DONNEES ET ANALYSES

Maroc : le choix de la modernisation

SENAT

Groupe d’amitiés du Sénat

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L’économie marocaine en septembre 2016 montre une résilience notable dans un environnement international globalement défavorable. Les pays européens – Allemagne, Espagne et France en tête – investissent largement ce pays où la stabilité politique et le volontarisme économique des dirigeants envoient des signaux positifs dans une région marquée par l’incertitude, les troubles voire la guerre. En janvier 2016, la COFACE a d’ailleurs attribué au Maroc la double note A4 tant pour le « risque pays » que pour « l’environnement des affaires », plaçant aussi le Maroc au premier rang du continent devant l’Afrique du Sud.

Depuis l’avènement du Roi Mohammed VI en 1999, le Maroc est passé d’une économie émergente à une économie résiliente. Le pays, sous l’impulsion des autorités politiques et au premier chef du souverain chérifien, ont adopté une stratégie de développement permettant au Maroc de relever les défis économiques du XXIe siècle.

I. QUELQUES CHIFFRES

A. UNE CROISSANCE EN HAUSSE

Depuis 15 ans, le Maroc connaît une croissance économique en moyenne annuelle de 4 %, soit une nette accélération par rapport aux années précédentes (0,5 % à 2 %). Entre 2013 et 2015, le taux de croissance a avoisiné 5 % ; le Maroc est entré dans le cercle des pays émergents capables d’affronter les aléas des crises économiques comme celle de 2008. Avec ce taux, le Maroc se place devant la Tunisie et l’Algérie.

Dans le même temps, le PIB par habitant a doublé, passant d’une moyenne de 1350 dollars par habitant et par an à plus de 3 000 dollars.

B. SIGNES DE LA MEILLEURE SANTÉ ÉCONOMIQUE DU PAYS,
LA DIMINUTION DE L’INFLATION ET DU CHÔMAGE

Depuis 1999, l’inflation s’élève en moyenne annuelle à 1,6 % avec une décélération nette depuis 2009 ; ainsi le taux annuel est passé de 3,6 % entre 2005 et 2010 à un taux annuel de 1,3 % depuis 2010. Il est l’un de plus bas du Maghreb.

Le taux de chômage, même s’il reste à des niveaux élevés, connaît une diminution depuis 15 ans. Le taux de chômage global est passé en moyenne annuelle de 13,6 % à 9 % en 2015.

Il reste que pour absorber les 400 000 jeunes qui arrivent tous les ans sur le marché du travail, il faudrait un point supplémentaire de croissance.

On observe la même tendance s’agissant du taux de chômage urbain, qui a été ramené sur la même période de 21 % à 13 %. Cette moyenne plus élevée s’explique notamment par l’exode rural : les jeunes viennent en ville pour trouver du travail.

En effet, les marocains âgés de 15 à 29 ans sont les plus touchés avec un taux de chômage qui avoisine 30 %. On observe toutefois une tendance à la baisse depuis quelques années puisque, en 1999, ce taux était proche de 40 %. Ce mouvement se vérifie également pour les jeunes diplômés, dont le taux de chômage a baissé de plus de 10 points entre 1999 et 2015, passant de 29 % à 18 %.

C. DEUX INDICATEURS À SURVEILLER : LES FINANCES PUBLIQUES ET LE COMMERCE EXTÉRIEUR

Les finances publiques marocaines sont marquées par des mouvements contrastés :

· L’apparition à partir de 2008 d’un solde budgétaire déficitaire. Après avoir connu des niveaux élevés de l’ordre de 6 % à 7 % du PIB en 2011/2012, le déficit a été ramené à 4,6 % du PIB en 2016 et les autorités tablent sur une baisse régulière à compter de 2017 ;

· Le taux d’endettement public a diminué sur la période 1999-2015 (de 81 % du PIB à 69 %), même si, à la suite de la crise financière de 2008, il a eu tendance à augmenter après avoir connu cette baisse régulière. Pour autant, ce taux demeure inférieur à celui des années 2000 ;

· Les comptes du commerce extérieur se dégradent depuis 2012. La balance des paiements est passée d’un solde légèrement excédentaire avant 2008 à un déficit qui s’élève à près de 10 milliards de dollars sous l’effet de la crise financière de 2008 et des Printemps arabes, mais aussi à cause du poids très lourd de la facture énergétique dont le solde est passé de 3 % du PIB à plus de 12 % entre 1999 et 2015. Le taux de couverture des exportations a suivi ce mouvement, puisqu’il est contenu à 70 %. Le choix du Maroc de s’engager dans un développement des énergies renouvelables sera, sans aucun doute, un facteur d’équilibre des comptes publics.

