GEOGRAPHIE HUMAINE

Mondialisation : Les nouvelles dynamiques portuaires, l’exemple de Rio de Janeiro

CONFINS

By Bertrand Cozic

La réorganisation productive à l’œuvre depuis le début des années 70 projette chaque fois un peu plus les villes et les ports comme des acteurs majeurs de l’intégration des territoires dans les flux issus de la mondialisation. A Rio de Janeiro, depuis la fin des années 90,  nous observons de nombreuses initiatives de modernisation du système portuaire et de revitalisation des friches portuaires de la ville. Le port est actuellement très dynamique au niveau national dans le domaine des conteneurs, des véhicules (roll-on/roll-off), du pétrole et de ses dérivés (port d’appui logistique de la Petrobras) et enfin du tourisme avec le transport de passagers. Cependant, les relations ville-port à Rio de Janeiro sont caractérisées par de sérieuses difficultés. Jusqu’à présent, les autorités portuaires, la ville, les acteurs privés et la société civile n’ont pas réussi à formuler un véritable projet de développement concerté autour de la ville et du port.Les relations ville-port à Rio de Janeiro sont encore très fortement influencées par des pratiques issues de l’ère industrielle du pays, présentant les deux entités comme incompatibles. D’un côté, la ville cherche à revitaliser ses friches portuaires en développant de grands projets urbains à vocation touristique sur le modèle de nombreuses expériences internationales ; de l’autre, le port cherche à développer ses activités pour faire face aux flux croissants issus de la mondialisation. Pourtant, de véritables politiques de développement innovantes sont expérimentées à travers le monde, comme c’est le cas en Europe dans les villes portuaires de la « rangée Nord » (Northern Range) ou encore en Espagne, ou nous assistons au développement conjoint des deux dynamiques à travers l’élaboration de stratégies économiques concertées.

Mondialisation et mutation du commerce international

2La mondialisation a été accompagnée de nombreuses mutations liées à un processus d’ouverture du marché mondial relativement récent et brutal d’un point de vue strictement économique, mais cependant inégal si l’on se réfère à la sphère mondiale. Elle repose donc sur des liens d’interdépendance de plus en plus marqués entre économies et territoires centraux et périphériques plus ou moins complémentaires. Il est clair qu’il existe donc des économies dominantes et des dominées. La mondialisation est à ce jour en pleine évolution, la plupart des pays tentent d’entrer et de s’intégrer dans la dynamique mondialiste afin de réussir à capter les flux issus de celle-ci. Pour les pays pauvres et les pays émergents, cette entrée dans la mondialisation est parfois très coûteuse car elle met en compétition des structures sociales, économiques et territoriales très différentes. Une des conditions pour l’entrée dans la tourmente mondialiste d’un point de vue compétitif, est de doter son économie de bases structurelles économiques et technologiques solides, sans oublier la constitution d’un niveau de formation et de compétence adéquate aux exigences des entreprises et acteurs de la mondialisation dans de nombreux domaines de l’économie nationale.

La crise du régime d’accumulation fordiste a obligé les économies nationales à trouver de nouvelles formes de gestion et de production en établissant de nouvelles stratégies économiques. Parmi celles-ci on peut noter la spécialisation et la dispersion géographique de la production matérielle des entreprises et la concentration des fonctions immatérielles dans les pays d’origine des entreprises à caractère international, plus communément désignées sous le nom de multinationales. Ces dernières jouent d’ailleurs un rôle fondamental dans la constitution et la consolidation de la mondialisation (Carroué, 2002).

Nous assistons à une nouvelle division internationale du travail dans laquelle les pays développés basent leur économie de plus en plus sur la constitution de réseaux immatériels liés aux services, et en adoptant diverses stratégies d’implantations des réseaux productifs à travers le monde. Il s’agit en fait de la verticalisation des réseaux de production nord/sud ou pays développés/pays en développement. Les pays développés, par l’intermédiaire des firmes multinationales, se sont constitués de véritables réseaux par lesquels ils peuvent désormais contrôler leur production et la fluidité de l’écoulement de leurs marchandises sur un plan international, et par conséquent très diffus sur le plan géographique. Il s’agit d’une véritable intégration productive.  Cependant, si les multinationales jouent un rôle éminemment important dans les processus de la mondialisation, il existe d’autres éléments tout aussi primordiaux et donc complémentaires de celle-ci, notamment à travers les villes et les ports, qui deviennent les centres logistiques et de concentration des fonctions nécessaires à l’articulation des réseaux propres à l’internationalisation des économies et aux transits des flux matériels/immatériels issus de la mondialisation.

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