DONNEES ET ANALYSES

Les ruraux monts du Lyonnais en voie de périurbanisation

INSEE

By Serge Maury, Axel Gilbert (Insee Rhône-Alpes)

 

 

56046366

 

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Les Monts du Lyonnais forment un territoire de moyenne montagne appartenant aux contreforts du Massif central. Ce territoire est situé dans les départements de la Loire et du Rhône, entre les unités urbaines de Lyon, Saint-Étienne et Roanne. Il est composé de trois communautés de communes, chacune correspondant à un canton : les communautés de communes de Chamousset en Lyonnais (Saint-Laurent-de-Chamousset) et des Hauts du Lyonnais (Saint-Symphorien-sur-Coise) dans le Rhône, et celle de Forez-en-Lyonnais (Chazelles-sur-Lyon) dans la Loire. Historiquement, les Monts du Lyonnais sont un territoire de campagne à l’identité fortement affirmée ayant opéré une modernisation économique depuis 50 ans. La mobilisation d’associations, de syndicats agricoles chrétiens et d’élus locaux a permis un fort développement agricole à partir des années 1950, puis une spécialisation industrielle d’importance dans les technologies de pointe à partir des années 1970.

Relief et voies de communication

carte : Relief et voies de communication
Les Monts du Lyonnais gardent encore une physionomie très rurale dans leurs paysages. 85 % de leur superficie est occupée par l’agriculture, contre 47 % seulement dans la zone de référence*. La différence porte sur les forêts et milieux semi-naturels qui représentent la moitié de la surface de la zone de comparaison contre 12 % dans les Monts du Lyonnais. De même, le paysage du territoire se caractérise par l’absence de pôles urbains. La commune la plus peuplée, Chazelles-sur-Lyon, dépasse à peine 5 000 habitants. Au total, les deux tiers de la population vivent dans une commune rurale, contre seulement quatre sur dix dans la zone de référence. Mais, par le jeu des déplacements domicile-travail, les Monts du Lyonnais se situent dans les aires d’attraction de Lyon et de Saint-Étienne. 70 % de la population du territoire se situe dans celle de Lyon et 8 % dans celle de Saint-Étienne, tandis que 22 % des habitants se trouvent dans des communes multipolarisées. Ainsi, ce territoire, qui a connu un développement économique et social endogène, voit ses spécificités mise en cause en période récente du fait de la périurbanisation.

* Le territoire étudié est comparé à un territoire dit de « référence », englobant à la fois le territoire étudié et des territoires ayant des caractéristiques similaires. Cinq territoires de référence suivants sont définis : « les grandes agglomérations », « les villes moyennes », « le périurbain », « le rural », « les stations de montagne ». Les Monts du Lyonnais sont comparés aux territoires de type « rural ».
Cette zone de référence est constituée de l’Ardèche Méridionale, du Beaujolais, du Forez, de la Vallée de la Drôme – Diois, de la Drôme des Collines, d’Une Autre Provence, de la Bièvre – Valloire, du Vals du Dauphiné – Nord Isère, de la Bresse – Revermont – Val de Saône, du Bugey, de l’Avant Pays Savoyard – Chartreuse, du Sud Grésivaudan, du Pilat et des Monts du Lyonnais.

Les aires d’influence des villes

carte : Les aires d'influence des villes 

Une forte croissance démographique en période récente

En 2009, les Monts du Lyonnais comptent 38 200 habitants, contre 33 500 dix ans plus tôt. La croissance démographique, vive depuis la deuxième moitié des années 1970, s’est accélérée au cours de la dernière décennie. Le taux de croissance annuel moyen est de + 1,3 %. Pourtant, contrairement à la zone de référence rurale et à Rhône-Alpes, le territoire a connu dans les années 1960 et une partie des années 1970, une longue phase de déprise démographique due à l’exode rural. C’est l’arrivée sur le territoire d’un grand nombre de nouveaux habitants qui explique en premier lieu le retournement démographique des années 1970 et l’accélération de la croissance entre 1999 et 2009 : ainsi, sur cette période, le solde naturel est certes largement positif (+ 0,4 % de rythme annuel de croissance), mais l’apport des migrations est encore plus accentué (+ 0,9 %).

