DONNEES ET ANALYSES

Transition énergétique : La Haute-Normandie, 2e région pour les emplois verts

INSEE

par Vinciane BAYARDIN (Insee), Bruno BLAZEVIC (Insee), Fabien CARRE (Direccte), Florence MONROUX (Dreal), Cédric MUREAU (Insee)

Résumé

Les emplois dits « verts » sont ceux qui présentent une finalité environnementale. En 2010, la Haute-Normandie en compte 4 700, dont près de la moitié dans le domaine de la production et de la distribution d’énergie et d’eau. Même si ce chiffre peut paraître modeste, la région apparaît parmi celles où la part de ces emplois dans l’ensemble de l’économie est la plus élevée. Ces emplois sont principalement occupés par des hommes, employés majoritairement en CDI et à plein temps. L’analyse du marché du travail révèle que fin 2012, 1 700 demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, B ou C recherchent un emploi vert.

L’étude donne un éclairage sur les emplois « verdissants » qui représentent potentiellement un sixième des emplois haut-normands. Ces métiers, beaucoup plus nombreux, doivent évoluer pour mieux prendre en compte les nouvelles pratiques environnementales. Ils concernent des domaines d’activité aussi divers que le bâtiment, le transport ou encore l’entretien et les réparations.

4 700 emplois verts en Haute-Normandie

En 2010, 4 700 emplois sont consacrés aux métiers verts en Haute-Normandie. Ils représentent 0,66 % des emplois de la région, un peu plus qu’en France métropolitaine. Ces emplois contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser ou corriger les dommages sur l’environnement. Près de la moitié d’entre eux correspond à des métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau, majoritairement des métiers d’agents de maîtrise et techniciens (1 500), le reste des effectifs étant partagé entre ouvriers qualifiés (400) et ingénieurs ou cadres (350). Les métiers liés à l’assainissement et au traitement des déchets regroupent un tiers des effectifs, tous ouvriers, dont 850 non qualifiés et 450 conducteurs de véhicule de ramassage des ordures ménagères. Les métiers de la protection de la nature sont peu présents dans la région, avec 150 agents techniques et forestiers ou gardes des espaces naturels. Enfin, 800 emplois sont répartis dans des domaines plus transversaux : 300 dans les métiers d’ingénieurs et cadres techniques de l’environnement et 500 dans les fonctions de techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions.

 

4 700 emplois verts en Haute-Normandie
Unité : nombre, %
Effectifs Part
Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire
Métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau 2 250 48
Métiers de l’assainissement et du traitement des déchets 1 500 32
Métiers de la protection de la nature 150 3
Métiers plus transversaux 800 17
Ensemble des emplois verts 4 700 100

 

Les métiers verts et verdissants

L’économie verte est une notion nouvelle et les définitions sont nombreuses. Selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), l’économie verte consiste à « améliorer le bien-être social et l’équité en réduisant significativement les risques écologiques et les pénuries de ressources ».

L’observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte a été créé en 2010 ; il offre un diagnostic centralisé de méthodes et de chiffrages sur les emplois, métiers et formations de l’économie verte. Il distingue deux grands types de métiers : les métiers verts et les métiers verdissants.

La finalité et les compétences mises en œuvre dans le cadre d’un métier vert contribuent à mesurer, prévenir, maîtriser, corriger les dommages sur l’environnement. Des métiers de distribution d’eau et d’énergie, des métiers d’assainissement et de traitement des déchets, des métiers de protection des espaces naturels ou des métiers plus transversaux tels les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement sont concernés.

Les métiers verdissants sont des métiers dont la finalité n’est pas environnementale, mais qui intègrent des briques de compétences pour prendre en compte, de manière significative et quantifiable, la dimension environnementale dans le geste métier. Ils sont particulièrement présents dans les domaines du bâtiment, des transports, de l’agriculture et de l’entretien des espaces verts.

