ESPACE

Rosetta : mission réussie

LE MONDE

UNE VICTOIRE

« Le contact avec la surface fut bref, mais nous pouvons évaluer les données scientifiques », a déclaré Martin Knapmeyer, responsable de CASSE, un équipement conçu pour mesurer la propagation du son à travers la surface de la comète qui fait partie de SESAME, l’un des dix instruments scientifiques de Philae.

« Philae est entré en contact avec une couche molle, épaisse de plusieurs centimètres. Puis, quelques millisecondes plus tard, les pieds ont rencontré une couche dure, peut-être glacée », a expliqué Klaus Seidensticker, responsable de l’instrument SESAME.

Philae a atterri le 12 novembre sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko, à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre, à trois reprises pour finir par se stabiliser à la surface.

En panne d’énergie plus rapidement que prévu, le module européen a tout de même pu transmettre les données de son forage avant d’entrer en hibernation. Les premières analyses de ses instruments ont permis de savoir que Philae a capté des molécules organiques complexes.

LES IMAGES

Après 10 ans de vie commune dans l’espace, Philae et Rosetta se sont séparés, mercredi 12 novembre. Le petit module a quitté sa sonde pour aller explorer la comète « Tchouri ». Et c’est avec cette rupture que se poursuit l’aventure du couple star de l’Agence spatiale européenne. Retour en images sur les dernières semaines d’un voyage de plusieurs millions de kilomètres.

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67P/Tchourioumov-Guérassimenko, prise par Rosetta le 30 avril. La comète, à une distance de 2 millions de kilomètres, est encore une traînée lumineuse (au centre).
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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La comète, sur une série d’images prises le 14 juillet.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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Le 31 juillet.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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Le 2 août.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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Le 9 août. L’image montre des émissions de gaz.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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Le 10 septembre.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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Le 4 novembre.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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« Selfie » de la sonde Rosetta avec la comète en arrière-plan.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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La surface de « Tchoury », à une dizaine de kilomètres de distance.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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En novembre.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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Première image prise par la sonde Philae, une cinquantaine de secondes après son largage.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

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La sonde Philae prise par Rosetta, quelques instants après son largage, le 12 novembre.
ESA/ROSETTA/NAVCAM/CC BY-SA 3.0 IGO

CE QU’IL FAUT RETENIR

Philae et Rosetta se sont séparés mercredi 12 novembre, peu après 10 heures.

Après dix ans de vie commune dans l’espace, Philae et Rosetta se sont séparés, mercredi 12 novembre. Le petit module a quitté sa sonde pour allerexplorer la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, surnommée « 67P » ou « Tchouri ». Et c’est avec cette rupture que commence réellement l’aventure du couple star de l’Agence spatiale européenne.

Suivre l’atterrissage de Philae, minute par minute

■ Qui sont Philae et Rosetta ?

Philae est un minilaboratoire et Rosetta, son orbiteur. Selon le CNES, l’agence spatiale française, Philae mesure 1 m3 replié et pèse 100 kg sur la Terre. Un poids qui sera divisé par 100 000 sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, soit une masse équivalente à 1 gramme.

Lancés ensemble en 2004 par Ariane V au départ de Kourou, en Guyane, ils ont passé plus de dix ans accrochés l’un à l’autre, parcourant 6,5 milliards de kilomètres dans l’espace. En août, la sonde Rosetta a réussi son rendez-vousavec la comète, autour de laquelle elle s’est mise en orbite.

A 9 h 30 (heure française) mercredi, Rosetta a finalement largué Philae. Le module d’atterrissage a entamé une chute libre de sept heures vers la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko – une première – et s’est posé dessus avec succès.

■ Qu’a fait Philae pendant ses sept heures de chute libre ?

Durant sept heures, Philae a chuté à une vitesse de 1 m/s ou 3,6 km/h, pour parcourir les 20 kilomètres qui le séparait de la comète. Des données ont été enregistrées pour connaître la trajectoire du module. Le champ magnétique environnant a également été mesuré. De même que la composition des poussières et des gaz rencontrés ou les propriétés des particules chargées perturbées par le vent solaire.

Durant le « vol », qui ressemble d’avantage à une chute, Philae et Rosetta se sont pris en photo.
■ A quoi ressemble la comète sur laquelle Philae a atterri ?

La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko se trouve à quelque 510 millions de kilomètres de la Terre. Elle perd 300 millilitres d’eau par seconde et est très sombre, car sa glace est recouverte de poussières et de molécules carbonées absorbantes, dont la composition précise sera étudiée lors de la mission.

L’Agence spatiale européenne en a réalisé une représentation tridimensionnelle.

Selon le magazine New Scientist, elle ressemble également à un morceau de gingembre.
■ Où et comment Philae s’est-il posé ?

La zone d’atterrissage de Philae sur la comète "Tchoury".

La zone visée était sur le sommet du plus petit lobe de « Tchouri ». Considérée comme la zone la plus propice à un atterrissage, elle comportait toutefois des portions difficiles pour Philae, avec une pente forte et des « rochers ».

D’après les premières informations sur la localisation de Philae sur la comète, le robot a atterri à un endroit « assez proche » de l’endroit prévu, a indiqué le CNES, qui précise : « Philae a pu rebondir au moment de l’impact de l’atterrissage et a peut-être tourné sur lui-même. » 

Pour l’instant, Philae n’est toujours pas ancré au sol, car le système de harpons ne s’est pas déclenché. Les scientifiques vont réfléchir à l’opportunité de tenterde le déclencher.

Beaucoup d’informations ont été accumulées pendant la descente et en surface, et les premières expériences ont déjà commencé, notamment la mesure radar qui sonde le cœur de la comète pour en connaître sa structure.

■ Mais pourquoi se poser sur une comète ?

L’objectif n’est rien de moins que de tenter de remonter aux origines du Système solaire, voire de comprendre l’apparition de la vie sur Terre. L’intérêt est d’en apprendre davantage sur ce « fossile » de notre Système solaire, vieux de quelque 4,5 milliards d’années.

La Terre est en effet née de l’agglomération d’une matière proche, a priori, de celle de « Tchouri ». L’eau de nos océans provient probablement des comètes. Les molécules complexes à base de carbone qui sont nécessaires à l’émergence de la vie terrestre recouvrent sans doute la surface de ces glaçons de quelques kilomètres de large seulement.

Pour les plus jeunes, ou les moins scientifiques, l’Agence spatiale européenne explique tout dans un dessin animé.

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