II. LA MODERNISATION ÉCONOMIQUE DU PAYS

Depuis les années 2000, le Maroc s’est résolument engagé dans une politique de modernisation économique qui accompagne la modernisation politique engagée avec la politique de réconciliation nationale puis l’adoption de la Constitution de 2001.

Cette politique de modernisation économique est illustrée par trois choix majeurs : une politique d’investissements forte, l’encouragement des investissements étrangers et une stratégie globale d’ouverture aux marchés.

A. UNE POLITIQUE FAVORISANT LES INVESTISSEMENTS STRUCTURANTS

En deux décennies, le Maroc s’est modernisé grâce à sa politique d’investissement public, avec ou sans partenariat privé. Les routes et les ports ont été les premiers secteurs concernés avec la construction d’autoroutes (2 000 km à ce jour) ou de ports comme Tangermed. Les équipements collectifs et les nouveaux quartiers ont suivi. Le niveau de vie d’une majorité de citadins s’est accru notamment sur la zone côtière atlantique autour de Casablanca, Rabat et Tanger.

Cette politique a été mise en place par des ingénieurs formés en France ou aux États-Unis, dans les plus grandes écoles ou universités. L’objectif est de développer sept grands pôles urbains et économiques (Casablanca-Rabat-Kenitra, Tanger, Oujda, Meknès, Marrakech, Agadir et Beni-Mellal). Puis ont suivi les plans structurants, tels que les plans solaires et éoliens, qui devraient permettre de réduire l’impact des fluctuations du cours du pétrole.

B. L’INCITATION AUX INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS :
LA PRIORITÉ EUROPÉENNE

Après deux décennies de protectionnisme, le Roi Hassan II avait décidé en 1980 d’ouvrir le Maroc vers l’extérieur, en priorité vers l’Europe. Le tourisme et le textile ont profité de cette nouvelle politique. Le Roi Mohammed VI a continué cette politique en faisant le pari d’adapter le Maroc à la concurrence internationale et européenne.

Depuis les années 2000, le Maroc a développé une politique constante d’encouragement des investissements étrangers (4 milliards de dollars en 2015), notamment en faisant évoluer sa législation fiscale et commerciale avec, par exemple, la fin de la « marocanisation » des investissements. Il s’est par ailleurs lancé dans une politique de privatisation dans le domaine des télécommunications avec Vivendi ou de l’automobile avec Renault. En 2015, le secteur de la sous-traitance a enregistré une forte croissance – plus 20 % par rapport à 2014 – et son champ d’action s’est élargi aux nouvelles technologies et à l’aéronautique. Ce secteur rassemble maintenant des centaines d’entreprises européennes souvent associées à des entreprises marocaines principalement installées à Tanger, Casablanca, Kenitra et Rabat.

Les investissements étrangers ne sont plus liés aujourd’hui, comme à l’origine, aux privatisations. Cette politique a été favorisée par un environnement politique stable, la proximité du Maroc des centres de décisions européens et un coût modéré de la main d’oeuvre.

C. UNE STRATÉGIE GLOBALE D’OUVERTURE AUX MARCHÉS :
LA PRIORITÉ AFRICAINE

Le Maroc s’est engagé dans une politique de développement tous azimuts des accords de libre-échange. Ces accords peuvent être bilatéraux comme avec les États-Unis ou la Turquie. Ils peuvent également être multilatéraux ; le plus emblématique est l’accord avec l’Union européenne et le statut obtenu par le Maroc de pays avancé, ou également la création de la zone arabe de libre-échange (GZALE) avec 18 pays sur 22 de la Ligue arabe.

Mais dans cette politique, le Maroc a fait le choix prioritaire de l’Afrique, tout d’abord en consolidant sa position dans le Sahel et avec l’objectif – sans doute proche – de sa réintégration dans l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Ensuite, en 2000, le Maroc a annulé la dette des pays africains les moins avancés. Depuis les années 2000, le Maroc a signé près de 500 accords de coopération technique et économique avec les pays africains. Les exemples sont nombreux et touchent tous les secteurs et notamment le secteur bancaire ou les télécommunications. Plus largement, au niveau industriel, se développent des opérations triangulaires : produire au Maroc des produits européens vendus ensuite en Afrique subsaharienne ; ainsi la France et le Maroc possèdent un fonds d’investissement commun pour répondre aux appels d’offre au Sud du Sahara.

