GEOGRAPHIE HUMAINE

Corée Sud / Japon / Chine : les cailloux de la discorde

JOONGQNG ILBO

by Jang Se-jeong

Séoul - Des manifestants sud-coréens brandissent une image des îles Dokdo (Takeshima pour les Japonais) en face de l'ambassade du Japon, 17 août 2012.

Séoul – Des manifestants sud-coréens brandissent une image des îles Dokdo (Takeshima pour les Japonais) en face de l’ambassade du Japon, 17 août 2012. photo AFP

 

Le ton monte entre les deux pays sur la base d’un contentieux territorial, les îles Dokdo-Takeshima, qui jette du sel sur les plaies de la Seconde Guerre mondiale. S’y cache également certaines considérations opportunistes de politique intérieure…

 

Ces derniers jours, la Corée du Sud et le Japon ressemblent à deux trains qui foncent l’un vers l’autre. Certes, ils ne vont pas mettre fin à leurs relations diplomatiques ni risquer une guerre, mais les querelles qui les opposent ne semblent pas vouloir s’apaiser.

Officiellement, tout a commencé avec les dernières apparitions publiques du président sud-coréen Lee Myung-bak. Le 10 août dernier, celui-ci s’est rendu à Dokdo [un groupe d’îlots appelé Takeshima par les Japonais, au sujet duquel les deux pays ont un contentieux] et a demandé des excuses à l’empereur du Japon [à propos des “femmes de réconfort”, des Coréennes réduites en esclavage sexuel par l’armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale]. A l’occasion de la commémoration de la libération [fin de la colonisation japonaise, qui a duré de 1910 à 1945], le 15 août, il a ainsi déclaré : “Le dossier des ‘femmes de réconfort’ relève des droits des femmes, dépassant le simple cadre bilatéral Corée-Japon. Il va à l’encontre des valeurs universelles et de l’histoire que l’humanité doit laisser derrière elle.”

Garant financier

Le Japon a immédiatement riposté. Osamu Fujimura, secrétaire général du Cabinet, a fait allusion le 15 août à une révision du swap de devises. Les deux pays s’échangent un montant déterminé de devises étrangères – montant revu à la hausse l’an dernier, passant de 13 à 70 milliards de dollars – quand l’un des deux est en crise. Concrètement, le Japon joue un rôle de garant financier pour la Corée et il en profite pour mettre la pression sur celle-ci.

Le même jour, la police judiciaire de Séoul a déclaré qu’elle envisageait de demander au Japon l’expatriation de Nobuyuki Suzuki, citoyen nippon âgé de 47 ans, accusé d’avoir porté atteinte à la statue de “la jeune fille de réconfort” [érigée devant l’ambassade du Japon à Séoul en décembre 2011 par les militants pour les droits des victimes]. La réaction est légitime, mais les plus prudents craignent que cet épisode attise le sentiment antijaponais des Coréens.

Vives tensions

Ainsi, les relations entre les deux pays sont au plus bas. La cause fondamentale en est leur passé commun [la colonisation et certains méfaits commis par les Japonais]. Le gouvernement coréen continue à douter de la volonté du Japon de régler ces problèmes. Ce sont en effet les Japonais qui sont à l’origine du dernier épisode dans le conflit qui oppose les deux pays au sujet des îlots de Dokdo, car, le 24 janvier dernier, Koichiro Gemba, ministre des Affaires étrangères, a déclaré qu’il allait “faire comprendre au gouvernement coréen que ce qui était inacceptable restait inacceptable”. Séoul a pris cette déclaration comme une provocation.

En réalité, la situation des deux gouvernements dans leurs pays respectifs n’est pas au beau fixe. Leur côte de popularité étant en baisse, ils sont tous les deux à la recherche d’une issue. Les analystes notent par ailleurs la montée du nationalisme au Japon, qui connaît une régression économique. En bref, aussi bien au Japon qu’en Corée, les raisons ne manquent pas pour une réaction émotionnelle, mais Yuji Hosaka, professeur japonais de l’Université Sejong, en Corée, met en garde Coréens et Japonais en disant qu’ils “doivent rester calmes”.

L’intérêt de s’allier

Le dialogue reste interrompu au plus haut niveau entre les deux autorités. Les hommes politiques les plus âgés qui communiquaient entre eux se sont à présent retirés de la scène politique. “Si les relations se refroidissent entre les deux gouvernements, ce sont leurs successeurs respectifs qui vont en faire les frais”, s’inquiète Jin Chang-su, chercheur au Centre de recherche Sejong.

Si les échanges diminuent entre les deux pays, ils vont en pâtir tous les deux. Par exemple, l’accord de libre-échange et la coopération pour l’importation du gaz naturel liquéfié concernent des intérêts communs, et les conflits diplomatiques risquent de les freiner. Le président Lee a déclaré au sujet du Japon : “C’est notre voisin proche, un allié qui partage les mêmes valeurs politiques que nous et un compagnon de route avec qui nous devons ouvrir l’avenir.” Chacune des deux parties doit donc trouver une issue pour mettre fin aux tensions. Yi Won-deok, politologue à l’université Kookmin en Corée, conclut : “Avec la montée en puissance de la Chine, le Japon a intérêt à s’allier avec la Corée du Sud, qui, elle, a toujours besoin de la coopération économique avec le Japon. Ils ne doivent donc pas laisser la situation déraper.”

 

LIRE L’ARTICLE COREE
http://joongang.joinsmsn.com/article/928/9059928.html?ctg=1000&cloc=joongang%7Chome%7Cnewslist1

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