DECORTIQUAGES

Philippines : Le dévastateur typhon Haiyan décortiqué

1. LE PHENOMENE

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Super Typhoon Haiyan hits philippines – plowed super typhoon haiyan Central Philippines, producing a potentially deadly storm surge and dumping heavy rainfall that could cause widespread flooding. The densely populated city of Manila, home to 12 million, is in the storm’s path, although it is predicted to escape the worst of the winds and storm surge.

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Enhanced satellite image of Super Typhoon Haiyan showing the telltale « donut » appearance of an intense tropical cyclone.  (Japan Metrological Agency/EPA)

As of Thursday afternoon Eastern time, Haiyan, known in the Philippines as Super Typhoon Yolanda, had estimated maximum sustained winds of 195 mph with gusts above 220 mph, which puts the storm in extraordinarily rare territory. Since 1969, only three storms have had sustained winds close to this magnitude — Hurricane Camille in 1969, Super Typhoon Tip in 1979, and Hurricane Allen in 1980. No storm in the Atlantic has ever been stronger than Haiyan, accoring to The Weather Channel.

Haiyan is capable of causing catastrophic damage in the central Philippines and its outer bands are already starting to affect the island nation.

The U.S. Navy’s Joint Typhoon Warning Center forecasts that Haiyan will cross the Central Philippines as a Category 4 or 5 Super Typhoon, and then re-emerge over open water, before making landfall in Vietnam as a Category 3 typhoon on November 10.

Ryan Maue, a meteorologist at WeatherBELL Analytics, said that Haiyan appears to be the strongest storm since Super Typhoon Tip in 1979. Maue said the storm has avoided the typical hiccups that other intense storms encounter, such as eyewall replacement cycles, during which a storm’s inner core undergoes a reorganization. Such cycles can cause a Category 5 storm to weaken to a Category 3 or 4 storm, before re-strengthening. Instead of doing this, though, Haiyan has remained at peak strength for more than 24 hours, which is unusual, and even strengthened on Monday morning.

After hitting the Leyte province, the Philippines’ Department of Science and Technology expects the storm to traverse the central Philippines from Biliran to Busuanga before passing into the West Philippine Sea. The Department is warning coastal residents to expect storm surges « which may reach up to 7-meter (23 feet) wave height, » along with flooding and mudslides. The storm poses an especially grave danger to the capital of Leyte, the city of Tacloban, which has about 220,000 people and lies along or just to the north of the storm’s path where the most intense winds and storm surge will come ashore.

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2. REPERAGES

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Comment fonctionne un cyclone

3. LES EFFETS DEVASTATEURS

Au moins 10.000 morts

LES ECHOS

4,3 millions de personnes seraient touchées selon les Nations unies. Les rescapés errent dans des villes ravagées comme après un violent tsunami.

La ville de Tacloban, qui compte 220.000 habitants, a subi les plus gros dégâts. - Reuters

La ville de Tacloban, qui compte 220.000 habitants, a subi les plus gros dégâts. – Reuters

Vision d’apocalypse aux Philippines après le passage du typhon Haiyan, l’un des plus puissants sans doute jamais enregistrés. Le super cyclone aurait fait au moins 10.000 morts dans la province de Leyte, dans le centre des Philippines, selon un bilan policier non confirmé.

Dans un précédent bilan, les autorités évoquaient plus de 1.200 morts, dont mille dans la seule province de Leyte. Ni l’agence nationale des secours ni le gouvernement n’ont confirmé le nouveau décompte.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (BCAH) évalue à plus de 330.000 les personnes déplacées et 4,3 millions celles touchées d’une manière ou d’une autre par le typhon dans 36 provinces. Haiyan a détruit 70 à 80% des régions qu’il a traversées vendredi et samedi, a dit le commissaire Elmer Soria, rayant de la carte des villages entiers, noyés sous les vagues.

