DONNEES ET ANALYSES

Pays du Mont-Blanc : des enjeux liés au logement et au développement durable

INSEE

par Nicolas Forest, Philippe Bertrand, Insee Rhône-Alpes

Une population qui continue d’augmenter, malgré un solde migratoire négatif

Le territoire du Mont-Blanc se situe en Haute-Savoie et correspond pour l’essentiel à la haute vallée de l’Arve, qui s’étend, en aval, jusqu’à Sallanches. Il englobe les massifs du Mont-Blanc, des Aiguilles Rouges ainsi que le versant oriental du massif des Aravis ; il s’étend également sur la partie supérieure du Val d’Arly (Megève, Praz-sur-Arly). Il s’agit d’un territoire de haute montagne (le Mont-Blanc étant, avec ses 4 810 mètres, le point culminant de l’Europe), qui présente une forte densité de population, avec près de 100 habitants au km², soit plus du double de celle de la zone de référence1. Le Pays du Mont-Blanc est un fond de vallée dont l’accès, qui passe par Cluses, est étroit et ne facilite pas la communication avec les territoires environnants.  Mais depuis 1965, cette vallée est également une voie de passage reliant la France à l’Italie : l’inauguration du tunnel du Mont-Blanc, puis la mise en service de  l’autoroute, ont transformé cette zone enclavée en une voie de passage très fréquentée.  Bénéficiant d’un environnement d’une qualité exceptionnelle, ce territoire a une fonction essentiellement récréative. L’attractivité touristique  produit des effets contrastés : elle crée de l’activité économique et apporte une aisance matérielle mais complique l’accès au logement pour certaines  catégories de population, incapables de suivre le renchérissement de l’immobilier. Elle entraîne également des situations de précarité liées à la saisonnalité  de ses activités.La topographie du territoire, l’intense activité économique et la présence du tunnel sont, en outre, des facteurs susceptibles de générer  d’importantes nuisances, telles que la pollution atmosphérique et le bruit, susceptibles de toucher tant la population que l’environnement. La préservation de  ce dernier est un sujet particulièrement sensible, puisque l’écosystème des hautes montagnes cernant le territoire serait fortement impacté par le changement  climatique.

1 Pour chacune des synthèses, le territoire étudié est comparé à un territoire dit de « référence », englobant à la fois le territoire étudié et  des territoires ayant des caractéristiques similaires. Les territoires de Rhône-Alpes appartiennent ainsi à l’un des cinq territoires de référence suivants  : « les grandes agglomérations », « les villes moyennes », « le périurbain », « le rural », « les stations de montagne ». Le Pays du Mont-Blanc est comparé au territoire  de type « Stations de montagne ». Cette zone de référence est constituée du Chablais, d’Alpes Sud Isère, de la Maurienne, de la Tarentaise Vanoise et du Pays du  Mont-Blanc.

Relief et voies de communication

carte_relief[1]

Carte d’identité du territoire
Mont Blanc Référence Région
1999 2010 1999 2010 2010
(*) composition des EPCI au 1er janvier 2012
Sources : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale) et Direction Générale des Collectivités Locales
Population 55 855 58 171 335 287 375 122 6 230 691
Poids dans la région (%) 1,0 0,9 5,9 6,0 //
Densité (hab./km²) 94 98 43 48 143
Nombre de communes 14 14 314 314 2 879
dont % en EPCI (*) 0,0 28,6 31,8 79,0 95,9
Part de la population dans l’espace à dominante urbaine (%) 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0
Part des moins de 25 ans (%) 31,8 28,6 30,9 29,3 31,7
Part des 65 et plus (%) 13,2 15,9 14,4 16,0 16,2
Indice jeunesse (moins de 25 ans / 65 ans et plus) 2,41 1,80 2,14 1,83 1,96

En 2010, le Pays du Mont-Blanc compte 58 200 habitants répartis sur 14 communes, soit 2 300 personnes de plus qu’en 1999.   Deux communes dépassent le seuil de 10 000 habitants : Sallanches (15 500) et Passy (11 500), Chamonix-Mont-Blanc en comptant un peu moins de 9 000. Si, de 1982 à 1999, la population du territoire a crû plus rapidement que celle de la zone de référence, cette tendance s’est inversée dans les années 2000 : la population augmente en moyenne annuelle de  + 0,4 %, contre + 1 % dans la zone de référence. Cet accroissement moins rapide de la population entre 1999 et 2010 s’explique par un solde migratoire désormais négatif (- 1 500) alors que le solde naturel demeure élevé (+ 3 800). Et le déficit migratoire s’accélère au cours de la dernière période : entre 2003 et 2008, les échanges avec l’extérieur contribuent chaque année à faire baisser la population de – 0,7 %, contre une stabilité constatée dans la zone de référence.

