CARTOGRAPHIES

Cartographie de 500 ans de colonialisme européen

colonialism

 

INTELLIGO

 

LA COLONISATION EUROPEENNE ET LE SYSTEME COLONIAL

 

A partir de la seconde moitié du 19éme, les grandes puissances européennes étendent leur domination sur l’ensemble du monde. Sûr de la supériorité de sa culture, l’Europe se lance avec bonne conscience dans les conquêtes coloniales, persuadée d’apporter la civilisation aux races qu’elle estime inférieures.

A partir des années 1880, s’engage une course aux colonies en direction de l’Afrique et de l’Asie.

Les conquêtes coloniales :

A) Les armes de la conquête :

L’Europe monopolise alors les moyens de la puissance, les hommes et les richesses.

     Une forte vitalité démographique :

Fort de leur nombre (26,3% de la pop mondiale est 1913 contre 23% en 1850), les européens se répandent largement dans le monde tout au long du 19éme. A cette date, 1 habitant sur 3 est européen ou d’origine européenne. A eux seul les USA ont accueilli 25M d’immigrants.

Ces transferts de population ont joué un rôle considérable dans l’expansion de l’Europe : ils ont contribué à dvp l’éco mondiale par l’exploitation de nouvelles terres et diffusé les valeurs de la civilisations européenne. Ce n’est pas un hasard si la grande puissance coloniale du 19éme, la Grande Bretagne, est aussi celle ou l’émigration est la plus forte

L’Europe centre de l’économie mondiale :

L’Europe est également le centre de gravité du commerce mondiale. C’est elle qui a vu naître la révolution industrielle et le capitalisme. En 1910 elle assure 58% des exportations mondiales et 65% des importations de la planète. Organisant à son profit une division internationale du travail.

A partir de 1850, parallèlement à l’expansion du commerce mondial, s’accroît l’exportation des capitaux ; détenteurs de près de 60% de l’or monnayé dans le monde, les européens deviennent alors les banquiers du monde.

La bonne conscience de l’homme blanc :

Forts de leur vitalité démographique et de leurs réussites économiques, les européens sont en même temps convaincus de leur mission civilisatrice et de leur supériorité. La France évoque, les grands principes de la révolution de 1789, la Grande Bretagne, sa suprématie sur l’éco mondiale.

A l’époque ou partout en Europe, s’affirment les nationalismes, l’expansion outre mer est surtout considéré comme un élément de la puissance et du prestige. L’Italie et l’Allemagne, pays récemment unifiés, réclament eux aussi une place au soleil persuadés que la puissance d’un Etat dépend des nouveaux territoires sur lesquels il est capable d’établir son contrôle.

 

B) La course aux colonies :

L’appel du large :

Explorateurs et missionnaires se lancent alors à la conquête du monde. Les sociétés de géographie, qui se multiplient, encouragent les explorations. Le succès des romans de Jules Verne et des Journaux de voyage témoigne du goût des européens pour l’évasion.

Ce sont également les missions, qui visent donc à répandre la foi, protestantes et catholiques, qui sont de plus en plus nombreuses.

Les débuts de la colonisation :

Jusqu’aux années 1880, le GB est la plus active. En 1857 elle achève l’Inde, s’installe à Singapour, s’établit en NZ et pénètre en Afrique du Sud. En 1876, elle possède ainsi un empire de 22,6M de km2 peuplé de 250M d’habitants.

En France, l’expansion se fait sans grande conviction comme en témoigne la conquête de l’Algérie amorcée en 1830. Entre 1830 et 1870 la France pénètre au Sénégal, Côte d’Ivoire, au Gabon et à Madagascar, annexe en 1853 la Nouvelle Calédonie et établit sa souveraineté sur la Cochinchine et le Cambodge. L’empire colonial français couvre ainsi en 1870, 0,9M km2.

Le grands tournant des années 1880 :

A partir des années 1880 la chasse aux colonies s’accélère, les dirigeants politiques des grandes puissances se convertissant les uns après les autres à l’idée coloniale. Le 1er champ d’expansion est la Méditerranée dont l’importance stratégique s’accro^t avec l’ouverture du canal de Suez en 1869. Tandis que la GB occupe l’Egypte puis s’installe au Kenya et Soudan, la France entame la création d’un ensemble maghrébin.

En 1913, l’empire britannique avec 33M km2 rassemble un quart des terres émergées et 28% de la pop mondiale (France 10M et 50M d’habitants).

En 1885, l’Indochine est sous la souveraineté française. Inquiète de ces entreprises, la GB occupe la Birmanie. Ces conquêtes des 2 grandes puissances exaspèrent les pays partis tardivement dans la course aux colonies, l’Allemagne et l’Italie.