« L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », déclarait le Roi Mohammed VI en 2014 à Abidjan. L’objectif est in fine que le Maroc devienne en Afrique le hub de l’Europe et inversement.

Un exemple : ACCOR Maroc, le choix du Maroc et de l’Afrique

Une implantation durable au Maroc

En 1996, le groupe ACCOR décide de développer son réseau hôtelier au Maroc. Il le fait par l’intermédiaire de la société Risma, société anonyme, détenue majoritairement par Accor (35 %) et ses partenaires institutionnels marocains (46 %), notamment les banques BMCEet CFG Group, la caisse de retraite CIMR et les mutuelles Mamda-MCMA. Ce montage permet au groupe d’acquérir le foncier et de financer les hôtels. Il est complété par la création d’Accor Gestion Maroc, chargé de l’exploitation, dont Risma est actionnaire.

Depuis cette date, le groupe a développé une gamme d’hébergement dans tous les segments : des hôtels de luxe (Sofitel, Pullman) aux hôtels classés deux étoiles (Ibis), en passant par le segment affaires et le milieu de gamme (Novotel, Mercure).

Aujourd’hui, Accor-Risma est présent dans une vingtaine de villes et à la tête d’un portefeuille de plus de 30 établissements. Après avoir installé durablement le haut de gamme via ses hôtels Sofitel à Marrakech, Rabat ou encore Agadir, Accor-Risma s’emploie désormais à développer une hôtellerie plus économique, comme les Ibis pour parfaire son maillage territorial.

Un modèle qui pourrait être reproduit ailleurs en Afrique

Véritable succès, le modèle marocain pourrait être reproduit ailleurs en Afrique. En investissant dans la construction d’hôtels au Maroc et en choisissant d’opérer des hôtels dont il est propriétaire, ACCOR s’implante durablement dans ce pays. Il faut d’ailleurs souligner que lors d’une récente réorganisation du groupe ACCOR Maroc, les responsable ont choisi d’implanter la direction Pôle luxe et haut de gamme Afrique et Océan indien à Marrakech.

CHAPITRE III – LE DÉFI ENVIRONNEMENTAL :
VERS UNE ÉCONOMIE VERTE

Le Maroc s’est engagé résolument dans une politique de développement durable en favorisant en particulier les sources d’énergies propres.

Dans son discours à la Nation, prononcé le 30 juillet 2009, le Roi Mohammed VI a ainsi posé les principes fondateurs de la politique environnementale du Maroc : « Le Maroc qui, à l’instar de tous les pays en développement, affronte des défis majeurs et pressants en matière de développement, a pleinement conscience de la nécessité de préserver l’environnement et de répondre aux impératifs écologiques ». 

Une Charte de l’environnement a été élaborée et adoptée en 2011. La prise de conscience environnementale s’est forgée notamment autour de deux constats :

– la faiblesse des ressources en eau, qui explique la politique de construction de barrages hydrauliques d’Hassan II ;

– la dépendance énergétique qui a entraîné le Maroc, dans les années 2000, à développer les énergies nouvelles, éolienne et solaire.

I. LE MAROC ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

Le Maroc a adopté une stratégie de développement durable favorisant l’équilibre entre les dimensions environnementale, économique et sociale. Les objectifs sont d’améliorer le cadre de vie des citoyens, de renforcer la gestion durable des ressources naturelles et d’encourager le recours aux technologies d’énergies propres.

Pour se donner les moyens de concrétiser cette ambition, le Maroc a lancé diverses réformes politiques, institutionnelles et socio-économiques. D’ailleurs, la nouvelle Constitution de 2011 a consacré le développement durable en tant que droit pour tous les citoyens.

Ce processus a été également renforcé par l’adoption de la Charte nationale de l’environnement et du développement durable, élaborée grâce à une large concertation avec le secteur public, les opérateurs privés et la société civile. La mise en oeuvre de la stratégie environnementale et l’Initiative nationale de développement humain (INDH), sont venus compléter ce processus.