Si les tendances démographiques observées sur la période récente se poursuivaient, le territoire compterait 60 000 habitants en 2040, soit une augmentation de seulement + 4 % (contre + 24 % dans la zone de référence).

La structure de la population par catégorie socioprofessionnelle est très proche de celle de la zone de référence, avec cependant un peu plus de ménages d’artisans, commerçants et chefs d’entreprise (9 % des ménages) ainsi que de professions intermédiaires (19 % contre 17 % dans la zone de référence).

Les aires d’influence des villes

carte_influ_villes[1]

Flux migratoires(*) par âge et par catégorie socioprofessionnelle entre 2003 et 2008
Par âge Arrivées Départs Solde Solde en % de la population (en l’absence de migrations)
Source : Insee – Recensement de la population 2008 (exploitation principale)
de 5 à 14 ans 782 1 070 -288 − 3,7
de 15 à 19 ans 353 808 -455 − 11,8
de 20 à 29 ans 1 742 2 160 -418 − 6,4
de 30 à 39 ans 1 714 1 933 -219 − 2,4
de 40 à 54 ans 1 082 1 478 -396 − 2,9
de 55 à 64 ans 504 573 -69 − 1,0
65 ans et plus 455 454 1 + 0,0
Ensemble 6 632 8 477 -1 845 − 3,3
Flux migratoires(*) par âge et par catégorie socioprofessionnelle entre 2003 et 2008
Par CS (plus de 15 ans) Arrivées Départs Solde Solde en % de la population (en l’absence de migrations)
(*) Il s’agit des migrations internes au territoire français (France métropolitaine + DOM). Elles ne tiennent donc pas compte des échanges avec l’étranger
Source : Insee – Recensement de la population 2008 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 4 20 -16 − 5,3
Artisans, commerçants et chefs d’entreprises 268 358 -90 − 2,8
Cadres et professions intellectuelles supérieures 639 623 16 + 0,5
Professions intermédiaires 1 339 1 470 -131 − 1,6
Employés 1 312 1 527 -215 − 2,3
Ouvriers 860 1 080 -220 − 3,1
Retraités 689 720 -31 − 0,3
Étudiants et élèves 251 1 159 -908 − 24,3
Autres inactifs 459 463 -4 − 0,1
Ensemble 5 820 7 420 -1 600 − 3,3

Nombre d’habitants en 2010 et évolution de la population entre 1999 et 2010

carte_pop[1]

Un accès au logement de plus en plus difficile

La capacité d’accueil touristique est élevée. Avec 320 lits par km2, la densité est 2,5 fois supérieure à celle  de la zone de référence. Les résidences secondaires sont prépondérantes et représentent 9 lits sur 10, hôtels et campings se partageant le dixième restant.

En 2010, sur les 63 000 logements du territoire, 34 000 sont des résidences secondaires (54 % contre 49 % dans la zone de référence), ce qui confirme  l’extrême spécialisation touristique du territoire. Entre 1999 et 2010, le parc de logements a augmenté de 14 %, soit 4 points de moins que dans la zone de référence.  Les nouveaux logements sont en majorité des résidences secondaires : en onze ans, on compte ainsi 4 400 résidences secondaires et 2 500 résidences  principales en plus.

La forte densité de population, l’attractivité touristique et la topographie du territoire ont pour conséquence une raréfaction du foncier et une augmentation des prix de l’immobilier. Selon les Notaires de France, en 2012, le mètre carré d’un appartement  neuf dans le massif du Mont-Blanc était le plus cher des massifs de Savoie, avec un prix moyen dépassant 7 000 euros, soit le double de la moyenne rhônalpine.