Ces conquêtes ont renforcé les sentiments nationalistes des puissances européennes. En 1898, la guerre paraît imminente entre la France et la GB quand le capitaine marchand se heurte à Fachoda au Soudan, à l’avant-garde du général anglais Kitchener qui veut l’empêcher de rejoindre la colonie française de la Somalie, sur la mer Rouge. La France s’incline et doit reconnaître l’autorité britannique sur la totalité du bassin du Nil. De 1905 à 1911 ; l’All et la France s’opposent à propos du Maroc sur lequel la France veut établir son protectorat.

II Les empires coloniaux :

A)     Assimilation ou association ?

L’administration des territoires :

A la veille de la 1er Guerre mondiale, le partage du monde entre les grands est achevé. Toutefois, l’administration des territoires conquis a été lente à se mettre en place. En 1880, le Colonial Office est chargé d’administrer les colonies britanniques. En France il faut attendre 1894 pour que soit créé un ministère des Colonies.

Cette administration est l’objet d’un vaste débat. Faut-il mener une politique d’assimilation, cad nier la personnalité des races inférieures et les amener au niveau de civilisation du peuple colonisateur, ou mener une politique d’association, cad respecter coutumes locales et laisser les indigènes se gouverner eux-mêmes ?

La question se pose surtout pour les colonies de peuplement, comme l’Algérie, où se sont implanté de nombreux européens. Dans les colonies d’exploitation, comme l’Afrique Occidentale française ou l’Indochine, qui ont pour vocation de fournir à la métropole des matières premières ou des produits tropicaux, l’administration se contente de multiplier les moyens de transport vers les ports et d’imposer l’usage de la monnaie.

Le modèle britannique :

Mène plutôt une politique d’association et de sefl government. Ainsi les dominons (possession anglaise ayant le droit de se gouverner elle-même tt en reconnaissant la souveraineté britannique : Canada, Australie, NZ et Afrique du Sud) sont en fait des Etats indépendants avec leur Parlement et leur gouvernement.

L’ambiguïté française :

Même si la doctrine proclamée par les républicains au gouvernement depuis 1879 est celle de l’assimilation, la variété des statuts domine. La Tunisie (1881) et la Maroc (1911) sont des protectorats dépendant du ministère des Affaires étrangères. L’Afrique occidentale et équatoriale, Madagascar et l’Indochine sont des colonies administrées par le ministère des Colonies. L’Algérie qui n’est pas considérée comme une colonie (mais 3 régions françaises), dépend du ministère de l’Intérieur.

B)     Mise en valeur ou exploitation économique ?

Des marchés protégés :

La mise en valeur des empires coloniaux exige le dvp d’une infrastructure permettant les échanges. La construction de ports et de voies ferrées mobilise l’essentiel des investissements. Le réseau des Indes anglaises passe de moins de 800km en 1870 à 51500km en 1910. Ce dvp des voies de communication accélère les échanges entre les métropoles et leurs colonies. En 1938, les exportations du Royaume Unis vers son empire représentent 47% des ses exportations alors qu’elles n’atteignaient que 22% en 1913.

Un réservoir de matières premières :

Les colonies deviennent de gigantesques réservoirs de matières premières pour les métropoles.

Entre 1937-38, l’Indonésie hollandaise fournit 35% de la production mondiale de caoutchouc et son pétrole a donné naissance à la Royal Dutch Shell.

Une mise au travail forcé :

Ces cultures d’exportation et l’exploitation des matières premières minières sont dvp au détriment des cultures vivrières dont vivent les paysans des pays colonisés. Les colonisateurs ont souvent recours à la spoliation des terres, comme en Algérie, voire au travail forcé, surtout en Afrique noire. La colonisation accentue aussi les inégalités à l’intérieur des sociétés rurales. En Algérie, à Ceylan, en Côte d’Ivoire, elle favorise l’enrichissement d’une bourgeoisie indigène au détriment de la paysannerie traditionnelle forcée d’aller vivre dans les premiers bidonvilles.

 

C)     Civilisation ou acculturation ?

Les missionnaires du progrès :

En colonisant des territoires qu’ils estiment arriérés, les européens ont le sentiment d’apporter les bienfaits de la civilisation. Mettre fin aux guerres locales, dvp l’enseignement, ouvrir des dispensaires et maternités, autant de progrès qui justifient, selon eux, leur domination.

Partout, l’explosion démographique, permise par la lutte contre les épidémies et la baisse de la mortalité infantile, provoque une urbanisation rapide. Dans le sud est asiatique, toutes les grandes villes ont été fondées par des puissances coloniales sur des sites qui n’avaient autrefois que peu d’importance. En Afrique, Casablanca, Alger, Abidjan fascinent les villageois.

Partout les missions religieuses se veulent les agents privilégiés de la modernisation. La seule British and Foreign Bible Society distribue en un siècle 320M de Bibles en 538 langues ou dialectes.

Les zoos humains :

De 1877 à 1931 se succèdent plus de 40 exhibitions ethnologiques, à paris, dans le jardin zoologique d’acclimatation, conçu à l’origine pour présenter au public des espèces animales.

