DONNEES ET ANALYSES

Arlysère (Savoie) : une économie dynamique, mais un territoire qui vieillit

INSEE

Par Jean-Pierre Reynaud, Henri Lavergne, Insee Rhône-Alpes

Coordination : Marion Allard de la direction des Politiques territoriales de la Région Rhône-Alpes, et Mustapha Touahir et Philippe Bertrand de l’Insee Rhône-Alpes.

Résumé

Territoire à dominante montagneuse, Arlysère bénéficie d’une diversité de paysages qui peut constituer une contrainte pour son développement. S’il demeure attractif, le territoire connaît un vieillissement de sa population. Il est relativement autonome en matière d’emploi et le chômage y est contenu. La diversité des secteurs d’activité et la prédominance des activités présentielles sont des points positifs. Le tourisme peut être un moteur de l’économie, même si la saisonnalité apporte une légère précarité des emplois. Les espaces naturels et la qualité de vie sont autant d’atouts pour le territoire.

Situé dans le département de la Savoie, le territoire d’Arlysère s’étend autour de la confluence de l’Isère et de l’Arly. Limitrophe avec la Haute-Savoie, il est bordé à l’ouest par le Massif des Bauges et la chaîne des Aravis, au nord et à l’est par le Massif du Mont-Blanc et au sud-est par le massif de la Tarentaise-Vanoise. Ce territoire, qui culmine à 2 920 m à l’aiguille du Grand Fond dans le massif du Beaufortain, présente une grande diversité de paysages entre vallées et massifs alpins. Il est ouvert sur le bassin annécien, sur les vallées de l’Arly et de la Tarentaise, et au sud sur la Combe de Savoie et la vallée de la Maurienne. Ce relief caractéristique a largement influencé le développement économique d’Arlysère, par le biais, notamment, de l’hydroélectricité.

Relief et voies de communication

Relief et voies de communication

45 % de la superficie du territoire est située hors de l’influence des pôles

Le territoire compte 59 000 habitants en 2010. Avec 77 habitants par km², il est bien moins dense que la zone de référence* composée des « villes moyennes » (125 hab/km²) ou que la région Rhône-Alpes (142 hab/km²). Arlysère compte 39 communes réparties en quatre communautés de communes. La plus peuplée, la « Région d’Albertville », représente près des trois quarts de la population, avec 43 000 habitants pour 18 communes. Elle s’articule autour d’Albertville (19 000 habitants) et d’Ugine (7 000 habitants), les deux principales villes du territoire. Au sud, la communauté de communes « Haute Combe de Savoie » (8 800 habitants) est directement sous l’influence d’Albertville : dix de ses onze communes font partie de son aire urbaine. La communauté « Confluences », correspondant à la vallée du Beaufortain, compte 4 500 habitants en 2010. Elle est constituée de quatre communes isolées de l’influence des pôles. Enfin, au nord, la communauté du « Val d’Arly » (2 800 habitants) est davantage tournée vers la Haute-Savoie.

* Pour chacune des synthèses, le territoire étudié est comparé à un territoire dit de « référence », englobant à la fois le territoire étudié et des territoires ayant des caractéristiques similaires. Les territoires de Rhône-Alpes appartiennent ainsi à l’un des cinq territoires de référence suivants : « les grandes agglomérations », « les villes moyennes », « le périurbain », « le rural », « les stations de montagne ».
Arlysère est comparé au territoire de type « villes moyennes ». Cette zone de référence est constituée du Genevois français, du Bassin de vie de Bourg-en-Bresse, du Bassin de Montélimar, de l’Ardèche Verte, du Faucigny, du Haut-Bugey, du Roannais, de Rhône PLURIEL et d’Arlysère.

