DECORTIQUAGES

Combien d’habitants sur terre demain ?

INED

par Gilles Pison

 

article-1287643-06A92BFC000005DC-110_468x226

La carte géographique ci-dessous montre l’importance démographique par pays.

 

carte-du-monde-densité-population

 

La population mondiale compte 7,1 milliards d’habitants en 2013. Elle n’en comptait qu’un milliard en 1800 et a donc été multipliée par sept au cours des deux derniers siècles.  Elle devrait continuer à croître et pourrait dépasser 9,5 milliards en 2050. Pourquoi la croissance devrait-elle se poursuivre ? La stabilisation est-elle envisageable à terme ? Si la population mondiale continue d’augmenter, c’est en raison de l’excédent des naissances sur les décès – les premières sont deux fois plus nombreuses que les seconds. Cet excédent apparaît il y a deux siècles en Europe et en Amérique du Nord lorsque la mortalité commence à baisser dans ces régions, marquant les débuts de ce que les scientifiques appellent la transition démographique. Il s’étend ensuite au reste de la planète, lorsque les avancées de l’hygiène et de la médecine et les progrès socioéconomiques atteignent les autres continents.

Aujourd’hui, la croissance démographique décélère

La croissance démographique a atteint un taux maximum de plus de 2 % par an il y a cinquante ans, et a diminué de moitié depuis (1,2 % en 2013). Elle devrait continuer de décélérer jusqu’à la quasi-stabilisation de la population mondiale dans un siècle autour de 10 à 11 milliards d’habitants. Cette décélération tient à la diminution de la fécondité, 2,5 enfants en moyenne par femme aujourd’hui dans le monde, contre le double (5 enfants) en 1950. Mais la moyenne d’aujourd’hui recouvre de grandes disparités selon les régions et pays. La fécondité est la plus basse en Bosnie-Herzégovine (1,2 enfant par femme) et la plus élevée au Niger (7,6 enfants). Parmi les régions du monde où la fécondité est encore élevée, supérieure à quatre enfants, on trouve en 2013 presque toute l’Afrique intertropicale, quelques pays de la péninsule arabique, et les régions allant de l’Afghanistan jusqu’au Nord de l’Inde en passant par le Pakistan. C’est là que l’essentiel de la croissance démographique mondiale aura lieu dans les prochaines décennies.

En 2100, l’Afrique rassemblerait plus d’un habitant sur trois

L’un des grands changements à venir est le formidable accroissement de la population de l’Afrique qui, Afrique du Nord comprise, pourrait quadrupler d’ici la fin du siècle, passant d’un milliard d’habitants en 2010 à 4,2 milliards en 2100, ceci malgré le sida. Alors qu’un homme sur sept vit aujourd’hui en Afrique, ce sera probablement plus d’un sur trois dans un siècle. L’accroissement devrait être particulièrement important en Afrique au sud du Sahara où la population pourrait passer d’un peu plus de 800 millions d’habitants en 2010 à près de 3,8 milliards en 2100. La Chine est le pays le plus peuplé du monde avec 1,4 milliard d’habitants, mais l’Inde, qui n’est pas loin (1,3 milliard), devrait passer en tête probablement avant 2030 car sa population y croît plus vite en raison d’une fécondité plus élevée (2,4 enfants par femme en moyenne, contre 1,5).

À court terme : une voie en grande partie tracée

Ces chiffres sont des projections et l’avenir n’est évidemment pas écrit. Il reste que les projections démographiques sont relativement sûres lorsqu’il s’agit d’annoncer l’effectif de la population à court terme, c’est-à-dire pour un démographe, les dix, vingt ou trente prochaines années. La majorité des femmes et des hommes qui vivront en 2050 sont déjà nés, on connaît leur nombre et on peut estimer sans trop d’erreurs la part de ceux qui ne seront plus en vie. Concernant les nouveaux-nés qui viendront s’ajouter, leur nombre peut également être estimé car les femmes qui mettront au monde des enfants dans les 20 prochaines années sont déjà nées, on connaît leur effectif et on peut faire également une hypothèse sur leur nombre d’enfants, là aussi sans trop d’erreurs.
Les élites politiques veulent nous inculquer l’idée d’une surpopulation mondiale toujours plus inquiétante. La démographie des pays en voie de développement leur fait peur. Elle fait naître des phobies cauchemardesques à nos politiques.
L’exploitation mais surtout l’épuisement des ressources n’est peut-être pas du côté de ceux qui sont diabolisés par ceux qui définissent le politiquement correcte.
Si en plus on prend la théorie fumeuse du réchauffement climatique, clamée par les sciento-politiques du GIEG, pour les empêcher d’avoir une industrie dévoreuse d’énergie comme la nôtre alors les inégalités entre Nord et Sud seront justifiées par les hoax mondiaux.
Comment sera le monde en 2030? La CIA a déployé ses espions pour collecter les données mondiales qui préfigurent l’avenir et ses enjeux géopolitiques. Tous les quatre ans, l’agence de renseignement américaine livre son rapport prospectif, Global Trends.Il nous dit que l’époque ou la population mondiale s’accroissait d’un milliard de personnes par décennie est révolue. Ainsi, si la planète comptait 6,8 milliards d’habitants en 2010, on atteindra un plafond de 8,5 milliards en 2030.Les tendances démographiques annoncent un vieillissement généralisé et l’essor des migrations.
En tête des dix pays les plus peuplés en 2030 arrivent sans surprise l’Inde et la Chine. La CIA place les Etats-Unis en troisième et la Russie en dernier de ces « top ten ».

Le monde en 2030 sera celui des mégapoles, avec une trentaine de méga-régions métropolitaines à cheval sur 2 ou 3 pays. L’espace urbain aura triplé sa surface actuelle. En 2012 la moitié de population mondiale était urbaine, ce sera 60% en 2030, soit 5 milliards de citadins.

Le rapport de la CIA met aussi en avant l’évolution des risques de conflit. On devrait assister à une augmentation du risque de conflits dans les pays ou les ressources naturelles comme l’eau et la terre sont très limitées, et dont les populations sont très jeunes. Trois régions, le Moyen Orient, l’Afrique Sub-sahariene et l’Asie du Sud-Est sont dans ce cas de figure.

En 2030 aussi, l’ère de la Chine forte se confirme. La CIA décrit l’Empire du Milieu comme la locomotive d’une Asie triomphante, plus puissante que les Etats- Unis et l’Europe réunis, en termes de populations, de PIB, de dépenses militaires et d’investissement technologique.

Le rapport réserve aussi une place proéminente aux Etats-Unis, car il pronostique son indépendance énergétique grace au gaz et pétrole de schiste. Les USA pourraient même devenir le premier producteur mondial de brut à l’horizon 2020, dépassant l’Arabie Saoudite, le leader mondial actuel, et provoquant un bouleversement des rapports de forces aux conséquences inédites.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s