Par ailleurs, les principes de développement durable s’intègrent dans les stratégies sectorielles, à l’instar de la stratégie Plan Maroc Vert qui concerne les secteurs de l’agriculture et de l’agro-industrie, cruciale pour la sécurité alimentaire du Royaume.

Source : MASEN

Le Maroc, faible émetteur de gaz à effet de serre, a adopté en 2009 une politique volontariste et ambitieuse en matière d’énergies renouvelables. Le Royaume s’est fixé pour objectif d’atteindre la production de 52 % de sa capacité électrique grâce à des énergies renouvelables d’ici à 2030.

Pour concrétiser sa démarche, le pays dispose de nombreux atouts. En effet, le Maroc bénéficie d’un ensoleillement de 300 jours par an ; la vitesse des vents y atteint une moyenne de 9m/s dans les régions du littoral notamment, en plus de ressources hydriques non négligeables.

Ces atouts ont notamment mené à la création de l’imposante centrale solaire NOOR à Ouarzazate et à la mise en service de plusieurs parcs éoliens dont celui de Tarfaya, le plus grand en Afrique. Sur le plan hydraulique, la construction de nouveaux barrages permettra de passer de 139 à 170 grands ouvrages entre 2015 et 2030.

La politique volontariste du Maroc s’appuie sur une approche régionale adaptée aux spécificités et au potentiel de chacune des douze grandes régions du pays. Elle tient compte également des ressources humaines locales, de l’expertise technique, de la recherche et du développement ainsi que de la création industrielle et de la création d’emplois.

Pour accompagner ces différents chantiers, le Maroc a mis au point des stratégies de normalisation, de réglementation, d’accompagnement, de formation, mais aussi de sensibilisation et d’aide au financement, qui couvrent plusieurs domaines. Il s’agit de l’industrie, l’agriculture, le bâtiment, le transport ou encore l’éclairage public.

A. LES PROJETS PHARES DU MAROC

Le Maroc a ouvert les chantiers qui lui permettront de concrétiser sa vision avec des objectifs chiffrés : augmenter la part des énergies renouvelables de 42 % et améliorer l’efficacité énergétique de 12 % d’ici à 2020.

En 2030, la part de l’énergie électrique produite à base d’énergies renouvelables s’établira à 52 %.

Une Agence dédiée aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (ADEREE) et une Agence nationale de l’énergie solaire (MASEN) ont été créées. Une législation concernant les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique a été mise en place, ainsi qu’un fonds dédié.

Source : MASEN

Les projets en énergie éolienne et solaire à l’horizon 2020

Source : MASEN

Ø Parcs éoliens

Le projet marocain d’énergie éolienne vise à la mise en place, à l’horizon 2020, d’une capacité de 2 000 MW, permettant une production annuelle qui corresponde à 26 % de la production électrique actuelle du Royaume, et ainsi évite l’émission de 5,6 millions de tonnes de CO2 par an.

Les cinq sites identifiés pour ce projet sont : Tanger, Jbel Lahdid, Taza, Midelt, Tiskrad et Boujdour. Ils seront mis en service entre 2017 et 2020.

Les cinq parcs existants de Tantan (2013), Tarfaya (2015), Laayoune (2013), Tanger (2010) et Essaouira (2007) génèrent respectivement : 101,87 MW ; 300 MW ; 50,6 MW ; 140 MW et 60 MW, soit un total de 652,47 MW.

Ø Parcs solaires 

Le Programme «NOOR» prévoit la construction de cinq centrales solaires d’une capacité totale de 2 000 MW à l’horizon 2020.

Source : MASEN

La première phase du projet à Ouarzazate, NOOR 1, a été inaugurée par le Roi Mohammed VI, le 4 février 2016. Cette centrale s’étend sur une superficie de 450 hectares.

B. LA CENTRALE SOLAIRE DE NOOR-OUARZAZATE

La délégation s’est rendue sur le site de Ouarzazate qu’elle avait découvert en mai 2013 au moment où la construction de la centrale n’était encore qu’un projet du MASEN et quelques jours avant la pose de la première pierre par le Roi Mohammed VI, le 13 mai 2013. En février 2016, le Roi inaugurait NOOR 1, première des quatre tranches de la centrale.