Carte d’identité du territoire
Arlysère Référence Région
1999 2010 1999 2010 2010
(*) composition des EPCI au 1er janvier 2012
Sources : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale) et Direction Générale des Collectivités Locales
Population 53 539 59 027 971 614 1 096 523 6 230 691
Poids dans la région (%) 0,9 0,9 17,2 17,6 ///
Densité (hab./km²) 70 77 111 125 143
Nombre de communes 39 39 586 586 2 879
dont % en EPCI (*) 0,0 94,9 62,6 95,9 95,9
Part de la population dans l’espace des grandes aires urbaines (%) 72,2 73,9 87,7 88,4 88,4
Part des moins de 25 ans (%) 30,8 29,0 32,0 30,7 31,7
Part des 65 ans et plus (%) 15,8 17,7 14,6 15,9 16,2
Indice jeunesse (moins de 25 ans / 65 ans et plus) 1,95 1,64 2,19 1,92 1,96

Les aires d’influence des villes

Les aires d’influence des villes

Une évolution de la population identique à celle de Rhône-Alpes

De 1999 à 2010, la population d’Arlysère a augmenté de 5 500 habitants, soit un taux de variation annuel moyen de + 0,9 %, identique à celui de Rhône-Alpes mais plus faible que celui de la zone de référence (+ 1,1 %). Cette augmentation est le résultat d’un solde migratoire positif (+ 0,6 %) comme dans la zone de référence, deux fois supérieur à l’excédent des naissances sur les décès (+ 0,3 %, respectivement + 0,5 %).

Évolution de la population depuis 1962

Evolution de la population depuis 1962

Taux de variation annuel de la population

Taux de variation annuel de la population

Dans ce territoire, depuis les années 80, le taux de variation dû au solde naturel est stable et se situe entre + 0,3 % et + 0,4 % par an. Le solde apparent des entrées-sorties est, quant à lui, plus fluctuant. De 1982 à 1990, l’augmentation de la population (+ 0,9 % de moyenne annuelle) est en partie due au solde migratoire (+ 0,5 % de moyenne annuelle), en lien avec la dynamique créée par les Jeux Olympiques. Par contre, au cours de la décennie suivante, entre 1990 et 1999, la croissance de la population se tasse (+ 0,3 % par an) et l’apport migratoire est nul. Par comparaison, la population de la zone de référence augmente de + 0,7 % en moyenne annuelle sur cette même période. Le dynamisme démographique retrouvé sur ces dix dernières années, marque donc un redressement de l’attractivité du territoire.

Le sud-ouest est attractif et dynamique

De fortes disparités existent entre vallées et zones de montagne. Avec 1 500 habitants de plus, Albertville présente, entre 1999 et 2010, un taux de croissance annuel dans la moyenne du territoire (+ 0,8 %). Ugine, l’autre ville-centre, ne gagne qu’une centaine d’habitants sur la même période (+ 0,1 % annuel). En revanche, les villes de banlieue, comme Gilly-sur-Isère (+ 450 habitants, + 1,5 % par an) ou encore Mercury (+ 500 habitants, + 1,8 % par an) connaissent une forte croissance démographique. L’ensemble de la communauté de communes « Haute Combe de Savoie » bénéficie d’une forte attractivité : 1 500 habitants de plus entre 1999 et 2010, soit + 1,7 % de croissance annuelle moyenne. Versant le plus ensoleillé du territoire, la partie sud possède également de bonnes infrastructures. Les axes autoroutiers aux portes d’Albertville ouvrent sur la vallée de la Maurienne et le bassin chambérien. Ce fond de vallée où se sont implantés de nombreux commerces est aussi desservi par trois gares ferroviaires : Grésy-sur-Isère, Frontenex et Albertville.

Les communes de montagne subissent quant à elles un tassement démographique. Le Val d’Arly a ainsi une population, qui après une très légère augmentation, retrouve son niveau de 1999. Le Beaufortain a connu une forte progression entre 1999 et 2006 (+ 400 habitants), mais perd des habitants entre 2006 et 2011 (- 150 habitants). Pour inverser cette tendance à la baisse dans les zones de montagne, maintenir l’attractivité des villages comme Beaufort (2 200 habitants), Queige, Hauteluce ou Flumet (environ 800 habitants chacun), constitue un enjeu pour cette partie du territoire.

