DONNEES ET ANALYSES

Limousin : un habitant sur sept vit sous le seuil de pauvreté monétaire

INSEE

par Bruno BALOUZAT, Frédéric CHÂTEL – INSEE Limousin

Avec 742 800 habitants en 2010 et 44 habitants par kilomètre carré, le Limousin figure, avec la Corse, parmi les régions les moins densément peuplées. Il est la région la plus âgée de France. Sur 100 habitants, 30 ont plus de 60 ans et 13 plus de 75 ans  (respectivement 23 et 9 en France métropolitaine). En proportion, le Limousin compte un peu moins de jeunes que la France métropolitaine  (21 % des habitants ont moins de 20 ans contre 24 % au niveau national).

Région rurale, le Limousin se distingue par une présence plus élevée qu’en France d’agriculteurs ou anciens agriculteurs, en particulier  en Creuse et en Corrèze. Tournée majoritairement vers l’élevage extensif bovin et ovin, l’agriculture régionale est par ailleurs  actuellement moins rémunératrice que la moyenne française. Avec une industrie surtout manufacturière et moins de personnel d’encadrement  qu’ailleurs, les revenus salariaux sont plus faibles qu’en métropole. Au-delà de ces effets structurels, ils sont également inférieurs  à la moyenne pour presque toutes les catégories socioprofessionnelles.

En 2010, plus d’un Limousin sur sept dispose d’un niveau de vie inférieur à 964 euros par mois et vit ainsi sous le seuil de  pauvreté monétaire. Ce taux est supérieur d’un point à celui de la France de province. Il demeure néanmoins nettement en deçà  de celui des régions les plus touchées par la pauvreté, telles que Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur ou la Corse.  Mais il est supérieur à ce qu’il est dans plusieurs départements de l’Ouest, où la pauvreté et les inégalités sont plus faibles.  En Limousin, les personnes âgées vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que celles aux âges d’activité, contrairement à ce  qui prévaut en moyenne en France. La région partage cette caractéristique avec d’autres départements, notamment du Sud-Ouest et  du Massif Central. Les personnes âgées étant davantage présentes dans la population qu’en France, la problématique des faibles    revenus chez les seniors est donc susceptible d’être plus marquée dans la région.

Différents types de territoire au regard d’indicateurs de précarité

Au sein du Limousin, une approche prenant en compte les différentes dimensions de la pauvreté dessine une typologie des territoires  au regard de cette problématique.

Un premier ensemble, constitué des principales villes-centres de la région, présentent les inégalités de revenu les plus fortes, avec la  coexistence de revenus avant redistribution très élevés et très faibles. La proportion de bénéficiaires de minima sociaux comme le RSA socle  ou d’un dispositif comme la CMU complémentaire y est plus élevée que dans la région. Le chômage y est plus fréquent. Ces territoires présentent  davantage qu’ailleurs des formes de précarité sociale. Les enfants vivent plus souvent dans une famille dont les parents n’ont pas  d’emploi. Les familles monoparentales sont aussi nettement plus nombreuses : trois familles sur dix contre deux dans la région.  Or elles sont plus souvent que les autres en situation de précarité ou exposées au risque de pauvreté.

Un deuxième ensemble est constitué de cantons ruraux qui cumulent diverses situations de précarité. Il regroupe presque tous les cantons  de la Creuse, ainsi que ceux du nord et de l’extrême sud-ouest de la Haute-Vienne. Les faibles revenus y sont plus présents que dans  l’ensemble du Limousin, mais moins que dans les villes. La problématique des personnes âgées en situation précaire est particulièrement  présente, en raison de deux facteurs qui se conjuguent : une part plus importante de personnes de 80 ans ou plus (10 % contre 8 % en  Limousin) et des revenus plus faibles que la moyenne régionale. Dans ces territoires, les jeunes peuvent aussi être confrontés à des  situations de précarité. Dans une frange sud-ouest de la Creuse, et quelques cantons du nord et de l’ouest de la Haute-Vienne, au moins  17 % des jeunes ne sont insérés ni dans l’emploi, ni dans une formation (14 % en Limousin). Même pour leurs aînés, l’insertion dans  l’emploi est plus difficile qu’en moyenne en Limousin. La proportion de personnes ayant un emploi est également plus faible dans ces  territoires que dans la région. Dans les cantons du sud et de l’est de la Creuse ainsi que du nord-ouest de la Haute-Vienne, ce taux  d’emploi plus faible se conjugue avec des conditions d’emploi plus précaires pour les salariés, avec davantage de contrats courts  ou à temps partiel. Dans quelques cantons situés au sud et à l’est de la Creuse, et aux franges nord et sud-ouest de la Haute-Vienne,  l’éloignement des services ou du lieu de travail peut renforcer les situations de précarité ou d’isolement : les coûts liés aux  déplacements sont susceptibles de peser sur de faibles revenus et sur l’accès aux services ou à l’emploi ; les distances importantes  peuvent pénaliser les personnes limitées dans leurs moyens de locomotion (jeunes, personnes âgées).