Carte d’identité du territoire
Monts du Lyonnais Référence Région
1999 2009 1999 2009 2009
(*) composition des EPCI au 1er janvier 2011
Sources : Insee – Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale) et Direction Générale des Collectivités Locales
Population 33 468 38 185 1 084 124 1 227 316 6 174 040
Poids dans la région (%) 0,6 0,6 19,2 19,9 ///
Densité (hab./km²) 80 91 62 70 141
Nombre de communes 34 34 1 192 1 192 2 879
dont % en EPCI (*) 100,0 100,0 74,2 97,6 95,4
Part de la population dans l’espace à dominante urbaine (%) 40,6 42,0 57,7 57,7 85,7
Part des moins de 25 ans (%) 32,7 31,7 30,9 30,0 31,8
Part des 65 et plus (%) 17,2 16,7 17,5 17,9 16,0
Indice jeunesse (moins de
25 ans / 65 ans et plus)
1,90 1,90 1,77 1,68 1,99

Évolution de la population depuis 1962

graf : Évolution de la population depuis 1962

Taux de variation annuel de la population

Taux de variation annuel de la population 

Nombre d’habitants en 2009 et évolution de la population entre 1999 et 2009

carte : Nombre d'habitants en 2009 et évolution de la population entre 1999 et 2009 

Des familles plus grandes, mais une « normalisation » démographique en cours

Les Monts du Lyonnais présentent des caractéristiques démographiques marquées. Parmi l’ensemble des ménages, 35 % sont des couples avec enfants, ce qui est nettement plus élevé que dans la zone de référence (31 %). De ce fait, la population est relativement jeune : les moins de 15 ans représentent 21 % des habitants du territoire, contre 19 % dans la zone de référence. D’autre part, les ménages sont, en moyenne, de plus grande taille (2,45 personnes par ménage dans les Monts du Lyonnais, contre 2,37 personnes dans l’ensemble des territoires ruraux et 2,30 en Rhône-Alpes). Cette taille moyenne tend à baisser comme partout ailleurs.

Ménages selon la catégorie sociale de la personne de référence
En % Monts du Lyonnais Référence Région
1999 2009 1999 2009 1999 2009
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 7,5 5,9 3,6 2,5 1,3 0,9
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 6,9 6,1 6,8 6,2 5,9 5,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures 4,3 6,1 5,9 7,5 9,5 11,8
Professions intermédiaires 11,3 13,8 12,4 14,0 15,4 16,0
Employés 6,3 7,0 8,4 9,0 10,6 10,9
Ouvriers 25,0 23,1 22,7 20,2 20,3 17,6
Retraités 34,6 35,2 34,1 36,6 28,8 31,6
Étudiants et élèves 0,1 0,1 0,3 0,2 2,6 2,1
Autres inactifs 4,1 2,6 5,8 3,9 5,7 3,9
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

 

Les jeunes partent, les couples avec enfants s’installent

Les Monts du Lyonnais ont vu s’installer, entre 2003 et 2008, 5 800 nouveaux habitants provenant de l’extérieur du territoire, représentant 16 % de la population âgée de 5 ans ou plus. 45 % de ces nouveaux arrivants viennent de l’unité urbaine de Lyon, et plus largement, six sur dix sont originaires du département du Rhône. Deux migrants sur dix proviennent de la Loire. Dans le même temps, 4 400 habitants, soit 12 % de la population, ont quitté le territoire. Ces partants se dirigent souvent vers la Loire (un quart seulement vont s’installer à Lyon). Au total, les Monts du Lyonnais bénéficient d’un excédent migratoire de 1 400 personnes.

