DONNEES ET ANALYSES

Uzège Pont-du-Gard : un territoire à double visage : industriel et résidentiel

INSEE

par Pascale Marasovic, Insee

Située au carrefour d’Alès, d’Avignon, de Bagnols-sur-Cèze et de Nîmes, la population du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) de l’Uzège Pont-du-Gard dispose d’un accès à l’emploi relativement privilégié. Outre cette proximité de pôles d’emploi, le SCoT bénéficie de la présence d’activités industrielles sur son territoire et d’un dynamisme démographique soutenu. Cette croissance de population permet aussi à l’économie présentielle de se développer et de rattraper son retard. De par la nature de son tissu économique et sa position géographique, les revenus de ses habitants sont en moyenne plus élevés que dans la région. La pauvreté est moins présente. Toutefois, l’offre d’habitat orientée vers de grands logements semble ne pas être en adéquation avec des ménages de plus en plus petits. Un des enjeux pour ce territoire est de proposer une offre de logements adaptée aux nouveaux besoins des populations présentes et futures.

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DR

Le territoire du SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard réunit 48 communes des communautés de communes du Pays d’Uzès et du Pont-du-Gard. C’est un territoire peu densifié de 51 000 habitants en 2011 dont plus de la moitié de sa population est soumise à l’influence de quatre aires urbaines, Alès, Avignon, Bagnols-sur-Cèze et Nîmes (figure 1). Entre 2006 et 2011, l’emploi dans le SCoT croît au rythme annuel de + 1,3 % sur la période, signe d’un certain dynamisme économique. Portées par l’industrie, les activités productives y occupent une place importante comparativement à la région. Majoritairement tournées vers les marchés extérieurs et les entreprises (agriculture, industrie, commerce de gros, services aux entreprises), ces activités regroupent 38 % des emplois du SCoT contre 27 % en région. Avec 12 emplois productifs pour 100 habitants contre 9,8 en Languedoc-Roussillon, la sphère productive apparaît comme un élément notable du paysage économique du SCoT.

Figure 1 – Le territoire du SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard

Figure 1 - Le territoire du SCoT de l'Uzège Pont-du-Gard

Source : Insee, zonage en aires urbaines de 2010

Figure 2 – Chiffres clés du SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard
Source : Insee, recensement de la population 2011, Clap 2012
Superficie (en km²) 694
Population en 2011 50 871
Densité de population (hab/km²) 73,3
Nombre total de logements 27 939
Part des résidences principales (%) 77,5
Part des résidences secondaires (%) 14,5
Part des logements vacants (%) 7,9
Emploi total (salarié et non salarié) 15 747
dont emploi salarié au lieu de travail (%) 77,6
Taux d’activité des 15-64 ans (%) 70,8
Taux de chômage des 15-64 ans (%) 13,9
Nombre d’établissements actifs au 31/12/2012 7 140
Part de l’agriculture (%) 17,7
Part de l’industrie (%) 6,0
Part de la construction (%) 13,1
Part du commerce, des transports et des services (%) 52,8
Part de l’administration publique, enseignement, santé et action sociale (%) 10,4
Part des établisssements de 1 à 9 salariés (%) 18,2
Part des établisssements de 10 salariés ou plus (%) 2,7

Un secteur industriel bien implanté

Le secteur industriel, bien implanté dans le territoire du SCoT, emploie près d’un salarié sur quatre en 2012 et représente une spécificité économique dans une région peu industrielle. Hérité de la révolution industrielle qui s’est opérée le long de la vallée du Rhône, il bénéficie également de la culture locale de la réglisse.

L’industrie du SCoT est portée pour les trois quarts de l’emploi par trois activités que sont l’industrie pharmaceutique, les industries alimentaires et la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique. En 2012, 154 établissements emploient 2 700 salariés. Trois établissements de plus de 250 salariés concentrent la moitié des effectifs industriels. Ils sont localisés à Aramon (Sanofi Chimie), Uzès (Haribo-Riclès-Zan) et Remoulins (société Vitembal) (figure 3). Considéré comme un réel atout économique pour l’emploi local, l’emploi industriel pourrait être fragilisé en raison de l’incertitude sur la pérennité de plusieurs grands établissements tels que la centrale de production thermique d’électricité d’Aramon ou de la société Vitembal, spécialisée dans la fabrication d’emballages alimentaires à Remoulins.

Figure 3 – Principaux établissements industriels dans le SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard

Figure 3 - Principaux établissements industriels dans le SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard

Lecture : chaque rond représente un établissement. Sa superficie est proportionnelle à la taille de l’établissement.