Les caractéristiques des logements
Mont Blanc Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2009 en % Part en % Évolution 1999/2009 en %
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Résidences principales 25 426 40,2 + 10,8 43,3 + 18,3
Résidences secondaires 34 425 54,4 + 14,5 49,1 + 14,5
Logements occasionnels 707 1,1 + 6,6 2,9 + 56,7
Logements vacants 2 718 4,3 + 32,5 4,7 + 32,4
Ensemble des logements 63 276 100,0 + 13,5 100,0 + 17,8
Les caractéristiques des résidences principales
Mont Blanc Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2009 en % Part en % Évolution 1999/2009 en %
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Les résidences principales par type
Maisons 10 502 41,3 /// 53,8 ///
Appartements 14 784 58,1 /// 45,5 ///
Autres 139 0,5 /// 0,8 ///
Les résidences principales par statut d’occupation
Propriétaires 15 170 59,7 + 25,8 62,9 + 29,8
Locataires d’un logement vide non HLM 5 171 20,3 − 4,8 18,7 + 17,5
Locataires d’un logement vide HLM 2 354 9,3 + 15,0 10,7 + 5,2
Locataires d’un logement meublé 1 342 5,3 − 5,5 3,3 − 4,1
Logés gratuitement 1 389 5,5 − 29,9 4,5 − 31,8
Ensemble des résidences principales 25 426 100,0 + 10,8 100,0 + 18,3

En 2010, le revenu fiscal moyen par foyer est un peu plus élevé dans le Pays du Mont-Blanc qu’en Rhône-Alpes :   26 300 euros – comme dans la zone de comparaison – contre 25 000 euros pour la région ; la proportion de bas revenus (9 %) est plutôt faible. Cette situation est amplifiée par le départ de ménages qui n’ont pas les moyens de se loger sur le territoire dans des conditions satisfaisantes. Ainsi, deux des communes où l’immobilier   est le plus cher ont vu leur population baisser dans les années 2000 : en 2010, Chamonix-Mont-Blanc compte 900 habitants de moins qu’en 1999 (- 9 %), Megève 800 habitants en moins   (- 18 %). Entre 2003 et 2008, les personnes qui ont quitté Chamonix-Mont-Blanc ont choisi préférentiellement Les Houches, puis Passy et Sallanches, tandis que   celles ayant quitté Megève se sont surtout reportées sur Praz-sur-Arly, commune située dans sa périphérie.

Ménages selon la catégorie sociale de la personne de référence
En % Mont-Blanc Référence Région
1999 2010 1999 2010 1999 2010
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 0,6 0,8 1,1 1,0 1,3 0,9
Artisans, commerçants et chefs d’entreprises 9,8 8,7 8,1 7,6 5,9 5,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures 6,6 8,7 6,8 8,9 9,5 11,9
Professions intermédiaires 16,7 18,9 15,9 17,4 15,4 16,0
Employés 14,0 13,2 12,1 11,8 10,6 11,0
Ouvriers 21,8 17,3 22,1 18,6 20,3 17,4
Retraités 25,3 29,0 27,5 31,4 28,8 31,7
Étudiants et élèves 0,4 0,1 0,5 0,2 2,6 2,0
Autres inactifs 4,8 3,3 5,8 3,2 5,7 3,8
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
Revenus annuels moyens et composition du revenu
En euros de 2010 Mont-Blanc Référence Région
2006 2010 2006 2010 2006 2010
Source : Insee – DGFiP – Impôt sur le revenu des personnes physiques et Revenus fiscaux localisés des ménages
Revenu annuel moyen par foyer fiscal 25 618 26 336 24 930 26 376 24 112 24 880
Foyers fiscaux non imposés (en %) 38,3 39,4 41,5 41,3 43,8 43,8
Revenu annuel par foyer fiscal imposé 34 858 36 050 34 121 36 105 34 530 35 685
Part des pensions et retraites dans le revenu fiscal (en %) // 20,8 // 21,2 // 23,4

Un important turn-over d’actifs

Les échanges de population avec l’extérieur du territoire sont également importants. Entre 2003 et 2008, 8 500 personnes quittent le Pays du Mont-Blanc alors que  6 600 viennent y habiter. Les sortants se dirigent principalement vers d’autres départements de Rhône-Alpes (4 700) : Haute-Savoie (2 700), Savoie (600), lsère (500)  ou Rhône (400). Les arrivants viennent de Rhône-Alpes (2 900) mais également d’Île-de-France (890).

Le solde migratoire est particulièrement négatif avec les aires urbaines d’Annecy (700 départs pour 270 arrivées) et Cluses (880 départs pour 500 arrivées).

