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Sichuan (Chine) : Le Mont Emei, une valeur universelle

UNESCO

Le Mont Emei est une région d’une portée culturelle exceptionnelle car c’est le premier lieu où le bouddhisme s’est établi sur le territoire chinois avant de rayonner dans tout l’Extrême-Orient. C’est au sommet du Mont Emei que fut érigé au 1er siècle de l’ère chrétienne le premier temple bouddhiste de Chine, qui devint le temple Guangxiang avant de recevoir en 1614 l’appellation royale de Huazang en vigueur aujourd’hui. Avec plus de 30 temples, dont le temple Wannian fondé au 4esiècle et abritant le grand Puxian Bouddha de bronze haut de 7, 85 mètres du 10e siècle ainsi que les temples-jardins dont l’ensemble du Pavillon de Qingyin constitué de pavillons, de tours et de plateformes du début du 6e siècle, le temple Baoguo érigé au début du 17e siècle et le jardin de Ligou (temple Fuhu), le mont est devenu l’un des principaux lieux sacrés du bouddhisme. L’élément le plus remarquable en est le grand Bouddha de Leshan haut de 71 mètres. Taillé au 8e siècle de l’ère chrétienne dans le flanc du pic Xijuo qui domine le confluent de trois rivières, il constitue la plus grande sculpture bouddhiste au monde. Une chronique contemporaine de la réalisation du grand Bouddha subsiste sous forme d’une tablette gravée. Les monuments associés comprennent la pagode Lingbao du 9e siècle et le temple Dafo (grand Bouddha) qui remonte au début de la dynastie Qing. Le temple Wuyu renferme deux statues importantes : le Bouddha en bronze Dashi du 9e siècle et le groupe statuaire d’Amithaba du 11e siècle, en fonte dorée. Le Mahao Crag abrite plus de cinq cents tombes de la dynastie Han  datant du 1er au 4e siècle, remarquables pour la qualité de leurs gravures et de leurs inscriptions calligraphiques.

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Le Mont Emei offre un paysage panoramique d’une spectaculaire beauté. Il revêt également une grande importance culturelle du fait de son rôle dans l’introduction du bouddhisme en Chine. Le choix délibéré de cet environnement naturel comme site d’un si grand nombre de monuments culturels, en particulier d’architecture traditionnelle, en fait un paysage culturel de tout premier ordre.

Le mont Emei est également remarquable pour sa végétation d’une richesse exceptionnelle, qui va des forêts sempervirentes subtropicales aux forêts de conifères subalpines. Couvrant une superficie de 15 400 hectares, répartis sur deux zones distinctes – le mont Emei et le Paysage panoramique du Grand Bouddha de Leshan – le bien constitue une aire de beauté naturelle où l’élément humain a été intégré avec maestria et subtilité.

Critère (iv) : Plus de 30 temples sont présents sur le mont Emei, dont dix sont de grandes dimensions et très anciens ; ils sont construits en style traditionnel et la plupart sont à flanc de colline, tirant parti de la configuration du terrain. Le site choisi, leur conception et leur mode de construction en font des chefs d’œuvre d’originalité et d’authenticité. Les techniques perfectionnées d’architecture et de construction représentent la quintessence de l’architecture religieuse chinoise.

Associés à ces temples se trouvent certains des trésors culturels les plus importants de Chine, dont le remarquable grand Bouddha de Leshan taillé au 8e siècle de l’ère chrétienne dans le flanc du pic Xijuo. Dominant le confluent des rivières Minjiang, Dadu et Qingyi, il constitue avec ses 71 mètres de haut le plus grand Bouddha sculpté au monde.

Critère (vi) : Sur le mont Emei, l’importance du lien entre le matériel et l’immatériel, le naturel et le culturel, est prépondérante. Le mont Emei revêt une portée historique et c’est l’un des quatre lieux sacrés du bouddhisme chinois. Le bouddhisme a été introduit en Chine au 1er siècle de l’ère chrétienne par la Route de la Soie, depuis l’Inde jusqu’au mont Emei, et c’est sur le mont Emei qu’a été érigé le premier temple bouddhiste de Chine.

Le riche patrimoine culturel bouddhiste du mont Emei vante une histoire documentée de plus de 2000 ans, constituée de sites archéologiques, d’importants éléments architecturaux, de tombes, d’espaces rituels et de collections d’éléments culturels comprenant des sculptures, des inscriptions sur pierre, des calligraphies, peinture et musique, parmi d’autres arts traditionnels.

