CLIMAT

Les outre-mer français face au défi climatique

SENAT

Par MM. Jérôme BIGNON et Jacques CORNANO

 

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photo Dominique Militez

 

Présente, grâce à ses outre-mer, sur tous les océans et sous toutes les latitudes, la France dispose d’une situation originale et privilégiée tant pour observer des évolutions climatiques que pour concevoir et expérimenter, avant d’en promouvoir la transposition, des solutions contribuant à atténuer la virulence et l’ampleur des dérèglements et permettant aux territoires de s’adapter.

Avec, dans l’arc Antillais, deux départements insulaires, la Guadeloupe et la Martinique, et deux collectivités, Saint-Barthélemy et Saint-Martin, un département continental amazonien d’une superficie équivalente à celle du Portugal, la Guyane, et une autre collectivité d’outre-mer en position septentrionale, Saint-Pierre-et-Miquelon, notre pays figure en de nombreux points de l’Atlantique nord. Les départements de La Réunion et de Mayotte dans l’océan Indien, les collectivités de la Polynésie française et de Wallis-et-Futuna ainsi que la Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique sud viennent compléter le tour du monde des terres françaises habitées. Mais il convient d’ajouter à cet ensemble nombre d’îles et d’îlots inhabités, qui élargissent encore l’étendue et la diversité du territoire maritime de la France tout en constituant autant de positions stratégiques et de postes d’observation scientifique : nous pouvons citer l’îlot de Clipperton dans le Pacifique nord, administrativement rattaché à la Polynésie française, mais également les îles constituant le territoire d’outre-mer des Terres australes et antarctiques françaises (T.A.A.F.) comprenant les Îles Éparses dans l’océan Indien et les îles subantarctiques d’Amsterdam et Saint-Paul, Crozet et Kerguelen.

À tous ces territoires disséminés autour de la planète, il convient d’ajouter la Terre Adélie, qui ne constitue pas à proprement parler une possession française puisque le traité de Washington de 1959 a établi un gel des prétentions territoriales tout en affirmant la liberté de la recherche scientifique sur l’ensemble du continent Antarctique. Le protocole de Madrid en 1991 a renforcé sa protection en faisant de ce continent « une réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Ainsi, dans les bases scientifiques de Dumont d’Urville, sur l’île des Pétrels, et de Concordia, sur le plateau continental, de nombreuses études sont menées dans le cadre de collaborations internationales, notamment en matière de géophysique et de climatologie.

Aux avant-postes de la vulnérabilité climatique, les outre-mer sont également à l’avant-garde en matière d’observation et d’évaluation des impacts, mais aussi en termes de définition de stratégies d’adaptation et de conception de projets innovants. Ils bénéficient de l’expertise de centres de recherche de premier plan comme le Cirad, l’Inra, l’Irstea et le BRGM pour modéliser précisément les conséquences du changement climatique et ainsi élaborer par anticipation des plans d’action efficaces.

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photo Dominique Milliez

Il faut dire que la menace s’exerce déjà très concrètement sur ces territoires avec notamment une fréquence accrue des épisodes météorologiques extrêmes, l’élévation de la température et du niveau des océans, la raréfaction de la ressource en eau douce et la prolifération d’espèces invasives. En effet, des secteurs-clefs tels que l’agriculture et l’élevage, l’exploitation forestière, la pêche et l’aquaculture ainsi que le tourisme subissent de plein fouet les effets du dérèglement climatique. L’enjeu est donc tout à la fois d’organiser la préservation et la valorisation de patrimoines naturels exceptionnels et d’anticiper les adaptations nécessaires au maintien de conditions de vie satisfaisantes pour des populations qui doivent intégrer le paramètre environnemental dans tous les actes de la vie quotidienne.

Ce stress climatique tangible conduit à une prise de conscience collective et à une mobilisation des collectivités territoriales et des acteurs locaux, entreprises et société civile. Des stratégies territoriales, qui se déclinent en mesures d’atténuation et en dispositifs d’adaptation, prennent corps et inspirent déjà des dynamiques internationales dans leur environnement régional. Certaines réalisations sont parfois érigées en exemple, ce qui témoigne du rôle de pont entre les pays du Nord et du Sud que jouent les outre-mer. Ce fut encore le cas récemment au mois de juillet 2015 dans le Pacifique où la gestion vertueuse de l’eau et de l’assainissement depuis un quart de siècle à Bora Bora a pu être montrée en exemple aux dirigeants de sept États insulaires de la zone.

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photo Dominique Milliez

En outre, la perspective de la Conférence des parties de fin 2015 à Paris a activement stimulé la réflexion opérationnelle : de la Conférence internationale climat-énergie qui a abouti à la Déclaration des îles sur le changement climatique à La Réunion le 25 juin 2014 avec la création d’un Hub R20 Énergie Océan Indien, véritable plate-forme régionale pour le développement des énergies renouvelables dans la zone océan Indien, à l’appel de Fort-de-France du 9 mai 2015 qui a réuni plus d’une trentaine de chefs d’État de la Caraïbe, en passant par la Déclaration de Lifou « Paris 2015 : Sauvez l’Océanie ! » du 30 avril 2015 et le message de la Guadeloupe du 25 octobre 2014 consécutif à la Conférence internationale sur la biodiversité et les changements climatiques tenue sur ce même territoire, il apparaît que dans tous les bassins océaniques les territoires français sont fer de lance de la réflexion et de la promotion d’un nouveau modèle de développement.

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