VOYAGEURS

Australie : la France est devenue la 2e source d’immigrants européens

LES ECHOS
Par Pierre Demoux 

Avec une communauté estimée entre 70 000  et 90 000 résidents, renforcée par l’afflux de jeunes en « visa vacances travail », la France est devenue la deuxième source d’immigrants européens de l’Australie. Mais qu’est-ce qui attire tant nos concitoyens ?

Francois Romanet CEO de Safran Pacific. - Michael Amendolia/REA

Francois Romanet CEO de Safran Pacific. – Michael Amendolia/REA

Au milieu d’une clairière taillée dans le bush, une cinquantaine de paires d’yeux surmontant des corps sombres et massifs fixent Margot Berg, comme s’ils jaugeaient la jeune femme, manifestement peu à l’aise dans cette situation inédite pour elle. Quelques (longs) instants plus tard, le troupeau se décide enfin à suivre l’apprentie cow-girl dans l’enclos, sous le regard attentif de Glenn Findley, le propriétaire de cetélevage de vaches de race Angus, installé à 300 kilomètres au sud de Sydney. Le soir venu, dans le campement de baraques en tôles qui fait office de ferme, cette Normande de 25 ans fait le point sur sa première journée de travail, pendant que Glenn prépare sur le feu de bois un ragoût de wallaby, ce petit kangourou qui pullule dans la région. « Je suis plutôt une fille de la ville, c’est la première fois que je travaille dans une ferme, c’est un peu un choc d’adaptation », sourit la jeune femme arrivée en Australie il y a huit mois pour voyager, améliorer son anglais et fuir la routine en France, après avoir obtenu un master en intervention sanitaire et sociale. « J’ai déjà eu plusieurs vies ici, avec différents boulots. Maintenant je me prépare à vivre trois mois à la ferme pour pouvoir renouveler mon visa vacances travail et continuer mes aventures dans le pays. C’est un nouveau challenge. »

Les Français de plus en plus nombreux

Ce visa vacances travail (VVT) accordé aux ressortissants de 29 pays, dont la France, offre la liberté aux moins de 30 ans de voyager, de travailler ou de suivre des études en Australie pendant une année, avec la possibilité de le prolonger d’un an, après trois mois de travail dans les secteurs agricole ou minier. Surnommés les backpackers (de backpack, sac à dos), ils sont accueillis à bras ouverts par les Australiens. « Ils sont de loin la première source de main-d’œuvre pour les récoltes de fruits et de légumes et sont aussi une ressource vitale dans la restauration et le tourisme », explique Peter McDonald, professeur de démographie à l’Australian National University et membre du Conseil ministériel sur l’immigration qualifiée. Parmi les représentants de cette jeunesse venue du monde entier avec le VVT, les Français sont de plus en plus nombreux : 24 800 en 2013, un chiffre en hausse de 23% par rapport à l’année précédente, et qui augmente chaque année. Un mouvement qui illustre l’attraction grandissante du pays sur les Français de tous âges. Avec 70 000 à 90 000 résidents selon les estimations de l’ambassade de France, l’Hexagone « est devenu la première source d’immigrants européens après la Grande-Bretagne », souligne Peter McDonald.

