GEOGRAPHIE HUMAINE

Le premier train direct Londres-Shanghai est entré en gare

LE TEMPS.CH

par AFP

Avec le Brexit en toile de fond, une compagnie de fret inaugure la deuxième ligne ferroviaire la plus longue du monde. Une démonstration marketing en faveur des nouvelles routes de la soie

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photo DR

 

Le premier train de marchandises reliant directement Londres à la Chine est arrivé samedi à destination après un voyage de trois semaines. Cette nouvelle liaison illustre les débouchés asiatiques que le Royaume-Uni entend cultiver après le Brexit.

Le convoi avait quitté la capitale britannique le 10 avril. Il est entré vers 01h30 en gare de Yiwu, une ville de 2 millions d’habitants au sud de Shanghai, a confirmé l’entreprise chinoise responsable de l’opération.

Un trajet de 12 000 kilomètres

Le train a traversé la France, la Belgique, l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan: avec plus de 12 000 km, la route Londres-Yiwu est la deuxième plus longue liaison ferroviaire du monde après la ligne Chine-Madrid inaugurée en 2014. Une liaison avec Lyon dans le centre-est de la France avait été ouverte l’an dernier.

Le convoi sur territoire chinois, avril 2017.THOMAS PETER

Londres est désormais la 15e ville d’Europe desservie par ce nouveau service de fret censé être meilleur marché que le transport aérien. Il est aussi plus rapide que le transport maritime, même si le convoi parti de Londres a mis deux jours de plus que prévu.

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Si le train peut transporter 100 fois moins de conteneurs de marchandises que les cargos (200 contre 20.000) , le temps de trajet est nettement plus rapide, comme le souligne Bloomberg puisque l’acheminement par voie maritime peut prendre jusqu’à trente jours sur des destinations similaires. (Image d’illustration, via Google Maps). (Crédits : Google Maps/Capture d’écran.)

Produits de consommation courante

Ces connexions inédites s’inscrivent ouvertement dans le cadre des «Nouvelles routes de la soie». Cette initiative a été lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping dans l’espoir de cimenter les relations commerciales de la Chine, particulièrement avec l’Europe occidentale.

Yiwu est une plaque tournante du commerce des produits de consommation courante. A l’autre bout de la ligne, Londres apparaît soucieux d’élargir ses débouchés commerciaux en Asie avant sa sortie de l’Union européenne.

Dans un grand centre commercial de Yiwu, non loin de la gare, avril 2017.THOMAS PETER

Le train venu de Londres était rempli de whisky, de boissons non alcoolisées, de produits pour bébés et de médicaments destinés au marché chinois. Avec une telle cargaison au volume limité, «ce ne sont pas exactement les prémisses d’un âge d’or du commerce sino-britannique», tempère Theresa Fallon, directrice du Centre d’études sur la Russie, l’Europe et l’Asie (CREAS) à Bruxelles.

De nouvelles routes de la soie à sens unique?

Les trains seront probablement plus remplis dans le sens Chine-Europe, en raison du déséquilibre commercial entre les deux économies, indique-t-elle. Au risque d’avoir des routes de la soie «à sens unique».

Surtout, «il n’y a rien de nouveau là-dedans: des liaisons ferroviaires transcontinentales (reliant Pékin à l’Europe) existaient il y a cent ans», note Mme Fallon. Selon elle, c’est «un intelligent coup de marketing» pour l’ambitieux projet chinois des «Routes de la soie».

D’après les autorités de Yiwu, le train a acheminé 88 conteneurs, beaucoup moins qu’un cargo qui peut en transporter entre 10 000 et 20 000. Mais le train va assurément plus vite (dix-huit jours contre une trentaine par voie de mer), ce qui ouvre des perspectives aux exportations de produits agroalimentaires vers la Chine.

Le train ne peut pas concurrencer les cargos

Reste que pour l’instant le retour sur investissement ne couvre pas les dépenses d’infrastructures, selon un rapport publié l’an dernier par la Oxford Review of Economic Policy. «Le train apparaît plus pratique, flexible (…) moins dépendant des conditions climatiques (que le bateau). Mais difficile de dire à ce stade ce que seront les bénéfices économiques à terme», reconnaît He Tianjie, du cabinet Oxford Economics.

D’autant que de «nombreux coûts sont escamotés», notamment les dépenses pour assurer la sécurité des convois ou la maintenance des rails, et «les défis logistiques sont légion», observe Mme Fallon.

Exemple: les conteneurs du train Londres-Yiwu ont dû être transférés sur d’autres wagons à la frontière biélorusse, en raison d’une largeur de voie plus importante dans les pays de l’ex-Union soviétique. En dépit de l’essor du fret ferroviaire, le transport maritime assure encore 80% du commerce mondial de marchandises.

LE TEMPS

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 LA TRIBUNE

par Laszlo Perelstein

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La capitale anglaise devient ainsi la 15e ville reliée directement par trajet ferroviaire direct depuis la Chine depuis le lancement en 2013 de l’initiative « Belt and Road », version moderne de la Route de la Soie.

Plus de 12.000 kilomètres en 18 jours. Un train de fret est parti dimanche de la ville chinoise de Yiwu (au sud de Shanghai) pour rallier Londres, a annoncé la compagnie ferroviaire China Railway sur son site internet (lien en chinois). Transportant, entre autres, vêtements, sacs et valises, les wagons de passeront  par le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne, la Belgique et enfin la France avant d’emprunter le tunnel sous la Manche avant de terminer son périple à Barking, un district du Grand Londres, détaille le communiqué.

La capitale anglaise devient ainsi la 15e ville reliée directement par trajet ferroviaire direct depuis la Chine depuis le lancement en 2013 de l’initiative « Belt and Road » ou « Route économique Eurasie ». Introduite par le président chinois Xi Jinping, celle-ci vise à renforcer l’influence économique du pays au-delà de l’Asie en créant une « Route de la Soie » moderne, mais aussi, de façon sous-jacente, à développer l’ouest de la Chine en incitant les entreprises à exporter.

Plus rapide que par la mer, moins cher que par les airs

Si le train peut transporter 100 fois moins de conteneurs de marchandises que les cargos (200 contre 20.000), le temps de trajet est nettement plus rapide, comme le souligne Bloombergpuisque l’acheminement par voie maritime peut prendre jusqu’à trente jours sur des destinations similaires. Quant à l’option aérienne, les vols en avion peuvent coûter jusqu’à deux fois plus cher, selon le directeur des opérations du transporteur international Brunel Shiping, cité par l’agence de presse.

Le mode de transports ne convainc toutefois pas tous les pays desservis. Ainsi en Espagne, seuls 8 convois ont été envoyés en direction de la Chine contre 39 dans le sens inverse, expliquait en mai le journal espagnol El País. L’écart s’explique en partie par la nature des produits exportés par l’Espagne qui sont essentiellement alimentaires et ne supportent pas les changements de température, inévitables au cours de ce long trajet. « C’est cher, et ce n’est pas approprié en raison des températures extrêmes en été ou en hiver », expliquait César Jiménez dans un entretien publié mi-mai sur Quartz. Un problème que ne devrait a priori pas rencontrer la Grande-Bretagne, pas forcément réputée pour la qualité de ses produits alimentaires.

 

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