Nombre d’habitants en 2010 et évolution de la population entre 1999 et 2010

Nombre d’habitants en 2009 et évolution de la population entre 1999 et 2009

La population vieillit plutôt vite

L’examen de la structure par âge de la population 2010 révèle un déficit de toutes les tranches d’âge inférieur à 45 ans et un excédent pour les autres. 24,2 % des habitants d’Arlysère ont moins de 20 ans, respectivement 25,6 % et 25,4 % pour la zone de référence et Rhône-Alpes. De façon encore plus marquée, les plus de 60 ans représentent 24 %, soit deux points de plus que dans les deux zones de comparaison. L’indice de vieillissement (rapport entre les 65 ans ou plus et les moins de 20 ans) est passé de 0,61 à 0,73 entre 1999 et 2010 alors que dans le même temps il passait de 0,55 à 0,62 pour la zone de référence.

L’écart s’est donc fortement accentué ces dix dernières années. Le déficit des tranches d’âge de 25 à 40 ans, déjà constaté en 1999, s’est creusé avec pour conséquence moins d’enfants en bas âge. Si le territoire reste attractif (6 000 départs sur la période 2003-2008 pour 7 000 arrivées), les migrations résidentielles n’ont pas compensé ce phénomène, voire l’ont amplifié. La part des étudiants et élèves parmi les personnes quittant le territoire est beaucoup plus forte en Arlysère que dans la zone de référence (22 % contre 18 %). Inversement, le territoire Arlysère est attractif pour les retraités contrairement aux « villes moyennes ». Les retraités représentent en effet 7 % des départs mais 13,5 % des arrivées. Par ailleurs, dans la zone de référence, le déficit migratoire de la classe d’âge 15-24 ans est intégralement compensé par l’apport de la classe 25-34 ans. Ce n’est pas le cas en Arlysère : la classe 25-34 ans ne comble que 40 % des départs des plus jeunes. Il semble donc que le retour de jeunes sur le territoire ne se fasse pas dès la fin de leur cursus de formation mais plutôt après de premières expériences professionnelles.

Flux migratoires(*) par âge et par catégorie socioprofessionnelle entre 2003 et 2008
Par âge Arrivées Départs Solde Solde en %
de la population
(en l’absence
de migrations)
(*) Il s’agit des migrations internes au territoire français (France métropolitaine + DOM). Elles ne tiennent donc pas compte des échanges avec l’étranger
Source : Insee – Recensement de la population 2008 (exploitation principale)
de 5 à 14 ans 1 002 639 363 + 5,3
de 15 à 19 ans 382 697 -315 – 8,2
de 20 à 29 ans 1 609 2 016 -407 – 6,1
de 30 à 39 ans 1 678 1 120 558 + 7,9
de 40 à 54 ans 1 194 915 279 + 2,2
de 55 à 64 ans 581 324 257 + 3,7
65 ans et plus 535 222 313 + 3,2
Ensemble 6 981 5 933 1 048 + 1,9
Par CS (plus de 15 ans) Arrivées Départs Solde Solde en % de la population (en l’absence de migrations)
Source : Insee – Recensement de la population 2008 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 21 21 0 + 0,0
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 276 186 90 + 4,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures 616 482 134 + 6,3
Professions intermédiaires 1 341 956 385 + 6,2
Employés 1 238 1 110 128 + 1,7
Ouvriers 874 703 171 + 2,2
Retraités 793 370 423 + 3,3
Étudiants et élèves 314 1 145 -831 – 21,7
Autres inactifs 438 327 111 + 2,7
Ensemble 5 910 5 300 610 + 1,3

Si les mouvements démographiques observés se poursuivaient, la tendance au vieillissement de la population serait confirmée à l’horizon 2040. La croissance démographique serait modérée avec un solde migratoire toujours prédominant. Et la part des jeunes de moins de 25 ans serait faible, autour de 25 % contre 29 % en 2010. À titre de comparaison, cette part serait de 27 % dans la zone de référence et de 29 % en Rhône-Alpes. L’adaptation des politiques publiques au vieillissement de la population est une nécessité. Favoriser l’accueil de jeunes et de jeunes ménages sur l’ensemble du territoire permettrait de maintenir un bon équilibre entre les différentes générations.