250 000 nouveaux arrivants chaque année

Certes, le comte de La Pérouse figure parmi les premiers Européens à avoir foulé le sol australien, en 1 788. Mais il l’a fait quelques jours après l’arrivée de la première flotte de colons britanniques, marquant les débuts de la construction du pays par une immigration principalement d’origine anglo-saxonne. Une tradition de terre d’accueil qui s’est accélérée et diversifiée durant la deuxième moitié du XXe siècle, avec l’arrivée d’immigrants asiatiques notamment : le pays compte aujourd’hui un tiers de ses habitants nés à l’étranger et voit débarquer chaque année 250 000 nouveaux arrivants (1% de sa population totale), venus principalement du Royaume-Uni, de Nouvelle-Zélande, de Chine et d’Inde. Et de France, donc. Les motivations de ces Français qui choisissent de traverser le globe sont diverses : étudiants et jeunes diplômés venus vivre une expérience à l’étranger avant d’intégrer le monde du travail, professionnels voulant enrichir leur CV par un passage dans un pays anglo-saxon, voyageurs au long cours, aspirants à un eldorado loin d’une Europe qui se débat toujours dans la crise… Mais cette image de réussite facile qui colle au pays est trompeuse. Comme partout ailleurs, un minimum de préparation est nécessaire pour les candidats à l’expatriation. « Certains débarquent en pensant trouver du travail en claquant des doigts, en se fiant à ce qu’ils ont pu lire sur Internet ou dans des articles datant des années fastes, quand le pays était en plein boom. Mais la réalité n’est plus celle d’il y a cinq ans », avertit France Arnaud, Australienne d’adoption depuis plus de vingt ans, qui dirige l’agence Boomerang, un organisme de conseil et d’orientation pour étudiants.

Gare à l’impréparation

Elle a vu évoluer les vagues de migrants français. « On voit davantage de travailleurs manuels. Mais aussi de plus en plus de gens qui débarquent sans parler un mot d’anglais (l’un d’eux communiquait avec un traducteur électronique…), sans argent et sans la moindre idée de ce qui les attend. S’ils ne trouvent pas rapidement du travail ou s’ils ont un souci de santé, ils se retrouvent dans des situations intenables. » Certains repartent ainsi au bout de quelques semaines, d’autres accumulent les galères. Comme Julien (le prénom a été modifié), devenu « squatteur de canapés » à Sydney : « Je cherche n’importe quel petit boulot pour pouvoir payer mon billet retour. Mais même pour distribuer des prospectus, il y a des dizaines de candidats à chaque annonce. »

Car si l’Australie est fière d’exhiber vingt et une années consécutives de croissance et affiche encore une prévision de 2,75% pour le premier semestre 2014 – des données qui feraient rêver en Europe –, le pays voit son secteur minier, la locomotive qui a porté son économie au douzième rang mondial, s’essouffler. Certes, avec un PIB par habitant de 64 157 dollars en 2013, l’Australie se porte toujours bien. Mais son taux de chômage a atteint 6% en janvier, une première depuis plus de dix ans, et son secteur manufacturier vit une période difficile, symbolisée par la fermeture programmée des usines de construction automobile d’ici à 2017.

Sydney hors de prix

L’afflux croissant de nouveaux immigrants et le retour au pays d’Australiens, autrefois partis monnayer leurs talents en Europe ou aux Etats-Unis, accentuent la concurrence sur le marché de l’emploi. En particulier à Sydney, la principale porte d’entrée du pays, classée au cinquième rang des agglomérations les plus chères du monde par le magazine Time. La métropole concentre environ 40% des Français vivant en Australie, l’une des communautés étrangères les plus actives du pays : établissements scolaires et culturels, festivals et autres événements assurent une visibilité tricolore, tandis que des réseaux de solidarité économiques et sociaux tissent leur toile dans les autres villes du pays. Mais son attrait auprès des aspirants au départ ne va pas sans quelques frictions. « A Sydney, la communauté française a la taille d’une petite ville, avec ses notables installés qui ne voient pas toujours d’un très bon œil l’arrivée de petits nouveaux susceptibles de les concurrencer », regrette la dirigeante d’une PME dans l’événementiel.

