DECORTIQUAGES

Egypte : Découverte remarquable dans l’ouadi el-Jarf, un site portuaire de l’époque pharaonique

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Depuis une dizaine d’années, les connaissances sur l’occupation des côtes de la mer Rouge par les Egyptiens se sont considérablement développées, essentiellement grâce à l’exploration de deux sites portuaires : Mersa Gaouasis et Ayn Soukhna. La découverte d’un nouveau site au ouadi el-Jarf apporte encore un complément au tableau général de cette occupation ancienne du littoral. Le site du ouadi el-Jarf a été signalé à plusieurs reprises, sans jamais être jusqu’ici formellement identifié comme un site portuaire de l’époque pharaonique. Très récemment, une véritable étude archéologique du site a pu être lancée dans le cadre d’une mission jointe de l’université de Paris-IV et de l’Institut français d’archéologie orientale. En juin 2011, une première campagne sur le terrain a permis d’en identifier les différentes composantes, et d’en dresser un plan topographique complet. La campagne de 2013 a permis, quant à elle, une découverte remarquable.

Devant les galeries G1 et G2, une concentration exceptionnelle de papyrus, qui avaient visiblement été jetés lors des dernières phases d’occupation du site, a été mise au jour.

La plupart de ceux-ci sont bien datés du règne de Chéops, la date de l’année « après le 13e recensement » — à l’extrême fin du règne — apparaissant sur l’un des papyrus les mieux préservés.

Il s’agit en grande partie de comptabilités mettant en jeu la vie du site : des livraisons de grains, de matériel, de produits alimentaires destinés aux équipes travaillant sur le site.

A cela, s’ajoute un document exceptionnel, dont de très nombreux fragments ont été découverts : le journal de bord d’un fonctionnaire memphite du nom de Merrer, qui livre jour après jour les grandes lignes de son activité.

Ces documents, en cours d’étude, sont à ce jour la plus ancienne documentation papyrologique découverte en Égypte. Ils sont très proches, tant par leur présentation que par leur contenu, de leurs homologues de la fin de la IVe dynastie et de la fin de la Ve dynastie, découverts respectivement à Gebelein et à Abousir.

L’exploration de la zone archéologique qui se trouve à proximité de la mer a également été lancée cette année : à cet endroit, à 200 m du rivage, ont été mis au jour deux grands bâtiments administratifs de l’Ancien Empire, présentant des cellules organisées en dents de peigne.

Un dépôt de 99 ancres de bateaux y a été découvert, un grand nombre d’entre elles étant encore inscrites de signes à l’encre rouge qui identifient probablement les embarcations auxquelles elles étaient destinées.

La connaissance des modalités mêmes de l’occupation du site a donc sensiblement été affinée au cours de ces campagnes, l’ensemble des données mettant l’accent à la fois sur le caractère massif de l’installation égyptienne, et la brièveté de cette occupation, sans doute circonscrite au début de la IVe dynastie, et plus particulièrement au règne de Chéops, l’essentiel du matériel découvert étant marqué au nom de ce roi.

Ce dispositif pourrait être le premier aménagement côtier sur la mer Rouge de l’histoire égyptienne, avant que le site d’Ayn Soukhna, plus proche de la capitale administrative de Memphis, n’en prenne rapidement le relais.

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