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Les cantons ruraux de la Corrèze sont dans l’ensemble moins touchés par la précarité qu’en moyenne dans la région. Les faibles revenus  sont moins présents et les disparités de revenu moins marquées. En proportion, les personnes dépendant d’un minimum social comme le  RSA socle sont moins nombreuses. Au regard d’un ensemble d’indicateurs sur les revenus et l’emploi, la Basse Corrèze présente, au  sein de ce territoire, les situations les plus favorables alors que d’autres espaces présentent davantage de fragilités ou des  situations de précarité plus marquées. Ainsi, dans quelques cantons de Haute Corrèze, l’insertion dans l’emploi est plus faible  qu’en moyenne régionale. Aux marges du Cantal et du Lot, l’emploi salarié est plus souvent à temps partiel ou en contrat précaire.  Dans des territoires comme l’ouest du Plateau de Millevaches ou les marges cantaliennes, de Beaulieu à Bort-les-Orgues, la  problématique des personnes âgées précaires ou isolées est plus marquée que dans la région : celles-ci sont davantage présentes dans  la population et perçoivent plus souvent le minimum vieillesse qu’en moyenne en Limousin. Ce signe de fragilité potentielle se cumule avec l’éloignement des équipements et des services.

Autour des principales agglomérations limousines, les cantons en majorité périurbains accueillent davantage de familles et moins  de personnes âgées qu’en moyenne en Limousin. Les situations de pauvreté et de précarité y sont nettement moins présentes que dans  l’ensemble de la région. Les cadres et professions intermédiaires y sont plus représentés. Les personnes aux âges d’activité sont  plus souvent qu’ailleurs insérées sur le marché du travail, pour les hommes comme pour les femmes, et les contrats de travail  sont moins souvent précaires ou à temps partiel. Si les habitants du périurbain sont plus proches des équipements et des services  qu’ailleurs, ils sont en revanche nombreux à parcourir une distance importante pour aller travailler, en particulier dans la  deuxième couronne des villes. Une augmentation des prix des carburants pourrait donc fragiliser les ménages aux revenus les  plus modestes.

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LA CORREZE

En 2010 la Corrèze compte 243 600 habitants, soit un habitant du Limousin sur trois. La Basse Corrèze, qui comprend l’agglomération de  Brive, et une partie de la Moyenne Corrèze hébergent la majorité des habitants, la Haute Corrèze étant moins densément peuplée.  Le département a un caractère rural marqué. Sur 100 habitants, 45 % résident dans une commune rurale, c’est-à-dire qui  n’appartient pas à une unité urbaine, contre 23 % en France métropolitaine. À l’instar d’autres départements du Massif central,  du sud-ouest ou du centre de la France, la Corrèze fait partie des départements français où les personnes âgées sont le plus  présentes dans la population et où, à l’inverse, les jeunes sont le moins représentés : 31 % des habitants ont 60 ans ou plus  contre 23 % en France métropolitaine. Les agriculteurs sont plus nombreux parmi les actifs qu’en moyenne en province (4 % contre 2 %),  mais moins que dans les départements voisins de la Creuse, du Cantal et du Lot.

En Corrèze, l’insertion dans l’emploi est dans l’ensemble plus élevée qu’en Limousin et le chômage est moins présent.  Début 2013, le département figure encore parmi les quinze départements les moins touchés par le chômage.

Globalement et en moyenne, les inégalités de revenus sont moins marquées en Corrèze que dans l’ensemble de la région. Les faibles  revenus y sont en moyenne moins présents. Le seuil de niveau de vie au dessous duquel se situent 10 % des Corréziens les plus pauvres  se monte à 890 euros mensuels, contre 850 euros en Limousin.

