DONNEES ET ANALYSES

Nord-Pas-de-Calais et Picardie : l’influence des grandes aires urbaines

INSEE

par Arnaud Degorre

Les grands pôles urbains regroupent 62 % de la population de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais réunis, et jusqu’à 89 % de la population en comptant leur aire d’influence. L’influence des grandes villes et agglomérations apparaît plus marquée que dans les autres regroupements de régions. Sur le versant du Nord-Pas-de-Calais, les aires urbaines, géographiquement proches et densément peuplées, forment des systèmes en cours d’intégration, autour de la conurbation lilloise ou le long du littoral. Sur le versant de la Picardie, les aires urbaines polarisent de vastes espaces peu denses. Au Sud, l’aire urbaine de Paris étend son influence jusqu’aux portes de Beauvais et Soissons.

L’ensemble territorial composé du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, amené à former une nouvelle région à compter du 1er janvier 2016, couvre près de 31 800 km2 pour 5,973 millions d’habitants. Exception faite de l’Île-de-France, il présente la densité de population la plus élevée parmi les futures régions, proche de 187,8 habitants au km2 contre 110,4 habitants au km2 pour l’Auvergne et Rhône-Alpes, ou encore 96,6 habitants au km2 pour l’Alsace, la Champagne-Ardenne et la Lorraine.

89 % de la population sous l’influence des grandes aires urbaines

La densité de la population répond à l’importance prise par les aires urbaines (définitions), qui constituent les principales polarités au sein des espaces régionaux. Près de 70 % de la superficie de l’ensemble territorial composé du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie est sous l’influence des grandes aires urbaines (figure 1), c’est-à-dire de pôles comptant au moins 10 000 emplois. Ces espaces regroupent 89 % de la population de la future région, un niveau équivalent à celui observé en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et supérieur à celui d’Auvergne et Rhône-Alpes (85 %) ou Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine (80 %). Seule l’Île-de-France, presque intégralement couverte par l’aire urbaine de Paris, présente une intensité urbaine plus marquée.

Figure1 – Près de 70% de la superficie sous l’influence des Grandes aires urbaines

Figure1 - Près de 70% de la superficie sous l’influence des Grandes aires urbaines

Source : recensement de la population (Insee)

Les grands pôles, symboles de la concentration urbaine

Au sein des aires urbaines, l’importance des pôles traduit la place prise par les principales villes et agglomérations dans la structuration d’un territoire. Sur ce critère, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie ont ensemble un degré de concentration urbaine plus avancé que la plupart des futures régions. Les pôles des grandes aires urbaines comptent pour 80 % de la population en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 62 % du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, 57 % en Auvergne et Rhône-Alpes, et moins de 50 % de la population pour tous les autres ensembles territoriaux (figure 2).

Figure2 – Une place prépondérante des grandes aires urbaines en Nord-Pas-de-Calais et Picardie
Répartition de la population des ensembles territoriaux selon le zonage en aires urbaines en 2012
Répartition de la population, en pourcentage, résidant dans une…
Ensembles territoriaux Population en 2012 (nombre d’habitants, valeurs arrondies) …commune sous l’influence des grandes aires urbaines … dont commune appartenant à un grand pôle … dont commune appartenant à la couronne d’un grand pôle … dont commune multipolarisée des grandes aires urbaines … commune sous l’influence d’une petite ou moyenne aire urbaine, ou autre commune multipolarisée … commune isolée hors influence des pôles
Source : Insee, recensement de la population 2012
Île-de-France 11 898 500 99,8 88,7 11,2 0,0 0,2 0,0
Auvergne, Rhône-Alpes 7 695 300 85,0 56,6 23,6 4,8 10,0 5,0
Nord-Pas-de-Calais, Picardie 5 973 100 89,1 61,7 18,7 8,7 9,0 1,9
Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes 5 808 600 69,8 45,9 20,0 3,9 19,7 10,5
Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées 5 626 900 73,6 47,8 20,4 5,5 18,1 8,3
Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine 5 549 000 80,0 48,6 20,3 11,1 15,3 4,7
Provence-Alpes-Côte d’Azur 4 935 600 91,0 80,5 7,2 3,3 6,3 2,8
Pays de la Loire 3 632 600 75,5 42,7 25,6 7,2 21,6 2,9
Basse-Normandie, Haute-Normandie 3 322 800 75,8 43,2 23,8 8,7 18,7 5,5
Bretagne 3 237 100 70,8 35,7 27,6 7,5 23,5 5,7
Bourgogne, Franche-Comté 2 816 800 67,5 36,4 24,2 6,9 21,9 10,6
Centre 2 563 600 73,7 42,1 26,1 5,5 20,6 5,7
Corse 316 300 61,6 42,0 19,5 0,1 20,6 17,8
France métropolitaine 63 376 000 82,7 58,4 19,1 5,2 12,7 4,6

