PATRIMOINE FRANÇAIS

Cathédrales de France / Sainte Croix d’Orléans : Les Bourbons et Jehanne

Sainte Croix d’Orléans : Les Bourbons et Jehanne

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crédit photos : Dominique Milliez

La fondation de Sainte-Croix

La pre­mière église fut édi­fiée vers 330 dans l’angle nord-est de la ville for­ti­fiée alors ap­pe­lée Aurelianum. Elle doit son vo­cable à saint Euverte, son fon­da­teur. En effet, c’est à cette époque que la Croix du Christ fut dé­cou­verte à Jé­ru­sa­lem par sainte Hélène, mère de l’empereur ro­main Constantin Ier. Un mor­ceau de cette « Vraie Croix » fut conser­vé comme re­lique dans la ca­thé­drale. Saint Aignan, évêque suc­ces­seur de saint Eu­verte, ter­mine l’édifice et c’est l’architecte Mé­lius qui en sur­élève l’abside et le chœur vers 450.

La fin de l’église Sainte-Croix

Les Nor­mands pillèrent l’église en 865, mais ne purent la brû­ler. Les rois ca­ro­lin­giens Carloman et Ar­nulph la re­cons­trui­sirent en 883.

En 989, un grand in­cen­die dé­trui­sit une par­tie de la ville, y com­pris Sainte Croix.

Sainte-Croix, cathédrale romane

Au XIe siècle, l’église ca­thé­drale Saint-Étienne de­vient trop exi­guë pour res­ter la prin­ci­pale église du diocèse d’Orléans. L’église Sainte-Croix est alors éle­vée au rang de ca­thé­drale. Les bâ­ti­ments du cha­pitre sont re­grou­pés au sud et à l’est de la ca­thé­drale ac­tuelle.

L’hérésie d’Orléans dé­crite par plu­sieurs textes et chroniques médiévales est une hé­ré­sie sa­vante qui touche en 1022 une dou­zaine des plus éru­dits parmi les chanoines de la ca­thé­drale Sainte-Croix, liés no­tam­ment à l’entourage de la reine Constance d’Arles. Ces der­niers sont brû­lés comme hérétiques sur ordre du roi capétien Robert le Pieux. Il s’agit du pre­mier bûcher de la chrétienté mé­dié­vale.

L’évêque Arnoul II en­tre­prend la re­cons­truc­tion de l’église afin de doter Or­léans d’une ca­thé­drale digne de son rang. Cet édi­fice roman, ache­vé au XIIe siècle, fut l’une des ca­thé­drales les plus vastes de France : elle comp­tait des doubles col­la­té­raux, un chœur sur­mon­tant une crypte, un dé­am­bu­la­toire agré­men­té d’alvéoles, et une belle fa­çade ap­puyée par deux tours. Mais, construite sans doute trop ra­pi­de­ment, elle me­na­ça ruine au bout de 200 ans et s’effondra en par­tie en 1227.

Le renouveau gothique

En 1278, l’évêque Robert de Courtenay, arrière-petit-fils du roi de France Louis le Gros, dé­cida, au lieu de res­tau­rer l’édifice en ruine, d’édifier une autre église dans le style nou­veau qui fleu­ris­sait alors en France. Mais contraint de suivre le roi Saint Louis en Terre Sainte, il lègue le soin de pour­suivre et d’achever les tra­vaux à son ami l’évêque Gilles Pas­té, son suc­ces­seur. Celui-ci pose la pre­mière pierre du nou­vel édi­ficegothique le 11 sep­tembre 1288. Comme le veut l’usage, c’est par le chœur que les tra­vaux com­men­ce­ront, pour finir par la nef. Les an­ciennes tours ro­manes de la fa­çade oc­ci­den­tale, ainsi que les travées de la nef non rui­nées, se­ront conser­vées.

À son achè­ve­ment, la nou­velle ca­thé­drale com­por­tait un chœur gothique sou­tenu par de ma­gni­fiques arcs-boutants. Ce chœur fut com­plé­té par des chapelles absidiales à la fin du XIIIe siècle et par des cha­pelles la­té­rales au cours du XIVe siècle.

La ca­thé­drale passe sans heurts la Guerre de Cent Ans, y com­pris le siège d’Orléans levé grâce à Jeanne d’Arc le 8 mai 1429.

En 1512, une grosse boule do­rée sur­mon­tée d’une croix est his­sée sur le clo­cher qui vient d’être éle­vé au-dessus de la croisée des transepts. Dans les an­nées qui suivent, le rac­cord avec les tran­septs ro­mans est terminé ; quatre tra­vées neuves per­mettent à la nef d’atteindre le por­tail qui s’encastre entre ses deux vieilles tours.