Une pauvreté moins marquée qu’en Creuse ou qu’en Haute-Vienne

Avec 13,6 % de ses habitants vivant sous le seuil de pauvreté, la Corrèze est moins touchée par la pauvreté monétaire que la  Haute-Vienne et, surtout, que la Creuse. Hormis dans les villes, les cantons corréziens sont, parmi les cantons limousins,  ceux où la population est le moins souvent couverte par un minimum social tel que le RSA socle. Concernant la problématique  des faibles revenus chez les personnes âgées, en revanche, la Corrèze se démarque moins du reste de la région. Si en France  les personnes âgées sont moins touchées par la pauvreté que les autres, ce phénomène ne s’observe pas en Corrèze. C’est une  particularité que l’on retrouve dans d’autres départements, notamment du Sud-Ouest et du Massif Central : 13,5 % des Corréziens  de plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté, une proportion identique à celle de l’ensemble de la population tous âges  confondus. Mais, en moyenne, dans l’ensemble de la province française, 9,8 % des plus de 65 ans sont pauvres, contre 14,3 %  pour l’ensemble de la population. La présence de nombreux agriculteurs parmi les générations les plus âgées explique en  partie ce constat.

Des indicateurs de précarité plus favorables en Basse et Moyenne Corrèze

Les situations de précarité ou de fragilité se répartissent inégalement dans les territoires corréziens. Comme en Haute-Vienne  ou en Corrèze, les principales villes se distinguent, avec certains indicateurs de précarité plus défavorables qu’en moyenne  départementale. Les faibles revenus sont davantage présents, notamment à Brive et Tulle, et la proportion de bénéficiaires  d’un minimum social tel que le RSA socle ou d’un dispositif destiné aux personnes à faibles ressources comme la CMU complémentaire  est plus élevée. L’insertion dans l’emploi est moindre, le chômage davantage présent. Les familles monoparentales sont  proportionnellement plus nombreuses (3 familles sur 10 à Brive et Tulle contre 2 sur 10 en Corrèze en moyenne). Or, ces  familles sont plus souvent exposées à la précarité ou au risque de pauvreté.

Hors des villes, les territoires ruraux se distinguent aussi entre eux, en opposant souvent la Basse Corrèze à certains cantons  de Haute Corrèze, du Plateau de Millevaches ou de l’est corrézien, aux marges du Cantal.

Dans certains cantons de Haute Corrèze, l’insertion dans l’emploi est plus faible qu’en moyenne régionale. Aux franges du Cantal  et du Lot, l’emploi salarié est plus souvent à temps partiel ou en contrat précaire. Dans des territoires comme l’ouest du Plateau de  Millevaches ou les marges cantaliennes, de Beaulieu à Bort-les-Orgues, la problématique des personnes âgées précaires ou isolées  est plus marquée que dans la région : celles-ci sont davantage présentes dans la population et perçoivent plus souvent le minimum  vieillesse qu’en moyenne en Limousin. Ce signe de fragilité potentielle se cumule avec l’éloignement des équipements et des services,  qui peut renforcer les situations d’isolement social.

À l’inverse, la Basse et la Moyenne Corrèze (hors Brive et Tulle) présentent dans l’ensemble les situations les plus favorables  du département au regard des indicateurs de précarité ou de fragilité des territoires, en particulier dans les espaces périurbains  de Brive et de Tulle. C’est dans ces territoires que les faibles revenus sont le moins fréquents, et que la proportion de bénéficiaires  d’un dispositif comme la CMU complémentaire est la plus faible. L’insertion dans l’emploi y est aussi plus élevée, comme en témoignent  des taux d’emploi plus forts qu’en moyenne départementale.

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LA HAUTE-VIENNE

En 2010, la Haute-Vienne compte 376 200 habitants, soit un Limousin sur deux. À elle seule, la commune de Limoges regroupe plus  d’un habitant du département sur trois. Les caractéristiques moyennes du département sont donc fortement influencées par le poids  de ce territoire urbain. Ainsi, la population haut-viennoise est globalement moins rurale et moins âgée que celle de Creuse ou de    Corrèze. Les personnes de 80 ans ou plus représentent 7,1 % de la population, contre 8,3 % en Corrèze et 9,5 % en Creuse.

