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Univers : Et si nous vivions dans un trou noir ? Une idée folle ?

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PHOTO ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)/NASA/ESA/F. COMBES

L’hypothèse vous semble assez farfelue ? Ce n’est pourtant pas impossible même si aucun physicien n’est encore en mesure de le démontrer. Le National Geographic fait le point sur cette théorie particulièrement sidérante, qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui reçoit de nouveaux éclairages.

Tout commence avec le « Big Bang » il y a 13,8 milliards d’années, dit-on souvent. Tout commence ? Voire… Car la question qui taraude les physiciens est évidente : qu’y avait-il avant ? Et les réponses « rien! » ou « c’est impossible de le savoir! » ne semblent plus leur suffire. Au point que pour certains d’entre eux, dont Nikodem Poplawski de l’université de New Haven, il faudrait plutôt parler de « Big Bounce » (« Grand Rebond ») plutôt que de « Big Bang ». L’explication vaut le détour, car elle ouvre des perspectives complètement folles sur notre compréhension de l’univers…

Pour ces scientifiques non conventionnels, à l’origine de notre univers, il n’y a pas « rien » mais une minuscule particule d’une effroyable densité et contenant « tout », bref, une « semence » d’univers. Et comme une vraie bonne semence, elle attendait peut-être que les conditions idéales soient réunies pour éclore et se déployer en une magnifique corolle d’amas galactiques, de supernovas en tous genres et de constellations miroitantes.

Des graines d’univers dans des matrices particulières

Toujours selon Poplawski, il y aurait une explication à l’existence de ce « tout petit quelque-chose » plutôt que « rien » : la semence d’univers ne serait rien d’autre que l’ultime résidu issu de la plus infernale de toutes les forges : un trou noir gigantesque.

Ici il faut sans doute remettre à l’heure les grandes pendules du Temps… Un trou noir n’est pas le fruit d’une imagination débordante d’auteur de science-fiction. C’est un objet stellaire tout ce qu’il y a de plus commun, à l’échelle d’un univers du moins. Chaque galaxie aurait le sien en son sein, voire d’autres, vagabonds, qui vivent de rapines en bordure de spirale. Un trou noir, c’est ce qu’il advient d’une étoile qui a voulu se faire plus grosse que le boeuf, qui a enflé jusqu’à ne plus avoir la moindre goutte de carburant interne et qui s’effondre d’un coup sur elle-même. La force de gravité engendre alors une mécanique infernale qui s’auto-alimente et tout ce qui passe à la portée du monstre est inexorablement happé, écrabouillé, déchiqueté et aggloméré dans cet objet de plus en plus dense et de plus en plus petit. Même la lumière ne s’en échappe plus: elle est elle aussi happée par ce souvenir d’étoile, d’où son nom -en réalité peu approprié, mais passons.

Les trous noirs sont supposés exister depuis que Newton a émis les principes de la gravitation universelle, mais leur réalité n’a été démontrée que bien plus récemment avec les travaux d’Einstein puis, plus tard encore, de Stephen Hawking. C’est l’américain John Wheeler qui les nomme ainsi en 1967, les rendant du coup aussi populaires qu’un sabre laser ou une Etoile de la Mort. Selon la théorie de la relativité, rien ne peut s’échapper du trou noir une fois atteint son « horizon », une sphère d’un diamètre plus ou moins grand au sein duquel tout disparaît. Selon la théorie quantique au contraire, des « échanges » peuvent se produire. Récemment Stephan Hawking a revu sa propre conception, réconciliant du coup les deux théories. Et l’intérêt de l’histoire, c’est qu’elle apporte de l’eau au moulin de Pawlowski et ses confrères.

D’un univers à l’autre

Parce que cela pourrait bien conforter l’idée selon laquelle le « coeur » du trou noir n’est pas un « infini petit » -une « singularité » dans le langage poétique des astrophysiciens- mais plutôt un « petit fini », très très « petit », certes, mais « fini » tout de même. Bref, une minuscule graine. Une « semence », quoi. Avec le poids de plusieurs milliards de soleils. Et lorsque des conditions (de chaleur, de densité, de etceatera) sont réunies, cette petite graine d’univers pourrait donc « rebondir » et former un nouvel univers. Ainsi, le trou noir serait-il une sorte de conduit d’un univers ancien, « l’univers-mère », à un nouvel univers dès lors en expansion.

Corollaire de tout ceci: notre univers n’est peut-être pas le seul -il y en aurait un nombre incalculable, à différents niveaux de maturité- et son expansion aurait débuté il y 13,8 milliards d’années, au départ d’un « Big Bounce », un « Grand Rebond » émanant d’une « semence d’univers » produite dans le sein d’un univers plus ancien. Et le plus drôle pour la fin : selon les théories de Poplawski, il n’est pas dit que notre petit univers tout jeune ait déjà émergé de l’horizon du trou noir qui lui a donné naissance.

Cette théorie est vulgarisée dans cet article du National Geographic qui fait le point sur la théorie de Nikodem Poplawski.

T.N.

ARTICLE DE LA RTBF

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