D’autres évolutions démographiques sont à prendre en compte. La taille des ménages en logement ordinaire est légèrement plus faible que dans la zone de référence (2,25 pour 2,32 dans la référence), et elle a surtout diminué plus fortement en 10 ans. Les ménages d’une seule personne sont par ailleurs plutôt nombreux (33 %) ; ils justifient à eux seuls une augmentation du nombre de logements offerts.

La gestion de l’habitat devra aussi répondre aux contraintes de l’espace foncier. La construction de logements neufs ne pouvant se faire que sur une partie limitée du territoire et plutôt hors des espaces de montagne, la densification de l’habitat pourrait être une solution.

Un marché de l’emploi équilibré et un chômage contenu

À l’image du département de la Savoie, le marché de l’emploi se porte plutôt bien en Arlysère. En 2010, le territoire compte 28 000 actifs. L’augmentation de ce nombre depuis 1999 (+ 16 %) est conforme à celle constatée dans la zone de référence (+ 16 %) ou en Rhône-Alpes (+ 15 %). Sur cette même période, le chômage, au sens du recensement de la population, reste contenu et le nombre de chômeurs a même légèrement diminué. 8 % de la population active, soit plus de 2 000 personnes, sont au chômage ; 10 % l’étaient en 1999. Dans le même temps, cette part restait stable, autour de 10 %, dans la zone de référence.

Marché du travail
15 ans et plus 1999 2010
Arlysère Référence Région Arlysère Référence Région
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Actifs ayant un emploi 21 914 412 063 2 308 240 25 887 479 355 2 679 390
dont salariés 18 798 360 464 2 017 413 22 190 421 082 2 345 100
dont non salariés 3 116 51 599 290 827 3 698 58 272 334 290
Chômeurs 2 325 44 870 286 935 2 236 52 712 302 880
% chômeurs dans la population active 9,6 9,8 11,0 8,0 9,9 10,2

Les jeunes chômeurs (de 15 à 24 ans) sont, en proportion, moins nombreux en Arlysère que dans la zone de référence (17 % contre 20 %) et qu’en Rhône-Alpes (21 %). Les données de Pôle emploi pour l’année 2012 confirment ce constat. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits au 31 décembre a augmenté de + 8 % sur le territoire en un an (+ 13 % pour la référence et + 11 % pour Rhône-Alpes). Mais le nombre d’inscrits de 15 à 24 ans, a diminué de – 8 % sur l’année, alors qu’il croissait de + 12 % dans la zone de référence. Ceci s’explique sans doute par l’effet conjugué du déficit de jeunes sur le territoire et du taux d’emploi plus fort pour cette tranche d’âge (43 % contre 39 % dans la zone de référence et 35 % en Rhône-Alpes), en lien avec les activités saisonnières.

En 2010, le territoire propose 24 000 emplois pour 25 900 actifs occupés, soit 93 emplois pour cent actifs occupés, contre 85 dans la zone de référence. Les trois quarts de ces emplois sont situés sur la communauté de communes d’Albertville. Avec près de 15 000 emplois à elles deux, les communes d’Albertville et d’Ugine concentrent trois emplois de l’ensemble du territoire sur cinq. En zone montagneuse, un peu plus de 2 000 emplois sont répartis entre Beaufort, Hauteluce et Flumet, et, dans les vallées, près de 3 000 entre Gilly-sur-Isère, Frontenex ou La Bathie.

