VILLES ET CULTURE

Tourisme : des « smart cities » explorent avec délice les prouesses du « big data »

L’USINE NOUVELLE

 

L’Usine Digitale a virtuellement visité quelques cités qui explorent de nouvelles idées numériques pour se simplifier la vie. Et du même coup, celles des touristes qu’elles accueillent.

LISBONNE

par SYLVAIN ARNULF

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Lisbonne, destination de plus en plus prisée : la ville a battu en 2014 son record de fréquentation, avec 15 millions de touristes.

Lisbonne est le chef de file du mouvement CitySDK, un programme financé par la Commission européenne. Son but : fournir des outils aux villes et aux développeurs pour leur permettre de créer plus facilement des applications (notamment touristiques) basées sur des données publiques et privées. Lisbonne a lancé cette dynamique dès 2012 et a entrainé d’autres grandes villes du continent : Amsterdam, Barcelone, Manchester, Rome, Helsinki, Lamia et Istanbul.

 

LE TOURISME EN MODE API

Comment Lisbonne a-t-elle procédé ? D’abord en libérant des données – publiques et privées – dans des formats uniformisés, via des processus partagés, puis en créant des interfaces de programmation (API), mises à disposition de la communauté de développeurs. Celles-ci contiennent des jeux de données comme les points d’intérêt touristiques de la ville, des itinéraires et des repères cartographiques.

Ensuite, pour fédérer une communauté autour de ce projet, la ville a accompagné des concours, organisés par des partenaires privés comme l’opérateur télécom Vodafone, qui dispose d’un laboratoire dédié à la smart city dans la capitale portugaise. Objectif : inciter des start-up – locales ou pas –  à exploiter ces outils logiciels et ces données pour créer des services innovants. « Spot in Lisbon » est l’une des premières applications basées sur les API touristiques de la ville. Elle permet aux touristes de se guider grâce à une carte accessible sans connexion internet, et enrichie de nombreuses informations contextuelles.

 

 UNE MYRIADE D’APPS

D’autres projets sont nés de cette démarche. Par exemple « Through my eyes », une application basée sur le crowdsourcing qui propose de découvrir la ville à travers le regard de ses visiteurs et de ses habitants. Un croisement entre guide de voyage et réseau social qui invite à s’éloigner des itinéraires touristiques balisés pour se plonger dans les ruelles tortueuses de la ville. « Through my eyes », a reçu un prix lors du concours « Vodafone BIG apps » et est en cours de développement.

Autre concept original né grâce à la dynamique « City SDK » : « Crash & Play », qui ambitionne de réunir musiciens locaux et de passage pour des jam sessions improvisées dans des lieux emblématiques de la ville. Une autre façon de vivre le voyage et de faire communiquer locaux et touristes.

« Lisboa horizontal » ambitionne de son côté de démystifier la pratique du vélo dans la capital, réputée comme quasiment impossible en raison du relief de la cité aux sept collines. Cette application propose pourtant pas moins de 691 kilomètres de trajets plats pour arpenter la ville à deux-roues !

Enfin, « Rewind Cities » se veut une machine à remonter le temps : elle permet de superposer des images du Lisbonne du passé à la ville d’aujourd’hui grâce à la réalité augmentée.

 

VERSAILLES

par EMMANUELLE DELSOL

Au cœur d’un des sites préféré des visiteurs de la capitale : le domaine de Versailles. Après le château et les jardins, c’est au tour des petit et grand Trianon de proposer une ballade augmentée par une app.

La somptueuse résidence du roi Soleil à Versailles est un des passages obligés pour les touristes de la Capitale. Le domaine fait en sorte d’accompagner aussi en numérique les millions de touristes (7,5 millions en 2013) qui arpentent chaque année les allées du parc de 800 hectares et les couloirs du château.

Après ses apps « Châteaux de Versailles » et « Jardins de Versailles », il propose désormais de suivre les traces de Louis XIV, Marie-Antoinette ou encore Napoléon 1er et les impératrices Joséphine et Marie-Louise, du côté des petit et grand Trianon. Le visiteur francophone ou anglophone, géolocalisé par la nouvelle app « Châteaux et jardins de Trianon », est alerté à chaque fois qu’il passe à proximité d’un lieu remarquable. Il peut alors agrémenter sa balade de commentaires audio, de vidéos, de photos, de jeux, ou des nombreuses archives historiques.

