DONNEES ET ANALYSES

Le piémont des Vosges : dans l’ombre de Strasbourg

INSEE

par Dominique Kelhetter, Flora Vuillier-Devillers, Insee

 

Résumé

La progression de la population du territoire du SCoT du Piémont des Vosges ralentit depuis 20 ans. Des actifs viennent s’installer, mais les étudiants et les retraités quittent le territoire. La densité de logements est plus élevée que dans d’autres territoires périurbains, les habitants vivant plus souvent en appartement. Les personnes seules et les couples sans enfant sont plus fréquents parmi les ménages. Les habitants ont un niveau de vie élevé, et les plus hauts revenus sont particulièrement importants pour ce type de territoire. La population du territoire vieillit rapidement, une tendance qui devrait se poursuivre dans les prochaines décennies.

 

 

Trois communautés de communes composent le territoire du SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale) du Piémont des Vosges, qui en compte 35 ( figure 1 ). Ce territoire est dans la zone d’influence directe de Strasbourg, qui se situe à une trentaine de kilomètres au nord-est. Sa fonction est avant tout résidentielle pour ses 59 000 habitants en 2012. Leurs nombreux déplacements domicile-travail vers Strasbourg en font un territoire périurbain. Quatre habitants sur dix vivent dans l’une des trois plus grandes villes du territoire (Obernai, Barr et Rosheim).

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Augmentation plus modérée de la population

Entre 2007 et 2012, la population du SCoT a augmenté de 0,54 % par an, une progression plus élevée que dans les deux départements alsaciens, mais deux fois moins importante que dans le territoire pris pour référence (méthodologie). Le solde naturel entre les naissances et les décès (+ 0,32 % par an), stable depuis 1990, connaît une légère baisse dans la période récente. Cette tendance proche de celle observée en Alsace, diffère de celle des SCoTs périurbains de référence (pour la plupart hors de l’Alsace), dont le solde naturel est en nette progression depuis 1990. Le solde migratoire est en baisse depuis vingt ans, comme pour l’ensemble de l’Alsace, et induit le ralentissement de l’augmentation de la population (figure 2). Il reste toutefois positif sur la période récente, ce qui n’est pas le cas dans l’ensemble de l’espace alsacien.

Les principales mobilités résidentielles se font avec le reste du Bas-Rhin, notamment avec Strasbourg. Sur les 8 000 départs et autant d’arrivées en cinq ans, les deux tiers sont internes au département (figure 3).

Ce sont les 25-54 ans qui déménagent le plus et toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées. Cependant, le SCoT attire des jeunes cadres et professions intermédiaires, surtout âgés de 25 à 39 ans. Les moins de 25 ans sont nombreux à partir étudier hors du territoire. En 2008, 1 000 élèves et étudiants avaient quitté le SCoT qu’ils habitaient cinq ans auparavant, pour seulement 400 qui s’y sont installés. Le SCoT perd également des retraités et des jeunes inactifs sous l’effet des migrations.

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Un niveau de vie plus élevé

Le revenu disponible médian par unité de consommation (définitions) du SCoT est de 22 610 euros. Il est supérieur à celui de l’Alsace (21 300 euros) mais aussi à celui des territoires périurbains de référence (20 820 euros). Ce sont surtout les personnes les plus aisées du SCoT qui ont un niveau de vie plus élevé qu’ailleurs : les 10 % de personnes les plus aisées (9e décile) ont un revenu disponible de plus de 40 270 euros par unité de consommation, soit 6 000 euros de plus que les 10 % les plus aisés du référentiel. Les 10 % de personnes les moins aisées (1er décile) ont un revenu de moins de 13 130 euros, soit seulement 500 euros de plus que dans les autres ScoTs périurbains. La répartition des revenus est plus inégale dans le SCoT avec un rapport interdécile de 3,1 pour seulement 2,7 dans le référentiel. Les ménages les plus aisés sont les couples, notamment les couples sans enfant. Les différences de revenus entre les trois communautés de communes sont sensibles, mais leur revenu disponible reste toujours supérieur au SCoT de référence. Le niveau de vie est le plus élevé dans le canton de Rosheim (24 140 euros) et le plus faible dans la communauté de communes de Barr-Bernstein (21 830 euros). La pauvreté ne concerne que 6,7 % de la population, pour 7,9 % dans les territoires de comparaison et 11,8 % en Alsace.

Davantage de propriétaires en appartement

La densité de logements est plus élevée que dans le référentiel (73 logements au km2 contre 39). Le nombre de logements a progressé un peu moins rapidement que dans les territoires comparables, de 8,5 % entre 2007 et 2012. Le nombre de résidences principales a augmenté de 7 % dans la même période. Les logements vacants sont devenus plus nombreux. Leur part (8,5 % des logements) est supérieure de 1,5 point à celle observée dans le référentiel. Ces logements inhabités ont été surtout construits avant 1946 ou après 2010. Les maisons et les appartements comportant peu de pièces sont plus souvent inoccupés que les grands logements.

Les résidences principales sont situées pour plus des deux tiers dans les communes urbaines, pour seulement 56 % dans le référentiel. En 2012, 67 % des résidences principales sont des maisons dans le Piémont des Vosges, contre 83 % dans le référentiel (figure 4). Cette différence s’est encore accentuée en cinq ans, l’écart était inférieur de deux points en 2007. Dans les communes rurales comme dans les communes urbaines, les maisons sont plus rares que dans les territoires comparables.

Les ménages sont plus souvent installés de façon durable dans le ScoT : la part de propriétaires est supérieure de 11,5 points à celle du territoire de référence pour ceux qui habitent en appartement et de 3,9 points pour ceux qui habitent en maison individuelle.