« Des zombies à la recherche de nourriture »

Haiyan a détruit 70 à 80% des régions qu’il a traversées vendredi et samedi, a dit le commissaire Elmer Soria, rayant de la carte des villages entiers, noyés sous les vagues. Les secours d’urgence ont du mal à atteindre les villages ravagés le long de la côte. Les habitants hébétés sont à la recherche de leurs proches disparus ou en quête de vivres. « Les gens qui marchent, on dirait des zombies à la recherche de nourriture », raconte Jenny Chu, étudiante en médecine à Leyte. « On se croirait dans un film ».

La plupart des morts semblent avoir été causées par la montée des eaux chariant des débris décrite par plusieurs personnes comme ressemblant à un tsunami, avec des maisons rasées et des milliers de personnes noyées. Des vents atteignant 313 km/h avec des points à 378 km/h ont été enregistrés et la montée des eaux a englouti des localités situées jusqu’à un kilomètre à l’intérieur des terres.

Passage au Vietnam

Le typhon, qui a traversé d’est en ouest l’archipel philippin, s’est nettement atténué en approchant dimanche des côtes du Vietnam, où des évacuations massives ont été ordonnées. Les autorités ont fait état de la mort de six personnes et évoqué plusieurs dizaines de blessés par les vents violents qui se sont abattus sur le centre du pays à l’approche du cyclone.

Selon le site du gouvernement, 883.000 personnes dans onze provinces du centre du Vietnam ont été déplacées vers des zones plus sûres. Bien que plus faible, le typhon devrait provoquer des pluies torrentielles, des inondations et des glissements de terrain en remontant en direction de la mer de Chine méridionale.

Comme un tsunami

Aux Philippines, située dans la province de Leyte, à 580 km au sud-est de Manille, la ville de Tacloban, qui compte 220.000 habitants, a subi les plus gros dégâts. Le typhon a laissé dans son sillage des zones inondées où flottent des cadavres, des routes encombrées par les chutes d’arbres ou de pylones, des maisons détruites.

Une ressortissante australienne d’origine philippine, Mila Ward, était sur l’île de Leyte, pour rendre visite à sa famille, lorsque le cyclone a balayé la région. Elle dit avoir vu des centaines de corps dans les rues « recouverts de draps, de couvertures, de plastique. C’étaient des femmes et des enfants », a-t-elle dit.

 

« Vu d’un hélicoptère, on voit l’étendue de la dévastation. A partir du rivage et jusqu’à un kilomètre à l’intérieur des terres, il n’y a plus une structure debout. C’était comme un tsunami », a déclaré le ministre de l’Intérieur philippin Manuel Roxas. « Je ne sais pas comment décrire ce que j’ai vu. C’est terrifiant. »

Le gouvernement a dépêché samedi 15.000 soldats vers les zones les plus touchées par Haiyan. - Reuters

Le gouvernement a dépêché samedi 15.000 soldats vers les zones les plus touchées par Haiyan. – Reuters

Peur des pillages

Le ministre a précisé avoir dépêché des patrouilles sur place pour empêcher des pillages par des habitants désespérés à la recherche d’eau ou de nourriture. Des témoins racontent des scènes de pillages dans plusieurs magasins à Tacloban. Les voies de communication coupées rendent difficile l’acheminement de l’eau et de la nourriture. Des camions chargés de vivres et de tentes ont été pris d’assaut sur un pont à Leyte, raconte le président de la Croix-Rouge des Philippines Richard Gordon.

« Les gens deviennent violents. Ils pillent les entreprises, les centres commerciaux, juste pour trouver de la nourriture, du riz et du lait (…). J’ai peur que dans une semaine, les gens s’entretuent à cause de la faim », a commenté Andrew Pomeda, professeur de lycée de 36 ans.

