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Sotchi, nouvelle capitale du ski russe

NOUVEL OBSERVATEUR

Stuée entre la mer Noire et les montagnes du Caucase, Sotchi a toujours été une station balnéaire prisée par l’aristocratie Russe. Elle est en passe de devenir un haut lieu de sports d’hiver.

A moins d’un mois du début des jeux olympiques (du 6 au 23 février 2014) Sotchi, réputée pour son bord de mer, termine sa complète mutation en se mettant en mode hiver. Son ambition: devenir une station de ski international. Mais avant d’y parvenir, elle devra se rendre plus facile d’accès, tant sur la logistique que sur l’acquisition d’autres langues que le russe.

C’est le 4 juillet 2007 que Sotchi, à la surprise générale, est sorti du silence en obtenant l’organisation des jeux olympiques d’hiver de 2014. Si la station balnéaire du bord de la Mer noire est réputée en Russie, les montagnes environnantes n’ont jamais fait l’objet d’exploitation touristique d’envergure. C’est donc un énorme défi à plus de 30 milliards de dollars que se sont fixées les autorités russes afin de réussir les jeux : pérenniser les infrastructures olympiques et attirer des millions de touristes.

Un chantier pharaonique

Grues, camions, bulldozers et même hélicoptères sculptent des hauteurs de la ville. Près de 55.000 ouvriers travaillent jour et nuit afin de construire les quatre stations de Krasnaïa Poliana (à 60 kilomètre de Sotchi) où se dérouleront la plupart des épreuves olympiques. Le Français Jean-Marc Farini, détaché par la Compagnie des Alpes pour manager le domaine skiable de Rosa Khutor, résume parfaitement la prouesse accomplie à Sotchi. « Les stations françaises ont mis une vingtaine d’années avant d’arriver à un bon niveau d’efficacité, nous sommes ici pour mettre cette station au niveau européen en trois ans ».

Dans les montagnes de Sotchi culminant à 1.820 mètres, il a fallu créer toutes les infrastructures routières et ferroviaires d’accès. 80 kilomètres de pistes de ski, un immense hall pour la cérémonie d’ouvertures et clôture, l’ensemble du parc immobilier, hôtels, villages Olympique, etc. Le tout s’étale sur près de 2.000 hectares.

Il a fallu aussi s’assurer de la qualité et de la quantité d’enneigement. Les championnats de Russie de ski qui ont eu lieu en 2011 ont servi de répétition générale.

La Courchevel russe n’est pas pour demain

Entourées par les stations déjà existantes de Gasprom, Karoussel et Alpika Service, les autorités russes ont surtout misé sur l’après JO pour Sotchi. Elles souhaitent que cette station, chère au cœur de Vladimir Poutine, devienne la Courchevel russe. S’il est probable que les familles fortunées du pays viennent nombreuses dévaler les pentes de la région, rien est moins sûr pour la clientèle internationale. Aucun vol direct, peu de gens parlent, à ce jour, une langue autre que le russe ce qui n’est pas sans poser de problème dans tous les domaines. La future capitale du ski russe devra donc se battre pour séduire de nouveaux visiteurs étrangers sans quoi Sotchi retombera dans l’oubli.

Site officiel des Jeux olympiques de Sotchi :

http://www.sochi2014.com/

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by Lucie Wolner

Qui n’a jamais rêvé de skier sur des pistes olympiques quasi vierges ? C’est possible à Sotchi, ville russe située entre la mer Noire et les montagnes du Caucase. Depuis qu’elle a obtenu l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2014, cette petite station balnéaire historique est en passe de devenir un haut lieu du tourisme hivernal.

