DONNEES ET ANALYSES

La pauvreté dans les Hauts de France

INSEE

Betty BECUWE, Insee

Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, 770 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté. La pauvreté touche ainsi 19,3 % de la population, soit cinq points de plus qu’en France métropolitaine. Les familles monoparentales, les jeunes et les ménages de cinq personnes et plus sont les ménages les plus touchés par la pauvreté. La pauvreté est très prégnante dans six territoires où elle touche plus d’un habitant sur quatre : communautés d’agglomération de Lens – Liévin, du Calaisis et de Maubeuge – Val de Sambre, communautés de communes de la Région de Frévent, de l’Auxilois et du Sud Avesnois. En revanche, certains espaces périurbains apparaissent plus préservés. Une pauvreté élevée va souvent de pair avec une pauvreté importante pour tous les types de ménages. Toutefois, la pauvreté des personnes âgées est souvent déconnectée des autres formes de pauvreté et est surtout concentrée dans les espaces ruraux.

Une personne sur cinq sous le seuil de pauvreté

Dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, près d’une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté (définitions), soit 770 000 personnes (19,3 % de la population). C’est cinq points de plus qu’au niveau national. Comme en France métropolitaine, les familles monoparentales, les jeunes et les ménages de 5 personnes ou plus sont les ménages les plus touchés par la pauvreté (encadré 1). Le constat est encore plus frappant dans le Nord et le Pas-de-Calais : le taux de pauvreté de ces ménages dépasse de plus de huit points celui de France métropolitaine.

Au sein des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du Nord et du Pas-de-Calais, le taux de pauvreté varie très fortement (figure 1) : de 4 % dans la communauté de communes des Weppes à 29 % dans celle du Sud Avesnois. Les territoires urbains du littoral et du bassin minier affichent des taux de pauvreté très élevés. De la même façon, certains territoires plus ruraux sont fortement touchés, comme l’arrière-pays boulonnais ou la Sambre-Avesnois.

Figure 1 – La pauvreté touche entre 4 % et 29 % de la population selon les territoires

Figure 1 - La pauvreté touche entre 4 % et 29 % de la population selon les territoires

Source : Insee, Filosofi 2012.

Plus particulièrement, la pauvreté est très prégnante dans six territoires où elle touche plus d’un habitant sur quatre : communautés d’agglomération de Lens – Liévin, du Calaisis et de Maubeuge – Val de Sambre, communautés de communes de la Région de Frévent, de l’Auxilois et du Sud Avesnois. En revanche, certains espaces périurbains apparaissent plus épargnés. Plus particulièrement, douze territoires affichent des taux de pauvreté particulièrement bas, inférieurs même à la moyenne nationale. Ils se trouvent notamment autour de la métropole lilloise, ou encore dans les communautés de communes de l’Atrébatie, de la Porte des Vallées et d’Osartis-Marquion situés en périphérie de la communauté urbaine d’Arras.

La pauvreté des personnes âgées souvent déconnectée des autres formes de pauvreté

Une pauvreté élevée va souvent de pair avec une pauvreté importante pour tous les types de ménages. Par exemple, quel que soit le territoire, le taux de pauvreté des familles monoparentales est supérieur de 10 à 20 points à celui de l’ensemble de la population. De la même façon, les familles nombreuses sont particulièrement touchées sur tous les territoires. En revanche, la localisation de la pauvreté des ménages dont le référent est âgé de 75 ans ou plus diffère de celle des autres types de ménages. Par exemple, dans les territoires de l’arrière-pays de Calais et de Boulogne, ou dans les communautés de communes des Deux Sources et de la Morinie, le taux de pauvreté des personnes âgées est supérieur à celui observé en moyenne dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Il est en revanche moins élevé pour l’ensemble de la population.

Figure 2 – Une pauvreté des personnes âgées plus fréquente dans les espaces ruraux

Figure 2 - Une pauvreté des personnes âgées plus fréquente dans les espaces ruraux

Source : Insee, Filosofi 2012.

Les territoires les plus touchés par la pauvreté des personnes âgées sont des territoires plutôt ruraux. Il s’agit en particulier de territoires qui concentrent une grande part d’anciens agriculteurs : les pensions agricoles sont, jusque dans la période récente, en moyenne moins élevées que dans le régime général. Les territoires ruraux concentrent aussi davantage de bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ancien minimum vieillesse), dont le montant est inférieur au seuil de pauvreté (777 euros en 2012 pour une personne seule et 1 207 euros pour un couple). Dans les communautés de communes du Canton de Fruges, de l’Atrébatie, des Deux Sources, de la Porte des Vallées, du Canton de Fauquembergues, du Pernois, ainsi que du Canton d’Hucqueliers et environs, le taux de pauvreté des personnes âgées est plus élevé qu’en moyenne dans le Nord et le Pas-de-Calais et plus de 35 % des personnes âgées de 75 ans et plus sont d’anciens agriculteurs (contre 6 % dans les deux départements en moyenne).

Figure 3 – Une pauvreté des personnes âgées particulièrement élevée dans cinq EPCI

Figure 3 - Une pauvreté des personnes âgées particulièrement élevée dans cinq EPCI

Note de lecture : chaque bulle correspond à un EPCI. Elle est proportionnelle au nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté dans le territoire.

Source : Insee, Filosofi 2012.

Les territoires du Nord et du Pas-de-Calais peuvent être regroupés en six classes (figure 4), selon les formes de pauvreté qui les caractérisent.