L’acculturation des peuples colonisés :

Quelles que soient les politiques adoptées, l’association ou l’assimilation, la colonisation a bouleversé la culture des peuples dominés. Elles a brisé les cadres traditionnels qui assuraient leurs solidarités et transformé leurs habitudes et leurs modes de pensée. Les missions religieuses ont ébranlé les croyances traditionnelles et le culte des ancêtres, l’enseignement a créé une classe d’évolués déchirée entre l’influence occidentale et l’attachement à la tradition. Ce sont souvent ces évolués qui deviennent les portes parole de la contestation. A cet égard, nombreux sont les anciens instituteurs ou directeurs d’école parmi les leaders africains.

 

III La colonisation contesté :

A) Les oppositions à l’extension européenne :

     L’anticolonialisme européen :

En Europe, l’hostilité à la colonisation a été constante. En France et en GB, elle est le fait d’économistes libéraux qui affirment préférer le commerce à la domination et dénonce les coûts financiers de la colonisation. Elle assemble aussi des catholiques et de socialistes qui s’unissent pour dénoncer la cruauté des administrateurs coloniaux et les profits des entreprises installées outre mer. Convaincus toutefois de la supériorité de la civilisation européenne, ces milieux ne contestent pas le bien fondé de la colonisation, ils en condamnent seulement les excès.

     Les résistances locales :

Partout les traditionalistes qui veulent retourner aux sources de leur civilisation pour résister à l’Europe, s’opposent aux modernistes qui veulent au contraire se mettre à l’école de l’Europe pour mieux la combattre.

 

B) L’éveil des mouvements nationalistes :

Le déclin de l’Occident ?

La 1ère Guerre mondiale accélère ces mouvements de résistance. Après l’horrible boucherie à laquelle se sont livrées les puissances européennes, comment peuvent-elles encore prétendre incarner les valeurs de progrès sur lesquelles elles ont fondé leur domination ? Les peuples dominés commencent à se révolter contre elle.

Le mouvement nationaliste en Asie :

Dans les régions soumises à l’Europe, se multiplient des mouvements nationalistes qui dénoncent l’impérialisme des puissances coloniales. En Inde, sous l’influence du Mahatma Gandhi, la parti du Congrès réclame le self government et appelle au boycott des produits britanniques, au refus de l’impôt et à des marches protestataires. Le « retour au rouet » est une manifestation symbolique contre l’invasion de l’Inde par l’industrie moderne et l’aliénation de l’homme par la machine. Face à ce mvt, les britannique octroient en 1935 une certaine autonomie aux provinces indiennes et élargissent le droit de vote aux intouchables. En Birmanie, le mvt nationaliste obtient pour le pays un statut d’autonomie interne.

En Indochine, le parti communiste indochinois fondé par le futur Hô Chi Minh, exige un statut analogue à celui des dominions britanniques.

Le mouvement nationaliste en Afrique :

Au Maroc, les tribus du Rif menées par Abd-el-Krim se révoltent contre la France. Partout dans ces pays arabes (Maroc, Tunisie, Algérie) s’affirme la volonté de défendre les valeurs de l’islam contre l’emprise de l’occident.

 

D)     Lutter contre l’oppression coloniale :

L’appui des USA :

Ces mvts nationalistes peuvent désormais compter sur l’appui des USA qui se considèrent eux-mêmes comme une colonie émancipée ayant gagné sa liberté au prix de la 1ère Guerre d’Indépendance. Le président Wilson proclame : les intérêts des pop intéressées devront avoir un poids égal à celui des gouvernements métropolitains et affirme le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Les prises de positions des intellectuels :

Dans les métropoles coloniales, des intellectuels comme André Gide, dans Voyage au Congo en 1927, dénoncent les méfais des européens en Afrique noire. La même année naît la ligue contre l’oppression coloniale présidée par Albert Einstein.

Art nègre te négritude :

Le regard posé par les européens sur les mondes dominés évolue aussi. La vogue de l’art nègre, vers 1920, s’empare des milieux artistiques et inspire Picasso.

Le sénégalais Léopold Senghor invente alors le concept de négritude, volonté de retrouver les sources originelles de son identité et de refuser les normes d’une civilisation occidentales considérée comme étrangère, oppressive et aliénante.

L’effet colonial encore largement partagé :

Mais si l’Europe est contestée, sa puissance, son prestige et le fait colonial ne sont pas encore réellement menacés. En France, l’exposition coloniale de 1931 semble marqué l’âge d’or du colonialisme. Dernier faste de la bonne conscience européenne qui ne s’émeut pas devant le véritable zoo humain que constitue la mascarade des villages indigènes exhibés au regard des civilisations, elle totalise en six mois 33M d’entrées. C’est-à-dire à quel point l’idée coloniale est alors largement partagée.

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