Champ : établissements industriels de plus de 50 salariés

Source : Insee, Clap 2012

Une économie présentielle peu développée

Tournée vers la satisfaction des populations résidentes ou touristiques, l’économie présentielle est portée par le dynamisme démographique du territoire du SCoT. Ces emplois progressent entre 2006 et 2011 plus vite qu’en région (+ 10 % contre + 8 %). Pourtant, le nombre d’emplois reste à 19 emplois présentiels pour 100 habitants, niveau inférieur à la moyenne régionale (26 pour 100 habitants). Ceci s’expliquerait par la présence de grands pôles d’équipements et de services à proximité du SCoT. La petite taille du territoire conjuguée aux réseaux de transports facilitent ainsi leurs accès.

Uzès, principal pôle urbain, est la locomotive du territoire du SCoT en proposant plus de 4 000 emplois présentiels, hérités pour la plupart de sa position dominante historique. Les cinq principaux secteurs, commerce, construction, enseignement, administration publique et les activités pour la santé humaine et l’hébergement médico-social regroupent 8 800 emplois sur le SCoT, soit la moitié de l’emploi total.

Une offre d’emploi conséquente à moins de 40 km d’Uzès

Au centre de quatre grands pôles d’emploi, Alès, Avignon, Nîmes et Bagnols-sur-Cèze, le territoire du SCoT offre en plus de l’emploi local, l’opportunité aux habitants de trouver un emploi à proximité de leur domicile. C’est le cas pour 8 900 résidents qui travaillent en dehors du territoire du SCoT, soit 45 % des actifs occupés. Pour la moitié d’entre eux, leur emploi est situé à environ 25 km et à 35 minutes de leur domicile. L’offre d’emploi dans le territoire du SCoT est aussi attractive : 3 emplois localisés dans le SCoT sur 10 sont pourvus par des actifs n’y résidant pas. Chaque jour, 13 800 personnes se croisent aux frontières du SCoT pour travailler, 4 900 y rentrent, 8 900 en sortent. Le territoire structuré par les axes routiers, autoroutier et le réseau de transports d’autocars permet des accès rapides à l’emploi, aux équipements et aux services présents dans les grands pôles de proximités et participe à l’attractivité des nouveaux résidents.

Des revenus plus élevés et une précarité moins marquée qu’en région

Avec un taux d’emploi plus élevé qu’en région, et des emplois industriels mieux rémunérés, les revenus des foyers fiscaux sont plus élevés dans le territoire du SCoT qu’en région. Le montant moyen annuel est de 23 470 € contre 21 540 € en Languedoc-Roussillon. Les revenus du patrimoine et la situation des retraités, dont plus de la moitié sont d’anciens cadres, chefs d’entreprise ou agriculteurs (54 % contre 46 % en région), participent à la bonne tenue du niveau des revenus. Cependant 7 400 personnes, soit 20 % de la population, vivent avec un bas revenu contre 25 % dans la région. Les familles monoparentales et les personnes seules sont les plus touchées. Comme dans de nombreux territoires de la région, les jeunes de 18 à 24 ans se retrouvent plus souvent en situation de précarité : 27 % d’entre eux sont non insérés, c’est à dire ni étudiant, ni en emploi.

Un territoire rural au cœur des dynamiques urbaines

La dynamique économique du territoire et la recherche d’une qualité de vie influent sur l’attractivité démographique du territoire. Le SCoT accueille les populations de toute la France mais principalement du reste du Gard et des départements voisins. La moitié des nouveaux arrivants sont des actifs en emploi, un arrivant sur quatre un enfant de moins de 14 ans et un arrivant sur dix un retraité.

Entre 2010 et 2011, plus du tiers des nouveaux arrivants dans le territoire du SCoT viennent du Gard, et un sur quatre habitait Nîmes en 2010. Parmi ces derniers, la moitié sont en emplois à Nîmes ou à Uzès en 2011.

Une croissance démographique élevée et diffuse sur tout le territoire

Alors que la croissance démographique ralentit entre 2006 et 2011 dans des territoires de SCoTs comparables (méthodologie) et en région sous l’effet d’une moindre attractivité, la population du territoire de l’Uzège Pont-du-Gard croît de plus en plus fortement. Elle évolue entre 2006-2011 au rythme de + 1,8 % par an (contre 1,3 % entre 1999 et 2006), celle des SCoTs comparables maintient une croissance de l’ordre de + 0,7 % et celle de la région est de + 1,0 % contre + 1,4 % entre 1999 et 2006. En moyenne, le territoire du SCoT gagne + 870 personnes chaque année, contre + 580 personnes entre 1999 et 2006. Cette croissance s’explique par la hausse du solde apparent (excédent des arrivées sur les départs) et du solde naturel (excédent des naissances sur les décès). Le solde apparent contribue à hauteur de + 715 personnes par an. Le solde naturel pour + 155 personnes par an.

Dans ce territoire rural au cœur des dynamiques urbaines, le renforcement de la périurbanisation prend tout son sens. Exceptée Aramon, commune contrainte par son environnement et les risques d’inondations, l’ensemble des communes connaît une augmentation de population.