La délégation a été accueillie par M. Mustapha Sellam, directeur du site. Elle a visité les installations de NOOR 1 ; auparavant, à son arrivée en avion, elle avait pu découvrir l’ensemble des installations.

La délégation sur le site de la future centrale NOOR (mai 2013)

« Le site : plateau rocheux désertique à proximité de Ouarzazate (3 000 ha). L’installation se fera sur une zone de 10 km de long pour 2,5 km de large, soit 40 km de circonférence. »

« L’opérateur : consortium saoudien, Acwa Power International (95 %) – Aries Ingeneria y Sistemas et TSK Electronika y Electricidad (5 %) ».

« Acwa Power est un producteur indépendant qui emploie 2 300 personnes et a des projets d’investissement en matière solaire et de dessalement à hauteur de 15,2 milliards de dollars. Il apporte sa capacité financière au projet, TSK et Aries leur savoir-faire technique dans la réalisation des centrales thermiques solaires ».

« Le choix de l’opérateur s’est fait sur la base du prix heure de pointe du kWh. Le consortium choisi a présenté un prix de 1,6187 DH, soit environ 14 centimes d’euros, inférieur de 21 % à l’offre suivante et de 29 % aux prévisions de MASEN ».

Source : « Le Maroc, le printemps tranquille », Rapport n° GA 107 du Sénat,  juin 2013

NOOR OUARZAZATE

Plan d’implantation

Source : MASEN

Maquette de la centrale

Visite de la centrale solaire NOOR 1
avec son directeur M. Mustapha Sellam

(Ouarzazate – 8 novembre 2016)

La délégation s’est rendue sur le site de la centrale avec M. Abdessamad Kayouh pour visiter la centrale NOOR  1.

En mai 2013, une délégation du groupe s’était rendue sur le plateau où a été construite la centrale. Trois ans après, le MASEN, qui est le groupe chargé de piloter les énergies renouvelables au Maroc, a construit la première tranche de la centrale NOOR et dirige actuellement les travaux des tranches 2 et 3. Une tranche 4 est programmée en 2018.

NOOR Ouarzazate est l’un des cinq sites solaires NOOR qui seront construits à l’horizon 2020 (Tata, Boujdour, Laâyoune, Midelt et Ouarzazate) avec une capacité brute totale finale de 2000 MW sur 3 000 hectares.

Sur le site de Ouarzazate, on distingue :

– les centrales NOOR 1 et 2, qui sont des centrales à concentration à miroirs paraboliques. Les miroirs concentrent le rayonnement sur des tubes. Le liquide caloporteur (huile ou sels fondus), à l’intérieur, est ainsi porté à haute température, puis envoyé dans un générateur de vapeur. La vapeur fait tourner des turbines qui entraînent des alternateurs produisant de l’électricité ;

– la centrale NOOR 3, qui sera une centrale constituée d’un champ de capteurs solaires appelés héliostats qui concentrent les rayons du Soleil vers un foyer fixe, situé en haut d’une tour. La chaleur sert ensuite à chauffer des sels fondus (40 % de nitrate de potassium et 60 % de nitrate de sodium) utilisés comme fluides. Ces fluides ont une capacité calorifique élevée, qui peut être utilisée pour stocker l’énergie, avant de l’employer pour faire bouillir l’eau afin d’actionner des turbines ;

– la centrale NOOR 4 sera une centrale à panneaux photovoltaïques.

Les centrales NOOR 1 à 3 sont des centrales qui produisent de la chaleur transformée ensuite en électricité ; la centrale NOOR 4 produira directement de l’électricité.

La centrale solaire NOOR 1 est une centrale solaire à

concentration à miroirs paraboliques. Elle a une capacité

brute de 160 MW et une capacité de stockage de la chaleur produite de 3 heures au plus pour répondre ainsi aux pics de consommation. Elle a été inaugurée en février 2016.

Pour information, les tranches NOOR 2 et 3 auront une capacité brute respective de 200 et 150 MW de capacité. Elles seront opérationnelles en novembre 2017.

NOOR 1 Ouarzazate occupe 450 hectares soit la surface de Rabat (ou les trois quarts de la surface de Paris). 98 % de la surface occupée par la centrale le sont par les miroirs. Elle alimente actuellement 600 000 foyers et l’électricité est évacuée sur un poste de l’Office national de l’électricité.