Les emplois sont majoritairement occupés par des résidents. Trois actifs occupés sur quatre (76 % contre 69 % pour la référence) travaillent au sein de la zone. Ils sont même 37 % à travailler dans leur commune de résidence alors qu’ils ne sont que 29 % dans la zone de comparaison ou 32 % en Rhône-Alpes. La « Haute Combe de Savoie » est la partie la plus résidentielle du territoire. Le taux de couverture de l’emploi y est de 57 %.

Les échanges avec l’extérieur de la zone concernent 6 000 personnes qui vont travailler en dehors et croisent les 4 000 actifs y entrant également pour travailler. Le quart de ces échanges (soit 2 400 mouvements d’entrée ou de sortie) se font avec Faverges, Moûtiers et Chambéry. Les aires d’influence de ces trois villes totalisent plus de 40 % des déplacements.

La durée des déplacements domicile-travail, pour les habitants d’Arlysère, est comparable à celle de la zone de référence. Elle est en moyenne de 18 minutes. Pour les seuls navetteurs travaillant dans une autre commune de la zone, elle est de 15 minutes et atteint 50 minutes pour ceux travaillant en dehors du territoire. Les trajets des actifs arrivant de l’extérieur de la zone sont légèrement plus longs. Ces derniers consacrent en effet un peu plus d’une heure en moyenne à se rendre sur leur lieu de travail (contre 50 minutes).

Déplacements domicile-travail
Ensemble des actifs (*) 1999 2010
Nombre % Nombre %
(*) Dans ce tableau, les actifs occupés sont pris en compte quel que soit leur âge (donc y compris les quelques actifs de 14 ans)
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Actifs occupés (au lieu de résidence) 21 916 100,0 25 899 100,0
Résidant et travaillant dans la zone 17 715 80,8 19 762 76,3
dont résidant et travaillant dans la même commune 9 500 43,3 9 467 36,6
Travaillant en dehors de la zone 4 201 19,2 6 136 23,7
Emplois dans la zone (au lieu de travail) 20 499 100,0 23 920 100,0
Occupés par des actifs résidant dans la zone 17 715 86,4 19 762 82,6
Occupés par des actifs résidant hors de la zone 2 784 13,6 4 158 17,4
Nombre d’emplois / nombre d’actifs 0,94 /// 0,92 ///

Les transports collectifs sont présents mais peu utilisés. Comme dans la zone de comparaison, la majeure partie des déplacements domicile-travail (81 %) se font en voiture. Cependant, huit habitants sur dix résident dans un périmètre de transports urbains (PTU) ou d’une gare ferroviaire de voyageurs (53 % seulement sont dans ce cas pour la référence). Cela constitue donc un véritable atout pour mettre en œuvre le choix de l’éco-mobilité porté par les acteurs locaux.

La structure de la population active par catégorie socioprofessionnelle est très proche de celle de la zone de référence avec cependant un déficit en cadres (9 % contre 13 %) et une part des artisans, commerçants et chefs d’entreprise légèrement plus importante (8 % contre 7 %). Sur la période 1999-2010, le nombre d’ouvriers (7 000) est resté stable. Leur part dans la population active de 15 ans ou plus a diminué (de 32 % à 27 %), mais reste, en 2010, un peu plus forte que dans la référence (26 %) ou qu’en Rhône-Alpes (22 %). De même, la part des employés (29 %) reste également plus élevée que dans ces deux zones de comparaison (27 %).