Visa : plus facile pour les contrées reculées

L’Australie reste malgré tout une terre d’opportunités. Notamment pour ceux qui sont prêts à s’aventurer loin de la capitale économique du pays, « où l’on entend parler français à tous les coins de rue et où le coût de la vie a explosé ces dernières années ». Aurélie et Jan ont ainsi choisi de s’installer à l’autre bout du pays, à Perth, « une ville plus agréable à vivre et moins superficielle ». Située dans l’Etat riche en matières premières d’Australie occidentale, elle est une des métropoles les plus dynamiques économiquement. Le couple de trentenaires franco-belge a saisi il y a deux ans l’occasion de quitter la région parisienne grâce à la mutation professionnelle de Jan pour « tenter l’aventure à l’autre bout du monde pendant quelques années ». A eux deux, ils ont coché toutes les cases du parfait candidat à l’immigration : moins de 35 ans ; elle, infirmière, lui, ingénieur dans l’énergie. Pour eux, comme pour les travailleurs qualifiés des secteurs en déficit de main-d’œuvre locale jeune et suffisamment formée (santé, ingénierie, comptabilité, technologies de l’information, etc.), le ministère de l’Immigration déroule le tapis rouge. Il est certes fini le temps de la White Policy qui, jusqu’en 1973, voyait l’Etat financer le voyage de certains migrants depuis l’Europe, pour favoriser l’immigration blanche européenne. Mais l’acquisition d’un visa de résident per­manent, voire de la nationalité australienne, est facilitée aux nouveaux arrivants qualifiés.

Les Français plutôt bien cotés

Les Français sont d’autant mieux placés qu’ils jouissent globalement d’une bonne réputation. « Les dirigeants d’entreprise australiens que je côtoie les considèrent comme travailleurs, dotés d’une bonne formation et cultivés », assure François Romanet, PDG de Safran Pacific, la filiale régionale du groupe industriel français, et vice-président fédéral de la Chambre de commerce et d’industrie franco-australienne. L’attraction croissante de l’Australie sur les Français s’explique, dit-il, par « la situation économique de l’Hexagone qui a brisé le tabou de quitter son pays et par une culture assez proche de la nôtre, la simplification des démarches administratives pour s’installer, l’effacement de la barrière de la langue et le dynamisme économique du pays ». Autant de facteurs qui séduisent aussi les entreprises : plus de 450 sociétés tricolores sont présentes sur le territoire australien, depuis des PME en forte croissance jusqu’aux filiales de la plupart des groupes du CAC40. « Avec 23 millions d’habitants à fort pouvoir d’achat, un environnement économique et administratif favorable et la proximité de l’Asie, c’est un marché émergent sans les contraintes des émergents », estime l’industriel, qui voit également des Français toujours plus nombreux venir créer leur entreprise sur place.

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LES CHIFFRES CLES DE LA PRESENCE FRANÇAISE
6,8 milliards d’euros investis en Australie : la France est le huitième investisseur étranger du pays, avec 2,7% des IDE.
462 filiales de sociétés françaises sont installées sur le territoire, des PME jusqu’aux groupes du CAC 40 (37 sont présents), pour 13 milliards d’euros environ de chiffre d’affaires cumulé.
20 000 Français sont enregistrés comme résidents temporaires ou permanents sur les listes de l’ambassade de France, mais celle-ci estime leur nombre réel entre 70 000 et 90 000 sur tout le territoire
SOURCES : MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES, AMBASSADE DE FRANCE

Une réflexion sur “Australie : la France est devenue la 2e source d’immigrants européens