Parmi les dix communes les plus peuplées du SCoT, Meynes (+ 2,8 %), Vers-Pont-du- Gard (+ 2,3 %), Montaren-et-Saint-Médiers (+ 2,5 %) et surtout Castillon-du-Gard (+ 5,2 %) sont les plus dynamiques (figure 4). Remoulins, particulièrement dotée en équipements et services, connaît une croissance inférieure à celle du territoire du SCoT (+ 0,7 %).

Figure 4 – Évolution de population dans le SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard entre 2006 et 2011

Figure 4 - Évolution de population dans le SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard entre 2006 et 2011

Source : Insee, recensement de la population 2011

La moitié des personnes seules vit dans un grand logement

Sur les 5 910 personnes seules, la moitié vit dans un logement de 4 pièces ou plus (figure 5). Sous l’effet de l’attractivité,

de l’évolution des modes de vie avec notamment des ménages de plus en plus petits, et de l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de ménages augmente et avec lui, le nombre de personnes vivant seules. Le SCoT compte 435 ménages supplémentaires par an en moyenne, dont 150 de personnes seules. Les couples sans enfants sont aussi plus nombreux, en raison du départ des jeunes des familles et de l’attractivité du territoire pour ces jeunes couples.

L’évolution de la structure des ménages justifierait au parc de logements de s’adapter. Or, le parc de 21 410 résidences principales est peu diversifié, comptant 80 % de maisons et près de 70 % de logements de 4 pièces et plus. La taille moyenne des logements y est plus grande qu’en région avec 4,4 pièces par logement contre 3,9 en Languedoc-Roussillon. Si l’habitat individuel est équitablement réparti sur le territoire, le parc collectif et de logement social est principalement localisé dans l’unité urbaine d’Uzès. Cette disparité spatiale en termes de logement influe probablement sur le choix résidentiel des nouvelles populations.

Figure 5 – Répartition des ménages par taille de logement dans le SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard 
unité : nombre de ménages
Composition du ménage Taille du logement Total
1 pièce 2 pièces 3 pièces 4 pièces 5 pièces 6 pièces ou plus
Source : Insee, recensement de la population 2011
Total des ménages 370 1 490 3 700 6 720 5 160 3 970 21 410
dont :
ménages d’une personne 320 1 110 1 540 1 540 860 540 5 910
ménages de 2 personnes 50 300 1 380 2 620 2 040 1 570 7 960
ménages de 3 personnes 0 60 520 1 230 1 000 660 3 470
ménages de 4 personnes 0 10 190 1 050 860 740 2 850
ménages de 5 personnes 0 10 60 220 310 320 920
ménages de 6 personnes ou plus 0 0 10 60 90 140 300

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Une offre de logement à anticiper pour accueillir les nouvelles populations

Entre 2011 et 2013, l’offre de nouveaux logements s’est appuyée sur la construction neuve et sur la réhabilitation du bâti, avec comme exemple la transformation de granges en résidence principale. La hausse du prix du foncier a entraîné la réduction de la superficie des terrains à bâtir pour proposer une gamme de prix adapté aux ressources des ménages et faciliter leur accès à la propriété. Des constructions individuelles sur petites parcelles ont vu le jour au détriment de logements individuels groupés ou collectifs plus rares. À terme, l’accueil des nouvelles populations est un véritable enjeu pour le territoire du SCoT, tant dans la gestion des espaces, la maîtrise de l’urbanisation et la préservation de la qualité de vie de ses habitants.

Un territoire particulièrement attractif – SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard –

Le SCoT de l’Uzège Pont-du-Gard, mis en oeuvre depuis 2008, entame sa révision dans un contexte territorial modifié. En effet, le territoire de par la réforme des collectivités territoriales est passé de 51 communes à 48. De surcroît, le document a été élaboré dans une période de forte croissance démographique, économique et de construction. Or, les crises immobilière et économique enregistrées au niveau national ont eu des effets au niveau local, modifiant progressivement le contexte territorial, sans pour autant freiner l’attractivité des territoires de l’Uzège et du Pont-du-Gard. Dans ce contexte en pleine mutation, le SCoT est soumis à de nouvelles exigences réglementaires issues de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant « Engagement National pour l’Environnement » dite loi Grenelle 2 et la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour « l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové » dite loi ALUR.

Partant de ce postulat, l’enjeu premier va être d’insuffler un nouveau souffle tout en conservant la volonté d’assurer un développement dans le respect de la qualité de vie et des paysages, qui fondent l’identité de ce territoire. Ainsi, pour conserver son attractivité, le SCoT va devoir travailler sur deux grandes thématiques, le développement économique et la hiérarchisation des polarités. Pour préparer ce nouveau document prospectif, avoir une image précise du territoire en 2008 (date d’approbation du SCoT) et en 2015 est nécessaire. L’analyse de ces deux diagnostics permet de comprendre et de connaître les dynamiques de population, de logement, de consommation foncière et de développement économique afin de proposer des objectifs réalistes et précis pour la structuration de l’évolution du territoire.

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