Critère (x) : Le site du mont Emei revêt une importance particulière pour la conservation et pour la science en raison de la grande diversité de sa flore. Sa biodiversité est d’une richesse exceptionnelle : quelque 3 200 espèces végétales appartenant à 242 familles y ont été recensées, dont 31 font l’objet d’une protection nationale et plus de 100 sont endémiques. Ceci est dû à sa situation de transition à la lisière du bassin du Sichuan et des hauts-plateaux de l’Est himalayen. Dans la zone altitudinale de 2 600 mètres on y trouve une grande variété de zones de végétation comprenant des forêts subtropicales de feuillus sempervirents, des forêts mixtes de feuillus sempervirents et décidus, et des forêts de conifères subalpines. Cette flore exceptionnelle abrite en outre une faune très variée avec quelque 2300 espèces recensées, dont plusieurs espèces mondialement menacées.

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Les zones patrimoniales du mont Emei et du grand Bouddha de Leshan couvrent respectivement 15 400 et 17 880 hectares, et illustrent parfaitement l’importance de la culture bouddhiste et de l’architecture ancienne. Le mont Emei est l’une des quatre montagnes sacrées du bouddhisme chinois et il bénéficie à ce titre d’une protection spécifique depuis presque 3 000 ans. A l’époque moderne, la protection s’est traduite par des lois qui ont abouti en 1982 au classement du site comme «Paysage panoramique». Le site est soumis à diverses réglementations nationales, provinciales et municipales, et dispose d’un plan d’orientation pour sa conservation. Heureusement, grâce à ses dimensions et à la relative inaccessibilité du terrain, Emei reste pour une bonne part intact et préservé. Le renouveau du bouddhisme renforce sa protection dans la mesure où les moines peuvent assumer une fonction de quasi-gardiennage.

Authenticité

L’authenticité du bien inscrit, le paysage panoramique du mont Emei comprenant le paysage panoramique du grand Bouddha de Leshan, tient en grande partie au rapport entre les éléments construit par l’homme et l’environnement naturel. A cet égard, son degré d’authenticité est très élevé. Des travaux de conservation et de restauration, que l’on peut, dans les grandes lignes, qualifier d’acceptables sur le plan de l’authenticité, ont été réalisés sur certains bâtiments. En raison de son statut de lieu sacré, le mont Emei bénéficie depuis longtemps d’un régime traditionnel de conservation et de restauration qui remonte au milieu du 10e siècle. A l’heure actuelle, la conservation du bien continue d’obéir à des normes très strictes et, de ce fait, assure le maintien efficace de la valeur exceptionnelle et de l’authenticité du bien.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le mont Emei fait l’objet d’une gestion depuis le milieu du 10e siècle, et le premier plan administratif général du mont Emei a été élaboré au début des années 1980. La gestion respecte rigoureusement la réglementation nationale sur les paysages panoramiques ainsi que la réglementation provinciale de la province de Sichuan relative à la protection du patrimoine mondial et la réglementation sur les paysages panoramiques de la province de Sichuan. Un comité de gestion du paysage panoramique du Mont Emei et du grand Bouddha de Leshan, comprenant 27 secteurs, a été constitué afin de protéger et de gérer le site. Le plan directeur révisé pour le paysage panoramique du mont Emei et le paysage panoramique du grand Bouddha de Leshan fournit la base juridique et le cadre stratégique pour la gestion et la conservation du site. Tout projet ayant un impact important sur la valeur patrimoniale est strictement limité et doit être approuvé par les autorités. Les gouvernements tant central que local fournissent une aide budgétaire pour la  protection et la gestion du site.

A l’heure actuelle, le lien traditionnel millénaire entre la valeur naturelle et la valeur culturelle du bien est préservé. La principale menace pour le mont Emei vient du nombre de touristes et de pèlerins qui le visitent et des aménagements qu’ils occasionnent. La principale perturbation est un téléphérique qui transporte au sommet d’or du mont Emei et déverse quelque 30 000 personnes par an dans la zone sensible de la forêt de montagne, ainsi qu’un monorail léger construit en 1988 après l’inscription du bien. Il existe de nombreuses buvettes et étalages de souvenirs qui  troublent l’atmosphère naturelle de la montagne. La gestion du bien à long terme a pour objectif spécifique de faire en sorte que malgré la pression accrue due à la fréquentation, le lien traditionnel entre nature et culture soit maintenu et continue d’être bien géré afin que soient préservées tant l’intégrité que l’authenticité du bien.

EN SAVOIR PLUS

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