L’ensemble des travaux de la centrale se fera sous l’égide d’une Charte du développement local. En effet, le projet a une dimension d’aménagement du territoire dans une région où il n’existe pas ou presque d’activités économiques. La sous-traitance d’emploi local est privilégiée.

Par ailleurs, le MASEN appuiera les initiatives de tourisme local, notamment scientifique, autour de ce projet de centrale. Les travaux devraient permettre l’emploi local de 6 000 à 7 000 personnes. L’exploitation du site mobilisera 500 personnes à partir de 2016.

Source : MASEN

Par ailleurs, le site comporte une zone de Recherche & Développement qui met en place :

· des projets de démonstration afin de tester, qualifier et améliorer les différents composants des centrales solaires, toutes technologies confondues ;

· des projets de recherche pour encourager le transfert technologique et le savoir-faire sur les technologies solaires CSP (Concentrated Solar Power) et PV (centrale photovoltaïque) ;

· des services commerciaux pour les industriels et universités à forte valeur ajoutée et permettant une meilleure péréquation globale.

II. LES COP – LA COP 21 ET LA COP 22

A. QU’EST-CE QUE LA CDP/COP ?

La Conférence des parties (CDP) ou Conference of parties (COP) est le rassemblement des 196 États signataires de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC).

Adoptée en 1992 au Sommet de la Terre de Rio, cette Convention a pour objectif de stabiliser la concentration des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Elle retient trois principes fondamentaux : le principe de précaution, le principe du droit au développement et le principe des responsabilités communes mais différenciées.

Depuis la première CDP (COP 1) à Berlin en 1995, chaque année a été organisée une Conférence des parties afin de prendre les décisions permettant de respecter les objectifs de lutte contre le changement climatique contenus dans la Convention.

COP 1997-2014 : Les étapes marquantes 

Kyoto 1997

La signature du protocole de Kyoto engage les pays industrialisés, de manière juridiquement contraignante, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5 % par rapport à 1990 entre 2008 et 2012.

Copenhague 2009

Le travail engagé dès 2005 pour parvenir à de nouveaux engagements à long terme pour prendre la suite du protocole de Kyoto devait aboutir lors de la Conférence de Copenhague mais celle-ci se termine sur un échec.

Cancun 2010

Le processus de négociation est réenclenché et les États se mettent d’accord sur l’objectif de limiter la hausse des températures à 2° C. Le Fonds vert pour le climat est créé.

Durban 2011

Un nouveau tournant dans les négociations a lieu : les États conviennent d’adopter en 2015 un nouvel instrument juridique de réduction des émissions pour une entrée en vigueur en 2020.

Doha 2012

38 pays industrialisés s’accordent sur la prolongation du protocole de Kyoto de 2013 à 2020.

Lima 2014

Les négociations se concentrent surtout sur le futur Accord de Paris avec l’élaboration d’un brouillon d’accord et le rappel de l’importance des contributions nationales dont le principe avait été acté lors de la CDP/COP de Varsovie en 2013.

Les parlements ont un rôle charnière entre la société civile, de plus en plus concernée par les sujets climatiques, et les gouvernements parties prenantes à la négociation.

Les parlements peuvent notamment avoir un rôle actif pour inciter les gouvernements à déposer leurs contributions nationales auprès du secrétariat de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Il s’agit d’un des éléments clés de la réussite de la négociation. En effet, contrairement aux précédentes conférences, notamment celle de Copenhague en 2009, la communauté internationale s’est, cette fois, mis d’accord sur une démarche différente, avec non plus des engagements imposés par le haut, mais avec une procédure dite « bottom up », c’est-à-dire des engagements définis individuellement, par chacun des États, en fonction de sa situation et de ses capacités.

Le rôle des parlementaires est donc de faire pression sur les gouvernements pour que les contributions soient établies par chaque État en temps utile. L’Union interparlementaire peut jouer de ce point de vue un rôle essentiel.

L’intérêt de ces contributions est double :

– d’une part, chaque pays peut affirmer devant l’ensemble de la communauté internationale les engagements qu’il est prêt à prendre et les responsabilités qu’il s’engage à assumer pour contribuer à la limitation des émissions de gaz à effet de serre ;

– d’autre part, l’addition des engagements figurant dans les contributions nationales permet de mesurer si l’objectif fixé à l’échelle de la planète pourra être rempli ou non, et si la communauté internationale en est proche ou encore loin.

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