  1. Le pédagogue :

    En ce début du mois de septembre 2015, la publication par le quotidien britannique « The Independent », de la photo de la dépouille d’un enfant mort en mer, comme des milliers d’autres personnes qui tentent, depuis un certain temps déjà, d’atteindre d’autres rivages, semble avoir provoqué « une certaine émotion », face à « l’afflux des migrants ».
    Depuis longtemps , bravant tous les dangers, des milliers de personnes, hommes, femmes, et enfants, fuyant les horreurs des pays d’origine, tentent d’arriver en Europe et d’y rester, en dépit de l’hostilité dont elles sont l’objet, et qui ne date pas d’aujourd’hui.
    Ce « processus migratoire » ne cesse de mettre en relief certaines conséquences des méfaits du système colonialo-impérialo-sioniste qui a semé, et qui sème encore, l’oppression partout.
    En arabe, les personnes qui prennent la mer pour atteindre l’Europe sont appelés « lhrraaga ».
    Les « brûleurs ».
    J’en ai déjà parlé, mais ce n’est pas la première fois que je reprends ce dont j’ai déjà palé.
    Ce sont généralement des personnes qui tentent, à bord d’embarcations de fortune, de quitter l’Afrique (et des pays situés ailleurs) pour atteindre l’Europe la forteresse), où ils sont considérés, lorsqu’ils y arrivent (ce qui n’est pas toujours le cas), comme « clandestins » (émigration clandestine).
    « Brûleurs » parce que avant de se lancer dans cette tentative d’atteindre des côtes européennes, ils brûlent tous les documents qui peuvent permettre de les identifier et donc de les expulser vers les pays de départ.
    Des pays où sévissent des régimes fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
    Avec ces régimes, pour les populations qui y subissent les horreurs, l’Afrique (ou des pays situés ailleurs) est un bagne, un continent où la merde gicle et dégouline de partout.
    Nauséabonde.
    L’esclavage a fait des ravages.
    Le colonialisme n’a rien épargné.
    Le système colonialo-impérialo-sioniste continue d’alimenter, d’entretenir et de répandre les ordures et la pourriture.
    Les régimes mis en place par ce système, sont tenus de tout mettre en œuvre afin de servir les intérêts de leurs employeurs.
    Ces employeurs, qui connaissent mieux que quiconque leurs employés et qui n’ignorent rien de leurs pratiques, savent qu’ils sont assoiffés de sang, d’argent et de vices, qu’ils sodomisent et massacrent des hommes, violent, méprisent, humilient et tuent des femmes, s’adonnent à la pédophilie et font disparaître des enfants.
    Ce qui a été appelé « l’indépendance dans l’interdépendance », « la révolution » ou la fin de l’apartheid, n’a pas débarrassé les « indigènes » de l’asservissement, des persécutions, de l’oppression, de l’exploitation, de l’arbitraire, des enfermements, des tortures, des humiliations, des vexations, des injustices et autres.
    Les criminels mis à la « tête » des « États » dits « indépendants » ont des comptes bancaires partout, des lingots d’or, des pierres précieuses, des bijoux de grande valeur, des fermes modèles, des haras, des propriétés immobilières sans nombre, des résidences dans les « grandes capitales » et au bord de « plages pour milliardaires », des palaces, des tableaux de peintres de renom, des cabarets, des boîtes de nuit, des salles de jeu, des restaurants, des voitures luxueuses, des avions, des bateaux.
    Ils affament et détruisent avec l’appui de leurs employeurs, investissent dans les lieux de la débauche, se font livrer par vols entiers des débauchés dits stars, artistes et autres, des alcools et des drogues à profusion, des mets pour « civilisés » que les « barbares » ne connaissent même pas de nom, raffolent de sexe sans frontières et de partouzes.
    Ils salissent et souillent tout, recourent à la dépravation, à la censure, aux usurpations, aux falsifications, aux trafics, aux trahisons, aux tromperies, aux tricheries, aux enlèvements, aux séquestrations, aux emprisonnements, aux supplices, aux liquidations, aux tueries, aux massacres et autres à des degrés inimaginables.
    Les « empires coloniaux » ont peut-être disparu, mais pas les effets du colonialisme.
    Le système colonialo-impérialo-sioniste a imposé à des populations entières de par le monde de chercher des moyens de subsistance dans des conditions, le plus souvent, atroces.
    Beaucoup parmi elles, rurales, se sont trouvées dans des faubourgs de villes nouvelles coloniales, contraintes de s’adapter à des modes de survie dans des bidonvilles.