Les domaines d’activité verdissants doivent intégrer une démarche environnementale qui varie selon les métiers. Ainsi, les professions du bâtiment sont concernées principalement par l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. L’électricien par exemple, doit avoir connaissance des critères environnementaux afin de déterminer les équipements les plus adaptés à la maîtrise de la consommation d’énergie. Dans le domaine des transports, la prise en compte de l’environnement dans les métiers passe notamment par une réduction des gaz à effets de serre. Le transporteur routier va adopter une attitude d’éco-conduite, tandis que le directeur d’exploitation de transport va optimiser les processus d’acheminement des marchandises. Les métiers de l’agriculture sont également intéressés par une démarche plus respectueuse de l’environnement : les professionnels agricoles doivent régulièrement adapter leurs compétences aux évolutions de la réglementation et des normes environnementales. Enfin, les métiers de l’entretien des espaces verts nécessitent une adaptation des pratiques en adoptant une démarche plus écologique. Le plan « Eco-phyto 2018 », proposé par le Grenelle de l’environnement, ambitionne de faire diminuer de moitié l’usage des pesticides d’ici à 2018.

Pour identifier les métiers verts et verdissants, l’observatoire a établi une liste à dire d’experts, à l’aide du répertoire opérationnel des métiers et des emplois (Rome) de Pôle emploi, puis de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) de l’Insee. L’identification des métiers verdissants par les nomenclatures statistiques est délicate car ces nomenclatures ne permettent pas d’isoler les professions dont les gestes intègrent la dimension environnementale. En particulier, certaines professions de la fonction publique ou commerciales sont définies dans les PCS selon la catégorie des agents ou la taille de l’entreprise, et non selon la nature des travaux exercés. Ainsi, la difficulté à isoler les emplois verdissants conduit à surestimer leur nombre. Il est alors préférable de parler d’emplois potentiellement verdissants.

La liste des métiers potentiellement verdissants est disponible sur le site du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie.

Liste des codes PCS identifiant les métiers verts par domaine d’activité
Domaine d’activité Code PCS Intitulé
Source : Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, rapport d’activité 2012
Métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau 386D Ingénieurs et cadres de la production et de la distribution d’énergie, eau
485A Agents de maîtrise et techniciens en production et distribution d’énergie, eau, chauffage
625H Ouvriers qualifiés des autres industries (eau, gaz, énergie, chauffage)
Métiers de la protection de la nature 533B Agents techniques et forestiers, gardes des espaces naturels
Métiers de l’assainissement et du traitement des déchets 628E Ouvriers qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets
644A Conducteurs de véhicule de ramassage des ordures ménagères
684B Ouvriers non qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets
Métiers plus transversaux 387F Ingénieurs et cadres techniques de l’environnement
477D Techniciens de l’environnement et du traitement des pollutions
Liste des codes ROME identifiant les métiers verts
Code ROME V3 Intitulé
Source : Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, rapport d’activité 2012
A1202 Entretien des espaces naturels
A1204 Protection du patrimoine naturel
F1613 Travaux d’étanchéité et d’isolation
H1302 Management et ingénierie hygiène sécurité environnement industriels
H1303 Intervention technique en hygiène sécurité environnement industriels
I1503 Intervention en milieux et produits nocifs
K2301 Distribution et assainissement en eau
K2302 Management et inspection en environnement urbain
K2303 Nettoyage des espaces urbains
K2304 Revalorisation de produits industriels
K2306 Supervision d’exploitation éco-industrielle

 

La région figure parmi les mieux placées en termes d’importance d’emplois verts

Le poids des emplois verts dans l’emploi total régional situe la Haute-Normandie au deuxième rang des régions métropolitaines. Cette importance est tout de même relative, le poids variant de 0,43 % en Pays de la Loire à 0,72 % en région Centre. La Haute-Normandie se place juste au-dessus des régions Lorraine (0,62 %), Corse (0,62 %) et Champagne-Ardenne (0,61 %). La part des emplois verts est plus importante dans le département de la Seine-Maritime (0,75 % contre 0,43 % dans le département de l’Eure).

