DECORTIQUAGES

Les falaises d’Etretat décortiquées

POURQUOI DES FALAISES ?

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Les falaises de la Seine-Maritime offrent la plus belle vitrine de la craie en France. Cette roche s’est déposée au Crétacé supérieur sur la bordure Ouest du continent européen, à côté de l’Atlantique Nord qui commence à s’ouvrir avec un fort taux d’expansion et sous un climat dominé par un effet de serre considérable. Le niveau marin est alors le plus élevé des temps phanérozoïques. La boue crayeuse, largement produite par des nano-organismes, est constituée de calcite faiblement magnésienne. Le très faible résidu argileux des craies blanches témoigne de l’aridité que subissaient les masses continentales émergées environnantes. Le faciès craie débute dans le Cénomanien inférieur (99,6 Ma). Il perdure jusqu’au Danien (60,9 Ma) en Europe du Nord et en Mer du Nord, mais généralement, dans le bassin anglo-parisien, une lacune stratigraphique plus ou moins longue correspond au sommet du Crétacé. Au Nord de la Manche, la surface d’érosion paléocène préserve le Campanien supérieur (70,6 Ma), alors qu’au Sud de la Manche, au Cap d’Ailly, elle s’enfonce jusqu’au Campanien basal (83,4 Ma).

En suivant les falaises du Pays de Caux, du SW au NE, les couches de craie dessinent un synclinal (synclinal d’Ailly) et un anticlinal (anticlinal de Penly), à grands rayons de courbure. Le flanc Sud du synclinal d’Ailly est affecté par une faille qui abaisse le compartiment SW d’une centaine de mètres (faille de Fécamp – Lillebonne). Les différences de faciès sont nettes de part et d’autre de la faille de Fécamp. Ainsi, du côté SW, les couches turono-coniaciennes sont plus condensées et lacunaires, les ondulations du fond sont précoces et les silex nettement plus abondants. Ces caractères peuvent être résumés sous le qualificatif de « faciès d’Étretat ».

POUR EN SAVOIR PLUS

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CRAIE  : COCCOLITHES EN STOCK

Définition de la craie, que beaucoup de générations ont connu en particulier à l’école !!! 
Résidu sédimentaire marin, blanche poreuse, elle est formée pour la plus grande part d’une accumulation de « coccolithes »:
Algue microscopique qui s’épanouit dans les eaux chaudes de surface (qui était le cas à l’époque) 
Cette algue a la particularité de posséder dans sa paroi cellulaire, une mosaïque de petites plaquettes calcaire.
A sa mort, l’algue libère les pastilles microscopiques qui sombrent au fond des mers et s’amassent en une fine vase calcaire qui formera la craie.

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 LE PROCESSUS D’EROSION

En pays de Caux, les processus d’érosion attaquent les falaises par le haut et par le bas. En bas, la charge des galets projetés avec force lors des déferlements de la houle, aide au creusement d’une encoche en forme de voûte qui affouille le pied de la falaise.

Les effets mécaniques lors du déferlement sont énormes. La pression, lors de l’impact de la vague, peut atteindre 30 tonnes au m2 ; à cela s’ajoute les effets de succion lors de la décompression du retrait de la vague.

En haut les infiltrations des pluies, le gel, ou la sècheresse sont des agents d’érosion tout aussi efficaces. D’autres facteurs accentuent le recul de la falaise comme la nature du couvert végétal, les pratiques agricoles et les aménagements urbains à proximité.

Le cycle d’érosion est commandé essentiellement par les effets de sape de la mer et par le climat local.
Lorsque la falaise est suffisamment fragilisée par les agents d’érosion, les effets mécaniques de la gravité provoquent l’éboulement de pans rocheux avec plus ou moins d’importance suivant la répartition de la fissuration verticale et la taille des affouillements en pied.

L’orientation des courants de houle, associée à des phénomènes de réfraction et réflexion des ondes provoqués par la topographie des fonds sous-marins et par la présence d’obstacles, concentrent inégalement l’action mécanique de la mer, facilitant un retrait inégal de la côte (aiguilles et arche d’Etretat).

