VILLES ET CULTURE

Fontainebleau : Le théâtre impérial retrouve son lustre grâce à Abou Dhabi

RFI

par 

 

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Le théâtre impérial du château de Fontainebleau, désormais baptisé Cheikh Khalifa bin Zayed al Nahyan, du nom de son mécène, le 30 avril 2014.AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD
 

Enchâssé tel un joyau au cœur du château de Fontainebleau, le théâtre impérial construit par Napoléon III n’était plus que poussière et désolation. Il vient de retrouver tout son éclat grâce au mécénat des Emirats arabes unis. Une restauration à dix millions d’euros et la reconnaissance de la France au Cheikh Khalifa bin Zayed al Nahyan qui verra désormais le théâtre porter son nom.

C’est un vrai bijou, un exemple parfait de ce que les arts décoratifs du Second Empire produisaient de mieux. Ce théâtre de cour a été aménagé à la demande de Napoléon III de 1853 à 1856 par l’architecte Hector Lefuel. Construit sur quatre niveaux, il pouvait accueillir 400 invités, le nec plus ultra de l’époque. Fascinée par la reine Marie-Antoinette, l’impératrice Eugénie pouvait ainsi à loisir s’installer dans la loge impériale et admirer « son » théâtre avec sa salle en forme d’ellipse, inspiré de celui du château de Versailles.

Faire un geste

Les trois coups ont retenti pour la première fois en 1857, mais l’engouement fut de courte durée ; il n’y eut dans cet écrin, doté d’un lustre de cristal de roche à cent lumières, qu’une quinzaine de représentations. La chute de l’Empire en 1870 signe la fin des fêtes à Fontainebleau. Le théâtre impérial ferme ses portes et, si ce n’est la chute de son lustre monumental en 1926, personne n’en entend plus parler. Il y a bien quelques représentations données pendant l’Occupation allemande par une poignée d’officiers, mais finalement, le théâtre est fermé en 1941 pour des raisons de sécurité.

Dans les années 1960, des projets de restauration sont dans l’air, mais rien de concret ne viendra réveiller le bel assoupi. Jusqu’en 2007, où à la faveur de l’accord sur le Louvre Abou Dhabi, l’Emirat exprime le souhait « de faire un geste supplémentaire pour un lieu patrimonial français ». Le théâtre impérial de Fontainebleau est donc retenu et les travaux sont lancés en 2013.

Les Emirats arabes unis se sont engagés à verser dix millions d’euros pour les travaux, dont cinq ont déjà été déboursés. La première tranche de la restauration a concerné les soieries capitonnées, les moquettes, les ornements peints et le lustre extraordinaire qui a retrouvé toute sa splendeur. Ce sont ainsi vingt-deux corps de métier qui ont redonné au petit théâtre son éclat perdu depuis un siècle et demi. De son côté, l’Etat a mis la main à la poche pour la réfection des toitures.

 

 

Contrepartie

Le public peut venir admirer le résultat depuis le 3 mai, mais il devra se contenter d’une visite, car il n’est pas question pour le moment de donner des représentations dans ce théâtre sauvé de l’oubli et qui porte dorénavant le nom de son mécène, le président des Emirats, le Cheikh Khalifa bin Zayed al Nahyan. Une contrepartie demandée par les Emiriens et que Jean-François Hébert, le président de l’établissement public du château de Fontainebleau affirme « ne pas trouver choquante ».

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