Des parcours spécifiques sont également proposés : une visite de l’intérieur du Grand Trianon, un parcours libre autour de 16 lieux emblématiques comme le Belvédère ou le Temple de l’Amour, et un parcours de jeux et de quizz destiné aux familles. Une carte interactive permet à ceux qui souhaitent juste se perdre sur ce site magnifique d’agrémenter leur vagabondage d’un peu de culture.

 

 

NEW YORK

par SYLVAIN ARNULF

 

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A New York, le touriste égaré n’est jamais vraiment seul. D’abord, parce que la grosse pomme ne dort jamais et qu’il s’y passe toujours quelque chose. Ensuite, parce que la ville débute le déploiement du réseau de Wi-Fi public gratuit le plus rapide et le plus vaste du monde, baptisé « LinkNYC ».  Il sera matérialisé par des bonnes interactives (aux emplacements des actuelles cabines téléphoniques), avec deux faces couvertes de larges écrans.

Celles-ci proposeront une multitude de services aux habitants comme aux touristes. A commencer par un accès internet « à haute vitesse » (100 fois plus rapide que le Wi-Fi public classique, annonce le consortium CityBridge qui pilote le projet) et la possibilité de passer des coups de fils gratuits vers des numéros aux Etats-Unis.

L’écran tactile qui équipe les bornes diffusera des cartes interactives et des informations sur les points d’intérêt du quartier, et permettra d’alerter les secours facilement en cas de problème. Il sera aussi possible d’y recharger son téléphone portable ou sa tablette. Enfin, les bornes LinkNYC diffuseront des annonces d’intérêt général… mais aussi des publicités, qui permettent de financer les services offerts.

 

10 000 BORNES DANS LES PROCHAINES ANNÉES

Les premières bornes LinkNYC doivent être installées avant la fin de l’année. A terme, 10 000 équipements de ce type doivent être déployés dans les rues de la ville, grâce à un partenariat public-privé unissant la municipalité à des entreprises comme Qualcomm. Point important : la ville a obtenu de ses partenaires qu’une partie des 10 000 bornes soit assemblée à New-York même.

Le projet aurait le potentiel de créer plus de 750 postes consacrés à l’installation, à la maintenance, à la vente d’espaces publicitaires et à la fabrication des totems. Précisons que ce n’est pas le premier programme ambitieux de ce type mis en œuvre à New York : les cabines téléphoniques « à l’ancienne » avaient été progressivement transformées en bornes interactives (avec la participation de Cisco) ces dernières années.

 

LinkNYC n’est qu’une illustration du volontarisme de New York en matière de smart city. D’ailleurs, la ville explore d’autres pistes technologiques pour amener plus de connectivité dans ses artères. La société Bigbelly veut y installer ses poubelles intelligentes connectées, équipées de panneaux solaires, d’une multitude de capteurs environnementaux et… de hot-spots Wi-Fi. Là encore, la publicité financerait ce service offert aux habitants et aux touristes. Avec toujours comme crainte légitime l’exploitation des données personnelles et les possibles atteintes à la vie privée…

VARSOVIE

par SYLVAIN ARNULF
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La ville intelligente de demain sera-t-elle truffée de « beacons », ces balises permettant la micro-géolocalisation à l’intérieur des bâtiments comme à l’extérieur ? La ville de Varsovie, capitale de la Pologne, y croit. La municipalité a lancé un vaste projet : mettre en place un système de navigation urbaine basée sur la technologie beacon, ces balises à faible consommation d’énergie capables de communiquer avec des smartphones situés à proximité par bluetooth ou ondes radio. Ce système, jugé plus précis que le GPS et mieux adapté à la géolocalisation intérieure, est jusqu’à présent davantage utilisé pour des opérations de marketing en magasins qu’à une vaste échelle. C’est donc un vrai pari que relève la capitale polonaise. Le projet n’en est pour le moment qu’à un stade expérimental.

 

D’ABORD POUR LES NON-VOYANTS

Ce futur réseau de milliers de beacons, déployé par la start-up Ifinity, doit d’abord profiter aux non-voyants, afin de les aider dans leurs déplacements quotidiens. Mais il sera également mis à contribution pour nourrir l’application mobile Virtual Varsaw  et développer des fonctionnalités utiles aux touristes comme des visites guidées interactive ou un plan interactif des transports publics.

Le projet a reçu un prix d’1 million d’euros dans le cadre du concours Bloomberg Mayors Challenge, et devrait bénéficier de financements européens.

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