DONNEES ET ANALYSES

Mâcon, écartelée entre Dijon et Lyon

INSEE

 

À cheval entre les départements de la Saône-et-Loire et de l’Ain, la zone d’emploi de Mâcon se trouve au carrefour d’un réseau de communication efficient la reliant aux principales agglomérations voisines. Les rives de la Saône partagent ce territoire en deux paysages distincts. Les plaines de la Bresse à l’est font face à des reliefs plus marqués à l’ouest, flanqués du vignoble des monts du Mâconnais. En 2009, la zone d’emploi de Mâcon compte 141 400 habitants répartis sur 150 communes. Elle recouvre l’aire urbaine de Mâcon et s’étend à l’ouest et au nord en englobant les bassins de vie de Cluny et de Pont-de-Vaux. Le territoire se caractérise par une polarisation de sa population et de ses activités autour de Mâcon, seule commune de plus de 10 000 habitants (34 100 habitants)

 

Typologies des zones d’emploi du Centre-Est de la France

Typologies

 

Typologie des zones d’emploi

On différencie les 51 zones d’emploi des trois régions (Bourgogne, Rhône-Alpes, Auvergne) en six types de territoires. Cette typologie statistique repose sur 14 indicateurs qui caractérisent le fonctionnement de l’économie et de l’emploi : le poids des secteurs économiques, l’ampleur des déplacements, les modes de transport utilisés, la densité de la population et de l’emploi. On obtient ainsi six groupes homogènes de zones d’emploi :

– Les zones métropolitaines, autour des plus grands pôles économiques. Elles concentrent les emplois les plus qualifiés et les plus hauts revenus.

– Les zones autonomes, axées sur des pôles moins denses mais qui ont tout de même une « taille critique » qui leur autorise un fonctionnement économique propre. Tous les secteurs économiques y sont représentés, de manière équilibrée.

– Les zones dépendantes, qu’on retrouve aux alentours de Lyon, Clermont-Ferrand ou Dijon. Une part importante des actifs résidents de ces zones vont travailler dans les métropoles avoisinantes, en particulier les salariés qualifiés. La périurbanisation a entraîné une hausse démographique qui s’accompagne d’une croissance très forte des déplacements domicile-travail.

– Les zones frontalières, limitrophes de Genève, hébergent de nombreux travailleurs exerçant leur emploi en Suisse. Le revenu moyen des résidents y est élevé et l’économie est basée sur les services à la population.

– Les zones rurales, peu denses et éloignées des métropoles et axes de communication, ont de fait un fonctionnement autonome, mais dans un contexte économique fragile. La population y est vieillissante et les emplois souvent peu qualifiés.

– Enfin, les zones alpines se caractérisent par l’importance du tourisme, notamment hivernal, et l’abondance des résidences secondaires. L’économie y est tournée vers les activités présentielles.

Mâcon parmi les villes moyennes

Une classification s’appuyant sur des indicateurs de fonctionnement des territoires (cf. encadré) a été effectuée sur l’ensemble des 51 zones d’emploi des régions Auvergne, Bourgogne et Rhône-Alpes. Elle met en évidence plusieurs profils. Aux groupes particuliers des territoires alpins et frontaliers à la Suisse, quatre autres s’y ajoutent : les territoires métropolitains, ceux économiquement dépendants des principales villes situées à proximité, les territoires fonctionnant de manière autonome et ceux plus ruraux et moins densément peuplés.

La zone d’emploi de Mâcon fait partie du groupe des zones autonomes. Sur l’ensemble des trois régions, 18 autres zones d’emploi appartiennent à ce groupe. Il s’agit principalement de territoires centrés autour d’une ville de taille moyenne qui joue un rôle de poumon économique local : Auxerre dans l’Yonne, Nevers dans la Nièvre ou Aurillac dans le Cantal. Abritant souvent des préfectures de département, ces zones d’emploi se caractérisent, entre autres, par un marché du travail équilibré et un niveau de revenu plus faible que sur l’ensemble des trois régions. Elles se distinguent ainsi des zones d’emploi dépendantes, plus proches des pôles métropolitains où se concentre une forte activité économique (telles que Bourgoin-Jallieu ou Villefranche-sur-Saône sous l’influence de Lyon).