Dominance des métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau

Comme pour la Haute-Normandie, la majorité des régions (quinze d’entre elles) concentrent la part la plus importante de leurs emplois verts dans les métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau. L’importance de ces métiers est souvent liée à une forte production d’électricité sur leur territoire. Cette part atteint 0,31 % des emplois de Haute-Normandie, contre 0,24 % en moyenne métropolitaine. Les autres régions regroupent la plus grande part de leurs emplois verts dans les métiers de l’assainissement et du traitement des déchets, particulièrement en Auvergne, Picardie et Bourgogne. Toutefois, la part de ces métiers en Haute-Normandie est aussi importante que pour ces trois régions, avec 0,21 % des emplois, contre 0,19 % en moyenne métropolitaine. Dans ce paysage, la Haute-Normandie se distingue aussi par le poids des métiers verts transversaux (0,11 % contre 0,08 % en moyenne) où elle se classe 2e.

 

Part des emplois verts dans l’ensemble des emplois par domaines d’activité selon la région en 2010

Part des emplois verts dans l'ensemble des emplois par domaines d'activité selon la région en 2010Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire

 

Part des emplois verts dans l’ensemble des emplois par métiers selon la région en 2010

Part des emplois verts dans l'ensemble des emplois par métiers selon la région en 2010Source : Insee – Recensement de la population 2010 exploitation complémentaire

Note de lecture : Dans l’ensemble des emplois de la région Centre, la part des emplois verts du domaine de la production et de la distribution d’énergie et d’eau s’élève à 0,38 %.

Unité : %

 

Les métiers de l’éolien off-shore ; la mise en place d’un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences

Le projet éolien en mer s’inscrit dans les objectifs nationaux de transition écologique et énergétique. Ces derniers prévoient notamment de consacrer 23 % de l’énergie consommée en 2020 aux sources renouvelables. Les activités liées à la construction des éoliennes offshore sont reconnues comme des éco-activités1; les choix opérés devraient donc conduire à une augmentation du poids des éco-activités dans l’emploi. Dans un contexte de développement des parcs éoliens offshore -dont deux verront le jour en Haute-Normandie, à Fécamp et au Tréport- de nombreux emplois directs et indirects seront créés. Plusieurs études ont ainsi démontré l’importance de l’impact du développement de l’éolien sur la filière industrielle des composites. En 2013, la Direccte de Haute-Normandie et la filière Énergies Haute-Normandie ont piloté une étude mesurant les enjeux (en termes d’évolution et de formation) pour les entreprises locales potentiellement sous-traitantes. De nombreuses préconisations y sont formulées : sur la nécessité de mener, avec les entreprises, une réflexion sur les certifications pertinentes à l’embauche ; sur les effectifs attendus avec leurs profils d’opérateurs et de techniciens, etc. Certaines ont déjà été mises en oeuvre, donnant lieu, par exemple, à l’ouverture de places de formation continue pour les demandeurs d’emploi.


1 Les éco-activités sont des activités qui produisent des biens et services pour mesurer, prévenir, limiter ou corriger les impacts environnementaux. Une grande partie des emplois verts sont exercés dans ces éco-activités.

 

Deux tiers des emplois verts de la région se concentrent dans quatre territoires

En Haute-Normandie, 68,0 % des emplois verts sont regroupés dans quatre territoires de SCoT 1 ou assimilés : la Communauté de l’Agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe (CREA), le Havre Pointe de Caux Estuaire, le Pays Plateau de Caux Maritime et le Pays Dieppois-Terroir de Caux. Ils sont largement surreprésentés sur ces deux derniers territoires : 2,6 % des emplois sont des emplois verts dans le Pays Plateau de Caux Maritime, 1,4 % dans le Pays Dieppois-Terroir de Caux, contre 0,7 % dans l’ensemble de la région. Ces deux territoires regroupent 1 150 emplois verts. À elle seule, la CREA en compte 1 200, soit le quart de l’ensemble de la Haute-Normandie. Elle est suivie par le Havre Pointe de Caux Estuaire qui en héberge 900 (soit 19,0 %). Dans les deux cas, ces effectifs importants s’expliquent, non par une surreprésentation des emplois verts, mais par le poids de l’ensemble des emplois de ces territoires dans l’emploi haut-normand : respectivement 32,0 % et 19,0 % de l’ensemble des emplois de la région. Néanmoins, au regard d’autres agglomérations françaises de taille comparable, la CREA et le Havre présentent des taux d’emploi verts élevés : respectivement 0,5 % et 0,8 %. Sur le reste du territoire haut-normand, la répartition des emplois verts est homogène, comparable à celle de l’emploi en général.

