VILLES ET CULTURE

Lyon, le musée des Confluences ouvre enfin ses portes

LE PROJET

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Au-delà d’un emplacement géographique qui le définit, le musée des Confluences – qui porte avec beaucoup de justesse son nom – est une philosophie de la rencontre, un goût de l’échange, une intelligence de regards croisés.

Ce projet dynamique, adossé aux questions, enjeux et défis contemporains, est inédit dans l’univers multiple des musées européens d’aujourd’hui. Sa raison d’être et son ambition sont d’interroger le « temps long » seul à même de comprendre la complexité du monde et d’assurer sa mission fondamentale de diffusion des connaissances.

Pour ce faire, le département du Rhône a fait le choix d’une création architecturale, forte, originale, en relation et en écho du projet intellectuel et conceptuel du musée. Situé au confluent du Rhône et de la Saône, le bâtiment conçu par l’agence autrichienne CoopHimmelb(l)au s’articule entre Cristal et Nuage, entre le minéral et l’aérien. Une architecture exceptionnelle – et d’une extrême fonctionnalité – en écho à la modernité du projet, à son caractère inédit, à l’expansion de son champ d’investigation et à la variété dans le temps et l’espace de ses collections.

Le musée a en héritage plus de 2,2 millions d’objets peu à peu rassemblés en une histoire d’un demi-millénaire, du XVIIe au XXIe siècle.

C’est la Terre depuis les origines, et l’humanité dans son histoire et sa géographie que le musée des Confluences interroge.

En partant de ses collections, il associe les recherches les plus récentes dans tous les domaines des sciences et des techniques, de l’archéologie et de l’ethnologie, de la muséographie et de la médiation des savoirs. Avec pour défi de s’adresser au plus grand nombre, le musée convie toutes les disciplines à susciter la curiosité, l’interrogation, le plaisir de comprendre et l’envie de connaissances.

L’ANALYSE

sciences et avenir

par Mathieu Novak

France Science Museum

Laurent Cipriani/AP/SIPA

S’il y a un musée qui doit faire ses preuves, c’est bien le musée des Confluences. Il ouvre enfin ses portes après 15 années émaillées de dérapages budgétaires (de 60 millions d’euros pour les premières estimations de rénovation du muséum aux près de 260 millions d’euros pour la facture finale), de problèmes de chantiers, de revirements muséographiques… Ces quinze ans pèsent sur l’architecture du bâtiment : elle n’a jamais fait l’unanimité et est aujourd’hui considérée comme dépassée tant la structure qui porte le verre paraît lourde et épaisse.

Mettre en regard différents types de collections »

Mais aujourd’hui, ce bâtiment ouvre enfin ses portes, et ses responsables veulent aller de l’avant. Il est pourtant peu probable que la scénographie mette tout le monde d’accord. Le concept est lié au nom du lieu, confluences : mettre à la confluence du Rhône et de la Saône, un muséum, un musée des sciences et des techniques et un musée des Beaux-Arts rassemblés en un seul lieu. « C’est la confluence des savoirs, des disciplines et des regards, explique Bruno Jacomy, le directeur scientifique. Nous avons voulu mettre en regard différents types de collections pour répondre aux questions de fond que se posent les hommes aujourd’hui. »

LYON. Le musée des Confluences ouvre ses portes par sciencesetavenir

Mais en mettant tout ensemble, il est difficile de ne pas y voir un immense cabinet de curiosités, dans lequel on trouve des fossiles, des animaux naturalisés, des objets contemporains de grande consommation, des toiles aborigènes, etc. La faute à une collection très hétéroclite (voir encadré), faisant l’impasse sur le monde occidental et doublée de ce choix assumé de mélange des genres.

CONFUSION. L’espace permanent est divisé en quatre sections, toutes scénographiées par des personnes différentes. La première porte sur les origines du monde, la deuxième sur la notion d’espèce, la troisième sur les sociétés, et la dernière sur la mort et l’au-delà. Il y a des objets magnifiques, beaucoup d’objets magnifiques même, mais le propos est pour le moins difficile à décrypter. Les mélanges surprennent comme désiré, mais hélas ils n’expliquent pas…

Riche de 2,2 millions d’objets dont seulement 3.000 sont présentés, la collection va tourner dans les expositions temporaires, qui bénéficieront de la même surface que les collections permanentes. Les premières seront consacrées à la collection initiale d’Emile Guimet et à la notion de cabinet de curiosités. Le public sera-t-il au rendez-vous de ce concept sans précédent en France ? L’institution table sur 400.000 à 600.000 visiteurs en rythme de croisière.

L’histoire des collections. Le musée des confluences est né de l’obsolescence du musée Guimet d’histoire naturelle, condamné dans les années 1990 car ne répondant plus aux normes de sécurité pour accueillir du public. Mais l’histoire commence quatre siècles plus tôt…

Deux frères, Balthasar de Monconys et Gaspard de Liergues, rassemblent au 7e siècle des objets rares pour en faire un cabinet de curiosité. Ce sont des minéraux, des animaux naturalisés, des ouvrages, etc. Ils sont rachetés par un médecin vénitien installé à Lyon puis cédés à la ville en 1777. C’est la naissance du cabinet d’histoire naturelle à l’Hôtel de ville.
En partie détruit pendant la révolution, il devient muséum en 1830 puis est peu à peu enrichi au gré des expéditions en vogue à l’époque. À la fin du 19e siècle, Emilie Guimet, fils de Jean-Bapiste Guimet, inventeur du bleu outremer et fondateur de Pechiney, multiplie les voyages en marge de son activité industrielle. Il créé le musée des religions en 1879 à Lyon, dont le faible succès le conduira à créer un autre musée à Paris en 1913, le musée Guimet.
Le maire de Lyon, Edouard Herriot, le convainc cependant de rapatrier une partie de ses collections dans sa ville natale. Les œuvres rejoignent alors celles du muséum. Elles sont ensuite enrichies par celles du musée colonial de Lyon en 1927, puis par diverses pièces ethnographiques présentées dans la ville. Le fonds est encore enrichi en 1979 par les œuvres pontificales missionnaires. Directeur du musée entre 1999 et 2010, Michel Côté oriente l’essentiel des acquisitions sur des œuvres d’art aborigène et inuit.

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LE MUSEE PRATIQUE

infos pratiques

adresse
86 quai Perrache, 69002 Lyon – France

téléphone
(+33) 04 28 38 11 90
horaires
du mardi au vendredi de 11h à 19h
samedi et dimanche de 10h à 19h
jeudi nocturne jusqu’à 22h
fermeture
lundis et jours fériés

le site du MUSEE

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