Ces migrations affectent la structure par âge du territoire, car les jeunes en partent pour des motifs d’études ou d’emploi, tandis que des couples avec enfants s’y installent. Entre 2003 et 2008, par l’effet des migrations, le nombre de jeunes de 15 à 19 ans diminue de – 9 % dans la population, celui des 20 à 24 ans connaît une baisse de – 15 %. Inversement, les jeunes enfants et surtout les adultes de 25 à 40 ans voient leurs effectifs augmenter. En particulier, la population des 30 à 34 ans augmente de + 22 %. Enfin, la part des personnes de plus de 65 ans reste stable, les Monts du Lyonnais échappent donc pour l’instant au vieillissement général de la population.

Les migrations modifient également le profil socioprofessionnel des habitants. Les migrants sont plus qualifiés que la population « stable » du territoire, avec un profil de classes moyennes. Ces arrivées augmentent ainsi la part des cadres (qui était faible), des professions intermédiaires et des ouvriers qualifiés dans la population.

Flux migratoires* par âge et par catégorie socioprofessionnelle entre 2003 et 2008
Par âge Arrivées Départs Solde Solde en %
de la population
(en l’absence de
migrations)
Source : Insee – Recensement de la population 2008 (exploitation principale)
de 5 à 14 ans 987 549 438 + 9,0
de 15 à 19 ans 273 497 – 224 – 8,7
de 20 à 29 ans 1 292 1 356 – 64 – 1,7
de 30 à 39 ans 1 641 870 771 + 16,4
de 40 à 54 ans 910 636 274 + 3,7
de 55 à 64 ans 394 208 186 + 4,7
65 ans et plus 278 223 55 + 0,9
Ensemble 5 774 4 340 1 434 + 4,3
Par CS (plus de 15 ans) Arrivées Départs Solde Solde en %
de la population
(en l’absence de
migrations)
(*) Il s’agit des migrations internes au territoire français (France métropolitaine + DOM). Elles ne tiennent donc pas compte des échanges avec l’étranger
Source : Insee – Recensement de la population 2008 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 40 21 19 + 1,4
Artisans, commerçants et
chefs d’entreprises
216 126 90 + 8,2
Cadres et professions intellectuelles Supérieures 442 304 138 + 10,3
Professions intermédiaires 1 176 850 326 + 8,8
Employés 929 774 155 + 3,6
Ouvriers 948 591 357 + 7,2
Retraités 498 328 170 + 2,1
Étudiants et élèves 180 608 – 428 – 19,4
Autres inactifs 341 259 82 + 4,6
Ensemble 4 771 3 862 909 + 3,2

 

Un habitat de maisons individuelles et de propriétaires

L’habitat dans les Monts du Lyonnais est marqué par la faible part des résidences secondaires dans l’ensemble du parc (6 % contre 11 % dans le rural rhônalpin). Cette part a été divisée par deux en 20 ans. Les maisons prédominent (77 % des résidences principales), et ce trait est plus accentué que dans le territoire de référence (74 %). La part des propriétaires est aussi sensiblement plus importante : 74 % des résidences principales sont en propriété, contre 69 % dans la référence rurale. Les tendances récentes de la construction ne rééquilibrent pas cette prédominance du logement individuel sur le logement collectif. La pression foncière engendrée par les nouvelles constructions peut s’avérer forte avec l’urbanisation croissante. Une politique foncière active peut se justifier pour préserver l’équilibre du territoire.