En Seine-Maritime, les emplois relatifs au domaine de la production d’énergie et d’eau sont nombreux. Les territoires du Pays Plateau de Caux Maritime et du Pays Dieppois-Terroir de Caux, spécialisés dans ce domaine d’activité, en regroupent un nombre non négligeable, essentiellement des emplois liés à la production d’électricité. Par rapport à d’autres agglomérations de taille comparable, le territoire du Havre dispose également d’effectifs importants dans ce domaine d’activité. La CREA compte, quant à elle, un nombre élevé d’emploi relatif à l’assainissement et au traitement des déchets, compte tenu de sa structure en population et en emploi. Dans l’Eure, près de la moitié des emplois verts sont liés à ce domaine d’activité. Dans le Pays Risle-Charentonne -qui présente le plus fort taux d’emploi verts du département (0,6 %)- le domaine de l’assainissement et du traitement des déchets rassemble près des trois quarts des effectifs.


1 Un Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) est un document de planification stratégique qui fixe à l’échelle d’un territoire, les grandes orientations d’aménagement et de développement pour les 10/20 ans à venir dans une perspective de développement durable.

Nombre d’emplois verts et taux d’emplois verts dans l’emploi par territoires en 2010

Nombre d'emplois verts et taux d'emplois verts dans l'emploi par territoires en 2010Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire

 

Part des emplois verts dans l’ensemble des emplois par métiers pour les deux départements et quatre territoires en 2010

Part des emplois verts dans l'ensemble des emplois par métiers pour les deux départements et quatre territoires en 2010Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire

 

Des emplois verts majoritairement masculins, à temps plein et en CDI

Les emplois verts correspondent en grande partie à des métiers manuels s’exerçant à l’extérieur : agents de maitrise, ouvriers, conducteurs de véhicule, agents techniques et forestiers. Ces professions sont très largement masculines. Ainsi 99 % des conducteurs de véhicule de ramassage des ordures et des ouvriers qualifiés de l’assainissement et du traitement des déchets sont des hommes. Les femmes sont un peu plus représentées dans les « métiers plus transversaux », caractérisés par des emplois plus qualifiés : elles occupent près du quart des emplois d’ingénieurs et cadres techniques de l’environnement. Ce domaine d’activité est également le plus jeune ; il renvoie à des métiers qui se sont développés plus récemment. Les emplois verts se distinguent par une proportion de temps pleins et de CDI élevée. Seuls les agents techniques et forestiers et les gardes des espaces naturels offrent une part de contrats à durée limitée semblable à celle de l’ensemble de l’emploi haut-normand.

Si les emplois verts correspondent globalement à des niveaux de diplômes similaires à ceux de l’ensemble des emplois de la région, les disparités sont nettes suivant le domaine d’activité considéré. Les « métiers plus transversaux »2sont très qualifiés ; les trois quart des employés possèdent au moins le baccalauréat et le tiers au moins un diplôme universitaire de deuxième cycle. Les métiers de la production d’énergie et d’eau et les métiers de la protection de la nature sont plutôt qualifés, avec une proportion de titulaires de diplômes postbac supérieure à la moyenne régionale. A contrario, les métiers de l’assainissement ou du traitement des déchets exigent moins de qualification : plus de la moitié de ces emplois sont occupés par des personnes n’ayant pas de diplôme supérieur au brevet.

