DONNEES ET ANALYSES

Piémont des Vosges : la dynamique d’un territoire périurbain

INSEE

par Dominique Kelhetter, Flora Vuillier-Devillers, Insee

Le territoire du SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) du Piémont des Vosges est composé de 35 communes, réparties dans trois communautés de communes. Ce territoire est avant tout résidentiel. Plus de la moitié des actifs occupent un emploi à l’extérieur de ce périmètre, à Strasbourg notamment. Avec quelques grands établissements, Obernai concentre le plus d’emplois. C’est la seule ville du SCoT qui offre plus d’emplois qu’elle ne compte d’actifs (figure 1).

Figure 1 – Quatre emplois du SCoT sur dix dans la commune d’Obernai

Figure 1 - Quatre emplois du SCoT sur dix dans la commune d'Obernai

© IGN – Insee 2016

Source : Insee, recensement de la population 2012.

Moins touché par le chômage

En 2012, 30 100 actifs résident dans le SCoT du Piémont des Vosges : 27 300 exercent un emploi et 2 800 sont au chômage.

Entre 2007 et 2012, le nombre d’actifs en emploi a augmenté deux fois moins vite que dans les territoires de profil comparable (méthodologie) (+ 3,0 % pour + 5,6 %). Dans le SCoT, cette hausse concerne surtout les professions intermédiaires (+ 10,0 %), au détriment des emplois d’ouvriers (- 3,0 %). Ces évolutions sont similaires à celles du référentiel sauf pour les employés et surtout les cadres, dont le nombre augmente beaucoup moins vite (+ 4,5 % pour + 19,0 %).

Le territoire est moins touché par le chômage que l’Alsace, et cela se vérifie pour chacune des catégories socioprofessionnelles. Le chômage concerne 9 % des actifs du SCoT, soit un niveau comparable à celui du référentiel. 40 % des chômeurs sont des ouvriers alors qu’ils ne représentent que 28 % des actifs. Le taux de chômage des ouvriers, qui se sont déclarés au chômage lors du recensement de la population, est de 13 %. Il n’est que de 3 % pour les cadres. Entre 2007 et 2012, ce dernier a augmenté de deux points et du double pour les ouvriers.

Plus de cadres et des rémunérations plus élevées

Les actifs du SCoT sont plus souvent diplômés : 54 % ont au moins le baccalauréat, pour 50 % dans le référentiel et 51 % en Alsace. À l’opposé, seuls 9 % n’ont aucun diplôme, soit deux points de moins que dans le référentiel. Cet écart est plus marqué pour les plus de 50 ans mais se réduit nettement pour les jeunes de moins de 35 ans.

La plus forte part d’actifs diplômés s’explique notamment par une présence plus importante de cadres (15 % des résidents en emploi, soit trois points de plus que dans le référentiel).

Les salariés travaillant dans le SCoT sont rémunérés en moyenne 12 euros net par heure (figure 2), un peu plus que dans le référentiel sans atteindre le niveau de l’Alsace. Par rapport au référentiel, les employés, et les ouvriers sont mieux payés, notamment les ouvriers qualifiés.

Le salaire des femmes est 25 % moins élevé que celui des hommes, un écart plus important que dans les autres SCoTs de type périurbain. Cette différence est la plus marquée chez les employés et les cadres. Par rapport à l’Alsace, les femmes sont beaucoup moins bien rémunérées, avec des différences de salaire de plus de 90 centimes par heure en moyenne pour les employées. Les contrats à durée indéterminée et les postes de la fonction publique représentent les trois quarts des emplois du territoire. Parmi eux, 89 % sont en CDI et 11 % dans la fonction publique. Les non-salariés représentent plus d’un emploi sur dix. Les emplois à durée déterminée, en intérim ou les emplois aidés constituent un emploi sur dix. Les contrats sans limite de durée sont plus nombreux que dans le référentiel, au contraire des emplois non salariés ou à durée déterminée. Dans l’ensemble de l’Alsace, cette stabilité des emplois est encore plus marquée. Comme dans le référentiel, 16 % des salariés du SCoT travaillent à temps partiel (5 % des hommes et 28 % des femmes).

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Des salaires perçus dans des emplois à l’extérieur

Pour une zone périurbaine, le Piémont des Vosges se caractérise par l’importance des emplois localisés sur son territoire, en regard de sa population active occupée. En 2012, le SCoT compte 21 000 emplois, ce qui représente 76,5 emplois pour 100 actifs occupés résidant sur le territoire. C’est dix points de plus que dans le référentiel. Parmi ces emplois, 61,3 % sont occupés par des personnes résidant dans le SCoT.