Personnes âgées : moins de pauvreté qu’en Corrèze ou qu’en Creuse

En Haute-Vienne, la dispersion des niveaux de vie est comparable à celle des autres départements limousins ainsi qu’à celle  de la province. Avec 14,8 % de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la pauvreté monétaire est légèrement plus marquée qu’en France métropolitaine (14,1 %). Elle est davantage présente qu’en Corrèze mais moins qu’en Creuse. Si les personnes âgées  sont moins touchées par le phénomène que dans les deux autres départements, les jeunes le sont davantage. Ainsi, la Haute-Vienne  est le département limousin où la part des bénéficiaires du minimum vieillesse est la plus faible (avec la Corrèze), mais où  celle des bénéficiaire du RSA socle est la plus élevée.

Des situations de précarité inégalement réparties sur le territoire

Les situations de pauvreté et de précarité se répartissent inégalement dans les territoires hauts-viennois. Le canton de Limoges est  le plus concerné. Les faibles revenus y sont plus présents qu’ailleurs : les 10 % des Limougeauds les moins aisés déclarent des revenus  fiscaux annuels inférieurs à 3 200 euros par unité de consommation. C’est moitié moins qu’en Haute-Vienne pour cet indicateur. Dans le  canton de Limoges, les inégalités de revenus (avant redistribution) sont de loin les plus fortes de la région. La proportion de bénéficiaires  d’un minima social comme le RSA socle ou d’un dispositif destiné aux personnes à faibles ressources comme la CMU complémentaire y est presque deux fois plus importante qu’en Limousin. Le chômage est beaucoup plus élevé, et l’insertion dans l’emploi moins fréquente,  ce qu’illustrent des taux d’emploi plus faibles. Les situations de suroccupation des logements y sont plus fréquentes que dans  l’ensemble du département. Quoique moins touchés que le canton de Limoges, ceux de Bellac et de Saint-Junien sont également  plus exposés à la précarité que la moyenne départementale. Dans ces deux cantons, la proportion de bénéficiaires du RSA socle est plus élevée que la moyenne, les taux d’emplois sont plus faibles et le chômage davantage présent.

Une précarité davantage marquée au nord et au sud-ouest de la Haute-Vienne

Parmi les territoires qui cumulent des facteurs de précarité figurent aussi des cantons ruraux du nord, du sud-ouest et du sud-est  de la Haute-Vienne. Pour un ensemble d’indicateurs sociaux, ils se rapprochent des territoires les moins favorisés de Creuse. Les  revenus (avant redistribution) y sont parmi les plus faibles de Haute-Vienne. L’insertion dans l’emploi, appréhendée par le taux d’emploi et le chômage, est plus faible que dans l’ensemble du département. Ces territoires hébergent en outre davantage de  personnes âgées que la moyenne départementale. Localement, dans quelques cantons aux marges de la Haute-Vienne (Saint-Mathieu,  Châteauneuf-la-Forêt, Mézières-sur-Issoire), l’éloignement par rapport aux services et aux équipements peut renforcer l’isolement  social pour des personnes ayant des difficultés à se déplacer, pour des raisons physiques (personnes âgées) ou financières  (personnes à faible revenu).

Périurbain : des déplacements importants pour aller travailler

À l’opposé, les territoires périurbains de Limoges sont les plus épargnés par la pauvreté et la précarité. Les faibles revenus sont  plus rares, ce qui se traduit par moins de bénéficiaires du RSA socle et de la CMU complémentaire. La situation des résidents de ces  territoires vis-à-vis de l’emploi est plus favorable, avec moins de chômage et les taux d’emploi les plus élevés du département. Chez  les salariés, l’emploi est moins précaire, avec moins de travail à temps partiel ou de contrats courts. Si les habitants du périurbain  sont plus proches des équipements et des services qu’ailleurs, ils sont en revanche nombreux à parcourir une distance importante pour  se rendre sur leur lieu de travail, en particulier dans la deuxième couronne de l’agglomération de Limoges. Une augmentation des prix  des carburants pourrait donc fragiliser les ménages aux revenus les plus modestes.

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LA CREUSE

En 2010, la Creuse compte 123 000 habitants, soit un habitant du Limousin sur six. Le département a un caractère rural  très marqué. Sur 100 habitants, 78 % résident dans une commune rurale, c’est-à-dire qui n’appartient pas à une unité urbaine,  contre 45 % en Limousin et 23 % en France. Le département ne compte que 22 habitants par kilomètre carré, densité la plus  faible de France métropolitaine après la Lozère. La Creuse est aussi le département où les personnes âgées sont le plus présentes :  34 % des habitants ont 60 ans ou plus, contre 30 % en Limousin et 23 % en France métropolitaine.