 

Caractérisation des emplois verts selon le sexe, l’âge et les conditions de travail
Unité : nombre, %
Emplois verts en Haute-Normandie Ensemble des emplois en Haute-Normandie
* En contrat d’apprentissage, placés par une agence d’intérim, emplois-jeunes, CES, contrats de qualification, stagiaires rémunérés en entreprise et autres emplois à durée limitée.
Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire
Ensemble 4 700 716 150
Hommes 86% 52%
moins de 30 ans 20% 22%
50 ans ou plus 22% 25%
Temps plein 94% 83%
CDI 89% 77%
Contrat a durée limitée * 11% 15%

2 Ces métiers regroupent les ingénieurs et cadres techniques de l’environnement ainsi que les techniciens de l’environnement et de traitement des pollutions.

 

Dans la région, un sixième des emplois présente un caractère potentiellement verdissant

Les professions verdissantes sont beaucoup plus diverses que les professions vertes (cf l’encadré p.2).

Les métiers verdissants n’ont pas de finalité environnementale, mais prennent en compte de manière significative la dimension environnementale dans le geste métier : par exemple le couvreur choisit d’autres matériaux, ou le transporteur routier adapte sa conduite au volant. Ils représentent potentiellement un sixième de l’ensemble des emplois régionaux, soit 116 150 emplois, et se répartissent entre l’Eure et la Seine-Maritime comme pour l’ensemble des emplois (30 % et 70 % respectivement). Ce champ de métiers couvre tout d’abord le secteur du bâtiment (35 % d’entre eux) avec principalement des ouvriers non qualifiés (6 800 dans le second œuvre et 5 700 dans le gros oeuvre) et des maçons qualifiés (4 800). Viennent ensuite les métiers du transport ou de la logistique (21 %) avec de nombreux conducteurs routiers et grands routiers (11 400) et 3 100 conducteurs de véhicule routier de transport en commun. Les autres domaines d’activités sont beaucoup moins représentés. Celui des espaces verts (4 %) compte des métiers à fort potentiel verdissant (3 800 jardiniers et 700 entrepreneurs en parcs et jardins, paysagistes) tout comme celui de l’agriculture (1 %). La part restante (39 %) est disséminée dans la maintenance, industries de process, administrations, études et recherche, etc. Par exemple, 3 800 animateurs socioculturels et de loisirs sont comptés parmi les métiers verdissants.

À l’instar des emplois verts, les emplois potentiellement verdissants sont très masculins. Certains métiers le sont quasi exclusivement : 95 % d’hommes dans le domaine du bâtiment, 94 % dans celui des espaces verts. De la même façon, ils correspondent le plus souvent à des emplois à temps plein. La part de contrats à durée déterminée dépasse néanmoins celle des emplois verts et équivaut à celle de l’ensemble des emplois de la région (15 %). Peu de jeunes travaillent dans ces métiers : seulement 13 % de moins de 30 ans, soit neuf points de moins que pour l’ensemble de l’emploi haut-normand. C’est particulièrement vrai pour le domaine des transports où moins d’un emploi sur vingt est occupé par un jeune de moins de 30 ans. La part de titulaires de CAP ou de BEP est élevée dans les emplois potentiellement verdissants, occupés notamment par bon nombre d’artisans, d’ouvriers qualifiés ou de techniciens. Elle atteint 46 % des emplois pour le domaine du bâtiment, contre 30 % pour l’ensemble de l’emploi en Haute-Normandie.

 

Niveau de diplôme des personnes occupant un emploi vert
Unité : %
Brevet, certificat d’études ou pas de diplôme CAP, BEP Baccalauréat général ou professionnel et supérieur Ensemble
Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire
Métiers de la production et de la distribution d’énergie et d’eau 12 30 58 100
Métiers de l’assainissement et du traitement des déchets 56 33 11 100
Métiers de la protection de la nature 25 22 53 100
Métiers plus transversaux 11 15 74 100
Emplois verts en Haute-Normandie 26 28 46 100
Emplois dans leur ensemble en Haute-Normandie 23 30 47 100