Les trajets domicile-travail sont nombreux dans les deux sens, mais plus du Piémont des Vosges vers l’extérieur. Plus de la moitié des actifs résidents travaillent en dehors du SCoT (figure 3), principalement à Strasbourg (15 % de l’ensemble des sortants), à Molsheim (6 %) et à Sélestat (3 %). Ces déplacements reflètent le caractère périurbain du territoire. Les actifs occupent cinq fois moins souvent un emploi hors d’Alsace (2,3 %) que dans l’ensemble de la région (10,0 %), la situation géographique du SCoT étant moins propice au travail frontalier. À l’inverse les personnes occupant un emploi dans le SCoT et résidant à l’extérieur habitent principalement à Strasbourg (10 % de l’ensemble des entrants), à Molsheim (4 %) et à Sélestat (4 %).

Les cadres sont les plus mobiles : 72 % d’entre eux travaillent hors du territoire, pour 74 % dans le référentiel (figure 4). Comme pour les professions intermédiaires, la principale destination est Strasbourg. En revanche, la majorité des employés et des ouvriers habitant dans le SCoT y travaillent, principalement à Obernai.

Entre 2007 et 2012, les échanges domicile-travail se sont intensifiés dans les deux sens. En cinq ans, le nombre d’emplois du SCoT a augmenté de 5 %. Ces nouveaux emplois sont essentiellement occupés par des actifs résidant à l’extérieur. À l’inverse, le nombre d’actifs en emploi résidant dans le Piémont des Vosges a dans le même temps progressé de 3 %. Leurs emplois sont principalement situés en dehors du territoire.

En termes de salaires, les échanges domicile-travail sont favorables au SCoT du Piémont des Vosges. Les salaires captés (380 millions d’euros), salaires des résidents travaillant à l’extérieur, sont nettement supérieurs aux salaires évadés (177 millions), salaires des travailleurs entrants dans le SCoT. Plus de la moitié des salaires captés proviennent de la zone d’emploi de Strasbourg. Les salaires conservés de ceux qui résident et travaillent dans le territoire s’élèvent à 194 millions.

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20 889 emplois sont occupés dans le SCoT du Piémont des Vosges, dont 61,3 % par des actifs qui y résident et 38,7 % par des actifs qui résident à l’extérieur.Le SCoT du Piémont des Vosges offre 76,5 emplois pour 100 actifs occupés résidents.Source : Insee, recensement de la population 2012.

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La fabrication, le tourisme et l’agriculture principaux employeurs

À l’image des autres SCoTs de type périurbain, le secteur de l’agriculture est important dans le Piémont des Vosges. Il est constitué de 1 000 exploitations en 2010, dont trois sur quatre sont des exploitations viticoles. Ce secteur concentre 3 % des emplois salariés, trois fois plus qu’en Alsace. Le nombre d’exploitations agricoles diminue, et notamment les petites exploitations, alors que parallèlement, la surface agricole utilisée augmente.

La fonction publique regroupe 14 % des emplois salariés du SCoT, contre 17 % dans le référentiel et 22 % en Alsace.

Avec 3 900 établissements, le secteur marchand non agricole concentre 79 % des emplois salariés, soit quatre points de plus que dans le référentiel Les deux tiers des établissements n’emploient pourtant aucun salarié, et 29 % en emploient moins de 10. Les cinq plus grands établissements privés regroupent à eux seuls un quart des emplois hors domaine public.

Le SCoT est très spécialisé. Le secteur de la fabrication d’équipements électriques rassemble 13 % des emplois, pour 1 % dans le référentiel et 2 % en Alsace (figure 5). Cette différence s’explique par la seule présence d’Hager Electro à Obernai, le plus gros employeur du Piémont des Vosges. La fabrication de denrées alimentaires (10 % des emplois) est également surreprésentée, notamment avec les brasseries Kronenbourg. 10 % des emplois concernent le commerce de gros, soit cinq points de plus que dans le territoire de référence.

Les activités peuvent se répartir entre activités présentielles, tournées vers les besoins des résidents et des touristes, et activités productives, liées à la production de biens consommés hors de la zone et de services tournés principalement vers les entreprises. La sphère présentielle, avec 50 % des emplois est faiblement représentée dans le Piémont des Vosges, même pour un territoire de type périurbain (56 % dans le territoire de référence et 63 % en Alsace). Ces emplois ont augmenté de 2 % entre 2008 et 2013, contre 6 % dans le référentiel. Dans le même temps, l’emploi dans la sphère productive a augmenté de 4 %, alors qu’il a baissé de 5 % dans le référentiel et de 4 % en Alsace.