La destruction par les huguenots

En 1567, dé­bute la deuxième guerre de re­li­gion et Or­léans, plus qu’à moi­tié ac­quise à leur cause, passe aux mains des pro­tes­tants qui s’acharnent bien­tôt sur les églises. Dé­plo­rant ces ex­cès, le Prince de Condé, à la tête des pro­tes­tants, fait murer les ou­ver­tures de la ca­thé­drale pour évi­ter de nou­veaux sac­cages. Ce­pen­dant, un petit groupe de hu­gue­nots fa­na­tiques, dé­çus de voir Condé prêt à trai­ter avec les ca­tho­liques, s’introduit dans la ca­thé­drale dans la nuit du 23 au 24 mars 1568 et fait sau­ter les quatre pi­liers de la croi­sée des tran­septs. Les pi­liers s’effondrent, en­traî­nant le clo­cher, la sphère de cuivre le sur­mon­tant, les voûtes du chœur, et la nef. Seules res­tent in­tactes les cha­pelles ab­si­diales rayon­nant au­tour du chœur, ainsi que les deux pre­mières tra­vées de la grande nef. Des tra­vaux de dé­blaie­ment et d’aménagement pro­vi­soires se­ront ef­fec­tués rapidement.

Le 2 juillet 1598, le roi Henri IV re­vient de Bre­tagne, après avoir si­gné l’Édit de Nantes qui va mettre fin aux guerres de re­li­gion. À Or­léans, il pro­met de lan­cer, aux frais de l’État, la re­cons­truc­tion de la ca­thé­drale. Il scelle la pre­mière pierre le 18 avril 1601. Une plaque est alors ap­po­sée sur un des pi­liers sub­sis­tants.

La reconstruction : la cathédrale des Bourbons

Le 18 avril 1601, le roi et la reine Marie de Médicis po­sèrent la pre­mière pierre du nou­vel édi­fice. Le chœur est ter­mi­né en 1623.

En 1627, on jette les fon­da­tions du transept qui sera ache­vé en 1636.

Le tran­sept nord est ache­vé en 1643, et le tran­sept sud en 1690. La marque du Roi Soleil ap­pa­raît en in­tro­dui­sant une part de clas­si­cisme dans l’édifice de style go­thique flam­boyant. Son por­trait et sa de­viseNec plu­ri­bus impar fi­gurent éga­le­ment, avec la date d’achèvement de1679, au centre de la ro­sace si­tuée au-dessus du por­tail du tran­sept sud. La de­vise peut se tra­duire par : « Il suf­fi­rait à [gou­ver­ner] plu­sieurs [royaumes] ».

L’architecte Étienne Martellange y œuvra au XVIIe siècle, suc­cé­dé au XVIIIe siècle par Jacques V Gabriel qui créa les stalles et la clô­ture du chœur et Louis-François Trouard.

En 1739, com­mence l’édification du por­tail oc­ci­den­tal sur­mon­té des deux tours, pro­lon­ge­ment de la grande nef. La vieille fa­çade ro­mane, qui a sur­vécu à toutes les des­truc­tions est dé­mo­lie. La fa­çade, jusqu’à la base des tours, est ter­mi­née en 1773. Les deux pre­miers étages des tours sont construits du­rant les dix an­nées sui­vantes, alors qu’il faut ren­for­cer le por­tail qui me­nace de s’effondrer.

La Révolution sus­pend les tra­vaux, il ne manque à l’édifice go­thique que ses deux tours.

On ne re­prend les tra­vaux qu’en 1817. Le roi Charles X inau­gure l’achèvement des tra­vaux le 8 mai 1829, pour le 400e an­ni­ver­saire de la levée du siège des An­glais, par Jeanne d’Arc et son armée : un per­ron mo­nu­men­tal prend place de­vant la ca­thé­drale, pa­ral­lè­le­ment à la per­cée de la nou­velle rue Jeanne d’Arc et à la créa­tion du grand par­vis de la ca­thé­drale.

Les affres du temps et de la guerre

Depuis son achè­ve­ment en 1829, la ca­thé­drale a connu les affres du temps et des guerres.

Le clo­cher, qui s’inclinait de fa­çon in­quié­tante, est dé­truit en 1854, puis re­cons­truit et inau­gu­ré en 1858.

Les vi­traux du chœur (œuvre de Lobin) sont ins­tal­lés en 1859 à l’initiative deMgr Dupanloup.