 POUR EN SAVOIR PLUS

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LE TRAIT DE CÔTE

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La falaise vive définit un littoral actuel, zone de contact entre une mer qui envahit et un continent qui recule. La côte orientale de la Manche en offre une très belle expression sur ses 120 km de contact avec les formations crayeuses du bassin de Paris. Le secteur d’Étretat contient un ensemble spectaculaire dont la renommée est planétaire. En effet, cette partie de la Côte d’Albâtre présente un trait de côte fortement indenté où, en 2,2 km, se succèdent 5 baies et 4 caps, illustrés d’arches au jambage élégant et de hauts récifs isolés. Un examen détaillé met en évidence des témoins d’un ancien système karstique très développé et hiérarchisé, curieusement associé aux indentations littorales. De cette dimension karstique de l’encaissant résulte une morphologie beaucoup plus diversifiée que celle d’une classique côte rocheuse à falaise. En particulier, on observe les témoins d’un recul complexe et différentiel du front de falaises, dont certains ne sont pas actuels. Se pose donc le problème de l’actualité du trait de côte et de son âge réel. En se fondant sur l’imbrication des formes et leur enchaînement chronologique, un essai de reconstitution paléogéographique démontre que le trait de côte est hérité de différentes phases dont certaines sont anciennes, alors que les falaises vives devraient illustrer une ligne de rivage moderne. Cette complexité et ces héritages sont imputables aux développements karstiques qui ont affecté ce secteur du continent.

BY JOEL RODET

 

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L’HABITAT : SILEX AND THE CITY

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 TOURISME

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Maupassant disait vrai en décrivant Etretat comme « un décor de féerie avec ses deux merveilleuses déchirures de falaises ». Le village d’Etretat, peuplé de 1 600 âmes, se situe en Seine-Maritime, sur la route côtière qui sépare Honfleur de Fécamp. Il est blotti entre les deux falaises qui font sa réputation. Depuis le petit front de mer, longeant la plage de galets, se dressent, en effet, la falaise d’Aval, sur la gauche, et la falaise d’Amont, sur la droite.

Des chemins côtiers, sillonnant chacune d’elles, permettent de procéder à quelques promenades bien agréables et surtout de bénéficier d’une vue imprenable sur ces merveilles naturelles, classées au patrimoine mondial de l’Unesco.

LES FALAISES « INSPIRÉES »

Village méconnu autrefois tourné vers la pêche, source de vie et de nourriture, de subsistance essentielle, Etretat est devenue au fil des siècles, un site mondialement connu après avoir accueilli tant d’artistes illustres.

En gardant cette part de mystère ponctuée d’étapes artistiques et littéraires donc.

Le mystère, avec les suppositions diverses quant à l’origine du nom d’Etretat d’une part. D’après les recherches menées par Raymond Lindon, ancien maire et auteur de nombreux écrits sur Etretat , enrichies par celles d’Alain Millet, écrivain scientifique et historien, l’origine du nom d’Etretat viendrait de langues scandinaves anciennes, normande ou viking, « strut, strurt, strud,… » qui toutes évoquent le cornet, le cône, le couvre chef… que symboliserait l’aiguille jadis découverte par les vikings.

Strutr en norois, Structa en latin, rappellent ce terme associés à la racine « Art »ou ard » se rattachant au latin « ardurus » et au celte « arduo »… posant la question d’une origine romaine ou viking.

Ces diverses suppositions mènent à l’ancien nom d’Etretat composé de ces diverses origines et associations pour former le nom d »‘Estrutat » , « Estrutard » ou encore « Strutard ».

L’explication la plus plausible  serait celle d’une différence de prononciation ou d’une  simple évolution de la langue française où le « u » a laissé sa place au « e » tel que l’explique Alain Millet (relire la collection de l’Estretatais) pour les mots burre, murtre ou hurter qui devinrent beurre, meurtre ou heurter.