L’ensemble des zones d’emploi autonomes forme la « zone de référence », point de comparaison avec celle de Mâcon.

 

Peu de chômage et de précarité

L’autonomie de la zone d’emploi repose sur la bonne tenue de son économie. Les habitants bénéficient globalement de conditions de vie favorables. La précarité et les difficultés sociales y sont relativement peu intense.

Le taux de chômage est structurellement plus faible que dans la zone de référence. Celui-ci s’y est récemment stabilisé autour de 7 %. Pour autant, l’emploi des cadres et des professions intermédiaires s’est dégradé au cours de la dernière décennie.

Le territoire profite d’un dynamisme propre qui s’observe à travers le niveau et l’évolution positive des revenus perçus par les ménages résidents. En 2009, le revenu annuel moyen par foyer fiscal s’élève à 22 900 euros. Ce montant est supérieur à celui de la zone de comparaison (21 000). Il est aussi plus élevé que celui des zones dépendantes (22 400), lesquelles se caractérisent pourtant par des hauts revenus captés dans les grandes métropoles. Depuis 2006, les revenus de la zone d’emploi de Mâcon ont progressé de 4 %, une augmentation supérieure à celle enregistrée dans la zone de référence. C’est également mieux que l’ensemble des zones d’emploi dites « dépendantes » (+ 1,5 %), qui bénéficient comme Mâcon de l’arrivée de ménages aisés (cadres ou professions intermédiaires).

Pour les acteurs publics, le maintien d’emplois qualifiés au niveau local constitue un enjeu de préservation de l’attractivité et d’ancrage des nouveaux actifs au sein du territoire.

 

Un tissu productif diversifié

Avec une partie est qui mêle activités tertiaires et industrie et une partie ouest, plus isolée et davantage tournée vers l’agriculture, la zone d’emploi de Mâcon profite d’un réel équilibre sectoriel et d’une bonne orientation de son tissu productif. En 2009, le territoire compte 60 200 emplois, soit une progression de 15 % depuis 1999, deux fois plus importante que dans la zone de référence et équivalente à l’ensemble des zones d’emploi dépendantes.

Hormis Mâcon, le reste du territoire correspond à un paysage majoritairement rural, marqué par la prédominance des terres agricoles. Celles-ci représentent 71 % de la surface du sol (61 % pour la zone de référence). Le secteur de l’agriculture, dominé par la viticulture et l’élevage, regroupe 6 % de l’emploi total. Il participe à la diversité économique du territoire.

 

L’industrie se maintient

Dans l’industrie, l’emploi s’oriente avantageusement vers l’agro-alimentaire, secteur à la fois mieux orienté en tendance longue et moins sensible aux aléas de la conjoncture économique. Les nombreux établissements de ce secteur concentrent, avec 2 600 emplois, un quart de l’emploi industriel du territoire. De plus, l’activité de ces industries agro-alimentaires est diversifiée, à l’image des plus grandes entreprises comme Roland Monterrat à Feillens pour la fabrication de plats préparés, Bressor à Grièges pour les fromages, Palmi d’or à Trambly dans la filière avicole ou encore Granini pour les jus de fruits.

La fabrication d’équipements électriques est une autre spécificité du territoire ; elle rassemble 800 salariés, essentiellement ceux de l’établissement Schneider Electric basé à Mâcon. Par rapport à la zone de référence, les autres branches industrielles telles que la métallurgie ou la fabrication de caoutchouc-plastiques, plus fragiles et connaissant des pertes d’emplois tangibles, sont sous-représentées. Finalement, la zone d’emploi de Mâcon semble échapper au mouvement général de désindustrialisation. Depuis 1990, le niveau d’emploi dans l’industrie reste constant et proche des 10 000 salariés. Dans le même temps, la zone de référence connaît une baisse de l’emploi industriel de 22 %.

 

Le statut de préfecture profite aux services

Comme dans tout territoire attractif, le besoin de logements bénéficie au secteur de la construction. En dix ans, le bâtiment affiche une hausse de 41 % de ses effectifs pour atteindre près de 5 000 travailleurs en 2009. Dans la zone de référence, la croissance des emplois du secteur est plus modérée (+ 30 %).