En 1940, pen­dant l’avancée al­le­mande, une par­tie du centre an­cien d’Orléans est ra­va­gée par les bombes et des obus al­le­mands. La ca­thé­drale est éga­le­ment tou­chée, mais les dé­gâts res­tent mi­neurs, de même qu’en 1944. De­puis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les tra­vaux de res­tau­ra­tion se suc­cèdent afin de re­don­ner à l’édifice sa splen­deur pas­sée. Ce­pen­dant, les affres de la guerre ne sont pas toutes réparées : par exemple, l’accès aux deux tours est in­ter­dit au pu­blic, car non ré­pa­ré de­puis 1940 ; à la suite du bom­bar­de­ment de mai 1944, le bourdon, cloche la plus grave (et donc la plus grosse) s’était trou­vé fê­lée. De­ve­nue in­uti­li­sable, elle n’a été re­fon­due et ré­ins­tal­lée qu’en 2012.

Jeanne d’Arc

Il existe un lien in­di­rect entre la ca­thé­drale ac­tuelle et Jeanne d’Arc. L’héroïne his­to­rique na­tio­nale est venue suivre la messe vespérale le 2 mai 1429 du­rant le siège d’Orléans (il faut rap­pe­ler que l’édifice tel qu’il est aujourd’hui n’existait pas en 1429, à l’exception des cha­pelles de l’abside, qui en­tourent le chœur à l’arrière). On peut si­gna­ler aussi que la rue Jeanne d’Arc ou­verte au XIXe siècle ar­rive de­vant la fa­çade prin­ci­pale (à l’époque on sou­hai­tait avant tout dé­ga­ger le sanc­tuaire des pe­tites rues et des construc­tions mé­dié­vales qui l\’»en­ser­raient«, la dé­no­mi­na­tion ne vint qu’après).

Chaque an­née, au soir du 7 mai, pen­dant les Fêtes Johanniques, a lieu, sur le par­vis, la cé­ré­mo­nie de la Re­mise de l’Étendard (qui évoque celui de Jeanne d’Arc). La mu­ni­ci­pa­li­té en est gar­dienne et le trans­met aux au­to­ri­tés re­li­gieuses ca­tho­liques pour la du­rée des fes­ti­vi­tés. La fa­çade de la ca­thé­drale sert en­suite de sup­port à un son et lu­mière.

Description

Quelques dimensions
  • La cathédrale mesure 140 mètres de long, elle est composée de 5 nefs.
  • Largeur intérieure totale de la nef : 40 mètres.
  • Largeur intérieure au niveau du transept : 53 mètres.
  • Largeur extérieure au niveau du transept : 65 mètres.
  • Largeur de la façade : 53 mètres.
  • La hauteur sous voûte est de 32 mètres (cathédrale Saint-Étienne de Bourges : 37,15 mètres).
  • Les deux tours s’élèvent à 88 mètres de hauteur.
  • La flèche centrale monte à 114 mètres.

Les orgues

Le grand orgue vient de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, échan­gé avec celui de la ca­thé­drale en 1822. Ra­pi­de­ment ré­no­vé, il l’est en­suite par Louis Cal­li­net dès 1831, puis (après d’autres in­ter­ven­tions) de nou­veau en 1880 par Cavaillé-Coll qui le trans­forme pro­fon­dé­ment pour en faire un orgue romantique. Après d’autres épi­sodes, l’instrument est ré­no­vé une der­nière fois par Ber­nard Hurvy à par­tir de 2004 et remis en fonc­tion en sep­tembre 2007. Il com­prend quatre cla­viers, un pé­da­lier pour un total de 54 jeux et plus de 3700 tuyaux.

L’orgue de chœur est éga­le­ment un Cavaillé-Coll. Ins­tal­lé pro­vi­soi­re­ment en 1837, rem­pla­cé par un orgue dé­fi­ni­tif en 1846, Il com­prend deux cla­viers, un pé­da­lier, 16 jeux et est clas­sé aux Mo­nu­ments Historiques.

Les cloches

Les cinq cloches se si­tuent dans la tour nord. Quatre d’entre elles pro­viennent de la fon­de­rie de cloches Bol­lée d’Orléans, fon­dues en 1898. La Sainte-Jeanne d’Arc, le Bour­don a été re­fondu par Pac­card en 2012, celle de Bol­lée étant fê­lée de­puis plu­sieurs dé­cen­nies, suite au bom­bar­de­ment de 1944.

  • Sainte-Jeanne d’Arc, pèse 6 000 kg, sonne le « Sol2 » ;
  • Saint-Michel, pèse 2 300 kg, sonne le « Do3 » ;
  • Sainte-Catherine, pèse 1 600 kg, sonne le « Ré3 » ;
  • Sainte-Marguerite, pèse 1 100 kg, sonne le « Mi3 » ;
  • Félix Dupanloup, pèse 640 kg, sonne le « Sol3 ».

EN SAVOIR PLUS

Zeichnung Westfassade, Foto Marburg

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