Les départs sont plus nombreux que les arrivées quel que soit l’âge, mais c’est particulièrement le cas pour les personnes de moins de 25 ans et de celles de 35 à 54 ans. Ce sont des familles avec enfants, parfois à la recherche d’un logement plus grand ; ce sont également des étudiants contraints de quitter un territoire dépourvu d’établissements d’enseignement supérieur. Les universités les plus proches sont situées à Annecy et à Chambéry. Outre les étudiants, les partants sont essentiellement des actifs : 21 % d’entre eux  sont des employés (contre 18 % de la population stable), et 20 % sont des professions intermédiaires (16 % chez les stables).

Les arrivants sont plutôt jeunes – 50 % d’entre eux sont âgés de 25 à 39 ans – et actifs : ce sont là encore essentiellement des professions intermédiaires et des employés.  Les cadres sont également surreprésentés (11 % des arrivants contre 6 % dans la population stable).

Entre 1999 à 2010, l’augmentation de la population du territoire correspond à la progression du nombre d’actifs, qui est passé de 27 900 à 30 300, + 9 % contre + 16 % en zone de référence. Comme dans cette dernière, la hausse est forte pour les cadres et  professions intellectuelles supérieures (de 2 100 à 3 300, + 57 %) et pour les professions intermédiaires (de 6 100 à 8 200, + 33 %).

Un marché de l’emploi dynamique marqué par un très faible taux de chômage

À l’inverse, le nombre d’ouvriers a diminué, tant en poids relatif – les ouvriers ne représentent plus que 22 % des actifs en 2010 contre 26 % en 1999 – qu’en valeur absolue, passant de 7 300 à 6 500 (- 10 %). La composition de  la population active n’est toutefois pas différente de celle de la zone de référence.

Malgré l’augmentation du nombre d’actifs, le nombre de chômeurs est stable entre 1999 et 2010. Mécaniquement, le taux de chômage (au sens du recensement) diminue donc légèrement, de 5,5 % à 5,1 % ; il est inférieur d’un point et demi à celui de la zone de référence. On compte également une moindre proportion de chômeurs de longue durée (28 % des demandeurs d’emploi contre 32 %). Plus conjoncturellement,  depuis le début de la crise économique en 2007, la tendance est à une hausse plutôt modérée (+ 1,5 point entre 2007 et 2012).

Marché du travail
15 ans et plus 1999 2010
Mont-Blanc Référence Région Mont-Blanc Référence Région
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Actifs ayant un emploi 26 281 150 029 2 308 240 28 751 177 147 2 679 390
dont salariés 21 333 124 365 2 017 413 22 782 146 316 2 345 100
dont non salariés 4 948 25 664 290 827 5 969 30 831 334 290
Chômeurs 1 527 12 101 286 935 1 541 12 728 302 880
% chômeurs dans la population active 5,5 7,4 11,0 5,1 6,7 10,2

Autre signe attestant d’un pôle d’emploi dynamique, les 28 800 actifs occupés qui, en 2010, habitent dans le Pays du Mont-Blanc y travaillent également pour 85 % d’entre eux (contre 74 % dans la zone de comparaison). Ce pourcentage est en baisse d’un point par rapport à 1999, tandis que la diminution est beaucoup plus prononcée dans la zone de référence (- 4 points). Le Pays du Mont-Blanc apparaît comme une zone plutôt autonome. Parmi les 4 300 actifs occupés résidant dans le territoire et travaillant à l’extérieur, les cadres sont surreprésentés : 26 % des cadres résidents sont dans cette situation.  La mobilité des cadres est traditionnellement plus forte que celles des autres catégories de la population, par ailleurs l’environnement  agréable du territoire incite probablement des populations aisées à venir s’y installer.

