CLIMAT

Nouvelle approche pour estimer le rôle des régions dans l’augmentation du CO2

CNRS

 

Floresta_Amazonica

 

DR

 

L’évolution des émissions de CO2 diffère selon les régions, en fonction du développement industriel mais aussi de la capacité des puits de carbone à absorber le CO2. Une affectation des émissions de CO2 à l’échelle régionale, corrigée de leur absorption par les puits terrestres et océaniques, vient de faire l’objet d’une première modélisation historique par une équipe internationale conduite par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE/IPSL, CEA/CNRS/UVSQ). L’étude a été publiée le 14 juillet sur le site internet de la revue Nature Climate Change.

Actuellement, les océans et les écosystèmes terrestres, principalement les forêts, absorbent chaque année à l’échelle globale environ 54% du CO2 émis par la déforestation et la combustion de carbone fossile. Si ces puits n’existaient pas, la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmenterait deux fois plus vite que ce qui est observé.
Jusqu’à présent, les calculs des contributions régionales ne prenaient en compte que les émissions et ignoraient le rôle local des puits de carbone présents dans l’océan et les écosystèmes.

La modélisation publiée dans la revue Nature Climate Change tient compte, dans la répartition région par région, des émissions de CO2 et de leur évolution et du rôle modérateur joué par les écosystèmes régionaux, en particulier les forêts tropicales des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Philippe Ciais, du LSCE, explique que grâce à la modélisation, cette étude « trace » le CO2 produit par les émissions fossiles et la déforestation des différentes régions, pour déterminer leur contribution à la croissance du CO2 dans l’atmosphère, en prenant en compte les puits de carbone dans les océans et dans les écosystèmes terrestres.

L’étude confirme que, depuis 1850, les pays développés sont responsables de plus de 80 % de l’augmentation historique du CO2 dans l’atmosphère causée par les activités humaines, mais que la part attribuée aux pays en développement augmente rapidement.

« Les émissions de CO2 par les pays émetteurs ont également contribué depuis 1850 à la création de puits de carbone dans les écosystèmes, notamment par l’effet fertilisant sur les sols du CO2 atmosphérique », explique Philippe Ciais. « Dans notre étude, seul l’effet du CO2 a été pris en compte parmi tous les gaz à effet de serre. Nous constatons que plus de la moitié des émissions des pays africains et latino-américains depuis 1850 a été compensée par leurs propres puits de carbone, essentiellement les forêts. »

La modélisation indique que les émissions de CO2 des pays industrialisés ont créé des puits supplémentaires dans les régions tropicales, équivalent à 13 années de leurs émissions actuelles. Les pays en développement rendent ainsi une sorte de « service de puits » aux pays industrialisés.

En outre, ces travaux permettent d’explorer différentes façons d’allouer des efforts futurs de réduction des émissions de carbone et peuvent aider à imaginer le niveau d’intervention nécessaire pour un scénario de stabilisation du climat.

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