Les reflets argentés de la mer Noire et les sommets enneigés du Caucase sont chantés dans toute la Russie, de Vladivostok à Mourmansk en passant par Saint-Pétersbourg. Sotchi tient une place spéciale dans le cœur des Russes. Au cours des siècles, ses plages de galets ont vu passer l’aristocratie puis les travailleurs méritants de l’Union soviétique. Sotchi était alors assimilée aux jours heureux et insouciants des vacances. On venait se refaire une santé dans les sanatoriums à l’architecture néoclassique au milieu de parcs à la végétation luxuriante. Peu avant la chute de l’URSS en 1991, la ville sombre dans l’oubli. Les rides du temps se dessinent sur les bâtiments pompeux qui font alors penser à des palais italiens aux fastes révolus. Une ambiance de « fête terminée » plane sur la ville. Le 4 juillet 2007, grâce au baiser d’un tsar sur la joue de sa belle au bois dormant, Sotchi sort de son long sommeil. Le président en place, Vladimir Poutine, s’investit personnellement et séduit le Comité international olympique : Sotchi organisera les Jeux olympiques d’Hiver de 2014.
CHANTIER TITANESQUE
Aux yeux du monde, cette victoire est une surprise : Sotchi a bien les promesses d’une belle station balnéaire, mais rien côté montagne. Tout juste sait-on qu’elle se trouve à l’entrée des monts Caucasiens. Aujourd’hui, on découvre ses sommets à une soixantaine de kilomètres du centre-ville, au bout d’une heure trente à trois heures de route, selon les embouteillages liés aux chantiers et le passage d’officiels. Les investissements sont colossaux : on parle de 30 milliards de dollars (contre les 10 milliards de dollars prévus). Plus de 55 000 ouvriers travailleraient sur les différents chantiers. Des grues, des bulldozers, des camions et des hélicoptères façonnent le paysage sous les yeux ahuris du visiteur qui aperçoit les quatre stations de Krasnaya Polyana. Elles feraient pâlir d’envie nos stations alpines !
STATIONS DE POINTE
« Les stations françaises ont mis une vingtaine d’années à arriver à un bon niveau d’efficacité », avance le Français Jean-Marc Farini, manager général du domaine skiable de Rosa Khutor et détaché de la Compagnie des Alpes dans le cadre d’un partenariat. « Nous sommes ici pour mettre cette station à un niveau européen en trois ans », poursuit-il. C’est un challenge. Tout est créé de A à Z, des pistes au parc immobilier en passant par les cabines flambant neuves. Toutes les compétitions de ski de descente se dérouleront sur les 9 kilomètres de pistes olympiques lors des Jeux de 2014. « Le projet est porté et surveillé par le gouvernement russe. Nous n’avons pas droit à l’erreur », finit Jean-Marc Farini. La station s’étale sur 1 820 hectares et comptera au total plus de 80 kilomètres de pistes entre 575 et 2 320 mètres d’altitude – la moyenne étant 1 745 mètres. En février 2011, les premiers tests étaient concluants : Rosa Khutor accueillait déjà les championnats d’Europe et de Russie de ski. La neige était, dit-on, bonne, légère et abondante grâce à l’exposition nord et nord-est du domaine.
ACTIVITÉ DÉBORDANTE
Plus bas, la station Gazprom fonctionne aussi. Elle offre un large parc hôtelier, où figure le très chic Grand Hotel Polyana, au style de chalet suisse. Les magasins du centre commercial étalent de riches vitrines dont celles de Bosco, le sponsor officiel des Jeux olympiques et des athlètes russes. Les doudounes rouge et blanche sont à l’honneur. À côté de la station Alpika Service, Karoussel est la plus démesurée. Elle déroule un Escalator entre deux niveaux, au milieu des pistes. Le bâtiment des cabines de remontées mécaniques, au sommet, ressemble à un énorme wagon de métro en équilibre. Partout, on peut louer des skis ou des snowboards, voire faire de l’héliski. Le plus grand luxe ? Skier sur des pistes presque vides !
SPTCHI CÔTÉ MER
En arrivant au pimpant aéroport international d’Adler, on pourra bientôt filer directement en train au pied des pistes en 25 minutes (contre 40 par la route aujourd’hui) ou choisir d’aller voir la mer. Pour cela, il faudra d’abord passer devant la datcha de Staline. Cette villa camouflage se drape d’un vert sombre et triste au milieu des pins. Le dictateur tremblait pour sa sécurité. Lors de la visite, on apprendra tout des caches-serrures ou des grands accoudoirs destinés à le protéger des balles. L’ensemble est resté dans son jus, de la belle marqueterie aux lourds rideaux. La guide, dévouée mais peu objective, offre aux visiteurs le lit de Staline : la datcha a été transformée en hôtel plutôt confortable si l’on ne craint pas le fantôme du dictateur. Mais c’est sans doute lui qui ferait les plus gros cauchemars. Tout autour, dans sa jolie forêt, des immeubles ultra-modernes et design poussent pour accueillir la jet-set. Ironie de l’histoire. Il faudra ensuite continuer sur la longue et sinueuse Kourortny Prospect bordée de ces fameux sanatoriums aux noms d’hier : « Avant-garde » ou « Métallurgie ». Ne pas hésiter à pousser la porte et déjouer le regard des réceptionnistes pour découvrir l’architecture vieillotte où les pièces communes ressemblent à des salles de bal.
PROMENADE DES ANGLAIS
La route mène au port qui sommeille d’un air provincial en hiver. Quelques pêcheurs se détachent de la mer huileuse. Là, le Français Martial Simoneau a monté, avec son fils Bastien, le restaurant Brigantin. On y mange de la bouillabaisse et on y parle français comme au Napoléon, leur petit salon de thé. Le gratin local s’y retrouve avant de sortir au London Bar où les poupées russes exhibent les plus belles jambes de la ville sur du 15 centimètres. L’été, l’ambiance change. Le London Bar se fait rafler la vedette par le Platforma au milieu de la « Promenade des Anglais » locale où babouchkas en robes à fleurs et filles lianes en bikini se promènent nonchalamment. Au-dessus des flots, ce club ressemble à une plateforme pétrolière offshore. Comble du luxe ou du kitsch, des sirènes nagent sous le sol en verre… À moins de deux heures en avion de la capitale, Sotchi est devenue la banlieue chic de Moscou. On y va pour la mer et la montagne. L’oligarque Oleg Deripaska était l’un des premiers à lancer la mode avec son club privé, Rodina, devenu entre-temps un hôtel de luxe. À défaut d’y dormir, il est possible d’y déjeuner. Le coup d’œil sur la bibliothèque vaut la peine : c’est ici que le contrat des Jeux olympiques aurait été signé. Historique, en somme.

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