Déplacements domicile-travail
Ensemble des actifs (*) 1999 2010
Nombre % Nombre %
(*) Dans ce tableau, les actifs occupés sont pris en compte quel que soit leur âge (donc y compris les quelques actifs de 14 ans)
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Actifs occupés (au lieu de résidence) 26 282 100,0 28 760 100,0
Résidant et travaillant dans la zone 22 566 85,9 24 500 85,2
dont résidant et travaillant dans la même commune 15 752 59,9 15 424 53,6
Travaillant en dehors de la zone 3 716 14,1 4 261 14,8
Emplois dans la zone (au lieu de travail) 24 797 100,0 28 122 100,0
Occupés par des actifs résidant dans la zone 22 566 91,0 24 500 87,1
Occupés par des actifs résidant hors de la zone 2 231 9,0 3 623 12,9
Nombre d’emplois / nombre d’actifs 0,94 0,98
Répartition de l’emploi par fonction en 2010
Mont-Blanc Référence
Effectifs % %
Source : Insee – Recensement de la population 2010 (exploitation complémentaire)
Conception, recherche 206 0,7 1,0
Prestations intellectuelles 686 2,4 2,3
Agriculture 335 1,2 2,0
Bâtiment 2 895 10,2 8,9
Fabrication 1 878 6,6 7,9
Commerce interentreprises 710 2,5 2,0
Gestion 2 906 10,3 10,2
Transport, logistique 1 977 7,0 7,8
Entretien, réparation 2 057 7,3 7,2
Distribution 3 055 10,8 9,8
Services de proximité 4 613 16,3 16,1
Éducation, formation 1 066 3,8 4,2
Santé action sociale 2 596 9,2 7,9
Culture loisirs 1 666 5,9 5,4
Administration publique 1 696 6,0 7,4
Ensemble 28 342 100,0 100,0

Le nombre d’emplois dans la zone s’élève à 28 100 dont 24 500 (87 %) sont occupés par des résidents. Les 3 600 actifs non résidents viennent en majorité de  communes proches du territoire le long de l’Autoroute Blanche : Magland, Cluses, Scionzier et Marnaz.

Lors de la période hivernale, les activités caractéristiques du tourisme (principalement l’hébergement et les remontées mécaniques) génèrent jusqu’à 4 500 emplois. La saisonnalité de ces emplois est moins marquée que dans la zone de référence : les emplois hivernaux sont seulement 1,4 fois plus nombreux que les emplois de la période estivale (contre 1,7 dans la zone de référence). Les activités d’été sont en effet très développées  dans le Pays du Mont-Blanc, dans un cadre prestigieux dédié notamment à l’alpinisme.

Conséquence de la vocation touristique du territoire, l’économie du Pays du Mont-Blanc se distingue par le poids très important des activités liées à la présence de résidents ou de touristes. En 2010, 81 % des emplois relèvent de la sphère des activités présentielles, contre 78 % dans la zone de comparaison et 63 % en Rhône-Alpes. Entre 1999 et 2010, les emplois de ce secteur ont augmenté de 18 %, passant de 19 500 à 22 900, tandis  que ceux des activités non-présentielles n’ont progressé que de 4 % (de 5 200 à 5 400).

Le dynamisme du secteur du logement – et en particulier celui des résidences secondaires – explique que la construction concerne 11 % des actifs occupés (9 % dans la zone de référence et 7 % en Rhône-Alpes). Seuls 8 % des emplois sont dans l’industrie (11 % dans la zone de comparaison et 17 % en Rhône-Alpes),  les secteurs de l’hébergement et de la restauration comptant pour 12 % (comme dans la zone de référence).

Une économie dominée par la sphère présentielle

Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2010

Les principaux employeurs du territoire relèvent ainsi de l’économie présentielle : secteur de la santé (centre hospitalier intercommunal du Mont-Blanc, centre de rééducation de Sancellemoz), de la grande distribution (Franchise Carrefour, Décathlon), des collectivités locales (la Commune de Chamonix, celle de Sallanches),  de la construction et des travaux publics (Entreprise JB Benedetti).

Créations d’établissements
Période Mont-Blanc Référence
Ensemble Évolution entre les  2 périodes (%) Évolution entre les  2 périodes (%)
Source : Insee – Sirène – Champ ICS
En 2012 1 070 /// ///
Flux annuel moyen 2003-2005 672 + 53,4 + 56,2
Flux annuel moyen 2010-2012 1 031

L’industrie est représentée, avec Anthogyr (implantologie dentaire), Carbon (chimie) et les skis Dynastar, mais elle ne peut être  comparée à celle, très spécialisée, du territoire voisin de la vallée de l’Arve.