Les caractéristiques des logements
Monts du Lyonnais Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2009 en % Part en % Évolution 1999/2009 en %
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Résidences principales 15 164 85,7 + 19,7 81,1 + 19,6
Résidences secondaires 1 112 6,3 – 21,6 10,9 + 1,0
Logements occasionnels 43 0,2 – 45,2 0,6 – 19,4
Logements vacants 1 368 7,7 + 39,7 7,5 + 27,9
Ensemble des logements 17 687 100,0 + 16,8 100,0 + 17,5
Les caractéristiques des résidences principales
Monts du Lyonnais Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2009 en % Part en % Évolution 1999/2009 en %
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Les résidences principales par type
Maisons 11 650 76,8 /// 73,6 ///
Appartements 3 490 23,0 /// 25,7 ///
Autres 24 0,2 /// 0,7 ///
Les résidences principales par statut d’occupation
Propriétaires 10 229 67,5 + 28,3 66,0 + 26,3
Locataires d’un logement vide non HLM 3 014 19,9 + 16,0 21,0 + 21,2
Locataires d’un logement vide HLM 1 559 10,3 + 8,1 9,3 + 7,6
Locataires d’un logement meublé 72 0,5 + 28,6 1,0 + 17,0
Logés gratuitement 290 1,9 – 51,6 2,7 – 40,5
Ensemble des résidences principales 15 164 100,0 + 19,7 100,0 + 19,6

 

Un territoire en voie de périurbanisation

Les Monts du Lyonnais hébergent une large population qui ne travaille pas dans le territoire : le ratio du nombre d’emplois pour 100 actifs occupés a évolué défavorablement depuis 10 ans, passant de 79 en 1999 à 71 dix ans plus tard. En 1999, plus de six habitants sur dix travaillaient à l’intérieur du territoire. Ils ne sont plus que 53 % en 2009. 8 100 actifs vont travailler à l’extérieur de la zone. Plus de la moitié d’entre eux se dirigent vers l’unité urbaine de Lyon, tandis que 12 % vont vers Saint-Étienne. Une part non négligeable va également travailler dans des unités urbaines plus proches (10 % pour Saint-Just-Saint-Rambert par exemple). Les flux entrants concernent 3 100 personnes. La provenance de ces actifs extérieurs à la zone est plus équilibrée entre ces trois mêmes unités urbaines.

Ce sont surtout les nouveaux arrivants qui contribuent à l’amplification du volume des déplacements domicile-travail : 69 % d’entre eux travaillent à l’extérieur. Le territoire, qui s’est historiquement développé par ses propres forces, connaît aujourd’hui un début de périurbanisation.

La hausse des déplacements induite par ces nouveaux échanges justifie la création de politiques de déplacements ruraux visant à encourager l’intermodalité (voiture-train) ou le covoiturage.

Déplacements domicile-travail
Ensemble des actifs (*) 1999 2009
Nombre % Nombre %
(*) Dans ce tableau, les actifs occupés sont pris en compte quel que soit leur âge (donc y compris les quelques actifs de 14 ans)
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Actifs occupés (au lieu de résidence) 14 309 100,0 17 254 100,0
Résidant et travaillant dans la zone 8 786 61,4 9 119 52,9
dont résidant et travaillant dans la même commune 5 431 38,0 4 965 28,8
Travaillant en dehors de la zone 5 523 38,6 8 135 47,1
Emplois dans la zone (au lieu de travail) 11 357 100,0 12 238 100,0
Occupés par des actifs résidant dans la zone 8 786 77,4 9 119 74,5
Occupés par des actifs résidant hors de la zone 2 571 22,6 3 119 25,5
Nombre d’emplois / nombre d’actifs 0,79 /// 0,71 ///

 

Une population moins aisée, mais aussi moins précarisée

La population des Monts du Lyonnais est moins aisée socialement que celle de la zone de comparaison. Les agriculteurs exploitants et les ouvriers sont plus nombreux, proportionnellement, que dans l’ensemble des territoires ruraux, tandis que les cadres, les employés et les professions intermédiaires sont, quant à eux, moins présents. Le revenu annuel moyen des habitants est moins élevé et la moitié des foyers fiscaux sont non imposés.