    Ces populations ont connu la transplantation forcée dans leur pays d’origine, avant qu’elles ne soient poussées à le quitter parfois pour fournir la main d’œuvre, taillable et corvéable à merci, dont les métropoles avaient besoin.
    Le processus migratoire ne peut pas être compris en occultant l’histoire de la transplantation d’êtres de sociétés rurales, d’êtres colonisés, maintenus dans l’ignorance, dépossédés, sans moyens, dans des sociétés industrialisées qui par de multiples mécanismes ont imposé et imposent leur domination.
    Les pays d’Afrique (et d’autres pays ailleurs) restent pour les employeurs des réserves de matières premières et de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs pour touristes », des dépotoirs multiples et variées et des décharges d’immondices.
    Ces pays sont dotés d’une armée et d’une police très opérationnelles pour les oppressions et les massacres des populations.
    À cet effet, le système colonialo-impérialo-sioniste leur vend les armes nécessaires et se charge de la formation.
    Ces armes sont vendues au prix fort par ce trafiquant, qui alimente, oriente, entretient et contrôle les conflits armés entre ses employés.
    Doté d’avions bombardiers des plus performants dans les exterminations, d’une flotte maritime pour les agressions, d’innombrables chars de carnage, de missiles, d’équipements militaires les plus récents, d’armements sophistiqués, d’armes nucléaires, le système colonialo-impérialo-sioniste répand la terreur.
    Dans ce domaine, une certaine « préséance » est reconnue à la France en Afrique, qu’elle continue de considérer comme sa « chose ».
    Depuis un certain temps, l’Europe ne veut plus que ces « hrraaga » émigrent pour atteindre « la forteresse ».
    Elle fait tout afin d’empêcher leur venue, mais ces « brûleurs » sont décidés à tout faire pour s’évader du bagne des pays d’origine.
    Ils n’ont rien à perdre.
    Ils continuent de mourir pour fuir ce qu’ils ne peuvent plus supporter.
    Afin de les contenir, l’Europe verse des sommes énormes à ses employés pour qu’ils usent de tous les moyens de rétention.
    Par ailleurs, en plus des possibilités illimitées de chaque État d’Europe, l’Union Européenne a mis en place une force (Frontex) avec des avions, des hélicoptères, des navires et autres, destinés à renforcer « la forteresse ».
    Mais rien n’arrête « lhrraga » :
    Ni les naufrages au large de l’île italienne de Lampedusa et ailleurs qui ont entraîné la mort de centaines de personnes, qui s’ajoutent aux milliers d’autres naufragés dans la mer contrôlée par cette Europe où ils rêvaient de survivre plus décemment que « chez eux ».
    Les criminels installés à la « tête » des « États » d’Afrique s’en foutent bien sûr.
    Complètement, et recourent au pire.
    Tout cela est noyé bien sûr.
    Les imposteurs, à l’œuvre depuis des lustres, ont toujours usé d’une diarrhée verbale pour camoufler leurs crimes.
    Des mots qui alimentent et entretiennent le faux.
    Gonflés d’orgueil et d’arrogance, ils répandent leur diarrhée.
    Ils donnent des leçons qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes.
    Sèment les tromperies et toutes les horreurs selon l’étable de leur loi (les tables de leur loi).
    Veulent imposer leur « Histoire », avec hache majuscule, pour décapiter la Vérité.
    Ils font semblant de « s’offusquer » des effets de ce dont ils sont la cause.
    Les coups les plus inimaginables sont montés.
    Les manipulations les plus incroyables sont pratiquées.
    Les mensonges les plus éhontés sont servis.
    Les hommes, les femmes et les enfants qui continuent d’arriver en Europe(et ailleurs), ne sont pas différends de ce qui a été décrit il y a des décennies :
    « Ils avaient le pas pesant, les bras ballants et la face effarée. Ceux qui s’arrêtaient pour les voir passer fermaient brusquement les yeux, en une minute de doute intense et subit, où l’origine et la fin conventionnelles de l’homme étaient vélocement révisées, les classifications des règnes et les métaphysiques mises à bas et échafaudées de nouveau comme un château de cartes sur leurs mêmes fondements et suivant la même systématique […] ils ouvraient les yeux : la faillite de la civilisation, sinon de l’humanité, qu’ils avaient vu défiler vêtue de fripes, ou, à tout le moins, des fripes emplies de néant » (Driss Chraïbi, Les Boucs, Paris, éditions Denoël, 1955, P. 26).

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