Un fort potentiel verdissant dans le domaine d’activité du bâtiment

Les professionnels du bâtiment sont particulièrement impliqués dans les objectifs fixés par les lois du Grenelle de l’environnement. L’enjeu de la performance énergétique y tient une place centrale et concerne autant les constructions neuves que la rénovation des logements anciens. De surcroît, tous les secteurs sont concernés (résidentiel, tertiaire et institutionnel). Pour faire face aux nouvelles exigences environnementales, les métiers liés au bâtiment doivent désormais intégrer de nouvelles contraintes, aussi bien sur le plan de la conception que de la réalisation des travaux. Les architectes, par exemple, ont un rôle déterminant à jouer à tous les niveaux du projet : choix des matériaux, choix des technologies ou encore formalisation du cahier des charges, en adéquation avec les normes environnementales. En Haute-Normandie, ils représentent près de 1 000 emplois potentiellement verdissants. Côté réalisation, les électriciens sont amenés à déterminer les équipements électriques les mieux adaptés à la maîtrise de la consommation d’énergie, voire à organiser l’efficience de la production (lors de la pose de panneau solaire par exemple). 3 500 sont concernés par ces enjeux dans la région, soit 9 % des emplois potentiellement verdissants du bâtiment. Les couvreurs, intervenants majeurs dans les travaux d’isolation et d’étanchéité, doivent se tenir au courant des nouvelles réglementations pour les mettre en oeuvre tant dans la construction que dans la rénovation. On en dénombre 2 350 en Haute-Normandie. Les maçons, lorsqu’ils interviennent sur l’extérieur des parois opaques, sont susceptibles eux aussi d’être confrontés aux problématiques liées à l’isolation. Ils représentent une part importante des emplois potentiellement verdissants, avec 6 500 emplois. Enfin, la région compte 3 200 menuisiers et charpentiers, tout particulièrement concernés par les évolutions de la réglementation qui impliquent le développement des constructions en bois. Finalement 40 700 emplois du BTP3 présentent un potentiel verdissant en Haute-Normandie, soit 70 % du secteur.


3 Bâtiment et Travaux Publics

Les personnes occupant les emplois potentiellement verdissants du bâtiment sont pour une grande partie non diplômées ou titulaires d’un CAP ou d’un BEP. Moins d’un quart des emplois est occupé par des personnes ayant au moins le baccalauréat, près de la moitié par des titulaires de CAP ou BEP. En cela, ils ne diffèrent pas des autres emplois du bâtiment ; en revanche, les personnes occupant ces emplois sont plus jeunes. Les moins de 30 ans représentent 31 % des emplois potentiellement verdissants du bâtiment contre 24 % des autres emplois du même domaine d’activité. Ceci s’explique par un nombre important de jeunes en apprentissage (7 % des emplois potentiellement verdissants) notamment chez les ouvriers non qualifiés du bâtiment (17 %). Dans une moindre mesure, bon nombre de jeunes couvreurs, monteurs, plombiers et chauffagistes, menuisiers et charpentiers occupent ces emplois. À l’instar de l’ensemble du secteur, les emplois potentiellement verdissants du bâtiment sont presque exclusivement masculins et à temps plein. Les indépendants y sont surreprésentés par rapport au reste du BTP (12 % contre 8 % pour les autres emplois du bâtiment).

 

Nombre d’emplois potentiellement verdissants dans le domaine d’activité du bâtiment par regroupements de métiers
Unité : nombre, %
Effectifs Part
Source : Insee, Recensement de la population 2010 – exploitation complémentaire
Architectes 950 2
Couvreurs 2 350 6
Electriciens 3 500 9
Ingénieurs, cadres d’étude, cadres et chefs de chantier et conducteurs de travaux 5 600 14
Maçons 6 500 16
Menuisiers / charpentiers 3 200 8
Monteurs (agencement, isolation) 900 2
Ouvriers non qualifiés du bâtiment 12 450 31
Plombiers et chauffagistes 3 150 8
Techniciens des travaux publics 2 100 5
Ensemble 40 700 100

 

