DONNEES ET ANALYSES

Tarn-et-Garonne : Un moteur aux portes de Toulouse ?

INSEE

par  Julien Kourdo, Insee

Depuis plus d’une décennie, le Tarn-et-Garonne reste l’un des départements les plus attractifs de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP). La position géographique du département, proche et sous l’influence de la métropole toulousaine, permet ce dynamisme démographique important. Les communes situées le long des autoroutes A62 et A20, notamment sur l’axe Toulouse-Bordeaux, en sont les principaux moteurs démographiques. L’emploi bénéficie du dynamisme économique de l’agglomération toulousaine où viennent travailler chaque jour de nombreux Tarn-et-Garonnais. Malgré un chômage prégnant dans le département, l’emploi progresse entre 2007 et 2012, grâce notamment au secteur tertiaire marchand et non marchand.

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© IGN – Insee 2016

Avec 3 718 km² de superficie, le Tarn-et-Garonne est l’un des départements les moins étendus de France métropolitaine. Il présente une grande diversité de paysages et de reliefs : de larges plaines favorisant une agriculture riche au sud, des collines pentues au nord et les Gorges de l’Aveyron à l’est qui attirent de nombreux touristes (figure 1).

 

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photo : France 3 régions

 

Forte croissance urbaine dans le sud du département

Le sud du département, proche et sous l’influence de la métropole toulousaine, connaît une forte dynamique démographique. Située à la croisée des principaux axes de communication, l’agglomération de Montauban (74 100 habitants) est la huitième plus peuplée de LRMP en 2012, elle accueille 3 000 habitants supplémentaires entre 2007 à 2012 (+ 0,8 % par an). Positionnées sur l’axe routier Montauban-Toulouse, les agglomérations qui enregistrent les plus fortes croissances de population entre 2007 et 2012 sont Montech (+ 3,3 % par an), Meauzac (+ 3,2 %), Nègrepelisse (+ 2,8 %) et Verdun-sur-Garonne (+ 2,4 %). La deuxième plus grande aire urbaine du département, composée de Castelsarrasin et de Moissac, abrite 26 500 habitants en 2012 et croît de 0,4 % par an, soit 100 habitants supplémentaires chaque année. À l’ouest du département, la population augmente également dans les petites aires de Valence (+ 1,0 % par an) et de Beaumont-de-Lomagne (+ 0,3 % par an).

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Le Tarn-et-Garonne, moteur démographique en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

La population du Tarn-et-Garonne s’établit à 247 000 habitants en 2012. En LRMP, le Tarn-et-Garonne est le premier département en termes de croissance de population, une évolution similaire à celle de l’Hérault sur la période 2007-2012. Sur une période de trente ans, depuis 1982, le Tarn-et-Garonne et la région LRMP ont des rythmes de croissance élevés. Sur la période 2007-2012, la croissance de la population du département dépasse celle de la région : + 6,6 % contre + 4,8 %. Ce dynamisme s’appuie conjointement sur l’arrivée massive de nouveaux résidents (3 000 personnes supplémentaires par an, soit + 1,3 %) et sur l’excédent des naissances par rapport aux décès (600 personnes supplémentaires par an).

Avec une moyenne d’âge de 41,6 ans, le Tarn-et-Garonne se situe dans une position médiane parmi les départements métropolitains. Le département héberge de nombreuses familles avec de jeunes enfants, dont les actifs travaillent principalement dans les agglomérations toulousaine et montalbanaise. De ce fait, les moins de 15 ans (19 %) et les 30 à 59 ans (40 %) sont plus nombreux qu’en LRMP (respectivement 17 % et 39 %). À l’inverse, les 15 à 29 ans sont sous-représentés. La part des seniors (27 %) est similaire à celle de la région.

 

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Une part importante de résidences principales

Dans le Tarn-et-Garonne, le parc de logements se compose essentiellement de résidences principales : 84 % des logements en 2012, soit la part la plus importante des départements de la région après la Haute-Garonne. Plus d’un tiers de ces résidences principales sont localisées dans l’agglomération de Montauban. Sur la période 2007-2012, le nombre de résidences principales en Tarn-et-Garonne augmente de 8,0 %, soit 7 700 logements supplémentaires en cinq ans. Cette hausse est bien supérieure à celle de la région (+ 6,9 %) et de la France métropolitaine (+ 4,6 %). En contrepartie, les résidences secondaires sont moins représentées dans le département (6 % des logements contre 16 % au niveau régional), même si leur nombre s’est accru de 6,8 % entre 2007 et 2012 (contre + 3,0 % au niveau régional).

 

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Des communes bien pourvues en équipements sur l’axe Montauban-Toulouse

Si le Tarn-et-Garonne offre à ses habitants de nombreux équipements et services, il se situe néanmoins un peu en dessous de la moyenne régionale avec 362 équipements pour 10 000 habitants (contre 393 au niveau régional). Parmi l’ensemble des équipements, 78 % sont des services dits de proximité : épicerie, boulangerie, école, bureau de poste ou pharmacie… Dans le Tarn-et-Garonne, 61 pôles de services de proximité sont répertoriés : ce sont des communes ou des agglomérations qui disposent d’au moins la moitié de ces équipements de la gamme de proximité. Beaucoup de ces pôles de services sont situés entre Montauban et Toulouse. Les pôles de services intermédiaires, relativement moins nombreux que dans les autres départements, offrent différents types de services comme le supermarché, le collège, le laboratoire d’analyses et de biologie médicale ou encore la gendarmerie. Grâce aux nombreux axes autoroutiers, les temps d’accès sont relativement courts, ce qui permet un accès facilité des populations à ces services. Les trois pôles de services supérieurs, Montauban, Castelsarrasin et Moissac proposent des services plus spécifiques comme l’hypermarché, le lycée, la maternité ou l’agence Pôle emploi. En 2012, 84 % des Tarn-et-Garonnais résident dans une commune pôle de services contre 85 % en LRMP. Le temps de trajet moyen pour accéder aux équipements est légèrement supérieur à celui observé en LRMP et en France métropolitaine.