« Il y a des pillages dans les centres commerciaux et les supermarchés. Ils prennent tout, même l’électroménager, les télévisions, qu’ils échangeront ensuite contre de la nourriture », a déclaré Tecson John Lim, un responsable de la municipalité de Tacloban. « Nous n’avons pas assez d’hommes. Nous avons 2.000 employés mais seulement une centaine sont venus travailler. Tout le monde est resté près de sa famille. »

Tecson John Lim déclare que la ville n’a récupéré que 300 à 400 corps mais juge plausible le bilan de 10.000 morts. « Les morts sont dans les rues, dans leurs maisons, ils sont sous les gravats, ils sont partout », a-t-il dit.

 

Les dégâts s’étendent bien au delà de Tacloban. La quasi-totalité des Visayas serait touchée. C’est une des trois grandes régions de l’archipel philippin comprenant d’importantes îles et notamment Leyte, Cebu et Samar. Baco, ville de 35.000 habitants dans la province du Mindoro Oriental, est à 80% sous l’eau, signalent les Nations unies. Les autorités n’ont pas encore pu contacter Guiuan, ville de 40.000 habitants qui a été la première touchée par le typhon.

A Tacloban, les rescapés tentent de trouver de quoi se nourrir. - Reuters

A Tacloban, les rescapés tentent de trouver de quoi se nourrir. – Reuters

Quatre mètres d’eau

De nombreux touristes se retrouvent coincés. Nancy Chan, venue de Chine en voyage d’affaires à Tacloban, raconte que l’eau de mer est montée jusqu’au deuxième niveau de son hôtel. Elle dit avoir marché trois heures dans la boue et les débris pour atteindre l’aéroport et pouvoir être évacuée par l’armée. « On dirait la fin du monde », dit-elle.

L’aéroport de Tacloban a été pratiquement détruit par la montée des eaux qui ont envahi les lieux, détruisant les vitres de la tour de contrôle, rasant le terminal et renversant les véhicules garés à proximité. Selon Efren Nagrama, directeur de l’aéroport, le niveau des eaux est monté de quatre mètres.

« C’était comme un tsunami. Nous nous sommes échappés par les fenêtres et je me suis accroché à un pylône pendant une heure pendant que la pluie, le vent, les eaux de mer balayaient l’aéroport. Une partie du personnel a survécu en s’agrippant à des arbres. J’ai prié très fort tout le temps, jusqu’à ce que les eaux refluent », a-t-il témoigné.

Un séisme le mois dernier

La situation est d’autant plus compliquée que les agences humanitaires sont déjà occupées par deux grosses opérations de secours depuis un séisme de magnitude 7,2 le mois dernier dans la province centrale de Bohol et le conflit dans la province méridionale de Zamboanga, qui a fait de nombreux déplacés.

Le Programme alimentaire mondial a annoncé l’envoi par avion de 40 tonnes de biscuits énergétiques, assez pour nourrir 120.000 personnes pour une journée, ainsi que de l’équipement de télécommunications. Les Etats-Unis, la Commission européenne et d’autres pays se sont déclarés prêts à fournir leur aide si Manille la requiert.

source Reuters

Haiyan : la géographie de l’archipel philippin complique l’acheminement des secours

LE MONDE

par Gilles van Kote (avec AFP)

Vue aérienne d'une ville côtière dévastée par Haiyan, le 11 novembre.

 Vue aérienne d’une ville côtière dévastée par Haiyan, le 11 novembre. | REUTERS/ERIK DE CASTRO

Comment faire en sorte que l’aide atteigne rapidement les régions des Philippines ravagées par le typhon Haiyan vendredi 8 novembre, alors que les infrastructures de transport sont impraticables et que ces zones, le pays étant un archipel, ne sont accessibles que par voie maritime ou aérienne ? La première question à laquelle se sont heurtées les organisations humanitaires est d’ordre logistique.

Une partie des installations de contrôle aérien et de stockage de carburant de l’aéroport de Tacloban, la capitale de la province de Leyte, frappée de plein fouet par le cyclone tropical, a été détruite, les pistes ont été submergées et envahies de débris divers. Une piste de réserve a cependant pu être dégagée pourpermettre l’accueil des C130 Hercules de l’armée philippine, seuls à pouvoiratterrir, qui ont acheminé les premiers secours.