La transition énergétique, un enjeu majeur pour les entreprises du bâtiment

La transition énergétique, et les objectifs de rénovation thermique qui en découlent – fixés dans le Plan de Rénovation Thermique de l’Habitat (PREH) – auront, dans les années à venir, des effets importants sur les marchés du bâtiment liés à la performance énergétique et la qualité environnementale. L’étude « Diagnostic activité, emploi, formation en lien avec la croissance verte dans le bâtiment haut-normand », produite par la Cellule Économique Régionale de Haute-Normandie (CERHN) de la construction, établit un scénario prospectif pour mesurer l’impact de ces mutations. Il suggère qu’en 2016, 55 % de l’activité entretien/amélioration des logements serait liée à la rénovation énergétique, contre 25 % en 2011. Cette part passerait de 9 % à 25 % pour les bâtiments non résidentiels sur la même période. Les emplois de production, concernés par des travaux de performance énergétique et de qualité environnementale, seraient ainsi plus nombreux : ils passeraient de 19 % en 2011 à 65 % en 2016. Par ailleurs, le principe d’éco-conditionnalité des aides – dont l’éco-prêt à taux zéro et le crédit d’impôt au développement durable – entrera en vigueur prochainement. Il imposera de facto le label « Reconnu Garant de l’Environnement » (RGE) des artisans réalisant les travaux. Ces mesures auront un impact fort sur les besoins en formation à venir.

Entretien des espaces naturels et nettoyage des espaces urbains sont les principaux métiers verts demandés

En Haute-Normandie, fin 2012, 1 700 demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, B ou C4 à Pôle emploi (DEFM5) recherchent un emploi vert, soit 1,1 % des demandeurs d’emploi de la région. Cette part est légèrement plus élevée qu’en France métropolitaine où ils représentent 0,7 % des DEFM. Fin 2012, les demandeurs d’emploi haut-normands cherchent surtout à travailler dans l’entretien des espaces naturels (20,7 % des demandeurs d’emplois verts), le nettoyage des espaces urbains (20,4 %), l’intervention en milieux et produits nocifs (14,9 %) et les travaux d’étanchéité et d’isolation (11,8 %)6. Ces demandeurs d’emploi sont plus nombreux qu’en fin 2011 : leur effectif est en hausse de 7,8 %, soit une évolution proche de celle de l’ensemble des DEFM de la région (+ 7,4 %).

Caractéristiques des demandeurs d’emplois verts et potentiellement verdissants en Haute-Normandie
Unité : nombre,  %
Emploi verts Emplois verdissants Ensemble
Source : Dares/Pôle emploi – Traitements : Direccte Haute-Normandie, SESE
Ensemble dont 1 719 19 326 150 214
Hommes 89 % 88 % 49 %
Moins de 25 ans 16 % 24 % 20 %
50 ans ou plus 18 % 17 % 19 %
Niveau inférieur au CAP 30 % 20 % 20 %
Niveau CAP – BEP 42 % 53 % 44 %
Niveau Bac ou plus 29 % 28 % 36 %
dont niveau Bac+2 6 % 5 % 9 %
dont niveau Bac+3 ou plus 12 % 7 % 7 %
Ouvriers non qualifiés 9 % 6 % 4 %
Ouvriers qualifiés ou spécialisés 40 % 44 % 25 %
Employés 34 % 40 % 62 %
Techniciens, agents de maîtrise 11 % 6 % 6 %
Ingénieurs et cadres 7 % 5 % 4 %
Inscrits à Pôle emploi depuis au moins un an 46 % 39 % 43 %

À la même date, les emplois potentiellement verdissants intéressent 19 300 demandeurs d’emploi haut-normands, représentant 12,9 % des demandeurs d’emploi de la région, comme en France métropolitaine. Leur effectif est en hausse de 9,9 % par rapport à fin 2011, soit une augmentation plus soutenue que celle observée sur les emplois verts. Fin 2012, ces demandeurs d’emplois cherchent surtout à travailler dans l’entretien des espaces verts (14,0 % des DEFM potentiellement verdissants), la conduite de transports de marchandises sur longue et courte distances (respectivement 10,7 % et 10,2 %) et la maçonnerie (10,0 %).