Malgré son positionnement favorable et les 2 700 emplois présents dans le secteur du transport et de l’entreposage, la zone d’emploi de Mâcon n’est pas spécialisée dans les activités logistiques. Le secteur est deux fois moins important que dans la zone d’emploi de Chalon-sur-Saône, qui attire davantage de nouvelles entreprises (Amazon, pneus Massa).

Le statut de la ville de Mâcon, préfecture du département de Saône-et-Loire, permet au territoire de bénéficier de la présence complémentaire de l’administration publique. Ce secteur représente 14 % de l’emploi, soit 4 points de plus que dans la zone de référence. Ainsi, le secteur tertiaire se renforce d’une composante non marchande qui stabilise l’économie du territoire.

La préservation de la diversité sectorielle et la poursuite d’une politique stratégique de développement économique fondée sur les points forts du territoire reste un enjeu pour les décideurs locaux.

 

Accélération de la croissance démographique depuis 1999

Évolution de la population depuis 1962

Source : Insee, Recensements de la population

 

Les nouveaux arrivants, nouveau moteur démographique

Taux de variation annuel de 
 la population dans la zone d'emploi de Mâcon

Sources : Insee, Recensements de la population – État civil

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Un territoire devenu attractif

Le territoire de Mâcon est devenu attractif. L’arrivée de nouveaux habitants constitue un pilier de son développement. Depuis 1999, la zone d’emploi a gagné 11 700 habitants. Lors des deux décennies précédentes, le territoire avait connu une croissance bien moindre. Cette accélération s’explique à la fois par le maintien d’une contribution positive du solde naturel (+ 0,2 % par an) mais aussi et surtout par un excédent du solde migratoire (+ 0,6 % par an).

Entre 2003 et 2008, les nouveaux arrivants sont nombreux ; ils représentent 14 % de la population, une part supérieure à celle de la zone de référence (9 %). Sur cette période, le gain migratoire s’élève à 3 600 personnes. Cet excédent se caractérise par des flux importants tant du côté des entrées que des sorties, avec l’installation de 16 700 personnes et le départ de 13 100 autres. Les principaux mouvements s’effectuent avec les zones d’emploi voisines, notamment avec celles qui se situent en région Rhône-Alpes. Les soldes migratoires avec les zones d’emploi de Villefranche-sur-Saône et de Lyon sont les plus importants. À l’inverse, les migrations avec les zones d’emploi bourguignonnes, comme Chalon-sur-Saône et Dijon, restent plus équilibrées voire déficitaires.

Ce sont en premier lieu les jeunes qui quittent le territoire, afin de poursuivre leurs études. Avec un solde déficitaire de 1 200 jeunes, l’impact migratoire des jeunes âgés de 18 à 22 ans est particulièrement défavorable. Ces départs sont cependant largement compensés par l’arrivée de jeunes actifs âgés de 25 à 34 ans et de nombreuses familles avec enfant(s) à la recherche d’un meilleur cadre de vie et de logements moins onéreux. L’arrivée de ces jeunes ménages limite ainsi le vieillissement de la population mâconnaise. Ces nouveaux arrivants, souvent relativement aisés, contribuent à développer localement l’économie présentielle. Le nombre d’emplois tournés vers la satisfaction des besoins de la population présente continue de progresser ; le territoire offre près de 27 emplois de ce type pour 100 habitants en 2009.

Compte tenu des infrastructures routières et ferroviaires et de la proximité de l’aire métropolitaine lyonnaise, Mâcon attire des travailleurs qui habitent au sein du territoire et exercent leur métier en dehors. Le territoire reste toutefois plutôt autonome. Le taux de sortie des actifs occupés s’élève à 17 % ; c’est plus que dans la zone de référence (9 %), mais c’est bien inférieur au niveau que connaissent les quatre zones d’emploi « dépendantes » situées autour de Lyon (Villefranche-sur-Saône, Ambérieu-en-Bugey, Bourgoin-Jallieu et Vienne-Roussillon) où le taux de sortie des actifs occupés s’élève à 35 %.