C’est donc entre le XIVe siècle et le XVe que le nom d’Etretat apparut dans sa version définitive.

On notera qu’Etretat en application des idées républicaines en l’an II, fut baptisée Saint-Sauveur puis La Roche pour retrouver son nom actuel (lire le très bon livre de Jean-Pierre Thomas « Etretat des origines à nos jours »).

Le mystère toujours malgré de nombreuses recherches archéologiques menées par l’abbé Cochet qui ont permis d’établir quelques vérités quant aux origines ou aux évolutions de notre village mais aussi en laissant de nombreuses questions en suspens. C’est ainsi qu’il a été établi que l’occupation humaine remonterait à l’Antiquité bien qu’on ait décelé des vestiges attestant de la présence humaine dans les environs dès la Préhistoire. Des vestiges et des lieux-dits l’attestait, tel que « le fossé romain » sur la falaise d’Amont ou l’existence d’une voie qui montrent la présence des romains à Etretat.

L’abbé Cochet qui effectua de nombreuses recherches permit en effet, au XIXe siècle, de découvrir de nombreux éléments archéologiques qu’il regroupa dans de nombreux écrits. Il analyse, fouille églises, cimetières et sous-sols pour mettre à jour de nombreuses pièces retraçant les origines d’Etretat et l’occupation humaine au fil des siècles.

Le mystère encore avec ce site naturel lors du commun qui a inspiré tant de légendes ou de récits littéraires.

Celle de la fontaine d’Olive par exemple qui raconte qu’une demoiselle nommée Olive, menacée par des envahisseurs, peut-être des Sarrazins, aurait promis de faire construire une église si elle en réchappait.

Ce qu’elle fit au centre du village. Mais c’était sans compter sur les tours du Diable qui déplaçait chaque nuit les parties de l’édifice religieux à son emplacement actuel. Ce qui explique, selon la légende, la présence de l’Eglise Notre Dame dans le Petit Val sur la route de Bénouville. Une autre version laisse entendre que le village a vu son développement débuter dans ce quartier d’où l’installation de l’Eglise en cet endroit. Enfin, on ne peut évoquer le mystère sans citer l’imagination de Maurice Leblanc qui fit naître son fameux personnage Arsène Lupin. Celui-ci cacha son trésor dans la fameuse « Aiguille Creuse ». Un mythe devenu presque une réalité tant les gens dénomment notre pic naturel comme étant véritablement creuse.

 

EN SAVOIR PLUS

 

A voir à Etretat

 

Le château Les Aygues
Situé sur la route de l’ivoire et des épices, classé monument historique, construite en 1866, elle reçut des personnages célébres comme Offenbach et A.Dumas. Elle devint plus tardivement la résidence balnéaire des Reines d’Espagne M.C de Bourbon Sicile et Isabelle II.
Le Clos Arsène Lupin
Au CloArsène Lupindans la maison familiale de son créateur Maurice Leblanc, vous pourrez retrouvez l’environnement familier et la mémoire de ce gentleman cambrioleur et découvrir une scénographie intéractive mélant ses aventures et l’histoire de son temps.
Clos Arsène Lupin
15 rue Guy de Maupassant
76790 ETRETAT
Tél: 02.35.10.59.53

Site : http://www.arsene-lupin.com/

L’Eglise Notre-Dame
Construite au XIIe siècle sous le patronage des abbés de Fécamp, l’église concerve dans sa nef les traits typiques du style roman normand, ainsi que le portail.
Cependant, l’élancement du choeur et la tour lanterne appartiennent au style gothique, avec en son sein un orgue du XIXe.
Monument Nungesser et Coli
Une flèche érigée en 1963 de 24 m de haut en hommage à Nungesser et Coli, les premiers aviateurs qui tentèrent la traversée de l’Atlantique Nord à bord de l’Oiseau Blanc le 8 mai 1927.

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peintures de Claude Monet et de Gustave Courbet

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