Spécificité du tissu productif de la zone d’étude par rapport à la zone de référence en 2011

graph_specificite_etude_reference_zoom[1]

Un bon niveau d’équipement

Pôles de services

carte_pole_service[1]

La commune la plus peuplée (Sallanches) est aussi celle qui dispose du meilleur niveau d’équipement : c’est la seule du territoire qui soit pôle de services supérieurs (elle possède 30 des 35 équipements composant cette gamme, tels que le lycée, l’hypermarché ou le cinéma), pôle de services intermédiaires (collège, supermarché…) et de proximité (banque, bureau de poste, école primaire, boulangerie…). Quatre communes sont  pôles de services intermédiaires :  Chamonix-Mont-Blanc, Passy, Megève et St-Gervais-les-Bains ; enfin, sept autres communes sont uniquement des pôles de services de proximité.

Les temps d’accès aux équipements sont inférieurs à ceux observés dans la zone de référence, quelle que soit la gamme d’équipements considérée. C’est là le signe d’une bonne desserte du territoire.   Vallorcine est la commune la plus éloignée des équipements.

Cette situation positive doit cependant être relativisée. En effet, les services et équipements, dont le niveau est satisfaisant pour la population des  résidents permanents, sont particulièrement fréquentés lors de l’afflux saisonnier de touristes, notamment les commerces et les équipements sportifs ou de santé.

Une agriculture en déclin

La très grande majorité des exploitations agricoles présentes sur le territoire se consacrent à l’élevage : 56 % à l’élevage bovin (dont  les deux tiers pour la production laitière) – contre 42 % en zone de référence – et 27 % à l’élevage ovin ou caprin. La surface agricole utilisée   correspond dans sa quasi-totalité (97 %) à des superficies toujours en herbe, soit 15 points de plus que dans la zone de comparaison.

Le nombre d’exploitations agricoles a diminué de – 37 % sur la période 2000-2010. Cette baisse relève en partie d’un phénomène de concentration : la SAU par exploitation est ainsi passée de 27 à 35 hectares, ce qui correspond à une augmentation de + 29 %. Cette concentration est cependant moins forte que dans la zone de comparaison, où la SAU moyenne a augmenté de + 53 %. La baisse du nombre d’exploitations dans le Pays du Mont-Blanc s’accompagne d’une importante baisse des surfaces agricoles : la SAU totale des exploitations a ainsi baissé de – 19 % contre – 3 % seulement dans la zone de référence.  L’artificialisation des sols et la déprise sont les deux explications principales de la consommation des espaces agricoles.

Un territoire confronté à d’importants défis environnementaux

Le Pays du Mont-Blanc est situé en fond de vallée, et la pollution atmosphérique a tendance à s’y concentrer et à  stagner en l’absence de vent. Cette pollution peut résulter tant du chauffage des logements que de l’activité économique.

Un fonds (« air-bois ») visant à aider les particuliers à moderniser leurs appareils de chauffage au bois pour lutter contre la pollution résultant de ce mode de chauffage,  a été mis en place en 2012 dans le cadre du Plan de Protection de l’Atmosphère de la vallée de l’Arve initié par l’État. Mais c’est la présence du tunnel du Mont-Blanc et l’intensité du trafic – notamment des poids lourds – qui en résulte,  qui demeure la principale cause de pollution atmosphérique. Une tarification écologique mise en place dès 2002 et renforcée en 2011, privilégiant les poids lourds performants sur le plan environnemental et interdisant les véhicules les plus anciens, a permis de diminuer le niveau d’émissions de polluants. En 2011,  le trafic demeure inférieur à celui observé en 1998, c’est-à-dire avant la fermeture consécutive à l’accident survenu en 1999.

Le développement de modes de transport alternatifs constitue une priorité pour les acteurs locaux – ceux-ci envisagent ainsi l’aménagement du réseau TER – ainsi que pour l’État et la Communauté européenne, à travers la réalisation d’infrastructures plus ambitieuses, comme le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin qui vise, à travers le développement  du ferroutage, à diminuer le trafic des poids lourds.

Le réchauffement climatique constitue un autre enjeu environnemental majeur, de plus long terme, pour le territoire. Il serait à l’origine du recul progressif de la Mer de Glace : le glacier perd, chaque année, de 4 à 6 mètres d’épaisseur et une trentaine de mètres de longueur. Cela implique, à moyen terme, la remontée progressive des pistes de ski. D’autres changements sont attendus : la modification et la remontée du couvert végétal, l’augmentation du risque de glissement de terrain consécutive au dégel du permafrost… L’altitude en moyenne plus élevée du territoire ainsi que la saisonnalité moins marquée de  l’activité (comparée à la zone de référence), sont, dans cette perspective, des atouts pour le territoire.

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