Les sortants se dirigent principalement vers les zones d’emploi rhônalpines voisines. Villefranche-sur-Saône, Bourg-en-Bresse et Lyon accueillent ainsi près des deux tiers d’entre eux. Les échanges sont parfaitement équilibrés avec la zone d’emploi de Villefranche-sur-Saône. À l’inverse, le solde d’actifs est négatif avec la zone d’emploi de Bourg-en-Bresse (- 700 travailleurs) et plus encore avec celle de Lyon (- 1 300 travailleurs).

 

Un territoire spécialisé dans l’agro-alimentaire

Spécificité du tissu productif de la zone d'emploi de Mâcon par rapport à la zone de référence en 2010

Source : Insee, Clap 2010 (champ complet hors défense).

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Le logement pavillonnaire se développe

En 2009, la zone d’emploi de Mâcon compte 70 900 logements dont 60 800 résidences principales. Sur la période 1999-2009, le nombre de résidences principales a connu une évolution de + 15 % contre + 10 % pour la zone de référence.

Cette évolution se caractérise notamment par une construction soutenue de logements pavillonnaires. Entre 1999 et 2011, 9 800 maisons individuelles ont été construites sur un total de 13 000 logements mis à disposition. La large ressource foncière disponible (surtout à l’est de la zone) permet le développement de ce type d’habitat, lequel représente aujourd’hui les deux tiers des résidences principales. Les communes situées aux alentours de Mâcon, à l’image de Replonges, Feillens ou Bâgé-la-Ville dans l’Ain, présentent un habitat dispersé ; on y trouve de nombreux hameaux et lieux-dits. Le phénomène de mitage est présent sur le territoire ; il est la conséquence d’une maîtrise de l’étalement périurbain rendue plus difficile face à l’afflux de population.

Dans ce contexte, plus de 6 ménages sur 10 (61 %) sont propriétaires de leur résidence. Le parc locatif privé compte 12 900 logements, ce qui représente depuis 1999 une augmentation de + 19 % contre + 7 % dans la zone de référence. Cela confirme l’attractivité à l’égard des jeunes ménages. Le parc locatif social, avec ses 8 700 logements, croît plus modérément (+ 300 logements depuis 1999).

Le développement d’une offre en matière d’habitat et de conditions de logement qui réponde aux besoins des nouvelles populations constitue ainsi un enjeu principal. Ce développement passe également par la prise en compte de la préservation des ressources foncières. L’abondance de terrain est le moteur de l’attractivité résidentielle mais c’est une ressource limitée.

 

Les services à la population sont concentrés à Mâcon

La zone d’emploi de Mâcon offre tous les services et équipements classiques d’un territoire de ville moyenne, mais ils sont inégalement répartis. Mâcon est ainsi le seul pôle de services supérieur du territoire. Quatre autres communes sont pôles de services intermédiaires : Charnay-lès-Mâcon, Crêches-sur-Saône, Pont-de-Vaux et Cluny. Plus éloignés de Mâcon, ces deux dernières communes animent chacune un bassin de vie et permettent de réduire sensiblement les temps d’accès aux équipements et services de la gamme intermédiaire (supermarché, gendarmerie, service d’aide aux personnes âgées). La dépendance vis-à-vis de ces quelques communes est forte puisqu’un tiers de la population de la zone d’emploi vit dans une commune non pôle de services, c’est-à-dire proposant une palette limitée de services de proximité. Pour autant, et grâce à la présence d’importants axes routiers (A40 et Route Centre Europe Atlantique d’est en ouest, D906/D306 et A6 du nord au sud), la plupart des temps d’accès aux différents équipements sont minimes. L’utilisation d’un véhicule facilite les déplacements sur le territoire et un peu moins de 20 minutes en moyenne sont nécessaires pour accéder à l’un des équipements de la gamme supérieure. Même si, dans un contexte de renchérissement du coût de l’énergie, cette dépendance à la voiture peut être considérée comme un facteur de fragilité.

Avec un peu plus de 200 salles ou terrains dédiés à la pratique sportive, le territoire bénéficie d’un bon niveau d’équipements dans ce domaine. À l’inverse, l’offre de soins de premiers recours (chirurgiens-dentistes ou masseurs-kinésithérapeutes) est plus faible que dans la zone de référence. La question de l’accessibilité aux services se pose surtout pour les personnes âgées, plus nombreuses à l’ouest du territoire.

