DECORTIQUAGES

Une mystérieuse éruption de 1257 après JC. enfin élucidée !

CNRS

Malgré  des traces visibles dans les glaces des deux pôles, le volcan à l’origine de la  plus grosse éruption volcanique depuis celle du Santorin, il y a 3700 ans,  restait un vrai mystère… Une équipe pluridisciplinaire coordonnée par un  chercheur du Laboratoire  de géographie physique Pierre BIROT  (LGP, CNRS/Université Paris  1/Université Paris Est Créteil Val-de-Marne/INRAP) a enfin trouvé un candidat  crédible.

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Le lac Segara Anak dans la caldera issue de  l’effondrement du volcan Samalas en 1257 et le Mont Rinjani en arrière-plan.  © Céline Vidal

C’est la beauté des archives glaciaires : non  contentes de donner de précieuses informations sur les évolutions climatiques  passées, elles enregistrent également les traces des éruptions volcaniques  majeures, comme celles du Vésuve (79 après JC), du Tambora en Indonésie (1815)  ou du Pinatubo aux Philippines (1991)… Mais de nombreuses éruptions visibles  dans les carottes de glace ne sont associées à aucun volcan particulier. La  plus violente de ces « éruptions mystère », datée autour de 1257 après JC,  vient de livrer ses secrets après plus de deux ans de recherche. « Il s’agit du  volcan Samalas, situé dans l’île indonésienne de Lombok » révèle Franck  Lavigne, chercheur au Laboratoire de géographie physique Pierre  BIROT de Meudon et premier auteur de l’article paru dans PNAS.

« Comme dans une enquête criminelle, nous  avons procédé par élimination », raconte le chercheur. Le fait que  l’éruption soit visible dans la glace des deux pôles, nord et sud, indique  qu’elle a eu lieu en zone tropicale. Très vite, les soupçons se portent sur  l’Indonésie, le pays du monde comptant le plus de volcans actifs – pas  moins de 130 ! Deuxième indication : les éruptions volcaniques de  type explosif génèrent une pluie de cendres et de pierres ponces. Les  chercheurs ont donc cherché les endroits de l’archipel où la pierre ponce était  exploitée. C’est ainsi que l’île de Lombok est finalement  identifiée. Enfin, « vu la quantité de matière éjectée (les cendres  déposées dans la glace suggèrent que l’éruption a été 5 fois plus violente que  celle du Pinatubo), la chambre magmatique a dû se vider et le volcan  s’effondrer sur lui-même après l’explosion, créant ainsi une vaste caldera »,  explique Franck Lavigne. Seul candidat possible : le massif volcanique de  Rinjani et son lac long de 6 kilomètres.

La signature géochimique des cendres du volcan,  identique à celle trouvé dans la glace, et les datations au carbone 14 achèvent  de convaincre les chercheurs. Une chronique médiévale rédigée en javanais  ancien livre même le nom du mystérieux volcan – Samalas – et révèle que  l’ancienne capitale du royaume de Lombok, Pamatan, serait toujours ensevelie  sous ses cendres.

Références

Source of  the great A.D. 1257 mystery eruption unveiled, Samalas volcano, Rinjani  volcanic complex, Indonesiat, publié dans PNAS le 30 septembre par Franck Lavigne,  Jean-Philippe Degeai, Jean-Christophe Komorowski, Sébastien Guillet, Vincent  Robert, Pierre Lahitte, Clive Oppenheimer, Markus Stoffel, Céline M. Vidal,  Surono, Indyo Pratomo, Patrick Wassmer, Irka Hajdas, Danang Sri Hadmoko et  Edouard de Belizal.

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