Les actifs creusois sont moins fréquemment cadre ou profession intermédiaire que dans le reste de la région. A contrario les  agriculteurs et anciens agriculteurs sont plus présents. La Creuse détient après le Cantal la deuxième plus forte proportion  d’agriculteurs parmi les actifs : 11,2 %. Les agriculteurs creusois sont majoritairement tournés vers des productions actuellement  moins rémunératrices (élevage extensif bovin). Les salaires sont inférieurs à ceux de la France métropolitaine, pour toutes les catégories  socioprofessionnelles.

En Creuse, l’insertion dans l’emploi est plus faible qu’en Limousin. Le département est davantage touché par le chômage que  les autres départements limousins, en particulier la partie centre et sud-ouest, pour les jeunes comme pour leurs aînés.  Au deuxième trimestre 2013 le taux de chômage est de 10,6 % en Creuse soit 0,8 point au-dessus de celui du Limousin, et à  un niveau comparable à celui de la France métropolitaine. Un taux d’emploi inférieur de deux points à celui du Limousin se  conjugue, pour les salariés, avec des contrats de travail davantage à temps partiel.

Une pauvreté davantage marquée qu’en Corrèze ou qu’en Haute-Vienne

Ces éléments contribuent à expliquer que les revenus des Creusois soient généralement moins élevés et que les faibles  revenus soient davantage présents qu’en Limousin. Un Creusois sur dix a un niveau de vie annuel inférieur à 9 370 euros.  Ce seuil est de 8 % inférieur à ce qu’il est en Limousin.

La Creuse est le sixième département français où la pauvreté monétaire est la plus élevée. En 2010, près d’un Creusois sur cinq  (19,4 %) vit au dessous du seuil de pauvreté. Les personnes âgées sont autant touchées par la pauvreté que l’ensemble de la population,  alors qu’en France, elles sont moins souvent pauvres que les autres. C’est une particularité que l’on retrouve dans d’autres  départements notamment du Sud-Ouest et du Massif Central. Ainsi, 19,8 % des Creusois de plus de 65 ans vivent sous le seuil  de pauvreté contre 19,4 % de la population du département ; en province, 9,8 % des personnes de 65 ans ou plus vivent sous ce seuil,  contre 14,3 % pour l’ensemble de la population provinciale. La présence de nombreux agriculteurs parmi les générations les plus  âgées explique en partie ce constat. Reflétant la pauvreté monétaire, les proportions de bénéficiaires de minima sociaux comme le  RSA socle, de l’allocation spécifique de solidarité ou des prestations relevant du minimum vieillesse sont, dans les cantons de  Creuse, parmi les plus élevées de la région. Il en est de même pour les bénéficiaires d’un dispositif d’aide destiné aux personnes  à bas revenus comme la CMU complémentaire.

L’éloignement des services et des équipements dans certains territoires peut renforcer l’isolement

Au sein de la région, les territoires de Creuse se positionnent également plus défavorablement sur d’autres indicateurs  sociaux de précarité ou de fragilité. Dans presque tous les cantons, un logement occupé à titre de résidence principale sur  deux, voire deux logements sur trois ont plus de 50 ans, ce qui peut induire des dépenses de chauffage plus importantes.  Les territoires de l’est et du sud creusois font partie de ceux, en Limousin, où la part des logements présentant un signe  d’inconfort comme l’absence de salle de bains indépendante est la plus élevée. Enfin, conséquence d’une densité de population  faible et d’une population moins urbaine qu’en Corrèze ou en HauteVienne, les Creusois résident plus souvent loin des services,  hormis dans le quart nord-ouest du département, de Guéret à la Souterraine. Cet éloignement peut renforcer l’isolement social pour  des personnes ayant des difficultés pour se déplacer, pour des raisons physiques (personnes âgées) ou financières  (personnes à faible revenu).

Certains cantons présentent cependant un profil plus favorable. Les territoires périurbains de Guéret (cantons de Saint Vaury,  Guéret Nord, Guéret sud-est, et Guéret sud-ouest) sont ceux où les bénéficiaires du RSA socle et de la CMU complémentaire sont  proportionnellement les moins présents. Les faibles revenus y sont plus rares que dans le reste de la Creuse. Les résidents de  ces territoires sont mieux intégrés dans l’emploi qu’ailleurs, avec moins de chômage, des taux d’emploi plus élevés, et des contrats  de travail moins souvent précaires pour les salariés (moins de contrats courts et de temps partiels).

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