 

Avec ses 4 700 entreprises et ses 32 100 emplois, l’unité urbaine de Mâcon constitue le quatrième pôle d’emploi de la région Bourgogne, après Dijon, Chalon-sur-Saône et Nevers. Chaque jour, 12 000 actifs viennent y travailler, la plupart en provenance de communes proches où ils résident. La zone d’influence de Mâcon, appelée aire urbaine, s’étend ainsi de part et d’autre de la Saône, et compte près de 100 000 habitants.

Cette aire urbaine de Mâcon entretient de nombreuses relations avec d’autres communes ou d’autres aires urbaines plus ou moins proches, plus ou moins grandes, que ce soit par le biais des déplacements quotidiens d’actifs entre leur domicile et leur lieu de travail, des liens économiques entre les établissements et leur siège ou encore des migrations d’étudiants. Ces relations sont autant d’opportunités de coopération et d’insertion dans des réseaux de villes.

 

Mâcon au sein d’un réseau de nombreuses aires urbaines

carte

 

Des déplacements domicile-travail proches ou lointains

Les nombreuses voies de communication (autoroutes, réseau SNCF TER et TGV, réseau fluvial) qui traversent l’aire urbaine d’est en ouest ou du nord au sud facilitent les relations avec l’extérieur et en premier lieu les déplacements domicile-travail.

Un quart des actifs du Mâconnais, soit 8 800 personnes, travaillent en dehors de l’aire urbaine. La plupart font de courts trajets et se rendent dans les pôles d’emploi proches. Les déplacements domicile-travail dessinent ainsi des espaces de coopérations entre Mâcon et Chalon-sur-Saône (500 entrées et 500 sorties), Cluny (300 entrées et 400 sorties) ou encore Tournus (200 entrées et 200 sorties).

 

Lyon : destination pour un quart des actifs « mobiles »

Pour d’autres actifs, la destination est plus lointaine. Ainsi 2 100, soit un quart des actifs « mobiles » c’est-à-dire travaillant à l’extérieur de l’aire urbaine mâconnaise, se rendent dans celle de Lyon, principalement au cœur de l’agglomération. De fait, ils utilisent souvent les transports en commun pour effectuer ce trajet quotidien (44 %).Trois actifs mobiles sur dix sont des cadres, une part supérieure à celle qu’ils occupent au sein de la population active de l’aire mâconnaise (12 %). Lyon offre en effet beaucoup d’emploi qualifiés. Les professions intermédiaires sont également sur-représentées parmi ces « navetteurs ».

Une minorité de ces actifs navetteurs, 300, résidaient auparavant à Lyon et sont venus s’installer dans le Mâconnais. Le desserrement de Lyon alimente ainsi une petite partie des déplacements d’actifs.

En sens inverse, Mâcon offre aussi des emplois à des actifs de l’aire urbaine de Lyon (1 400), résidant souvent au nord, vers Villefranche-sur-Saône, et effectuant leur trajet en voiture.

 

Bourg-en-Bresse : des échanges croisés

Bourg-en-Bresse est une autre destination privilégiée où se rendent 1 400 actifs mâconnais. Près des trois quarts d’entre eux résident à l’est de Mâcon, dans la plaine, et n’ont donc pas à traverser la Saône pour se rendre à Bourg-en-Bresse. Ce sont surtout des ouvriers et/ou des personnes peu diplômées. En sens inverse, 1 000 actifs de Bourg-en-Bresse viennent travailler dans l’aire mâconnaise.

Ces déplacements croisés d’actifs sont favorisés par la complémentarité des activités économiques de Mâcon et de Bourg-en-Bresse. À Mâcon sont très présents l’agriculture avec la filière viticole, l’industrie agroalimentaire, la fabrication d’équipements électriques, de machines et d’équipements et dans une moindre mesure les transports et l’entreposage. À Bourg-en-Bresse, l’économie locale repose aussi sur l’agroalimentaire ainsi que sur la fabrication de matériels de transport, les activités pour la santé humaine et l’hébergement social et médico-social.