Parmi les huit fonctions constituant les activités présentielles, seuls les services de proximité sont surreprésentés dans le SCoT. Pour 1 000 habitants, 42 emplois appartiennent à ce domaine, 11 de plus que dans le territoire de référence, ce qui est lié à la surreprésentation des emplois touristiques (6,4 % des emplois pour 2,4 % dans le référentiel et 3,5 % en Alsace). Situé sur la route des vins, le SCoT accueille de nombreux visiteurs. Le territoire dispose d’une capacité d’acceuil des touristes de 20 lits pour 100 habitants (figure 6), répartis entre les résidences secondaires, les hôtels et les campings. Les chambres d’hôtel y sont notamment deux fois plus nombreuses qu’en Alsace et cinq fois plus que dans le référentiel en regard de la population. Comme dans le territoire de référence, elles sont occupées la moitié du temps, mais moins souvent pour raisons professionnelles (un quart de la clientèle contre la moitié dans le référentiel).

Le nombre de nuitées augmente progressivement de janvier à août puis diminue un peu en septembre et en octobre, puis plus franchement en novembre. Il réaugmente ensuite en décembre, à l’occasion des marchés de Noël en Alsace. Le nombre d’emplois touristiques suit une tendance similaire au long de l’année.

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Encadrés

Communauté de communes du Pays de Sainte-Odile : de nombreux emplois en lien avec la présence de grands établissements

Alors que la population active est répartie de façon équivalente dans les trois communautés de communes du SCoT, les emplois sont deux fois plus nombreux dans le Pays de Sainte-Odile. La communauté de communes attire de nombreux navetteurs : le nombre d’emplois offerts est supérieur au nombre d’actifs résidents, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, et plus particulièrement pour les ouvriers (154 emplois offerts pour 100 ouvriers résidents). Les cinq plus grands établissements du secteur marchand non agricole sont implantés à Obernai, qui concentre à elle seule 42 % des emplois du Piémont des Vosges. C’est la première ville d’emploi des habitants du ScoT ; 18 % des actifs occupés résidents y travaillent. Dans le secteur agricole, la viticulture est moins présente dans cette communauté de communes, au profit de la culture de céréales. Les salaires sont plus élevés que dans le reste du ScoT quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle et le sexe. Les contrats à durée indéterminée y sont également plus nombreux.

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Communauté de communes du Canton de Rosheim : avant tout résidentielle

La communauté de communes du Canton de Rosheim offre 54 emplois pour 100 actifs résidents occupés, le taux le plus faible du SCoT. Les postes de cadres sont particulièrement rares, mais ceux de professions intermédiaires et d’ouvriers sont également peu nombreux par rapport au territoire de référence.

Les trois quarts des actifs occupés résidents travaillent en dehors de la zone, dix points de plus que dans les autres communautés de communes. Les habitants sont plus souvent titulaires d’un diplôme ; 6 % seulement n’ont aucun diplôme. Les employés et ouvriers sont sous-représentés, à l’inverse des professions intermédiaires, et surtout des cadres.

Contrairement au Pays de Sainte-Odile, les emplois relèvent principalement de la sphère présentielle. Plus d’un emploi sur dix est lié au tourisme, soit deux fois plus que dans le reste du SCoT. Les résidences secondaires représentent les deux tiers de la capacité d’accueil touristique du canton

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Communauté de communes de Barr-Bernstein : un emploi sur dix dans la viticulture

Il s’agit de la communauté de communes où les établissements du secteur marchand non agricole sont les plus nombreux. Ils sont moins souvent employeurs, 68 % ne comptent aucun salarié pour 63 % dans le reste du SCoT.

La communauté de communes propose 60 postes pour 100 actifs occupés résidents. Les emplois de cadres sont particulièrement peu nombreux. Près d’un tiers des actifs résidents sont ouvriers.

La viticulture est l’une des activités principales de la communauté de communes. Un emploi sur dix y est consacré et neuf exploitations agricoles sur dix cultivent la vigne. 15 % du territoire est occupé par des cultures permanentes contre 3 % en Alsace et moins de 1 % dans le référentiel.

La capacité d’accueil touristique élevée de la communauté de communes (24 lits pour 100 habitants) est due au nombre important de places en résidences secondaires et en campings. Le nombre d’emplois touristiques y varie plus fortement selon la période de l’année. Il est le plus élevé en juillet et en août, puis baisse régulièrement jusqu’à la fin de l’année. Contrairement au reste du SCoT, le nombre de touristes n’augmente pas en décembre au moment des marchés de Noël.

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