Figure 4 – Six groupes de territoires pour décrire les formes de pauvreté

Figure 4 - Six groupes de territoires pour décrire les formes de pauvreté

Source : Insee, Filosofi 2012.

Une pauvreté moins forte autour de Lille et dans certains territoires périurbains

Le premier profil de territoires regroupe huit territoires caractérisés par de moindres difficultés sociales . On y retrouve les communautés de communes de Flandre intérieure, de Flandre-Lys, des Weppes, de la Haute Deûle, de Pévèle-Carembault, du Sud Ouest du Calaisis, du Montreuillois et d’Osartis-Marquion. En 2012, près de 325 000 habitants y résident (soit 8 % de la population). Le taux de pauvreté dans ces territoires est nettement inférieur à la moyenne nationale et varie de 4 % dans les Weppes à 13 % dans le Sud Ouest du Calaisis. Moins de 11 % des actifs sont au chômage, contre 15 % en moyenne dans le Nord et le Pas-de-Calais. Néanmoins, la pauvreté de certains types de ménages peut être importante. Hormis le territoire des Weppes, plus d’une famille monoparentale sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.

Huit territoires, parmi les plus peuplés de la région, appartiennent à la classe B : plus de 1 500 000 habitants y résident (soit 39 % de la population). Dans ces territoires, le taux de pauvreté varie de 16 % à 18 % et est légèrement inférieur à celui observé en moyenne dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. La pauvreté des jeunes et des familles avec enfants est importante. En revanche, la pauvreté des ménages dont le référent fiscal est âgé de 75 ans ou plus est moins marquée. En particulier, le taux de pauvreté pour cette tranche d’âge est même inférieur à 10 % dans la Métropole européenne de Lille, dans les communautés urbaines d’Arras et de Dunkerque et dans les communautés de communes de Cambrai, de la Vacquerie et Opale Sud. Toutefois, la métropole de Lille se distingue des autres territoires de ce groupe, affichant un taux de pauvreté chez les 60-74 ans un peu plus important (13,4 % contre 12,3 % dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais).

Une pauvreté accrue centrée sur les jeunes et les familles avec enfants dans le bassin minier et l’Avesnois

Onze territoires appartiennent à la classe C, regroupant près de 1 200 000 habitants, soit 29 % de la population. Ils se situent notamment dans l’ancien bassin minier, l’Audomarois, le Boulonnais. Ils se caractérisent par une pauvreté plus importante que la moyenne, touchant entre 19 % et 24 % de la population. Les jeunes et les familles avec enfants sont les plus touchés par la pauvreté dans ces EPCI. Les difficultés, notamment sur le marché du travail, y sont en effet multiples. Ainsi, plus de 30 % des jeunes de 18 à 25 ans ne sont ni en emploi, ni en formation (contre 28 % en moyenne dans le Nord et le Pas-de-Calais).

La classe D rassemble six territoires où résident 550 000 habitants (soit 14 % de la population) : les communautés d’agglomération du Calaisis, de Lens – Liévin, de Maubeuge – Val de Sambre, les communautés de communes du Sud Avesnois, du Caudrésis et du Catésis, de la Région de Frévent. Leur taux de pauvreté figure parmi les plus importants des territoires du Nord et du Pas-de-Calais et oscille entre 23 % et 30 %. Les jeunes et les familles avec enfants sont les plus touchés par la pauvreté : plus de 44 % des familles monoparentales sont en situation de pauvreté dans ces territoires, et plus de 37 % des ménages dont le référent fiscal est âgé de moins de 30 ans (contre 30 % en moyenne dans le Nord et le Pas-de-Calais). Le taux de pauvreté des ménages dont le référent fiscal est âgé de 75 ans ou plus est analogue à la moyenne du Nord et du Pas-de-Calais. La communauté de communes de la Région de Frévent se distingue toutefois avec un taux de pauvreté des ménages âgés de près de 15 % (contre 11,4 % en moyenne dans le Nord et le Pas-de-Calais).

La pauvreté des plus âgés marquée dans les espaces ruraux

La classe E rassemble seize territoires. Près de 365 000 habitants y résident, soit 9 % de la population. Le taux de pauvreté varie de 8 à 18 %. La pauvreté des familles avec enfants reste globalement contenue dans ces territoires, c’est-à-dire inférieure à la moyenne du Nord et du Pas-de-Calais et même parfois à la moyenne nationale. En revanche, la pauvreté des ménages dont le référent fiscal est âgé de 75 ans ou plus est plus marquée. Le taux de pauvreté pour cette classe d’âge varie de 12 % dans la communauté de communes de l’Artois-Lys à 19 % dans celle du Pernois.

Quatre territoires appartiennent à la classe F, regroupant 31 000 habitants (soit moins de 1 % de la population) : les communautés de communes de l’Auxilois, du Canton de Fauquembergues, du Canton de Fruges et du Canton d’Hucqueliers et environs. Le taux de pauvreté de leurs habitants est relativement élevé, compris entre 18 % et 25 %. Ces quatre territoires se distinguent nettement des autres par la forte pauvreté des ménages dont le référent fiscal est âgé de 75 ans ou plus. En effet, plus de 20 % de ces ménages y sont en situation de pauvreté, soit 9 points de plus que la moyenne des départements du Nord et du Pas-de-Calais. Les personnes de 75 ans et plus sont toutefois relativement moins isolées sur ces territoires, vivant moins souvent seules qu’en moyenne.

EN SAVOIR PLUS

 

 

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