Des déplacements domicile-travail en forte hausse

carte

Échanges quotidiens d’actifs entre l’aire
  urbaine de Mâcon et l’aire urbaine de Lyon

Échanges quotidiens d’actifs entre
  l’aire urbaine de Mâcon et l'aire urbaine de Bourg-en-Bresse

Sources : Insee, Recensement de la population 1968 à 2008 exploitations complémentaires.

 

Dijon, lointaine capitale régionale

Avec Dijon, les navettes domicile-travail sont plus limitées. Elles concernent une centaine d’actifs dans un sens comme dans l’autre, un faible niveau qui s’explique par l’éloignement géographique. Dijon se situe en effet à 125 km de Mâcon, soit un trajet aller de l’ordre de 1h15 par la route ou le rail. Des liens réguliers et ponctuels existent cependant au sein des administrations publiques dont les directions se situent dans la capitale bourguignonne.

Au cours du temps, les trajets domicile-travail se sont intensifiés. En 25 ans, ils ont ainsi été multipliés par trois en direction de Lyon et par quatre vers Bourg-en-Bresse. Le Mâconnais, comme de nombreux autres territoires, doit ainsi prendre en charge ces questions de mobilité dans un contexte visant à réduire les émissions de CO2. Le cadencement du TER visant à encourager l’utilisation des transports en commun est un exemple de réponse apportée par par les pouvoirs publics en ce domaine.

 

Installation de Lyonnais

Comme pour de nombreux territoires, de nombreux jeunes quittent le Mâconnais au moment des études ou du premier emploi ; à l’inverse des familles, des actifs et quelques retraités viennent s’y installer. À ce jeu des migrations, l’aire urbaine de Mâcon gagne des habitants. En particulier, le desserrement de Lyon lui fait gagner 500 personnes avec l’installation de 2 400 Lyonnais, surtout des familles, venus entre 2004 et 2008, et les départs vers Lyon de 1 900 personnes, dont un tiers est étudiant. De même avec l’Île-de-France, Mâcon gagne 400 habitants. Cette attractivité résidentielle est un enjeu pour le Mâconnais qui doit développer son offre de logement tout en favorisant une utilisation raisonnable du foncier disponible.

 

Arrivée d’actifs, départs de jeunes vers Lyon

Échanges migratoires de l'aire urbaine de
 Mâcon avec celle de Lyon entre 2004 et 2008

Source : Insee, Recensement de la population 2008 exploitation complémentaire.

 

Mobilité des étudiants : entre Lyon et Dijon

Pour les jeunes Mâconnais qui ne poursuivent pas sur place leurs études supérieures, le pôle de Lyon est très attractif avec ses quelques 170 établissements d’enseignement supérieur et ses 18 lycées dotés de classes préparatoires aux grandes écoles. Ainsi en 2008, près de 600 jeunes originaires de Mâcon poursuivent leurs études à Lyon. Près de 300 autres étudient à Dijon qui présente une offre de formation supérieure plus limitée que celle de Lyon mais peut jouer la carte du logement avec un parc moins onéreux.

Des coopérations avec les universités de Lyon ou de Dijon existent et pourraient encore se développer autour de projets de formation communs ou complémentaires.

Mâcon dispose actuellement de plusieurs établissements d’enseignement supérieur, relevant de l’une ou de l’autre université : université de droit (préparant à deux masters professionnels), IUT (préparant à la licence de Manager technico-commercial en PME-PMI) et une école d’ingénieur tournée vers les nouvelles technologies de l’information et de la communication (Supinfo). Ces établissements accueillent 1 600 étudiants dont une centaine originaires de Lyon.

 

Dépendance économique vis-à-vis de Paris

omme pour toutes les villes de la métropole, l’activité économique de Mâcon relève en partie d’entreprises dont le siège social se situe en Île-de-France. Ainsi 137 établissements du Mâconnais dépendent de centres de décision situés dans l’aire francilienne. Ils comptent près de 2 800 emplois, soit 13 % des emplois salariés marchands non agricoles du territoire. Le secteur des transports est très concerné avec Kuehne & Nagel, la SNCF, La Poste, Chronopost. Vient ensuite la fabrication d’équipements électriques (Alstom).