Revenus annuels moyens et composition du revenu
En euros de 2009 Monts du Lyonnais Référence Région
2006 2009 2006 2009 2006 2009
Sources : Insee – DGFiP – Impôt sur le revenu des personnes physiques et Revenus fiscaux localisés des ménages
Revenu annuel moyen par foyer fiscal 19 975 20 744 21 018 21 433 23 749 24 120
Foyers fiscaux non imposés (en %) 50,9 49,6 49,3 48,9 43,8 43,5
Revenu annuel par foyer fiscal imposé 29 497 30 492 31 624 32 177 34 010 34 634
Part des pensions et retraites dans le revenu fiscal (en %) /// 23,6 /// 26,4 /// 23,3

Pourtant, la population du territoire est nettement moins touchée par la précarité sociale que celle de la référence rurale et la région. La population est donc assez homogène. Ainsi, 10 % des habitants vivent avec un bas revenu, contre 15 % dans la référence rurale. Le territoire est en effet assez riche en emplois. Le taux d’activité au sein de la population du territoire est plus élevé (76 %) que dans la référence rurale et la région (73 %). Surtout, le chômage est à un niveau relativement bas (le taux de chômage au sens du recensement est de 5 % en 2009 contre 10 % dans la référence et la région). Il n’en présente pas moins certaines spécificités : d’une part, l’écart entre hommes et femmes est plus accentué dans les Monts du Lyonnais (le taux de chômage est de 8 % pour les femmes et de 4 % pour les hommes). D’autre part, en période récente (sur l’année 2011), le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté plus vite sur le territoire (+ 12 %) que dans les territoires ruraux (+ 8 %) et Rhône-Alpes (+ 6 %). Cette différence provient surtout d’une très forte augmentation du chômage féminin, spécificité du territoire (+ 17 % en 2011 contre + 9 % dans le rural et + 7 % dans la région).

Marché du travail
15 ans et plus 1999 2009
Monts du Lyonnais Référence Région Monts du Lyonnais Référence Région
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Actifs ayant un emploi 14 309 424 765 2 308 240 17 250 508 238 2 659 590
Dont salariés 11 337 350 712 2 017 413 14 332 429 119 2 332 368
Dont non salariés 2 972 74 053 290 827 2 919 79 119 327 223
Chômeurs 902 53 467 286 935 965 54 676 288 945
% chômeurs dans la population active 5,9 11,1 11,0 5,3 9,7 9,8

Les jeunes qui vivent dans le territoire bénéficient d’une insertion sociale notable. Si les habitants de 18 à 24 ans sont moins souvent en études, la part de ceux qui bénéficient d’une insertion professionnelle durable (titulaire d’un CDI ou fonctionnaire) est nettement plus forte que dans la référence rurale (33 % contre 27 %). Au total, les jeunes non insérés (qui ne sont ni en études ni en emploi) représentent seulement 14 % de leur classe d’âge en 2009. C’est beaucoup moins que dans l’ensemble des territoires ruraux (21 %) et même qu’en Rhône-Alpes (17 %).

Enfin, le territoire devenant de plus en plus périurbain, il tend à perdre certaines de ses spécificités. Les nouveaux arrivants, plus aisés, contribuent à l’augmentation rapide des revenus moyens. Ces nouveaux arrivants sont surtout présents à l’est des Monts du Lyonnais, autour de Saint-Martin-en-Haut et de Saint-Laurent-de-Chamousset, ainsi que dans une partie de la communauté des communes du Forez-en-Lyonnais. La partie ouest demeure plus populaire.

 

Une agriculture encore très présente

Historiquement, l’agriculture a un poids très important dans l’économie des Monts du Lyonnais. En 1990, 23 % de l’emploi était agricole, contre seulement 13 % dans la zone de référence. En vingt ans, le poids de l’agriculture a considérablement baissé, les Monts du Lyonnais n’échappant pas aux tendances économiques générales de long terme. Mais ce secteur occupe encore, en 2009, 11 % des actifs, soit deux fois plus que dans le rural rhônalpin. Le territoire a bâti son développement agricole sur une spécialisation laitière. 58 % des exploitations se consacrent à cette production. Les élevages de bovins viande et d’ovins-caprins sont également bien présents. Quelques exploitations spécialisées en petits fruits ou en maraîchage alimentent les marchés lyonnais.

