier de participer à leur protection. Ils sont le contrepoint du développement capitaliste et non un simple accessoire comme l’est le concept de développement durable. Parmi les biens communs, on compte l’air, l’eau, les aquifères [couche de terrain contenant de l’eau], les cours d’eau, les océans, les lacs, la terre communale ou ancestrale, les semences, la biodiversité, la langue, le paysage, la mémoire, la connaissance, Internet, le langage HTML, les logiciels libres, Wikipédia, l’information génétique, etc. L’eau commence à être considérée comme un bien commun par excellence. Les combats contre sa privatisation dans plusieurs pays figurent parmi ceux qui remportent le plus de victoires.

Deuxièmement, le passage graduel d’une civilisation anthropocentrique à une civilisation biocentrique. Cela implique de reconnaître les droits de la nature ; de redéfinir le bien-être et la prospérité de façon à ne pas dépendre de la croissance infinie ; de promouvoir des énergies véritablement renouvelables (les agrocarburants n’en font pas partie) qui n’impliquent pas l’expulsion des paysans et des populations autochtones de leurs terres ; d’imaginer des politiques de transition pour les pays dont les finances sont trop dépendantes de l’extraction et de la production de matières premières – pétrole, minerais ou produits agricoles en monoculture dont les prix sont contrôlés par des grandes entreprises monopolistiques du Nord.

Troisièmement, défendre la souveraineté alimentaire, principe selon lequel, dans la mesure du possible, chaque communauté doit avoir le contrôle des biens alimentaires qu’elle produit et qu’elle consomme, en rapprochant les consommateurs des producteurs, en préservant l’agriculture paysanne, en favorisant l’agriculture urbaine, en interdisant la spéculation financière sur les produits alimentaires. La souveraineté alimentaire implique également d’interdire l’achat massif de terres arables (notamment en Afrique) par des pays étrangers (Chine, Japon, Arabie Saoudite, Koweït, etc.) ou des multinationales (à l’image du projet du sud-coréen Daewoo d’acquérir 1,3 million d’hectares à Madagascar).

Quatrièmement, la consommation responsable, qui suppose une nouvelle éthique et une nouvelle éducation : la responsabilité vis-à-vis de ceux qui n’ont pas accès à une consommation minimale pour garantir leur survie ; la lutte contre l’obsolescence artificielle des produits ; la préférence pour des produits issus d’économies sociales et équitables basées sur le travail et non sur le capital, sur l’accomplissement personnel et collectif et non sur l’accumulation infinie ; la préférence pour des consommations collectives et partagées autant que possible ; une meilleure connaissance des processus de production, de façon à pouvoir refuser de consommer des produits fabriqués au prix d’une exploitation des travailleurs, de l’expulsion de paysans et d’autochtones, de la pollution de l’eau, de la destruction de lieux sacrés, d’une guerre civile ou encore d’une occupation de type colonial.

Cinquièmement, intégrer comme exigence dans toutes les luttes et toutes les propositions alternatives un approfondissement de la démocratie et de la lutte contre les discriminations sexuelles, raciales, ethniques et religieuses, et contre la guerre.

 http://visao.sapo.pt/rio20-as-criticas=f645574
 

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