Par comparaison, la dépendance économique du Mâconnais vis-à-vis de Lyon est faible (4 % des emplois). Elle est surtout marquée dans les activités financières et les assurances du fait de la présence d’établissements relevant de Groupama, du Crédit Lyonnais ou du Crédit agricole.

 

Forte dépendance économique vis-à-vis de Paris

Emplois en ETP du Mâconnais dépendants d’un siège externe situé*
dans l’aire urbaine de Ailleurs Ensemble
Paris Lyon Dijon
* ETP : équivalent temps plein.
Champ : salarié non agricole hors administrations publiques
Sources : Insee, Clap – Lifi (enquête « Liaisons financières ») 2010.
2 789 696 370 3 402 7 257
Ensemble (en %) dont 100 100 100 100 100
Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles 13 14 16 42 27
Transports et entreposage 31 5 25 5 16
Fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques, fabrication de machines 25 0 0 11 15
Activités financières et d’assurance 4 45 26 2 8
Construction 1 14 29 6 6

 

Se faire soigner à Lyon

La très grande majorité (80 %) des Mâconnais hospitalisés se font soigner dans l’un des deux établissements de Mâcon. Cependant, Lyon grand pôle hospitalier accueille chaque année quelque 3 000 patients de Mâcon. Les deux tiers des Mâconnais hospitalisés à l’extérieur sont ainsi pris en charge dans l’un des 41 hôpitaux ou cliniques de l’agglomération lyonnaise, dont les spécialités sont parfois très réputées comme la cancérologie, la cardiologie et la pédiatrie médicale. Mâcon et Lyon pourraient être amenées à coopérer dans le cadre des plans locaux de santé publique.

En tant que siège du centre hospitalier régional, Dijon accueille aussi des patients de Mâcon, moins de 300 personnes par an.

 

Mâcon, parmi les « voisins » de Lyon

Saint-Étienne, Vienne, Bourg-en Bresse, Bourgoin-Jallieu, Villefranche-sur-Saône, Roanne et bien sûr Mâcon, toutes ces agglomérations sont situées à proximité de Lyon et sont plus ou moins connectées avec elle.

Dans le cas de Villefranche-sur-Saône et de Bourgoin-Jallieu, les liens domicile-travail sont intenses et ces deux villes sont désormais intégrées à l’aire urbaine lyonnaise. Leurs relations à Lyon sont aussi très fréquentes en termes de migrations de population, d’étudiants ou d’hospitalisation de patients.

Vienne, Saint-Étienne et Bourg-en-Bresse entretiennent de fortes relations avec Lyon : les échanges de population, les navettes domicile-travail, ou encore les migrations d’étudiants sont facilités par les voies de communication routières et ferroviaires.

Par comparaison, l‘influence de Lyon est moins marquée dans le Mâconnais. Elle l’est encore moins dans l’aire urbaine de Roanne où la situation pourrait toutefois évoluer avec l’ouverture récente d’une portion autoroutière entre Roanne et Lyon.

Poids de l’aire urbaine de Lyon dans les liens des aires urbaines avec l’extérieur*

Migrations résidentielles

Navettes domicile-travail

Lecture : 18 % des nouveaux habitants arrivant dans l’aire urbaine de Mâcon (migrations résidentielles entrantes) viennent de l’aire urbaine de Lyon et 16 % des départs de population de l’aire urbaine de Mâcon (migrations résidentielles sortantes) se font en direction de l’aire urbaine de Lyon.

* Flux entrants (resp. sortants) : poids des Lyonnais dans le flux entrant dans (resp. sortant de) l’aire urbaine considérée.

** Migrations entre le lieu de domicile en 2008 et celui déclaré 5 ans plutôt.

*** Ces villes sont désormais incluses dans l’aire urbaine de Lyon. Les aires urbaines de Bourgoin et Villefranche sont prises ici dans leur définition de 1999 et on étudie leur lien avec le reste de l’aire urbaine de Lyon dans sa définition actuelle.

Sources : Insee, Recensements de la population 2008 et 2009 exploitations principales.

Aire urbaine : ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

 

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