Les structures collectives d’exploitation ont un poids relativement important. 15 % des exploitations sont intégrées dans des Groupements agricoles d’exploitation en commun (GAEC) contre 8 % en Rhône-Alpes. L’agriculture des Monts du Lyonnais fait face aux problèmes structuraux de cette profession : baisse importante du nombre d’exploitations (- 25 % en dix ans), vieillissement des agriculteurs (la part des moins de 40 ans passe en dix ans de 32 % à 23 %). Mais ces phénomènes sont moins accentués ici que dans l’ensemble de Rhône-Alpes : sur la même période, le nombre d’exploitations y a chuté de – 31 %, et les plus de 60 ans représentent 18 % des agriculteurs de la région, contre 13 % seulement dans les Monts du Lyonnais. Il semble important, pour les acteurs locaux, d’accompagner les mutations de l’agriculture, en encourageant par exemple les circuits de distribution courts de type AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne).

Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2010

carte : Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2010

Créations d’établissements
Période Monts du Lyonnais Référence
 Ensemble Évolution entre
les 2 périodes
(%)
Évolution entre
les 2 périodes
(%)
Source : Insee – Sirène – Champ ICS
En 2011 280 /// ///
Flux annuel moyen 2003-2005 142 + 107,5 + 118,3
Flux annuel moyen 2009-2011 295

 

Agroalimentaire et industries de pointe

Le territoire, parallèlement à son caractère agricole, abrite une importante activité manufacturière. En 2009, les 2 500 emplois industriels représentent 22 % de l’emploi total, une proportion similaire à celle de la référence rurale, mais nettement supérieure à l’ensemble de Rhône Alpes (17 %). Le secteur agroalimentaire est, de loin, la première industrie des Monts du Lyonnais, avec 30 % de l’emploi industriel (17 % dans la référence rurale), suivi par les machines et équipements puis la fabrication de matériel de transports (13 %).

Malgré des effectifs plus faibles (300 emplois), les industries informatiques, électroniques et optiques sont le secteur le plus spécifique, avec 11 % des postes contre seulement 2 % dans la zone de référence et 5 % en Rhône Alpes. Ce secteur est presque exclusivement basé dans le canton de Saint-Laurent-de-Chamousset, au nord du territoire. Ce canton s’est industrialisé à partir des années 1970. Partant d’activités de sous-traitance simple, l’industrie du canton s’est tournée, à partir des années 1980, vers des activités à forte valeur ajoutée (fabrication de convertisseurs électriques notamment). Une pépinière d’entreprises innovantes s’est également installée sur ce canton dans les années 1990. En 2009, l’activité informatique, électronique et optique occupe le quart des effectifs du canton de Saint-Laurent-de-Chamousset, dont l’industrie est par ailleurs assez diversifiée (agroalimentaire, fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, industrie textile). En comparaison, les deux autres cantons ont un profil beaucoup plus mono-industriel et traditionnel. L’agroalimentaire occupe ainsi la moitié de l’emploi industriel dans la CC des Hauts du Lyonnais, tandis que le territoire ligérien de Chazelles-sur-Lyon est « polarisé » par la fabrication des matériels de transport (57 % des postes).

Spécificité du tissu productif de la zone d’étude par rapport à la zone de référence en 2010

Spécificité du tissu productif de la zone d'étude par rapport à la zone de référence en 2010Avertissement : cette indice doit être utilisé avec prudence, celui-ci ayant peu de signification pour les activités à faible effectif.
Les services représentent 57 % de l’emploi global. Cette part a beaucoup augmenté en dix ans (elle était de 52 % en 1999), mais reste relativement moins importante que dans l’ensemble des territoires ruraux. La fonction touristique est très peu représentée dans les Monts du Lyonnais. Les capacités d’hébergements sont limitées aux résidences secondaires, dont le nombre est faible et diminue, et les emplois liés au tourisme sont peu nombreux (60 emplois concernés seulement en haute-saison). Ainsi, le développement du tourisme dans les Monts du Lyonnais ne semble pas constituer un vivier significatif d’emplois futurs.