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Peu de couples avec des jeunes enfants

La population du SCoT est plutôt âgée : 41 ans en moyenne, mais surtout, elle vieillit. L’âge moyen a progressé de deux ans depuis 2007, alors que celui du référentiel a peu évolué, autour de 38 ans. On observe surtout un déficit de jeunes de moins de 15 ans et d’adultes de 30-44 ans.

Entre 2007 et 2012, le nombre de personnes vivant seules a augmenté de 17 % tandis que la population totale du SCoT n’augmentait que de 3 %. Parmi les familles, les couples sans enfant sont plus fréquents que dans le référentiel. Les trois quarts ont plus de 50 ans et les enfants ont déjà quitté le domicile parental. Moins d’un quart est un jeune couple n’ayant pas encore d’enfant. Les familles avec enfants sont moins fréquentes que dans le territoire de comparaison. Les couples avec enfant(s) ne représentent qu’un tiers des ménages (figure 5). Ils ont plus souvent un seul enfant au domicile. Les trois quarts n’ont plus d’enfant de moins de quatre ans : les couples avec de jeune(s) enfant(s) représentent 4,5 points de moins que dans le référentiel.

En raison du vieillissement de la population, les ménages de retraités sont nombreux.

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Une population plus nombreuse en 2040

Si les évolutions démographiques récentes se maintenaient, 64 000 habitants vivraient dans le SCoT du Piémont des Vosges en 2040 (+ 5 000 habitants). Cela représenterait une hausse de 9 % de la population, soit un point de plus que l’évolution estimée pour l’Alsace. Le vieillissement de la population continuerait : l’âge moyen augmenterait de plus de cinq ans et de deux ans pour les seuls actifs. L’accroissement du nombre d’habitants concernerait principalement les plus de 60 ans (figure 6). Le nombre de jeunes de moins de 20 ans reculerait de 1 500 et celui des classes d’âge actives (20 à 60 ans) de 2 400.

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Communauté de communes du canton de Rosheim : une population plutôt favorisée

La communauté de communes du canton de Rosheim compte 17 750 habitants. Les familles y sont plus fréquentes. En particulier, les couples sans enfant représentent un ménage sur trois. Les ménages d’une seule personne sont plus rares, d’autant plus que le canton en perd sous l’effet des migrations.

Le niveau de vie est élevé comparativement au référentiel et à l’Alsace. Les revenus sont supérieurs au reste du SCoT pour tous les types de ménages, et le taux de pauvreté est bas. Seule 4 % de la population est concernée, un taux trois fois plus faible qu’en Alsace et deux fois plus faible que dans le reste du Piémont des Vosges. Les ménages d’ouvriers sont peu nombreux, les ménages de cadres et de professions intermédiaires sont surreprésentés.

Les trois quarts des ménages sont propriétaires de leur logement. Les habitants vivent souvent dans des maisons (75 % des résidences principales). Un tiers des résidences principales comportent au moins six pièces. Le parc des logements est relativement récent. Plus de la moitié des appartements ont été construits après 1990. Mais les logements construits depuis 2010, comme ceux construits avant 1946, restent plus souvent vacants. C’est plus particulièrement le cas des deux pièces, un appartement du canton sur trois, inoccupés pour 17 %. Ils ont été construits en plus grand nombre que dans le reste du SCoT.

La communauté de communes de Barr-Bernstein reste attractive

Il s’agit de la communauté de communes où la population (23 500) évolue le plus rapidement. Plus que le solde naturel, plus faible que dans le reste du SCoT, l’augmentation du nombre d’habitants est due à l’attractivité résidentielle de la zone, avec un solde migratoire deux fois supérieur à l’ensemble du SCoT. Le territoire attire des couples, notamment jeunes et sans enfant. Le profil de population est proche de celui du Piémont des Vosges, bien que les ménages d’employés et de cadres soient un peu moins nombreux.

Les logements sont anciens, plus d’un tiers a été construit avant 1946. Un sur dix est inoccupé. Anciens ou récents, les moins de cinq pièces sont beaucoup plus souvent vides que les grands logements.

Une urbanisation plus poussée dans le Pays de Sainte-Odile

Il s’agit de la communauté de communes la plus urbanisée du SCoT, elle compte 17 750 habitants. Avec de nombreuses constructions de logements collectifs depuis 1946 (90 % des appartements), la zone s’est beaucoup développée. La densité de logements dépasse deux fois celle du reste du Piémont des Vosges. La part de maisons n’est que de 53 %.

Les logements très récents trouvent plus souvent preneurs, seuls 5 % sont vacants. Construits avant 1946, 15 % sont inoccupés. Les appartements de moins de 4 pièces, constituant une part importante du parc (31 % des résidences principales contre moins de 20 % dans le reste du SCoT), sont plus souvent occupés que dans les autres communautés de communes. La part de personnes seules est plus importante dans le Pays de Sainte-Odile que dans le SCoT quel que soit l’âge et augmente également plus rapidement. C’est la seule communauté de communes avec un solde migratoire négatif dans le Piémont des Vosges. Au recensement de la population de 2008, 3 000 personnes déclaraient être venues s’installer dans le Pays de Sainte-Odile au cours des cinq années précédentes, pour 3 500 parties s’installer ailleurs en France. Comme dans le reste du SCoT, les départs d’étudiants expliquent une grande partie de cet écart, mais c’est également le fait des départs de professions intermédiaires, et dans une moindre mesure, de cadres. Près de 70 % de ces migrations résidentielles ont lieu avec d’autres communes du Bas-Rhin.

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