Ménages selon la catégorie sociale de la personne de référence
En % Arlysère Référence Région
1999 2010 1999 2010 1999 2010
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 1,3 0,9 1,4 1,1 1,3 0,9
Artisans, commerçants et chefs d’entreprise 6,2 6,4 6,3 5,5 5,9 5,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures 5,4 6,2 7,5 9,7 9,5 11,9
Professions intermédiaires 14,6 15,2 15,1 15,6 15,4 16,0
Employés 9,7 10,8 10,1 10,9 10,6 11,0
Ouvriers 25,4 21,3 24,7 20,9 20,3 17,4
Retraités 30,2 35,1 28,7 32,0 28,8 31,7
Étudiants et élèves 0,4 0,3 0,8 0,5 2,6 2,0
Autres inactifs 6,7 3,8 5,4 3,7 5,7 3,8
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

Comme dans la zone de référence ou en Rhône-Alpes, 19 % des actifs déclarent le Bac ou le Brevet professionnel comme diplôme le plus élevé obtenu. Ils ne sont par contre que 25 % à avoir un diplôme de l’enseignement supérieur (court ou long) contre 30 % dans la zone de référence et 35 % en Rhône-Alpes. Les écarts restent les mêmes chez les jeunes actifs de moins de 35 ans : 30 % ont un diplôme de l’enseignement supérieur contre 35 % dans la référence et 40 % en Rhône-Alpes.

En Arlysère, le revenu annuel moyen par foyer fiscal est peu élevé. Avec un peu plus de 22 100 euros en 2010, il reste inférieur à celui observé dans la zone de référence (25 600 euros) ou en Rhône-Alpes (24 900 euros). La surreprésentation des retraités (35 % des ménages contre 32 % dans la référence), ainsi que le déficit en cadres et la part plus importante d’ouvriers et d’employés expliquent en partie ce constat.

Revenus annuels moyens et composition du revenu
En euros de 2010 Arlysère Référence Région
2006 2010 2006 2010 2006 2010
Sources : Insee – DGFiP – Impôt sur le revenu des personnes physiques et Revenus fiscaux localisés des ménages
Revenu annuel moyen par foyer fiscal 22 026 22 177 24 139 25 623 24 112 24 880
Foyers fiscaux non imposés (en %) 44,2 45,2 45,8 46,1 43,8 43,8
Revenu annuel par foyer fiscal imposé 31 362 31 828 34 098 36 414 34 530 35 685
Part des pensions et retraites dans le revenu fiscal (en %) /// 25,6 /// 22,0 /// 23,4

Quelques indicateurs révèlent par ailleurs une certaine fragilité sociale. La part des locataires HLM dans le parc des résidences principales (18 %) est supérieure de 4 points à celle observée dans les deux zones de comparaison. Les salariés en emploi précaire (19 %) sont plus nombreux que dans la zone de référence (14 %) ou en Rhône-Alpes (16 %). De même, les contrats de travail à durée déterminée (15 %) sont plus fréquents (9 % dans la zone de comparaison et 10 % dans la région). Le temps partiel concerne de nombreux salariés (22 % contre 19 % dans la zone de référence, 20 % en Rhône-Alpes) ; ce phénomène est très marqué pour les femmes (39 % contre 33 % dans la référence ou en Rhône-Alpes). La place importante des activités touristiques saisonnières explique en partie une certaine précarité des emplois sur le territoire.

Des secteurs d’activité diversifiés

Le secteur industriel (17 % de l’emploi), bien qu’en retrait dans le territoire par rapport à la zone de référence (21 %), reste important et son poids est conforme à ce qui est observé en Rhône-Alpes. La baisse de l’emploi industriel depuis 1999 (- 11 %) est d’ailleurs moins marquée que dans l’ensemble de la région (- 15 %) et que dans la zone de référence (- 18 %). Depuis la fin du 19e siècle, profitant de ses montagnes et de ses cours d’eau, le territoire a pu produire de l’hydroélectricité, forme d’énergie essentielle pour les industries électrochimiques et électrométallurgiques. Ces deux activités sont devenues des spécificités du territoire. L’exploitation de quatre barrages situés dans le Beaufortain contribue à la mise en valeur de cette « Houille Blanche », et les industries ont profité de cette proximité pour s’installer dans la région, notamment à Ugine : Ugitech, avec plus de 1 100 salariés, est le principal employeur du territoire, spécialisé dans la fabrication de produits longs en acier ; CEZUS, compagnie européenne de zirconium, fabrique des métaux spéciaux et emploie plus de 300 personnes.

Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2011

Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2010

Dynamisé par le tourisme (20 % des logements neufs construits entre 2010 et 2012 sont des résidences de tourisme), le secteur de la construction a connu, depuis 1999, une forte hausse de ses effectifs (+ 44 %). Avec plus de 2 600 personnes, ce dernier représente 11 % de l’emploi. C’est un peu plus que dans la zone de référence (8 %) et qu’en Rhône-Alpes (7 %). Les activités du secteur tertiaire emploient 70 % des effectifs en 2010 (68 % dans la référence). L’importance du secteur hébergement et restauration et de celui des transports, auquel appartiennent les entreprises de remontées mécaniques, met en exergue le poids du tourisme. Le commerce est lui aussi très présent (3 700 emplois) ; son poids est plus important que dans la zone de référence (16 % contre 14 %).

Spécificité du tissu productif de la zone d’étude par rapport à la zone de référence en 2011

Spécificité du tissu productif de la zone d'étude par rapport à la zone de référence en 2010

Avertissement : cet indice doit être utilisé avec prudence, celui-ci ayant peu de signification pour les activités de faible effectif.

Répartition de l’emploi par fonction en 2010
Arlysère Référence
(%)
Effectifs %
Source : Insee – Recensement de la population 2010 (exploitation complémentaire)
Conception, recherche 352 1,5 1,6
Prestations intellectuelles 581 2,4 2,4
Agriculture 475 2,0 2,5
Bâtiment 2 444 10,2 7,8
Fabrication 2 589 10,8 14,4
Commerce interentreprises 670 2,8 3,3
Gestion 2 758 11,5 11,6
Transport, logistique 1 729 7,2 8,1
Entretien, réparation 2 053 8,6 7,9
Distribution 2 345 9,8 8,5
Services de proximité 2 697 11,3 10,0
Éducation, formation 1 194 5,0 5,0
Santé action sociale 1 820 7,6 8,8
Culture loisirs 574 2,4 1,6
Administration publique 1 655 6,9 6,4
Ensemble 23 937 100,0 100,0

Caractéristiques des zones touristiques, les activités présentielles sont prédominantes en Arlysère, surtout depuis les années 1990. Elles représentaient alors déjà 65 % de l’emploi contre seulement 52 % pour la zone de référence et 56 % en Rhône-Alpes. Même si l’écart a diminué depuis, la part de ces activités reste très élevée (70 %).

Répartition de l’emploi par sphère d’activité en 2010
Arlysère Référence
Effectifs % %
Source : Insee – Recensement de la population 2010 (exploitation complémentaire)
Activités présentielles 16 580 69,3 62,4
Activités non présentielles 7 357 30,7 37,6
Ensemble 23 937 100,0 100,0
Créations d’établissements
Période Arlysère Référence
 Ensemble Évolution
entre les 2 périodes
(%)
Évolution
entre les 2 périodes
(%)
Source : Insee – Sirène – Champ ICS
En 2012 708 /// ///
Flux annuel moyen 2003-2005 346 + 89,1 + 97,6
Flux annuel moyen 2010-2012 654

Le tourisme et le cadre de vie, deux atouts pour Arlysère

L’activité touristique bénéficie largement de l’atout naturel en Arlysère. Avec 10 % de l’emploi salarié total du territoire (5 % pour Rhône-Alpes), le tourisme, surtout hivernal, est un véritable moteur de l’économie. La part de l’emploi saisonnier dans l’emploi touristique (emplois salariés générés directement par la fréquentation touristique) est de l’ordre de 25 % l’hiver et de 13 % l’été (respectivement 20 % et 10 % en Rhône-Alpes).