L’équipe d’évaluation des catastrophes et de coordination de l’ONU est arrivée sur place dans la matinée de samedi, quelques heures après le passage du typhon.« La dernière fois que j’ai vu quelque chose de comparable, c’était après le tsunami de 2004, a réagi Sebastian Rhodes Stampa, son responsable. Les routes entre l’aéroport et la ville sont complètement bloquées, les opérations de secours vont être extrêmement difficiles. »

Dans la province de Samar.

Dans la province de Samar. | AP/Bullit Marquez

Selon le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, il fallait encore six heures, dimanche en fin de journée, pour parcourir les 11 km séparant l’aéroport du centre-ville de Tacloban par la seule route praticable. Face à cette situation, une plateforme humanitaire s’est constituée à l’aéroport de Cebu, la deuxième ville du pays, plus proche des zones sinistrées que ne l’est Manille, la capitale.

MATÉRIEL DE PURIFICATION DE L’EAU

C’est vers cette base arrière que doit converger l’aide internationale. Chargé de la logistique au sein du dispositif de l’ONU, le Programme alimentaire mondial a commencé à y acheminer bureaux et entrepôts préfabriqués, citernes mobiles, générateurs, équipements de télécommunication, hélicoptères et 44 tonnes de biscuits à haute valeur énergétique destinés aux sinistrés.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a annoncé l’envoi d’un cargo chargé de 60 tonnes de médicaments, abris et matériel de première nécessité. Du matériel de purification de l’eau et d’assainissement doit également être convoyé vers Manille.

A Tacloban, le 11 novembre.

A Tacloban, le 11 novembre. | AP/Aaron Favila

Les Nations unies devraient rapidement lancer un appel international à financement. Pour la première fois en situation de catastrophe, elles ont activé leur Réseau numérique humanitaire, qui s’appuie sur les réseaux sociaux pourcollecter les informations disponibles et tente d’évaluer aussi précisément que possible les dégâts provoqués par le passage de Haiyan.

Un vaste mouvement de solidarité internationale s’est manifesté dans les heures qui ont suivi la catastrophe. La Commission européenne a débloqué 3 millions d’euros et la Grande-Bretagne 7,2 millions d’euros. L’ambassade d’Allemagne à Manille a annoncé l’envoi de 23 tonnes d’équipement de secours. Le Canada a annoncé le versement de 3,7 millions d’euros aux organismes non gouvernementaux (ONG) participant aux secours. L’Australie a promis 7 millions d’euros.

Les ONG ne sont pas en reste. Médecins sans frontières a annoncé l’envoi de 200 tonnes de médicaments, tentes et produits d’hygiène. Action contre la faim a affrété un avion qui doit décoller de Lyon, lundi, pour convoyer 15 tonnes de matériel ainsi qu’une équipe de logisticiens vers Cebu.

Au-delà des premiers secours aux sinistrés, les spécialistes de l’aide humanitaire insistent sur l’importance de l’assainissement et de l’accès à l’eau potable, dont sont aujourd’hui privés les rescapés. « Une fois qu’on contrôle l’eau, on contrôle les grandes épidémies », assure Gilbert Potier, directeur des opérations internationales de Médecins du monde.

FORCE D’INTERVENTION

Le gouvernement philippin a mis en place une force d’intervention pour coordonnerles secours et la reconstruction des zones détruites. Des experts ont appelé à bien définir les priorités et à se donner le temps de la réflexion en matière de reconstruction, afin de ne pas rééditer les erreurs commises après le tsunami de 2004, qui avait provoqué un élan massif de solidarité internationale.

« La bonne volonté qui se manifeste un peu partout dans le monde produit un afflux ingérable de toutes sortes de biens dans les zones sinistrées et cela crée des points de congestion dans les ports et les aéroports qui entravent une aide plus ciblée », estime Paul Arbon, directeur du Torrens Resilience Institute, un centre australien de recherche sur l’aide d’urgence.

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