COUPS DE GUEULE

Italie : « Boire Naples et mourir »

L’ESPRESSO / COURRIER INTERNATIONAL
by LUCIE GEFFROY

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« Boire Naples et mourir », titre L’Espresso, détournant la célèbre expression de Goethe saisi par la beauté de la capitale de la Campanie lors de son voyage en Italie à la fin du XVIIIe siècle. Les déchets toxiques enfouis illégalement par la mafia dans les sols ont complètement contaminé l’eau de Naples et de sa région. Telles sont les conclusions d’un rapport réalisé par l’armée américaine et révélé par l’hebdomadaire italien.

La base de l’US Navy à Naples, centre de commandement des forces navales américaines en Europe, a en effet orchestré une vaste étude d’un coût de 30 millions d’euros pour « comprendre jusqu’à quel point il est dangereux de vivre en Campanie pour les militaires américains et leurs familles », rapporte L’Espresso. Entre 2009 et 2011, une zone de plus de 1 000 kilomètres carrés, les terrains de 542 maisons et 10 bases miliaires ont été sondés. D’après les résultats, l’eau qui alimente les maisons présente un « risque inacceptable pour la santé », jusque dans le centre de Naples, avec des risques accrus de cancer.

Le principal danger provient de la présence d’uranium, trouvé en une quantité anormalement élevée dans 31 % des maisons, et en particulier dans la zone située autour de Casal di Principe, fief du clan des Casalesi, puissante famille de la Camorra. Les experts américains recommandent donc vivement d’utiliser de l’eau minérale pour boire, cuisiner et même se laver les dents.

Le dossier de L’Espresso suscite une importante polémique en Italie. Les administrations locales ont immédiatement réagi. « L’eau est sous contrôle », a déclaré Luigi De Magistris, le maire de Naples, qui assure que « celle qui est distribuée en ville est potable, les analyses sont publiques et consultables ». La région Campanie a quant à elle menacé de poursuivre l’hebdomadaire en justice.

« Le rapport de l’armée américaine a été transmis aux autorités italiennes il y a plusieurs mois. Nous pensons que faire mine de rien et s’en prendre à ceux qui font l’information, au lieu de lutter contre le trafic de déchets toxiques, ne peut qu’aggraver la situation des personnes qui vivent dans ces zones », a répliqué sèchement L’Espresso.

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