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De nombreux Tarn-et-Garonnais travaillent dans l’agglomération toulousaine

Les actifs, qu’ils soient en emploi ou au chômage, représentent 56 % des Tarn-et-Garonnais âgés de 15 ans ou plus, une part légèrement supérieure à celle de LRMP (55 %) mais inférieure à la France métropolitaine (58 %). La proportion d’élèves, étudiants et stagiaires est moindre dans le département comparée à la région ou à la métropole (6 % contre 8 %). À l’inverse, la proportion de retraités est un peu plus élevée dans le département.

Les actifs du Tarn-et-Garonne se déplacent massivement vers la Haute-Garonne pour aller travailler : le flux s’élève à 13 100 personnes en 2012. À l’inverse, 4 200 actifs haut-garonnais viennent travailler quotidiennement dans le Tarn-et-Garonne. La proximité de l’aire urbaine toulousaine, forte d’un tissu industriel et économique dynamique, ainsi que l’existence de l’axe autoroutier A62 favorisent ces nombreux déplacements pendulaires. Au total, 18 400 actifs, résidant dans le Tarn-et-Garonne, exercent leur activité professionnelle dans un autre département. C’est environ deux actifs en emploi sur dix, soit une proportion parmi les plus élevées de la région.

Le Tarn-et-Garonne offre près de 90 emplois pour 100 actifs occupés y résidant, un des taux les plus faibles de LRMP. En effet, le déséquilibre des déplacements domicile-travail pour le Tarn-et-Garonne est significatif : pour un actif résidant dans un département limitrophe qui vient travailler dans le Tarn-et-Garonne, deux actifs tarn-et-garonnais quittent le département.

Figure 6 – Sept actifs sur dix vont travailler en Haute-Garonne

Figure 6 - Sept actifs sur dix vont travailler en Haute-Garonne

En 2012, 10,5 % des actifs tarn-et-garonnais sont au chômage, contre 11,2 % en LRMP et 9,4 % en France métropolitaine. Sur une période de dix ans, le taux de chômage a bondi de 2,6 points. À égalité avec le Tarn, c’est la plus forte hausse des départements de LRMP après l’Ariège, l’Aude et les Pyrénées-Orientales.

 

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Des revenus disponibles faibles

La moitié des Tarn-et-Garonnais appartiennent à un ménage disposant d’un revenu de moins de 18 400 euros par unité de consommation en 2012, déduction faite des impôts directs et après réception des prestations sociales. Ce niveau de vie médian est équivalent à un revenu de 1 530 euros par mois pour une personne seule ou encore à 2 760 euros pour un couple avec un jeune enfant par exemple. C’est un niveau de revenu bas, inférieur de près de 500 euros au niveau de vie médian régional.

Dans le Tarn-et-Garonne, les 10 % de personnes les plus aisées ont un revenu disponible d’au moins 32 000 euros par an et par unité de consommation. À l’autre extrémité de l’échelle des revenus, un habitant sur dix dispose de moins de 10 100 euros par an et par unité de consommation. Dans le département, la part des ménages soumis à l’impôt sur le revenu est faible, 55 % contre 59 % en LRMP et 62 % en France métropolitaine. La dispersion des revenus est inférieure au niveau régional mais proche de celle observée en province : le rapport entre le niveau de revenu au dessus duquel on trouve les 10 % de personnes vivant dans les ménages les plus aisés et celui au dessous duquel on trouve les 10 % de personnes vivant dans les ménages les plus modestes est de 3,2.

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Dynamisme des secteurs marchands et non marchands

En 2012, dans le Tarn-et-Garonne, 86 900 personnes exercent un emploi, salarié ou non. Avec 9 300 emplois, le secteur industriel représente 11 % de l’emploi total. En 2012, la première entreprise employeuse du secteur est Électricité de France : 800 actifs en emploi travaillent dans la centrale nucléaire de Golfech. Depuis 2007, l’emploi industriel est en recul de 4 % dans le département, soit 400 emplois en moins en cinq ans. En revanche, les secteurs du tertiaire marchand et non marchand sont dynamiques entre 2007 et 2012 : l’emploi y progresse respectivement de 4,2 % et 6,4 %. Les établissements sanitaires et sociaux sont les principaux pourvoyeurs d’emplois dans le département.

L’emploi total enregistre une hausse de 2,3 % sur la période 2007-2012, proche de celle de LRMP (+ 2,1 %) mais bien en deçà de la Haute-Garonne (+ 6,2 %). De 2002 à 2012, l’évolution de l’emploi dans le Tarn-et-Garonne est proche de celle observée sur l’ensemble de la région (figure 9).

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