Répartition de l’emploi par fonction en 2009
Monts du Lyonnais Référence
Effectifs % %
Source : Insee – Recensement de la population 2009 (exploitation complémentaire)
Conception, recherche 162 1,3 1,5
Prestations intellectuelles 161 1,3 2,2
Agriculture 1 327 10,5 5,7
Bâtiment 1 116 8,9 8,3
Fabrication 1 881 15,0 14,0
Commerce interentreprises 301 2,4 3,3
Gestion 1 087 8,6 9,8
Transport, logistique 1 096 8,7 8,5
Entretien, réparation 1 031 8,2 8,2
Distribution 752 6,0 7,6
Services de proximité 1 219 9,7 10,5
Éducation, formation 714 5,7 5,0
Santé, action sociale 1 011 8,0 8,5
Culture, loisirs 182 1,4 1,5
Administration publique 542 4,3 5,4
Ensemble 12 583 100,0 100,0
Répartition de l’emploi par sphère d’activité en 2009
Monts du Lyonnais Référence
Effectifs % %
Source : Insee – Recensement de la population 2009 (exploitation complémentaire)
Activités présentielles 6 960 55,3 59,1
Activités non présentielles 5 623 44,7 40,9
Ensemble 12 583 100,0 100,0

 

Un terreau associatif historiquement très développé

Le poids de l’économie sociale singularise très fortement les Monts du Lyonnais par rapport à la zone de référence. En 2010, un emploi sur cinq sur le territoire relève de ce secteur, contre 12 % dans l’ensemble des territoires ruraux rhônalpins. L’essentiel de ces emplois concerne le secteur associatif, avec une importance spécifique des associations éducatives et de santé. Ce fort développement du secteur associatif renvoie à l’histoire très particulière des Monts du Lyonnais et constitue, pour le territoire, un atout particulièrement important.

Au total, les emplois offerts sur le territoire relèvent davantage de la sphère de la production que dans la zone de référence : agriculture, industrie et bâtiment. C’est aujourd’hui une force de ce territoire. Toutefois, l’accroissement de la population tend à créer de nouveaux besoins. Il y a là un enjeu de développement : concilier le maintien du tissu productif actuel et la nécessaire croissance des emplois présentiels.

 

Un accès aux services adapté, malgré des manques en matière de santé

Le territoire est bien pourvu en matière d’équipements et de services de proximité, avec 14 communes pôles dans cette gamme. Pour les services intermédiaires, les trois chefs-lieux de cantons (Chazelles-sur-Lyon, Saint-Symphorien-sur-Coise et Saint-Laurent-de-Chamousset) et la commune de Saint-Martin-en-Haut sont pôles. En revanche, aucun pôle de services supérieurs n’existe dans le territoire et certains services en sont complètements absents (agence pôle emploi, hypermarché).

Dans les trois gammes, ce sont les équipements et services de santé qui font le plus défaut. En effet, en comparant la situation de la zone avec celle du rural rhônalpin, on note un manque relatif d’offre dans ce domaine (dentistes, pharmacies, infirmiers, aide aux personnes âgées, laboratoires), même si, en temps d’accès à ces services, la situation reste satisfaisante. Le territoire est dépourvu de centre d’urgence, de maternité, d’hôpital psychiatrique et de cardiologue. En termes de distance à l’équipement, l’accès aux maternités pose problème, 56 % de la population étant à plus de 30 minutes de ce type de service. La question de l’accès aux soins appelle donc à la vigilance pour les acteurs du territoire.

Pôles de services

carte : Pôles de services

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