Des aires urbaines en cours d’intégration en Nord-Pas-de-Calais

Le versant correspondant au Nord-Pas-de-Calais est davantage caractérisé par de grandes aires urbaines avec une grande proximité géographique (figure 1), à l’image du chapelet de villes qui en constituent les polarités. Un vaste système métropolitain associe l’aire urbaine de Lille, la plus peuplée, aux aires de Douai-Lens, Béthune et Valenciennes, pour totaliser un ensemble sous influence urbaine de 2 444 000 habitants, soit plus de 40 % de la population totale de la future région (figure 3). Les aires urbaines de Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer et Berck dessinent un second système le long du littoral.

Figure3 – Les vingt plus grandes aires urbaines regroupent les trois quarts de la population
Population des vingt plus grandes aires urbaines et poids démographique cumulé en 2012
Aires urbaines Nombre d’habitants (valeurs arrondies) Poids cumulé au sein du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie (en %)
Note : les aires urbaines de Lille, Valenciennes, Maubeuge et Armentières sont limitées à leur partie française
Source : Insee, recensement de la population 2012
Lille 1 166 450 19,5
Douai – Lens 540 980 28,6
Béthune 368 630 34,8
Valenciennes 368 090 40,9
Amiens 293 670 45,8
Dunkerque 257 770 50,2
Boulogne-sur-Mer 133 060 52,4
Maubeuge 129 930 54,6
Arras 129 780 56,7
Calais 126 270 58,8
Beauvais 125 100 60,9
Creil 117 650 62,9
Saint-Quentin 111 470 64,8
Compiègne 97 500 66,4
Saint-Omer 89 420 67,9
Armentières 78 670 69,2
Cambrai 66 490 70,3
Soissons 63 300 71,4
Berck 57 220 72,3
Laon 52 560 73,2
Partie de l’aire urbaine de Paris Inscrite en Picardie 250 110 77,4

Une articulation des pôles urbains et d’espaces peu denses en Picardie

Le versant relatif à la Picardie compte davantage de moyennes et petites aires, dissociées les unes des autres. Les grandes aires urbaines y couvrent de vastes espaces : l’aire urbaine d’Amiens représente la plus large superficie, avec 2 122 km2 et 257 communes qui lui sont directement rattachées. Bordée au nord par l’aire d’Arras, au sud par l’aire de Beauvais, elle est à l’image d’une organisation territoriale articulant polarités urbaines et espaces peu denses. Les aires de Saint-Quentin ou de Laon, à une moindre échelle, présentent la même organisation géographique.

La frange sud de l’espace a la particularité d’être sous l’influence de l’aire urbaine de Paris, qui couvre près de 250 000 habitants de cet ensemble territorial. L’influence francilienne limite d’ailleurs la constitution de polarités autonomes, autour de Creil ou Senlis, dans une moindre mesure de Compiègne et Soissons, en dépit de l’importance démographique de ces villes.

Définitions

Les aires urbaines permettent d’apprécier l’influence exercée par les villes sur les territoires environnants. Chaque aire urbaine se compose d’un pôle, défini comme une unité urbaine d’au moins 1 500 emplois, en distinguant les grands pôles urbains (plus de 10 000 emplois), les pôles moyens (5 000 à 10 000 emplois) et les petits pôles (1 500 à 5 000 emplois). Autour des pôles, sont établies des couronnes dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle et les communes attirées par celui-ci, par un processus itératif. Les communes sont multipolarisées lorsque au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans plusieurs aires urbaines, sans atteindre ce seuil avec une seule d’entre elles.

Pour en savoir plus :

  • « Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010 – 95 % de la population vit sous l’influence des villes », Insee Première n°1374 – octobre 2011.
  • « 1 800 000 Picards vivent sous l’influence des villes », Insee, Insee Picardie Analyses, n°59, 2011
  • « Extension modérée de la périurbanisation en Nord-Pas-de-Calais », Insee, Pages de Profils n°96, octobre 2011
  • La méthode du zonage en aires urbaines est détaillée sur http://www.insee.fr, rubrique « Définitions et méthodes », « Code officiel géographique, zonages d’études », puis « Aires urbaines »

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