 

Les offres d’emplois verts et verdissants

Le fichier sur les offres d’emplois de Pôle emploi donne une information partielle sur les métiers verts et potentiellement verdissants que proposent les entreprises. En effet, Pôle emploi ne reçoit qu’une partie des offres d’emploi, les autres offres passant par d’autres canaux de recrutement. L’analyse des offres donne donc une indication des métiers proposés mais ne permet pas une comparaison avec la demande d’emploi.

En 2012, 2 000 offres d’emplois verts et 10 300 offres d’emplois verdissants ont été déposées dans les agences haut-normandes de Pôle emploi, soit respectivement 2,4 % et 12,4 % du total des offres déposées dans la région. Dans les métiers verts, les offres sont plus nombreuses dans la revalorisation de produits industriels, l’entretien des espaces naturels, l’intervention technique en HSE7 industriel et les travaux d’étanchéité et d’isolation. Dans les métiers potentiellement verdissants, les offres sont plus importantes dans l’entretien des espaces verts et la conduite de transports de marchandises sur longue distance.

Les offres proposées dans les métiers verts et potentiellement verdissants sont essentiellement d’une durée de moins de six mois (respectivement 81,2 % et 62,1 %). La courte durée de ces contrats peut alors faire apparaître plusieurs fois le même poste dans l’année et ne permet pas de refléter correctement le marché du travail sur l’année.

Toutefois, une analyse menée par la Direccte et le Crefor de Haute-Normandie en 2010 sur les tensions locales du marché du travail n’a pas permis de faire apparaître de métiers verts en tension. Seuls les métiers de conducteurs routiers ont été repérés comme en tension parmi les métiers potentiellement verdissants.


4 Les demandeurs d’emploi de catégorie A, B ou C sont tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, et sont sans emploi ou ont exercé une activité réduite courte ou longue au cours du mois.

5 DEFM = demandeur d’emploi en fin de mois.

6 Les métiers sont issus du répertoire opérationnel des métiers de Pôle emploi (ROME). Il n’y a pas correspondance directe avec la nomenclature des PCS de l’Insee.

7 Hygiène, Sécurité, Environnement

 

Des demandeurs d’emplois majoritairement masculins, ouvriers et peu diplômés

En Haute-Normandie, fin 2012, les demandeurs d’emplois verts ou potentiellement verdissants sont en très large majorité des hommes (88,0 % contre 49,4 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi), comme pour les personnes en activité sur ces emplois. Leur niveau de formation est le plus souvent inférieur au baccalauréat (72,5 % contre 64,2 % des demandeurs d’emploi). Il s’agit principalement d’ouvriers (48,9 % contre 28,1 % sur l’ensemble de la demande d’emploi régionale) mais une majorité d’entre eux sont des ouvriers qualifiés ou spécialisés.

Parmi les demandeurs d’emploi dans les métiers verts, les diplômés du supérieur (12,2 %) et les non diplômés (29,6 %) sont surreprésentés par rapport à l’ensemble des demandeurs d’emploi (respectivement 7,0 % et 20,3 %). Cela reflète la diversité de qualification des métiers verts. Les professions intermédiaires (techniciens, agents de maîtrise) et les ingénieurs et cadres sont ainsi plus représentés que sur l’ensemble de la demande d’emploi, tout comme les ouvriers non qualifiés. Ces demandeurs d’emploi sont aussi plus âgés : la part des jeunes s’élève à 16,1 % contre 20,4 % en moyenne régionale. Plus de la moitié des demandeurs d’emploi des métiers potentiellement verdissants ont le niveau de formation du CAP-BEP. La part des jeunes demandeurs d’emploi de moins de 25 ans est plus forte.

Enfin, la part des chômeurs de longue durée est plus importante parmi ceux qui recherchent un emploi vert (45,5 %) que parmi ceux qui recherchent un emploi potentiellement verdissant (39,1 %). La durée passée au chômage au moment de leur désinscription de Pôle emploi est aussi plus longue (respectivement 9,4 et 7,9 mois, contre 8,9 mois en moyenne).

LE SITE DE REFERENCE

Une réflexion sur “Transition énergétique : La Haute-Normandie, 2e région pour les emplois verts

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