La capacité d’accueil touristique s’exprime par le nombre de lits touristiques d’un territoire. Avec un lit touristique par habitant (58 500 lits), la capacité d’accueil est importante et se trouve pour l’essentiel dans des résidences secondaires (94 % des lits). La zone comporte neuf stations de sports d’hiver, dont les plus connues sont Les Saisies, Hauteluce ou Arêches-Beaufort. Leur développement à la fin des années 70 s’est accompagné d’un programme de construction. La part des résidences secondaires atteint ainsi un taux conséquent (28 % du parc de logements contre 9 % pour la référence). Aujourd’hui encore, leur nombre progresse plus vite que le nombre de résidences principales.

Les caractéristiques des logements
Arlysère Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2010 en % Part en % Évolution 1999/2010 en %
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Résidences principales 25 685 64,5 + 19,8 82,3 + 20,1
Résidences secondaires 11 006 27,7 + 16,2 9,4 + 7,2
Logements occasionnels 402 1,0 – 34,1 0,7 – 19,5
Logements vacants 2 708 6,8 + 56,5 7,7 + 44,8
Ensemble des logements 39 801 100,0 + 19,7 100,0 + 19,9
Les caractéristiques des résidences principales
Arlysère Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2010 en % Part en % Évolution 1999/2010 en %
Source : Insee – Recensements de la population 1999 et 2010 (exploitation principale)
Les résidences principales par type
Maisons 13 770 53,6 /// 57,9 ///
Appartements 11 771 45,8 /// 41,4 ///
Autres 144 0,6 /// 0,7 ///
Les résidences principales par statut d’occupation
Propriétaires 15 329 59,7 + 26,1 60,7 + 29,0
Locataires d’un logement vide non HLM 4 364 17,0 + 29,3 21,6 + 16,3
Locataires d’un logement vide HLM 4 734 18,4 + 13,5 13,5 + 6,4
Locataires d’un logement meublé 512 2,0 + 10,6 1,8 + 36,3
Logés gratuitement 746 2,9 – 40,9 2,3 – 35,3
Ensemble des résidences principales 25 685 100,0 + 19,8 100,0 + 20,1

En lien avec le développement des activités touristiques de la région (et peut-être aussi avec l’héritage des Jeux Olympiques), le niveau d’équipement est globalement satisfaisant. Tous les services des gammes de proximité et intermédiaire sont présents sur le territoire, et très peu de la gamme supérieure sont absents (établissement de santé de moyen séjour). En termes d’équipement par habitant, la zone apparaît ainsi globalement mieux équipée que la zone de référence.

Pôles de services

Pôles de services

L’agriculture et la forêt, une identité du territoire à préserver

En Arlysère, la surface agricole utilisée (SAU) totale diminue entre 2000 et 2010 (- 8 %). La surface moyenne par exploitation (32 hectares) reste plus faible que dans la zone de référence (43 hectares) ou qu’en Rhône-Alpes (37 hectares). La très grande majorité de la surface utilisée (93 %) est composée de « superficies toujours en herbe » (56 % dans la référence et 49 % en Rhône-Alpes).

L’activité agricole, qui ne représente que 2 % de l’emploi, est principalement une activité traditionnelle d’élevage (64 % des exploitations) produisant notamment quatre fromages d’appellation d’origine. Mais quelques activités de grandes cultures ou de polyculture subsistent dans les vallées. En 2010, il n’y a plus que 540 exploitations agricoles, contre un peu plus de 800 en 2000 (- 34 %). Cette baisse est comparable à celle observée dans la zone de référence ou en Rhône-Alpes.

L’agriculture contribue à la valorisation des paysages, eux-mêmes fortement modelés par les espaces forestiers. Les forêts et milieux semi-naturels occupent 80 % de la surface du territoire dont 49 % de forêts (respectivement 44 % et 36 % pour la référence). Les 39 communes de l’Arlysère sont concernées par le classement en ZNIEFF (Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique, floristique), pour 67 % de leur territoire. Ce capital nature constitue une réelle richesse en termes de cadre de vie pour le territoire.

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